Le Journal de Petiote

Chapitre 10 : Entre Ciel et Mer

Par Petiote

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Mon cher Journal,


C’était la fin d’après-midi. J'étais de repos et j’en profitais pour rester dans ma chambre, plongée dans la lecture d’un bon roman. Un livre dont tout le monde parlait à la capitale attisait ma curiosité depuis un moment, alors j’avais fini par m’en procurer un exemplaire à la librairie de la ville. Rien que le fait de l’avoir enfin entre les mains représentait, pour moi, une petite satisfaction. C’était une romance, et je sentais déjà l’impatience de m’y plonger.


Allongée à plat ventre sur mon lit, les jambes légèrement relevées et les pieds battant distraitement dans le vide, je tournais les pages avec empressement. L’histoire était captivante : un amour impossible, des regards chargés de sens, des silences qui en disent plus que les mots. Peu à peu, sans même m’en rendre compte, mes pensées s’égarèrent vers Likuson.


C'est alors que je fus tirée de ma lecture par des pas résonnant dans le couloir, suivis de légers coups à ma porte. Je n’eus même pas le temps de me redresser que celle-ci s’ouvrait déjà.


C'était Likuson. Il entra. Un sourire se dessina sur nos visages et je sentais mon cœur s'accélérer comme à chaque fois à sa simple vue.


Cela faisait maintenant plusieurs mois que nos regards s'étaient croisés pour la première fois au grand théâtre. Plusieurs mois aussi que nous passions pratiquement toutes nos soirées et nuits à nous retrouver dans ma chambre.


Encore allongée sur mon lit, je me retournai. Mais, avant même d’avoir le temps de me redresser, Likuson s’était déjà glissé au-dessus de moi, retenant doucement mes poignets. 

- Ne bouge pas… tu es dans la position idéale pour ce que j’ai envie de faire. dit-il avec un air espiègle.


Je ri à ces mots et dis :

- Quel obsédé tu fais !


Il sourit davantage, ses yeux brillants de cette tendresse mêlée de malice que je lui connaissais si bien.

- oui, obsédé par toi…


Cette confession, à la fois troublante et enivrante, fit naître en moi un frisson délicat. Il se pencha alors vers moi et m’embrassa tendrement. Ce fut un long baiser, doux mais empreint de désir.


Puis il posa son front contre le mien.

- Gardons la suite pour ce soir, murmura-t-il. Je voulais t’emmener quelque part.


Il recula juste assez pour me regarder dans les yeux.

- Tu es prête pour une petite balade ?


Je souris, encore enveloppée dans la chaleur de ce moment.

- Prête à t’accompagner au bout du monde. dis-je avec enthousiasme.


Son regard s’adoucit.

- Alors allons-y.


Il me tendit la main et m’aida à me relever. Je pris quelques affaires, puis je le suivais, curieuse de voir ce qu’il me réservait. Nos doigts restaient liés tandis que nous traversions le pavillon.


Arrivés dehors, l’air était encore chaud. Devant l’entrée un majestueux cheval blanc était attaché. Je me retournai vers Likuson, le regardant avec un mélange d’étonnement et de curiosité.

- Tu es déjà montée à cheval ? me demanda Likuson.


Je haussai les épaules avec un sourire malicieux.

- Sur le dos d’un dromadaire… c’est pareil, non ?


Il laissa échapper un petit rire :

- Disons ça… à la différence près que celui-ci a tendance à avancer un peu plus vite.


Likuson monta le premier avec aisance avant de se retourner pour me tendre la main et m’aider à le rejoindre derrière lui. Une fois installée, je mis mes mains autour de sa taille. J'étais toute excitée par cette intrigante aventure.


Nous nous sommes mis en route, d’abord au pas, quittant doucement la ville. Les rues laissaient place aux chemins de terre, puis aux paysages plus vastes. Bientôt, l’air changea encore, devenant plus salé, plus frais. Et enfin, la mer apparut.


La plage s’étendait devant nous comme un ruban infini. Le sable doré reflétait les dernières lueurs du soleil, et la mer, calme, semblait peinte de reflets d’ambre et de cuivre. Le ciel, lui, se teintait de nuances chaudes, caressant l’horizon d’une lumière apaisante.


Likuson se tourna légèrement vers moi.

- Accroche-toi bien, on va accélérer un peu.


Il donna une impulsion, et le cheval partit au galop. Je me rapprochais instinctivement de lui, mes bras s’agrippant plus fort autour de sa taille. Mon cœur battait au rythme des sabots sur le sable. Le vent fouettait mon visage. C’était à la fois impressionnant et incroyablement vivant. Une sensation de liberté, mêlée à un sentiment de sécurité que je ne ressentais qu’avec lui.


Nous avons galopé ainsi le long de la plage, entre ciel et mer, jusqu’à ce qu’une maison apparaisse au loin. Likuson ralentit progressivement. Arrivés devant la maison, il arrêta le cheval.


- Si nous faisions une pause pour admirer ce coucher de soleil ?


- Avec plaisir, répondis-je, encore un peu essoufflée par notre chevauchée.


Il descendit le premier, attacha le cheval, puis se tourna vers moi pour m’aider à descendre. Au moment où je posai le pied au sol, il m’attira doucement contre lui, me retenant quelques secondes dans ses bras. Je savourais ce doux moment où sa chaleur m’enveloppait, réchauffant mon corps marqué par la fraîcheur de l’air marin.


- Viens, dit-il doucement. Je veux te montrer l'endroit idéal pour nous installer.


Il prit ma main et m’entraîna vers un petit portail discret qui menait à la maison. En l’ouvrant, je decouvrais un magnifique jardin fleuri, avec une terrasse tournée vers l’horizon. Un banc recouvert de coussins et une petite table donnaient à l’endroit une atmosphère paisible, presque intime.


Il m’emmena jusqu’au banc et nous nous sommes assis côte à côte. Il passa son bras autour de ma taille.


Devant nous, la mer s’étendait, immense et silencieuse, tandis que le soleil descendait lentement vers l’horizon. Le ciel s’embrasait de rouge, d’orange et de rose, et chaque vague semblait refléter un fragment de lumière.


Je posai doucement ma tête sur son épaule. Nous sommes restés ainsi, sans parler, jusqu’à ce que le soleil disparaisse de l'horizon.


Likuson brisa alors le silence en me regardant.

- Si nous rentrions à l’interieur ?


Il se leva et prit ma main. Il m’emmena à l'intérieur de la maison. L'intérieur était simple, mais respirait la douceur et la sérénité.


Je m’arrêtai un instant.

- Où sommes-nous ? demandai-je doucement.


Il me regarda, un sourire au coin des lèvres.

- Que dirais-tu d’admirer ce coucher de soleil tous les jours à mes côtés ?


Mon cœur se serra doucement.

- Ce serait merveilleux…


Il s’approcha un peu plus.

- Alors… nous sommes chez nous.


Je restai figée un instant.

- Chez nous ?


- Oui. Je voudrais faire de cette maison la nôtre. Voudrais-tu venir t’y installer avec moi ?


Je n’arrivais pas à y croire. Tout cela semblait irréel, était-je en plein rêve ? Vivre avec lui. Partager les matins, les soirées, les silences et les rires. Tout ce que j’avais secrètement imaginé sans jamais vraiment oser y croire.


Je le regardais longuement, puis posais ma main sur sa joue.

- J’en rêve depuis la première seconde où je t’ai vu.


Je m'approchais doucement de lui, réduisant la distance entre nous, jusqu’à ce que nos lèvres se rejoignent dans un tendre baiser. 


Puis il me souleva et me porta dans ses bras jusqu’à la chambre. Baignée par les dernières lueurs du soleil couchant, la lumière orangée traversait les rideaux et enveloppait la pièce d’une douce chaleur.


Il me déposa délicatement sur le lit puis se plaça au-dessus de moi.

-Et si nous continuions ce que nous avions commencé avant de partir… pour inaugurer notre maison…, dit-il avec un tendre sourire.


Son regard croisa le mien et mon cœur s’emballa aussitôt. Avec une infinie douceur, il effleura ma joue du bout des doigts avant de déposer ses lèvres sur les miennes. Puis il se rapprocha de moi jusqu’à me serrer contre lui. Ses mains commencèrent à me couvrir de caresses. Je savourais chaque instant, laissant les mots s’effacer au profit de cette complicité qui nous unissait.


Cette nuit-là, bercés par la tendresse et l’amour, nous avons célébré charnellement ce nouveau chapitre de notre vie. Puis nous nous sommes endormis, blottis l’un contre l’autre, jusqu’au petit matin, savourant ce bonheur simple d’être enfin chez nous.




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