Danger mortel

Chapitre 3 : L’usine

Par Lulantis

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Renard se rematérialisa dans une vieille usine de recyclage. Il la connaissait par cœur : il venait souvent y chercher du matériel. On trouve de tout dans les déchets.


Il courut vers le convoyeur le plus proche et actionna le levier de mise en route. Bien, il fonctionnait toujours. À côté se trouvait une télécommande pour les bras mécaniques et les aimants. Pourvu qu’elle soit chargée…


Il n’eut pas le temps de l’essayer : Henry était déjà là. Il passa la courroie autour de son cou et sauta par-dessus le convoyeur.


Henry s’approcha mais ne franchit pas la barrière entre eux. Il étudia ce qui se trouvait sur le tapis, saisit quelques objets au hasard, et les lança sur Renard. Un des projectiles rebondit contre son épaule, tandis que Renard en entendait un autre siffler contre son oreille. Il tourna les talons et se sauva en zigzaguant.


Un autre projectile le frappa à la jambe, et Renard plongea sur le côté. Alors qu’il se réceptionnait au sol, il hurla quand une douleur fulgurante lui traversa la main gauche. Son bras céda sous lui, et il se retrouva face contre terre. Risquant un coup d’œil vers la source de la douleur, il vit un clou qui dépassait de sa main.


Près du convoyeur, Henry préparait une nouvelle offensive. Il ne pouvait pas rester là, empalé au sol comme un papillon. Il se redressa, entoura son poignet de sa main valide, et tira un coup sec. Il hurla à nouveau, mais il était libre. Il se releva, et courut se mettre à l’abri derrière un pilier. Plusieurs claquements métalliques lui apprirent qu’il avait évité de justesse d’autres attaques d’Henry.


Il prit quelques secondes pour reprendre son souffle et calmer son cœur. La douleur dans sa main était terrible, assez pour lui faire temporairement oublier la brûlure dans son dos. Si tu as mal à la tête, mets des chaussures trop petites. Un proverbe stupide dans un moment inopportun. Il reporta son attention sur Henry.


Le robot avait franchi le convoyeur et se dirigeait vers lui, les bras chargés de babioles en tout genre.


Au-dessus de lui, un bras mécanique attendait des ordres.


Renard s’empara de sa télécommande et voulu activer le mécanisme. Une douleur aiguë dans la main lui fit lâcher l’appareil et il poussa un nouveau cri. Il sortit de son abri et courut en direction d’un autre coude du convoyeur. Il bondissait à droite et à gauche, mais plusieurs projectiles l’atteignirent. L’un d’eux le frappa dans le bas du dos, sur sa brûlure, et la douleur explosa. Il manqua perdre l’équilibre, mais parvint à continuer sa course vers la sécurité.


Alors qu’il atteignait le tapis, il se prit les pieds dans quelque chose. Il tomba en avant, et sa hanche droite heurta violemment le bord du convoyeur. Il regarda ce qui retenait sa jambe, et avisa la main d’Henry. Le robot se tenait à quelques mètres, turbo-poing déployé, un sourire suffisant sur les lèvres. Renard donna des coups de pied dans la main qui le retenait prisonnier, et parvint à lui faire lâcher prise. Il se releva péniblement.


Pendant un moment, aucun des deux ne bougea. Puis Henry avança, tranquillement. Renard le regardait à travers la sueur qui lui brûlait les yeux. Prenant garde à masque ses mouvements, il attrapa la télécommande. Approche encore un peu.


La télécommande cachée dans son dos, Renard recula de deux pas. Henry avança d’un autre. Maintenant ! Renard pressa un bouton sur la télécommande, et le bras métallique à côté du convoyeur fit un tour sur lui-même, bousculant Henry au passage et le projetant sur le tapis. Renard appuya sur un second bouton, et vit avec satisfaction l’aimant géant s’abattre sur le robot, le coinçant contre le tapis roulant. Renard lâcha un rire victorieux et s’élança vers Henry. Il avait l’avantage, mais ça ne durerait pas.


Le robot se débattait vainement contre l’aimant, totalement immobilisé. Renard ouvrit la trappe derrière sa tête.


— Désolé Henry, dit-il avec un sourire excité. Je te reboote et on oublie tout ça. Ça va pas prendre longtemps.


Il appuya sur le bouton.


Rien ne se passa.


Henry sourit.

— Tu ne croyais tout de même pas que je n’avais pas prévu le coup ? demanda-t-il.


Renard jura. Tant pis, Henry était toujours coincé, il fallait trouver autre chose. Il observa la position du robot : couché sur le ventre, les bras relevés contre l’aimant. Les câbles ventraux n’étaient pas accessibles.


Il courut vers un des bureaux délabrés et revint avec un clavier et des ciseaux.


— Qu’est-ce que tu comptes faire ? demanda Henry.

— Un trou sur le côté, je choppe les câbles, je branche le clavier, et je vire ce maudit piratage de ta mémoire. Ça devrait marcher.

— Sans m’éteindre ? protesta Henry.


Renard releva la tête. Il avait fait une ouverture et s’apprêtait à y glisser sa main valide, à la recherche des bons câbles.


— Ça peut t’endommager ?

— Évidemment !


Renard hésita.

— Désolé, Henry, dit-il en plongeant la main dans les circuits du robot. J’espère sincèrement que tu grilleras pas, mais là, tu me laisses pas trop le choix.


Henry continua à se débattre, tandis que Renard fouillait dans ses entrailles.


L’accès n’était pas pratique, Renard n’y voyait rien.


Henry réussit à arracher un de ses bras de l’aimant, puis l’autre. Il planta les mains fermement dans le sol, et poussa.


Renard ne trouvait pas le port qui lui permettrait de brancher le clavier.


Henry poussa plus fort. Il réussit à se soulever du tapis du convoyeur. Au-dessus de lui, les servomoteurs qui tenaient l’aimant crépitaient.


Renard tira un câble au hasard. Ce n’était pas le bon.


Le bras mécanique lâcha, les câbles électriques se déchirèrent, et l’aimant libéra Henry.


Renard jura. Il saisit frénétiquement une commande sur le Tempusfugitron, et disparut sans attendre que le robot retrouve toute sa liberté de mouvement.





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