HYDRA'S QUEST

Chapitre 4 : Shake a Leg

Par worldbuilder

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La nuit était noire, aussi noire que les événements qui venaient de se produire à Washington. Les hôpitaux étaient pleins, la ville quasiment en ruines. Ward avançait dans une ruelle. Il n’était pas fier de ce qu’il s’apprêtait à faire. Mais c’était nécessaire. Alors qu’il s’enfonçait dans l'obscurité, il finit par reconnaître Anton Vankakrov, qui attendait là, au milieu.


— C’est le rendez-vous le plus en retard de l’histoire, dit l’agent russe avec son accent.


— Si tu ne t’étais pas fait suivre par Stark et Romanoff comme un débutant, on n’en serait pas là.


— Si tu n’avais pas donné la capsule à Romanoff, on n’en serait pas là.


Les deux hommes échangèrent une accolade. Ils marchèrent jusqu’à arriver devant le Potomac et s’assirent sur un banc.


— Alors ? Tu veux que je fasse quoi ? demanda Vankakrov.


— Je dois faire sortir Tony Stark.


Vankakrov éclata de rire.


— Tu n’aurais pas dû agir aussi bêtement, l’arrêta Ward. Attaquer le Capitole ? Sérieusement, comment tu voulais que je te couvre sans me compromettre ? Stark croit que je suis impliqué dans l’attaque, Natasha aussi…


— Tu as changé depuis cette opération à Moscou.


— Non. Je me suis adapté. Je ne comprenais pas l’importance de la capsule à l’époque…


— Alors tu l’as refilée à la première femme qui t’a fait de l’œil.


— Je l’ai refilée à la première personne extérieure au FBI venue, car le FBI allait me fouiller ! J’ai dû improviser. Et tu aurais dû me laisser faire.


— Je repense souvent à notre unité. Nous étions six héros. Nous étions les Avengers.


— Nous n’avions rien en commun avec les Avengers.


— Toi, moi, Marcus, Ellias, Frank, Brock…


— Où sont-ils aujourd’hui ? Que sont-ils devenus ? Je suis le seul à avoir gardé un minimum de liberté.


— Pour en faire quoi ?


— Anton. La priorité, c’est la capsule. À part Romanoff, personne au FBI ne devrait connaître ton visage. J’ai besoin de savoir que tu m’aideras à faire évader Stark…


— Oui, oui, c’est bon. Dis-moi comment tu veux t’y prendre.


— Tu as toujours des fumigènes ?


Le lendemain, alors que le soleil se levait doucement sur la ville abîmée de Washington, l’évacuation de la ville avait commencé. Le FBI allait faire partie des derniers à évacuer. Ils se préparaient à monter dans des bus au départ direct du QG, les trains et autres moyens de transport ayant été remplis par les civils. Ward avait vu la voiture noire du Directeur déposer ce dernier, tandis que sa dizaine de gardes du corps l’escortaient pour finaliser les préparatifs. Ward en avait assez de faire semblant d’être loyal envers ces hommes sans visage qui n’accordaient aucune importance aux hommes et aux femmes qui mouraient pour eux. Le Directeur, le Président Ellis, Captain America… il était temps que ces institutions bougent. C’est pour ça que Ward fut ravi de voir une autre voiture argentée débarquer. Vankakrov avait réussi à infiltrer le réseau informatique du FBI — comme il l’avait fait pour la cérémonie de Rogers — et à programmer une évacuation spéciale pour les prisonniers, qui arriverait après toutes les autres. Vankakrov sortit de la voiture, habillé d’un uniforme de l’agence, avec un faux badge sur la poitrine, et alla guider le fauteuil roulant de Stark jusqu’au dernier bus. Felix Blake alla dans le bus à prisonniers, ce qui était imprévu et dangereux pour l’opération. Ward monta dans le bus auquel il avait été affecté. Il constata avec agacement que Captain America était dans le même bus, accompagné d’un agent qu’il reconnut comme étant Everett Ross, le chef de la division de gestion des menaces optimisées du FBI. Cette division avait été créée juste après que la Loi de Recensement des super-héros avait été promulguée. Ward s’assit dans le bus, anxieux, attendant que tout démarre. Ce jour allait marquer son dernier jour au sein du FBI. Il espérait que ça ne marquerait pas le dernier jour de sa vie. Lorsqu’il sentit le bus démarrer, il se leva et alla à l’avant, avec Steve et Ross.


— Captain ! Quelle coïncidence qu’ils nous aient mis dans le même bus !


— Pas vraiment, agent Ward. C’est le bus des atouts prioritaires du FBI. Coulson vous a mis sur la liste.


— Je le remercierai. Mais je ne vois pas l’agent Blake ?


— Il a demandé à être avec les prisonniers. Il espère en interroger quelques-uns sur la route, expliqua Ross.


— Comme Tony Stark ?


Rogers se tourna vers Ward avec son regard de bouledogue.


— Lâchez cette affaire, Ward.


— Vous avez l’air d’oublier qu’il est lié à la raison pour laquelle nous sommes obligés d’évacuer Washington D.C.…


— Je n’oublie rien, mais vous devriez éviter de faire interférer vos sentiments personnels avec votre travail.


— Mes sentiments personnels ?


— Je sais que vous n’êtes qu’après Romanoff.


Ward sourit. Il méprisait profondément cet homme.


— Pas vous ?


— Retournez à votre place, Ward.


Ward en avait assez de la suffisance du Captain. Il vit dans le rétroviseur que le bus de prisonniers les rattrapait. Il jeta son badge devant Steve, qui le rattrapa, et vola le bouclier dans le dos du Captain en sortant son arme, braquée sur Rogers, le bouclier devant le torse. Les agents dans le bus réagirent immédiatement, pistolets braqués sur lui.


— Je n’ai pas besoin de vous dire à quel point ce que vous faites est stupide, dit calmement Steve.


— Vous êtes fort, Captain. Mais pas sûr que vous soyez pare-balles.


— Ward, nous ne prendrons pas le risque que le Captain Rogers soit blessé. Baissez votre arme, ordonna Ross.


— Pourquoi vous ? demanda Ward avec colère. Tous les super-héros ont été mis au placard, pourquoi vous êtes le seul qui ait encore des droits ?

Regardez comment Stark est traité…


— Vous n’êtes pas en mesure de comprendre. Nous sommes tous dans une situation délicate, Ward. N’aggravez pas votre cas et ne nous forcez pas à faire de ce bus une zone de combat, dit Steve, toujours aussi calmement.


Ward laissa tomber son arme. Alors que les agents s’approchaient pour s’emparer de lui, le bus derrière eux leur rentra dedans, faisant tomber tout le monde à l’intérieur. Ward se releva et vit, à travers la vitre blindée de l’arrière, que Vankakrov faisait de son mieux pour conduire en essayant de gérer Blake et qu’il était aidé par des prisonniers.


— On s’arrête ! ordonna Steve.


— Captain, c’est une mauvaise idée, ils ne vont pas s’arrêter… protesta Ross.


— Je ne veux pas qu’il s’arrête, je veux les tenir à l’écart de Ward.


Ward sourit. Le bus s’arrêta, mais celui conduit par Vankakrov continua sa route. Steve arracha son bouclier des mains de Ward et sortit en courant du bus, à la poursuite du véhicule des prisonniers. Toujours un sourire aux lèvres, Ward regarda tous les agents autour de lui.


— Alors. Le super-soldat est parti. On commence ?


Ross laissa échapper un rire.


— Ward, soyez raisonnable. Vous êtes analyste.


Ward leva les poings.


— Ça devrait être facile pour vous, alors.


Dédaigneux, Ross fit signe à un agent de s’emparer de Ward. Mais Grant mit l’agent à terre en deux secondes. Tout le monde resta à le regarder, choqué. Chaque agent regarda son arme tombée au sol. Lorsqu’un premier tenta d’attraper la sienne, Ward l’en empêcha et l’attrapa à la place. Plusieurs agents se jetèrent sur lui.


***


Tony essayait tant bien que mal de rester en place sur son fauteuil roulant tandis que Vankakrov conduisait de manière erratique et que Blake affrontait juste à côté les prisonniers, dont Vankakrov avait discrètement ouvert les menottes avant de démarrer. C’étaient les pires vacances qu’il avait jamais prises. Il essaya de rouler vers l’avant, mais la conduite du terroriste russe l’empêchait de rouler droit. Et puis il n’était pas exactement un expert du fauteuil. Alors qu’il roulait péniblement, il eut une vision d’horreur en tournant la tête vers les fenêtres. Captain America, en train de courir héroïquement à côté du bus.


— Oh, va te faire foutre, Captain Amerinaze !


Steve lança son bouclier sur des vitres, ce qui les brisa, et il sauta à l’intérieur du bus.


— Quel frimeur !


— La ferme, Stark ! Vous, au volant ! Arrêtez le bus, c’est un ordre !


— Et vous êtes qui, déjà ? lança Vankakrov, ce qui fit rire Tony.


Steve se dirigea vers Vankakrov, mais Tony se leva — avec difficulté —, souleva son fauteuil et le jeta sur Steve, qui se retourna avec la fureur dans les yeux. Tony poussa un cri de douleur et tomba par terre.


— Pourquoi tu fais tout ça ? demanda le Captain, l’air presque désespéré.


— Crois-moi. C’est très peu comparé à ce que je ressens.


Steve allait avancer encore, mais un petit bruit le fit s’arrêter. Il se retourna. Un petit bip provenait du fauteuil de Tony. Il laissa échapper de la fumée, qui emplit rapidement le bus. Tony ne vit alors plus rien. Il sentit le bus ralentir drastiquement, entendit tout le monde tomber par terre, puis quelqu’un l’attraper et le porter. Une fois dehors, il vit qu’il était bien dans les bras de Vankakrov. L’autre bus arrivait à toute vitesse devant eux, conduit par Ward. Derrière, l’autre bus ralentissait progressivement. Les prisonniers en sautaient un par un, Blake tentant de les arrêter. Ward s’arrêta juste devant Tony et Vankakrov, qui entrèrent dans le bus.


— T’as fait quoi de tous les agents ? demanda Tony, légèrement inquiet de se balader avec un tueur en série.


— Neutralisés. Mais vivants.


Vankakrov posa Tony, tandis que Ward tira à travers la vitre vers Steve, qui commençait à vouloir les poursuivre. Il fit demi-tour et fonça, tandis que Vankakrov continuait de tirer vers le Captain pour le dissuader. Après quelques secondes, ils avaient semé le FBI.


— Et maintenant ? On va pas retrouver l’Héliporteur en bus, rappela Tony.


— Je sais quoi faire, rassura Ward.


Il conduisit jusqu’à un aéroport.


— Pas sûr que tous les avions d’évacuation soient partis, signala Tony.


— Ce n’est pas un aéroport public, répondit Ward après s’être arrêté.


Ward descendit du bus, suivi de Vankakrov.


— Bougez-vous, Stark ! cria Ward.


— Cette journée est vraiment le summum de l’humour, marmonna Tony en boîtant pour sortir du bus.


Le trio avança vers une immense porte. Ward passa le badge de Ross devant la console de contrôle et la porte s’ouvrit, révélant plusieurs véhicules de transport aérien.


— Ce ne sont pas des véhicules du FBI, remarqua Tony.


Il reconnut en effet bon nombre d’appareils qu’il avait aidé à créer pour le SHIELD.


— On va prendre le Bus, dit Ward.


Tony se demanda si l’agent avait décidé de se payer sa tête.


— Pardon, quoi ?


***


Natasha se frottait la tête. Elle avait encore mal, mais les médicaments donnés par les médecins semblaient quand même faire effet. Bobbi entra dans la pièce.


— Fury propose que vous mangiez avec nous, si vous voulez.


— Il ne me considère plus comme une arme au service du bouclier corrompu ?


Bobbi sourit, d’un sourire qui semblait, étrangement, réellement bienveillant.


— Vous devriez venir. Pour comprendre.


— Comprendre quoi ? Vous avez ravagé ma maison, tué des centaines de personnes…


— C’était pas gratuit. Demandez à ceux pour qui vous travaillez si, parfois, la fin ne justifie pas les moyens.


Natasha baissa la tête. Bobbi n’avait pas entièrement tort. Et en même temps, Natasha n’avait jamais bombardé de ville sur ordre du FBI.


— J’arrive, dit-elle en commençant à se lever.


Bobbi la guida jusque dans une grande salle aménagée comme une cafétéria. Les agents y étaient assis, mangeant, parlant, rigolant, comme si l’une des villes les plus importantes du monde n’avait pas été gravement attaquée, par eux, qui plus est. Elle vit Hill à table avec Hunter et d’autres agents, mais Bobbi l’amena à la table de Fury, qui était seul.


— Merci, agent Morse, dit Fury en faisant glisser une assiette pleine en face d’elle.


Natasha s’assit.


Mais elle resta à regarder Fury, sans bouger. Elle ne comprenait pas encore très bien ce qui se passait ici.


— Vous empoisonner ne me servirait à rien, vous savez.


— Me garder en vie non plus. Je suis un danger et un poids.


Fury sourit.


— Vous nous seriez très utile, vous savez.


— Je ne suis pas disposée à travailler avec des terroristes.


— Ah. Le mot magique. Celui qui nous a valu l’exil.


— Je crois que vous pourriez vous éviter l’exil en ne bombardant personne.


Fury posa la capsule sur la table, devant eux. Natasha fut choquée de voir avec quelle décontraction Fury mettait à la vue de tous l’objet qui avait causé tant de malheurs.


— Vous n’avez aucune idée de ce que c’est, n’est-ce pas ? dit-il.


— Une arme de destruction massive ?


Fury rit.


— Le pire, c’est que ce n’est pas si éloigné de la vérité. Est-ce que vous vous intéressez à la mythologie ?


— Je ne fais pas partie de ceux qui se sont mis à croire tout et n’importe quoi juste parce qu’un bodybuilder est tombé du ciel avec un marteau magique, Directeur Fury.


Il rit encore.


— Oui. Les légendes nous disent une chose, l’Histoire nous en dit une autre. Mais parfois, nous trouvons quelque chose qui appartient aux deux mondes.


Il désigna la capsule et reprit :


— Avant même la Création, il y avait six singularités. Quand l’Univers explosa pour exister, ces énergies furent…


— Je n’ai toujours pas réussi à l’ouvrir. Vous non plus, à ce que je vois. Elle est probablement vide, et vous essayez de me faire croire à un folklore ? coupa-t-elle.


— Vos dirigeants y croient, eux.


— Ça m’étonnerait.


— Demandez-leur. Pourquoi avoir réactivé le projet du conteneur ? Pourquoi avoir recruté Fitz et Simmons, qui devraient être vus comme des terroristes, comme nous tous ici ?


Natasha n’eut pas de réponse à apporter. Elle fixa la capsule.


— Notre seule erreur ne fut pas de penser que nous pouvions maîtriser cette énergie, mais de penser que nous avions le droit de le faire. Alors, ceux qui en sont les détenteurs naturels sont venus réclamer leur dû. Je ne me voyais pas me mettre entre eux et le destin de l’humanité.


— Oh. Vous bombardez des villes pour sauver le monde.


— Votre sarcasme prouve que vous ne comprenez rien à la situation. Il y a des êtres, là-haut, qui exigent cette capsule sous peine de détruire cette planète d’un claquement de doigts, et ce n’est pas une façon de parler. Je dois m’assurer que personne n’ait seulement l’idée d’essayer de nous arrêter et que personne ne continuera ces travaux absurdes. Le conteneur devait être détruit. Quand nous avons vu le signal de Stark s’activer, on a compris qu’il était à Washington. Or, le réacteur ARK est la seule chose capable d’alimenter le conteneur de manière viable.


— Et qu’est-ce qui vous dit que ces êtres, s’ils existent, tiendront parole ? Quelle valeur représente la Terre pour eux ?


— Je suppose que nous devons avoir la foi. Et pourtant, croyez-moi, je suis ce qu’il y a de plus éloigné d’un religieux.


Natasha regarda alternativement les alentours, Fury, puis la capsule. Elle saisit alors l’objet et partit en courant. Cela ne sembla pas provoquer de réaction. Natasha ne savait pas si elle devait s’en soulager ou s’en inquiéter, mais elle courut. Elle passa par la salle d’armes et saisit un pistolet. Puis elle arriva au hangar, où se trouvaient les canots et les Quinjets. Elle grimpa dans l’un d’eux. Elle n’avait jamais vu ce type de commandes, c’était incompréhensible. Le temps qu’elle essaie de comprendre, Fury était arrivé, marchant calmement.


— Allons, agent Rushman. Soyez raisonnable.


Natasha tira sur Fury. Il ne broncha pas. Son corps brilla d’une teinte légèrement violette, tandis qu’il continuait d’avancer vers Natasha. Elle n’avait pas le temps d’essayer de comprendre ce qui se passait. Elle sauta par la vitre du Quinjet et se remit à courir. Une fois arrivée dans la salle principale, elle tira sur les agents qui avançaient doucement vers elle, mais comme Fury, aucun ne semblait atteint. Ils brillaient tous de la même lueur violette. Elle regarda l’immense fenêtre qui donnait à voir sur le ciel. Elle tira plusieurs fois dedans et sauta, capsule en main. Une fois dans le vide, elle ferma les yeux, priant pour atterrir dans de l’eau. Mais elle sentit soudain une pression très désagréable sur sa gorge. Elle ouvrit les yeux. L’être lévitant qu’elle avait vu plus tôt se tenait devant elle, dans les airs, et l’étranglait. Il vola avec elle jusque dans l’Héliporteur. C’était un être humanoïde, il était bien rouge et vert, mais aucune émotion ne transparaissait sur son visage. Natasha était trop choquée pour résister lorsqu’il lui prit la capsule des mains.


— Vision est moins patient que nous, excusez-le pour votre gorge. Avez-vous toujours faim ? demanda Fury en revenant calmement vers elle.


Les yeux grands ouverts, horrifiée, Natasha s’en alla, retournant dans son lit à l’infirmerie. Elle ne savait plus quoi faire ni quoi penser. Elle vivait un enfer, littéralement, et alors qu’elle essayait de reprendre le contrôle de sa respiration, elle regarda l’arme qu’elle avait toujours dans les mains et que personne n’avait pris la peine de lui retirer.


***


Tony, Ward et Vankakrov étaient montés dans le Bus, le nom de code d’un ancien poste de commande aéroporté du SHIELD. Ward savait que le FBI avait réquisitionné plusieurs appareils du SHIELD et les gardait entreposés, faute de comprendre leur fonctionnement. Lui, il les connaissait. Il avait mis le Bus en pilote automatique, ne sachant pour l’instant pas où il devait se rendre. Il regardait l’écran de contrôle, cherchait tout signe de l’Héliporteur. Vankakrov était allongé dans un canapé pas loin. Tony arriva, marchant correctement sur ses deux jambes.


— Ces appareils de soins sont remarquables, va falloir que j’en embarque un, dit Tony, souriant.


— Avec Fitz et Simmons, vous auriez eu une jambe encore plus résistante qu’avant, dit Ward en restant fixé sur l’écran.


Ses jours au SHIELD lui manquaient, c’était très différent du FBI.


— Alors, c’est de là que viennent tes talents ? Ancien agent du SHIELD ? demanda justement Tony.


— Oui. J’y repense pas souvent.


— Comment le FBI ne pouvait pas être au courant ?


— La Ghost Force. Une unité spéciale non enregistrée. Je n’ai jamais officiellement existé comme agent du SHIELD. On n’était dans aucun dossier, tous nos briefings et rapports se faisaient à l’oral.


— Avec Fury ?


— J’oubliais que vous le connaissez personnellement. C’est lui qui a formé les Avengers.


Ward vit tout de suite que le sujet était sensible pour Stark.


— Oui. On était son équipe de choc. Je me rappelle que, quand une menace de type planétaire arrivait, Steve montait sur la tour de guet de l’Héliporteur et il faisait son grand discours, adapté à la crise du jour. Mais ça finissait toujours par « Avengers, rassemblement ! » raconta Tony, un brin de nostalgie dans le regard.


— Vous n’avez pas l’air de le détester tant que ça, finalement.


— Il a… hum. Il a abusé de notre confiance à tous. Quand le Gouvernement a lancé la Loi de Recensement, il s’est rangé du côté de cette Loi et ça

n’a profité à personne.


— Que sont devenus les autres Avengers ?


— Hank et Janet ont pris leur retraite, Thor a fui la Terre pour toujours et Bruce est retenu quelque part, on n’a jamais su où. Enfin. Rogers doit le savoir, lui.


— Notre Ghost Force… nous aussi, on était des Avengers. Des Avengers de l’ombre ! déclara Vankakrov depuis son canapé.


— Non. On était des tueurs d’élite. On devait déstabiliser des gouvernements, changer la hiérarchie du pays, parfois même frapper au sein du SHIELD. On était, je pense, précisément l’inverse des Avengers, expliqua Ward.


— Vous deux, et qui d’autre ? Où sont-ils ?


— Frank a décidé de rentrer auprès de sa famille. C’est là que l’Unité a été dissoute. Puis Ellias a démissionné aussi. Marcus a été tué il y a trois ans. On avait été envoyés à Moscou pour espionner des membres du KGB, quand HYDRA s’est révélée et nous a faits prisonniers, Marcus, moi et une agente du SHIELD qui supervisait la mission. Notre transport s’est écrasé et Marcus n’a pas survécu. Et Brock… Brock a mal tourné.


— Brock ? Rumlow ? demanda Tony, cette fois de la peur dans le regard.


— Oui, confirma Ward.


— Peut-être que Frank a eu raison, finalement, dit Tony.


— Peut-être. Vous avez de la famille ? demanda Ward.


— Juste mon père, mais il ne veut plus me voir, alors non. Vous ? Vous avez une famille plutôt célèbre, toujours en contact ?


— Je ne parle plus à mes frères depuis un moment. Et je ne sais pas où est ma sœur, dit Ward.


Il pensait souvent à sa sœur, Sofia. Il n’avait plus aucune nouvelle depuis plusieurs années et il espérait que travailler au FBI l’aurait aidé à avoir des informations, mais non.


— Bon, et c’est quoi notre mission ? s’impatienta Vankakrov.


— On ne trouvera pas le Porteur juste avec cet appareil. Il va nous falloir plus de ressources, des moyens de s’informer, des gens qui pourront nous guider, déclara Tony.


— Et comment on va trouver ça ? Après ce qu’on vient de faire à Captain America, on est les plus recherchés du pays, dit Ward.


Il ne voyait en effet pas comment se rapprocher de n’importe lequel de ses contacts, et ils étaient pourtant nombreux.


— C’est pour ça qu’on doit aller là où tous les recherchés vont, dit Tony avec un sourire naissant.


— Et c’est où ?


— Madripoor.




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