Le Remède d'un Amour Interdit - Tome I

Chapitre 3 : L'extravangante gérante & L'apothicaire

Par MamieSuisui

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La gérante et moi étions toujours dans la même pièce. Elle avait terminé de me poser les questions qui l’intéressaient et, à présent, faisait les cent pas en tirant sur sa pipe remplie de je ne sais quelles herbes. Selon elle, l’apothicaire et la jeune fille mettaient trop de temps à arriver. De mon côté, j’essayais de calmer mon bébé qui commençait à s’agiter dans mon tissu de portage. Cela ne m’étonnait pas : elle y était restée presque sans interruption pendant plusieurs jours et devait ressentir le besoin de se dégourdir les jambes en rampant sur le sol. Chose qu’elle adorait faire.


Soudain, quelqu’un toqua à la porte. La gérante s’arrêta aussitôt et autorisa les visiteurs à entrer. Elle se tourna vers l’entrée. J’en fis de même. L’adolescente entra, suivie de l’apothicaire. Je fus surprise en découvrant un homme d’une vingtaine d’années. Moi qui m’attendais à un vieillard. Ses cheveux ondulés étaient attachés en une queue basse et quelques mèches châtain encadraient son visage, sans doute pour ne pas le gêner pendant son travail.

Tout en caressant la joue de ma fille, j’observai la gérante saluer le médecin d’un ton brusque en lui reprochant son retard. Elle en fit de même avec l’apprentie, qui resta silencieuse. D’une démarche élégante et assurée, elle s’avança vers moi, talonnée par lui. Il portait une longue robe simple aux couleurs sobres et tenait un paquetage à la main. Je commençais à ressentir une certaine appréhension lorsqu’ils s’arrêtèrent devant moi.


- « Suiren, je te présente Saint Luomen ».


Je vis l’apothicaire jeter un regard à la gérante tandis que je me demandais pourquoi elle l’appelait ainsi.


- « Bonjour, Dame Suiren. Appelez-moi simplement Luomen » dit-il en s’inclinant.


Je fus surprise par cette politesse à laquelle je n’étais pas habituée. Je n’avais rien d’une dame, surtout dans cette tenue.


- « Bonjour » répondis-je timidement.


- « En quoi puis-je vous être utile ? » demanda-t-il d’une voix douce.


Je fus prise de court. Apothicaire signifiait médecin, et je n’avais pas grand-chose en poche. Sans bouger, je vis son regard glisser sur mon bébé, puis sur mes vêtements sales, mes mains abîmées et mes pieds. Je me sentais incroyablement gênée sous cette observation silencieuse. La gérante, qui avait dû ressentir mon mal-être, intervint en me désignant de la main.


- « Je l’ai trouvée dans la rue et je lui ai proposé de travailler pour moi. Elle a un joli minois, mais je ne peux pas la présenter dans cet état. Regarde ses mains et ses pieds ! C’est une catastrophe ! »


- « Oui, je viens de voir ça ».


Il s’approcha d’un pas presque silencieux, comme s’il avait l’habitude de passer inaperçu, puis s’arrêta devant moi. Sa jeunesse me déstabilisa. Et je ne voulais pas être en contact avec un homme. Le comportement de ceux que j’avais croisés dans ce quartier m’avait profondément déplu. Je savais que je devrais m’y faire, surtout dans un endroit comme celui-ci, mais c’était plus fort que moi. Instinctivement, je reculai d’un pas en serrant ma fille contre moi.


- « Ne… ne me touchez pas ! » protestai-je.


- « Oh, tu n’as rien à craindre avec lui. Il n’y a plus rien sous la ceinture ! » m’informa la gérante.


Un eunuque ? Stupéfaite par cette révélation, je regardai tour à tour ma future patronne et le médecin. Ils échangèrent un bref regard. Tandis qu’elle recrachait de la fumée, il leva les yeux au ciel, presque amusé par la remarque. Si je m’attendais à ça…


- « Je… je suis désolée…» m’excusai-je, les joues rougies.


- « Ne le soyez pas » répondit-il calmement. « Écorchures, fatigue, pieds douloureux, déshydratation… et très certainement des ampoules. Vous permettez ? »


Il avança la main vers mon visage. Je secouai la tête.


- « Je n’ai pas de quoi vous dédommager » dis-je, gênée.


- « Ça non plus, tu n’as rien à craindre. Ce n’est pas pour rien que je l’appelle le Saint et que je fais appel à ses services. Il ne demande jamais rien ».


La gérante tira fièrement sur sa pipe tandis que je la fixais, surprise par ses paroles.


- « En effet… mais cette fois-ci, la radine va s’occuper des frais à votre place » ajouta-t-il avec une pointe de taquinerie.


Il pouffa lorsque la gérante recracha sa fumée en toussant.


- « Comment ?! Tu peux répéter ce que tu viens de dire ?! » cria-t-elle presque .


Il l’ignora et reporta son attention sur moi. Son regard restait calme et patient. La gérante semblait lui faire confiance… et, malgré moi, je commençais à me dire qu’elle devait avoir ses raisons. Je pris alors ma décision.


- « J’accepte. Mais pourriez-vous vous occuper de mon bébé en premier, s’il vous plaît ? Ses fesses sont rouges et cela m’inquiète »


- « Bien sûr »


- « Hé ! Tu m’entends, le Saint ? Il est hors de question que je débourse quoi que ce soit ! »


Je sortis mon enfant du tissu qui la portait tandis que la gérante fulminait.


- « Ne lui prêtez pas attention, elle va se calmer » dit-il doucement.


Je hochai la tête.


- « Tu as, de l’eau bouillie refroidie, quelques linges propres et de quoi les réhydrater ? » demanda-t-il à la gérante.


- « Tu ne veux pas une tasse de thé avec ? » rétorqua-t-elle d’un ton sarcastique.


- « Si c’est si gentiment proposé, je veux bien ».


La gérante lui lança un regard noir avant de se tourner vers l’apprentie.


- « Hé, gamine ! Apporte-moi ce qu’il a demandé… mais oublie le thé ! »


Je vis un sourire discret apparaître sur le visage du médecin. Je comprenais maintenant pourquoi elle l’appelait le Saint, et lui la Radine. Mais où suis-je tombée ? L’apprentie sortie, il s’excusa d’une voix posée.

Je suivis du regard l’apothicaire dont la longue tenue se mouvait à chacun de ses pas silencieux. Il s’arrêta près d’une grande table basse située au fond de la pièce et y posa soigneusement le paquetage qu’il tenait. Je le vis s’agenouiller et en sortir de petits pots en céramique, des sachets ainsi qu’un mortier et un pilon. Sans m’en rendre compte, je me retrouvai à ses côtés, poussée par la curiosité.

Je le vis se relever lentement et approcher un guéridon en bois. Il se dirigea ensuite vers le fond de la pièce et revint sur ses pas, quelques coussins moelleux dans les bras. Il les disposa avec soin sur la table. Deux doigts posés sur le menton, il observa attentivement le petit aménagement puis, visiblement satisfait, se tourna vers moi.


- « Je peux ? » me demanda-t-il gentiment.


Ma fille dans les bras, j’hésitai un instant à la confier au médecin, mais son air bienveillant me fit changer d’avis. Je lui tendis mon bébé. Il la prit avec délicatesse. À la vue de ce nouveau visage, elle se mit aussitôt à pleurer. Mon instinct de mère voulut intervenir, mais je restai immobile en le voyant la bercer doucement tout en lui parlant.


- « Ne pleure pas. Les larmes ont un goût salé et tu vas faire la grimace si elles arrivent jusqu’à tes lèvres » murmura-t-il.


À mon grand étonnement, ma fille cessa peu à peu de pleurer. Elle le regarda de ses grands yeux, attentive à ce qu’il lui racontait. C’est de plantes qu’il faut parler pour calmer un bébé ? Pensai-je, surprise.

Apaisée, une expression sérieuse se dessina sur le visage de l’apothicaire. Il posa la main sur le front de mon enfant et attendit. Je me retournai lorsque je sentis une présence derrière moi. Madame. Elle s’était approchée et, comme moi, observait la scène avec attention.


Il retira sa main puis posa deux doigts sur le poignet de ma fille, qui le fixait toujours. Elle attrapa alors une mèche de ses cheveux, ce qui le fit sourire malgré sa concentration. En voyant cela, une image me traversa l’esprit. Mon mari. Notre fille attrapait souvent ses cheveux, ce qui les amusaient beaucoup tous les deux. Je sentis mon cœur se serrer et mes yeux s’humidifier. Je chassai ce souvenir en silence, puis aperçu que Madame me regardait. Elle ne dit rien et détourna le regard. Le médecin récupéra doucement sa mèche avant de se tourner vers moi.


- « Elle n’a pas de température » dit-il d’un ton rassurant.


Je soupirai, me sentant déjà un peu plus sereine.


- « Merci ».


Il répondit d’un léger signe de tête accompagné d’un petit sourire en coin que je me permis de lui rendre.


- « Baba bibi, babilla ma fille en touchant son visage ».


- « Hé bien, t’as du succès auprès des bébés, le Saint ! » lança Madame en tapotant son épaule.


Il leva les yeux au ciel au moment où la porte grinça. L’adolescente revenait, accompagnée d’une autre fille de son âge, tout aussi bien coiffée et vêtue. Elles portaient tout ce qu’il avait demandé.

Comme si elles en avaient l’habitude, l’une posa au sol un seau rempli d’eau ainsi qu’un autre, vide, près de nous. L’autre, qui tenait un plateau chargé de deux grands récipients en céramique, de linges pliés et d’un pichet, alla le déposer sur le trépied. Avec précaution, elles versèrent un peu d’eau dans les bols, puis s’éloignèrent de quelques pas en nous saluant.

Il les remercia avant de s’agenouiller et d’installer mon bébé agité sur les coussins, prenant soin de bien soutenir sa tête. Sa main se posa ensuite à plat sur son ventre pour l’empêcher de rouler.

Il observa attentivement le plateau puis, sans quitter l’enfant des yeux, tourna la tête vers Madame.


- « Où est le thé ? » demanda-t-il d’un ton taquin.


- « J’ai dit pas de thé, le Saint ! » répondit-elle sèchement en fronçant les sourcils.


Je le vis secouer la tête en pouffant doucement. Madame, elle, laissa échapper un petit grognement.

Je reportai mon attention sur lui lorsqu’il attrapa un petit pot posé devant lui. Ma fille était bien calée dans les coussins et, même s’il gardait un œil attentif sur elle, je ne pouvais m’empêcher de m’inquiéter. Malgré la douleur dans mes pieds, je m’agenouillai à ses côtés. Nous échangeâmes un bref regard, puis j’occupai mon enfant en jouant avec ses petits pieds, ce qui la fit rire. Un geste attira alors mon attention. Il venait de verser un liquide légèrement pâteux dans le creux de sa main. Après avoir reposé le pot avec soin, il se frotta lentement les mains et les poignets.


- « C’est un désinfectant à base d’eau et de feuilles de théier » expliqua-t-il calmement, sans me regarder.


- « D’accord… » réussis-je à murmurer.


J’étais impressionnée. Comment avait-il pu deviner ce que je pensais ? Je chassai cette question et lâchai ma fille lorsque je le vis approcher ses mains. Il remonta la petite robe à longues manches jusqu’à son ventre, puis retira doucement le lange. Dans le silence, comme Madame devait le faire derrière moi, j’observai ses gestes précis lorsqu’il souleva délicatement les jambes de mon enfant. Elle se mit d’abord à remuer et à geindre, puis éclata en pleurs lorsqu’il effleura du bout des doigts les rougeurs bien visibles.


En voyant mon enfant exprimer sa douleur, je ressentis un pincement au cœur. Je me sentais coupable de son état. Je voulus la prendre dans mes bras pour apaiser ses sanglots, mais elle se calma lentement lorsque l’apothicaire reposa doucement ses jambes sur les coussins. Il trempa ses mains dans l’un des bols et les essuya soigneusement avec un linge qu’il posa sur un coin du trépied.


-« C’est une irritation de la peau. La peau des bébés est fragile et il arrive que le frottement des langes humides cause ce genre de rougeurs » m’expliqua-t-il d’une voix apaisante. « Elle va bien » ajouta-t-il.


Je sentis mon cœur se détendre. J’observais mon enfant, qui regardait tout autour d’elle, tandis qu’il trempait un linge propre dans le second bol avant de l’essorer soigneusement. Il souleva à nouveau ses jambes, arrachant un léger gémissement, puis nettoya ses fesses rouges en tapotant délicatement.


- « On ne frotte pas une brûlure » murmura-t-il.


Je hochai la tête. Il laissa mon enfant à l’air, profitant de la chaleur de la pièce, puis attrapa un second pot qui révéla une pommade pâle lorsqu’il l’ouvrit. Il en testa la texture sur l’intérieur de son poignet. Satisfait, il se pencha légèrement en avant et capta le regard de ma fille, qui le fixa.


- « Je vais devoir te déranger encore une fois » dit-il doucement.


Mon enfant gigota, puis, sans masser, il appliqua une fine couche protectrice sur la zone irritée. Elle émit quelques pleurs qui me serrèrent le cœur, puis soupira lorsqu’il la laissa tranquille. Il se lava de nouveau les mains avant de se tourner vers moi en me montrant le petit pot en céramique.


- « C’est une préparation douce à base de racine de réglisse et d’huile de sésame. Cela apaisera sa peau. Mais il faut aussi garder la zone propre et sèche, et ne pas trop serrer son lange » me conseilla-t-il d’une voix posée.


À l’évocation de ce mot : lange, je détournai un instant le regard, gênée. J’avais tout utilisé. J’avais même dû lui remettre les mêmes langes souillés, et j’en avais honte. Mon malaise dut être perceptible, car il se tourna vers Madame, restée silencieuse derrière nous.


- « Pas la peine de parler, j’ai compris ».


La gérante se redressa et posa sa pipe sur l’étagère à côté d’elle. De sa démarche habituelle, elle se dirigea vers le grand meuble aux petits tiroirs. Elle en sortit un lange, puis un biberon, avant de revenir vers nous.


- « Tiens » dit-elle en les tendant.


- « Quelle générosité… »


Il la remercia d’un signe de tête, un sourire taquin aux lèvres. Elle, en revanche, lui lança un regard noir.


- « Je te préviens, ce n’est pas gratuit ! » lança-t-elle en le pointant du doigt.


- « Ça je… »


- « Je ne sais pas encore quel travail je vais devoir faire, intervins-je précipitamment. Vous m’offrez le gîte et le couvert, et je vous en remercie. S’il le faut, je peux travailler davantage en échange de ce lange »


Je venais de couper la parole à l’apothicaire. J’avais parlé sans réfléchir. Mais qu’est-ce qui m’avait pris ? Je déglutis sous leurs regards et le silence qui venait de s’installer.


-« Je… je suis désolée » dis-je en m’inclinant.


- « C’est bon » répondit Madame. « Fais ce que t’as à faire, le Saint ».


Elle désigna mon enfant d’un signe de tête. Il hocha la tête et posa le biberon sur le plateau. J’échangeai un regard avec elle, incapable de savoir ce qu’elle pensait. Était-elle agacée… ou compatissante ? Je me tournai vers l’apothicaire lorsque j’entendis sa voix.


- « Vous m’avez parlé ? excusez-moi » dis-je, gênée.


- « Ce n’est rien » me rassura-t-il. « Je vous conseille des langes en coton pour votre fille ».


Je hochai la tête.


- « Comment s’appelle-t-elle ? » demanda-t-il.


- « Elle s’appelle Ah-Duo » répondis-je timidement.


- « Ah-Duo… » Répéta-t-il dans un murmure. « C’est un très joli prénom ».


Il m’adressa un léger sourire que je lui rendis. Puis il se tourna vers mon enfant et entreprit de lui changer le lange avec soin.


- « Il ne faut pas trop serrer le tissu, surtout en ce moment » expliqua-t-il calmement.


J’acquiesçai, attentive à chacun de ses conseils. Je le vis ensuite remplir le biberon avec l’eau du pichet. Pourquoi y a-t-il des langes et des biberons ici ? C’est un bordel… ou une garderie ? Pensai-je.

Je chassai cette idée lorsqu’il remit la tétine en place, puis se tourna vers la gérante avec un air malicieux.


- « Rassure-moi, l’eau est potable ? »


- « Bien sûr qu’elle l’est ! » répliqua-t-elle sèchement. « Je ne vais pas empoisonner un bébé… ni le joli minois qui va me rapporter gros une fois remise sur pied. N’est-ce pas qu’elle est jolie, le Saint ? »


Prise de court, je la regardai. Les mains sur les hanches, elle affichait un sourire fier. Il jeta un bref regard vers moi. Ses joues rosirent légèrement… les miennes aussi.


- « Tu ne réponds pas ? » insista-t-elle.


Elle ricana face à son embarras. Il se leva, biberon en main, et s’approcha d’elle.


- « Cette enfant a besoin de boire, et je n’ai pas terminé. Tu veux bien lui donner le biberon ? » demanda-t-il calmement.


Ils échangèrent un regard, puis elle le prit sans un mot. Il revint vers moi.


- « Je vais devoir m’occuper de vous à présent ».


Son expression était à la fois douce et légèrement gênée. Je compris que mon tour était venu. Je hochai la tête. Je tendis les bras vers ma fille, mais il m’interrompit.


- « Vous permettez que je m’en occupe ? Vous êtes faible, vous devriez vous asseoir. Ne vous inquiétez pas, on ne dirait pas comme ça, mais elle s’occupe très bien des enfants ».


- « Qu’est-ce que t’as dit ?! » cria Madame.


Il ne répondit pas et attendit mon accord. Je finis par acquiescer. Il me remercia d’un signe de tête et prit délicatement ma fille dans ses bras. Aussitôt, elle tenta d’attraper une mèche de ses cheveux, qu’il esquiva avec un sourire. Je souris malgré moi et me relevai en grimaçant. La douleur dans mes pieds était insupportable.


Je m’assis sur les coussins en regardant ma fille passer dans les bras de Madame. Elle pleura en découvrant ce nouveau visage, pourtant magnifique, mais se calma rapidement lorsque celle-ci lui murmura quelque chose à l’oreille avant de lui donner la tétine. Je me sentis un peu soulagée.


Il revint vers moi d’un pas mesuré et s’arrêta près du guéridon. Concentré, il vida l’eau souillée dans un baquet, puis remplit de nouveau les bols. Il observa les alentours, vérifiant chaque détail. Je n’avais jamais vu quelqu’un d’aussi attentif. Satisfait, il s’approcha de moi. Je levai la tête et croisai son regard calme, aux reflets ambrés.


- « Êtes-vous prête ? » demanda-t-il doucement.


À moitié. Je voulais être soulagée… mais j’appréhendais le contact d’une main masculine posée sur moi.


- « N’oublie pas ce que je t’ai dit, joli minois ! » lança Madame. « Il n’a rien sous la ceinture ! »


Je soupirai. Décidément… Elle ne pouvait s'empêcher de lancer des piques à l’apothicaire. Je croisai son regard et lui donnai mon accord d’un léger signe de tête.


- « Parfait » murmura-t-il.


Puis il appliqua son baume désinfectant. Mes soins allaient commencer.



🌸 Merci pour votre lecture. Que pensez-vous de cette première rencontre entre Luomen et Suiren ? Je serai ravie de découvrir vos impressions en commentaire.




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