Le café est chaleureux. La musique est juste assez forte pour empêcher les conversations de porter sans les rendre inintelligibles. La décoration est plutôt bancale, mais ça apporte un petit quelque chose de très… Philippe. Mieux, ce n’est pas prétentieux.
- C’est pas grand-chose, j’admets, mais c’est à moi. Et on fait des choses bien : levées de fonds, soirées concert amateurs, slam de poésie, tout ça, explique-t-il avec un sourire rempli de fierté. On fait aussi une rotation d'œuvres d’artistes de la communauté LGBT de Québec et il y a une bibliothèque-partage où les gens peuvent laisser de vieux livres ou leurs propres publications.
- C’est toi qui as organisé tout ça?
- Pas vraiment tout, mais j’ai pas compté les heures, répond-il avec un petit rire gêné.
Il se glisse derrière le comptoir en saluant brièvement la barista et se verse un café filtre avant de lui demander sa commande. Ses gestes sont naturels, son sourire, resplendissant. Il n’y a pas la retenue habituelle qu’Isaline lui connaît. Il est à sa place, vivant, saluant les gens par leur nom sans malaise. C’est comme s’il était un autre homme. Un homme plus sûr et bien dans sa peau.
- J’ai utilisé mes fonds pour tout financer, mais c’était un travail d’équipe. Des tas de gens m’ont aidé parce que j’avais aucune idée de ce que je faisais. Je sortais du secondaire, je savais pas trop où me diriger dans la vie et je trouvais qu’il manquait cruellement d’endroits pour les gens de la communauté queer qui ne tournent pas autour du sexe ou de l’alcool. L’Alphabet est né.
Son sourire se fait encore plus large et elle pourrait croire que des étoiles brillent dans ses yeux.
- C’est… Wow. Vraiment beau, Philippe. Je le pense vraiment. Il faut beaucoup de courage pour se lancer dans ce genre de projet.
- Merci!
- Je reconnais que la thématique loin du sexe et de l’alcool a tout pour plaire. Les bals de la famille auraient tout à y gagner, glisse Angelo en s’appuyant sur le comptoir à côté d’Isaline. Un caffè per me, la prego.
Quand Philippe la regarde avec une hésitation, elle lui sert un sourire contraint. La présence d’Angelo est nécessaire, mais il a un don pour plomber l’ambiance dès que ça devient un peu intime. Considérant que, depuis trois jours, une tueuse a déclaré qu’elle travaillerait activement à l’abattre, elle ne peut pas se plaindre. Depuis, elle entend souvent les esprits qui les accompagnent faire des rapports et, à une occasion, il avait même dû intervenir quand un homme visiblement contrôlé avait foncé sur elle.
- Je suis contente que ça te plaise. Philippe a l’air d’avoir travaillé très fort et c’est admirable, tu ne trouves pas, Angelo?
- Hum? Si si, bien sûr. Très charmant. Très coloré. Maintenant, excuse-moi, très chère cousine, mais je ne tolère qu’une quantité limitée de flirt dans ma nuit avant de trouver cela extrêmement ennuyeux.
Sa tasse en main, il s’éloigne vers la bibliothèque-partage. Il prend un livre en haussant un sourcil et s’éloigne vers les grandes baies vitrées. Il est évident qu’il surveille les angles, les dangers, les risques. Contre toute attente, depuis leur conversation, il est moins mordant dans ses paroles. Il n’y a pas la moindre trace d’amabilité légitime, mais elle a presque l’impression que son emportement a… forcé son respect? Il ne l’a pas désigné comme une Milliner non plus. C’est étrange, à ce stade. Bienvenue, mais étrange.
- Isa?
La jeune femme se tourne vers son fiancé, incapable de répéter ce qu’il vient de lui dire, bien qu’elle ait eu conscience de ses paroles.
- Désolée, mon esprit s’est égaré.
- C’est pas grave. Vient, il y a une table sur le bord de la fenêtre qui-
- Je ne peux pas, dit-elle rapidement en jetant un coup d’œil vers Angelo, qui inspecte un cadre à quelques mètres.
- C’est juste une fenêtre, Isa.
Une petite boule d’anxiété se creuse dans son estomac et elle combat l’envie de mordre sa joue pour ravaler ses paroles. Plutôt, Isaline l’invite à la suivre à une table dans un coin reculé et loin de la fenêtre. Le peu de clients et le bruit des machines à café l’aident à garder le sujet discret :
- Ce n’est pas juste une fenêtre. Il y a une… Tu sais ce que les gens d’Ottawa pensent de tout ça. Ils ne sont pas d’accord pour qu’on se marie et c’est le genre de personnes qui… qui peuvent aller très loin. Sans hésitation.
- Ok, oui, ils ne sont pas d’accord, mais ce n’est pas un peu poussé? Ils ne vont pas réellement envoyer quelqu’un pour…
Il regarde autour d’eux en mimant rapidement l’acte de poignarder quelqu’un. L’effet est immédiat : le visage de l’assassin de Venise se juxtapose à celui de Philippe quelques secondes et elle ferme les yeux en respirant pour garder son calme. Faire cesser ses mains de trembler, garder le contrôle, diriger sa respiration. Voilà. Il ne sait pas ce qu’il lui est arrivé en Italie.
- Phil… Angelo n’est pas là pour faire joli.
- Maintenant qu’on en parle…
- Oh! mon dieu, non, ne finit pas cette phrase. C’est… beurk. Juste beurk. Je dois déjà enduré les autres élèves qui me demandent s’il est célibataire, pas besoin que mon propre fiancé commence à le regarder comme ça.
- Ok, désolé, mauvais timing pour une blague. C’est juste que… Je ne sais pas comment prendre ton affirmation. Ma famille et Ottawa se disputent depuis des siècles. Littéralement, Isa. Ça revient sur la table à tous les Saint-Jean-Baptiste. Et personne n’a jamais envoyé de tu-sais-quoi pour autant.
La tension dans la nuque d’Isaline menace de se transformer en mal de tête. Techniquement, il a raison, mais comment lui faire comprendre que, cette fois, ça va plus loin? Sa voix se fait basse et elle se penche vers Philippe :
- Je n’exagère pas.
- Je ne dis pas que tu exagères. Au contraire, je te crois que tu es convaincue de ce que tu dis. Peut-être qu’avoir un garde du corps en permanence qui prévoit les pires scénarios a fini par, je sais pas, te convaincre de tes pires craintes?
- C’est peut-être toi qui ne vois pas le danger parce que tu ne veux pas le voir? Phil, tu es quelqu’un d’extraordinaire sur beaucoup d’aspects, mais, niveau condescendance, je commence à en avoir assez.
- Ce n’est pas-
- C’est exactement ça. Tu minimises et parle de ma réalité comme si je l’imaginais. Ce n’est pas parce que ça ne t'est jamais arrivé que ça n’arrive pas en ce moment. Phil, pourquoi nos familles font autant d’efforts, à ton avis? Pourquoi est-ce qu’il est là alors qu’il pourrait être en train de faire son vrai travail?
Philippe jette un coup d’œil vers le principal concerné. Angelo est en train d’évaluer le matériel sur la scène. Son air concentré et curieux lui donne l’air très jeune, presque normal pour quelqu’un qui tue régulièrement pour le travail et pour le plaisir. Sa présence n’est pas un caprice. Le mal de tête annonce officiellement son arrivée et Isaline pose son café en massant sa nuque.
- Pour donner l’impression qu’il y a un grave danger, faire les gros bras ou quelque chose d’autre qui englobe la politique et tout ça? énumère Philippe en levant un doigt chaque fois. Nos familles sont bizarres, elles ont des coutumes bizarres et des manières de négocier bizarres. C’est pour ça que j’essaie de rester en dehors de tout ça.
L’agacement qu’Isaline ressent commence à devenir de l’irritation. Elle ouvre la bouche pour protester quand l’homme devant elle lève les yeux et grimace :
- Ah, merde… Lorelei est là.
Avant qu’il finisse sa phrase, Isaline a déjà tourné la tête vers l’entrée. Angelo est d’ailleurs devant elle, souriant, aimable. Bien qu’elle n’entende rien, un détail est révélateur : ils sont tous les deux tendus. Leurs corps sont penchés l’un vers l’autre, probablement pour échanger de l’information sans être entendus par les clients. Puis, les traits du vampire s’illuminent d’une excitation perceptible jusqu’à la table où elle est assise. Ça fait manquer un battement à son cœur. Il n’y a qu’une seule raison pour laquelle il sourit de cette façon et ce n’est pas bon.
- Oh non. Elle est là.
- Hey, Isa, tout va bien. On a deux gardes du corps dans le café et probablement d’autres dans les environs, dit Philippe en posant une main sur la sienne.
- Non, tu ne comprends pas. Valentina est là.
- Je ne sais pas de qui tu parles, mais elle ne pourra pas nous atteindre, ici. Calme-toi, tout va bien.
En quelques secondes, sa peur se tourne vers ce qu’il y a de plus facile à faire pour se sentir en contrôle : s’attaquer au détachement de Philippe. D’un mouvement brusque, elle retire sa main de la sienne.
- Tu ne comprends vraiment pas. C’est grave. C’est…
Sa chaise racle sur le sol en bois usé avec fracas, mais elle n’en a cure. Hors de question de continuer à toujours tout faire pour s’effacer! La pensée la déstabilise une seconde. Ça s’était imposé dans son esprit : prendre sa place et être prise au sérieux, comme un écho des paroles d’Angelo. Toutefois, elle chasse la réflexion pour se concentrer sur le présent :
- On doit parler en privé. Maintenant.
Pris de cours, Philippe se lève avec une hésitation, puis lui désigne une porte. Alors qu’ils s’éloignent, Lorelei s’approche pour l’aborder, mais il lui fait signe d’attendre :
- On va juste au bureau deux minutes. On se parle après, Lor! À tout à l’heure.
Quelques instants plus tard, la porte se referme et il tourne le verrou.
- Voilà. Tu sais, je suis habitué aux alertes et aux peurs de peut-être-
- Il y a une tueuse, une vraie tueuse, au Conservatoire, qui a comme mission de m’abattre.
- Qui a comme mission de… Je… Personne ne m’avait dit ça. Tu es sûre?
- Angelo et elle se sont parlé… ou affrontés, peu importe. Ça fait trois jours et elle a fait des tentatives pour tester les eaux. Quand Lorelei et lui parlaient, tout à l’heure, il a souri, alors j’ai su que c’était elle. Il a toujours ce… ce sourire excité quand il sait qu’il va affronter la personne qui veut me tuer.
Philippe tente de lui prendre les mains, mais Isaline les retire. Il accuse un moment face à cette froideur et se racle la gorge.
- Je comprends que c’est important pour toi. Je suis désolé. Mais si c’est aussi dangereux, Angelo est un assassin de ta famille, pas vrai? Il devrait pouvoir régler le problème facilement. Ça va aller.
- C’est une vampire. Probablement plus vieille que la Seconde Guerre mondiale parce qu’elle est probablement la fondatrice de la lutherie Valentina.
- La lutherie Valentina a été créée par une vampire? s’exclame-t-il en écarquillant les yeux, puis voyant les lèvres pincées d’Isaline : Pardon. Leurs guitares sont super.
- Je sais. C’est chiant quand ils sont des connards et excellent dans quelque chose qu’on aime.
Ils se regardent quelques secondes, puis éclatent de rire ensemble. C’est tellement absurde. La tension diminue considérablement. Finalement, leurs rires se calment et elle prend quelques inspirations pour se calmer.
- Mais, Phil, c’est sérieux. À Venise, ils ont essayé pendant un bal dans la demeure principale des Giovanni, confesse-t-elle en réprimant le souvenir de cette soirée. Il y a eu un spectre quelques jours après notre arrivée. Là, c’est une vampire assassine. Je suis de retour à Québec depuis moins de deux mois et on n’a même pas de date pour le mariage. Ce n’est pas de l’exagération.
- On ne me l’a pas dit non plus. J’imagine que ça rend tout ça beaucoup plus vrai de ton point de vue. Moi, j’ai vécu des tas de tentatives de kidnapping pour les demandes de rançon, mais rien qui concerne les fiançailles.
- Je ne pense pas que la plupart des gens trouvent que des tentatives d’enlèvement, ce soit normal.
- Non, mais nos familles ne sont pas normales. Riche et vampire, c’est un gros cocktail à problème. Je parie que ton premier kidnapping, c’est avant la maternelle.
- Et bien… oui. Attends… Toi?
- Six ans. Trois jours dans un sous-sol, répond Philippe avec un rire doux-amer. Au moins, j’ai eu le droit à des barres tendres. Mes kidnappeurs n’étaient pas aussi monstrueux que ça.
- Quatre ans. Des gens sont entrés par effraction pour nous prendre en otage, ma mère et moi. Mon père a payé pour acheter leur silence, je crois. Je ne suis pas certaine. J’ai de la difficulté à m’en souvenir, mais après ça, papa a engagé une firme de protection et j’ai suivi des cours pour apprendre à travailler avec des gardes du corps. C’était mieux que de révéler à sa base électorale qu’il a une fille illégitime, j’image.
Doucement, il se redresse pour la prendre dans ses bras.
- On n’a pas eu une vie très douce. C’est pour ça que j’essaie de m’éloigner de tout ça. Je vais essayer de faire attention. Je suis désolé. C’est juste qu’ici… C’est un peu mon refuge, alors j’ai pas vraiment l’impression de pouvoir y être véritablement en danger. Tu vois ce que je veux dire?
Ses mains sont chaudes et sa voix est apaisante. Ça fait du bien de pouvoir partager cette peur avec quelqu’un qui comprenne, même si c’était un peu maladroit et frustrant.
- Jusqu’à récemment, pour moi, c’était le Conservatoire, alors je comprends que tu veuilles garder ton café. J’aurais dû être claire avant. C’est juste qu’à Venise… C’était…
- Hey, tu m’en parles quand tu es prête, murmure-t-il en prenant tendrement son visage entre ses mains. T’es pas obligée de revivre ça maintenant. Je ne dis pas que je comprends tout, personne n’a essayé de m’abattre, mais je comprends que tu puisses ne pas te sentir en sécurité. Si tu dis que c’est sérieux pour toi, c’est sérieux.
- Tant de maturité, monsieur de Varennes.
- Mon psy serait fier de moi.
Le rire d’Isaline n’est pas joyeux à proprement parler, mais ça l’aide à se défaire de l’anxiété. Puis, naturellement, elle se penche pour l’embrasser brièvement. C’est à peine une pression de leurs lèvres, puis un mélange de leurs souffles, mais elle sent ses joues lui brûler profondément à ce premier baiser.
- Philippe…
Leur petite bulle d’intimité éclate quand on toque à la porte. Contrairement aux prédictions d’Isaline, c’est une voix féminine qui les interpelle. Un soupir déçu lui échappe alors que Philippe va ouvrir à Lorelei.
- Je vais avoir besoin de vous évacuer. Votre oncle vous attend au Régent.
- Vraiment? C’est à côté du Château Frontenac, on pourrait aller là-bas à la place.
- Philippe, mes ordres sont clairs. Prenez vos affaires, tous les deux. Nous partons dans trois minutes.
L’atmosphère devient lourde et malaisante. Le Philippe léger et candide, si fier de son café, est remplacé par l’homme complaisant qui affiche un sourire d’apparat. Il prend le manteau d’Isaline pour l’aider à le mettre, puis prend le sien. La jeune femme suit le mouvement en observant la dynamique en cours. L’habitude, peut-être. Depuis sa plus tendre enfance, devoir quitter un lieu ou une activité sans poser de question fait partie de sa normalité. De retour dans la salle, il y a toutefois un café intouché et son propriétaire absent.
- Où est mon cousin? demande-t-elle.
- Votre… cousin est parti inspecter les environs pour distraire le danger potentiel.
- Lor, s’il te plaît, je t’ai déjà dit de ne pas utiliser ce genre de mots ici.
C’est avec un sourire confiant, mais sans la chaleur qu’il tente de faire remonter à ses yeux, que Philippe salue ses employés. Il lance une excuse vague, urgence familiale, puis enfonce ses mains dans ses poches dès que leur groupe s’enfonce dans l’air glacé de février. La neige craque sous leurs bottes et personne ne parle jusqu’à ce qu’ils se tassent dans une berline blanche. Rapidement, le véhicule se met en route. Jugeant qu’elle est en sécurité, Isaline sort son téléphone portable. Quand Lorelei réalise qu’Isaline est en train de composer un numéro, son attention se concentre sur elle :
- Mademoiselle Rousseau, je ne pense pas que ce soit-
- J’appelle mon garde du corps. Si je change de position, je veux qu’il puisse me retrouver.
- Je vous assure que nos services de sécurité sont excellents.
- Aussi sécuritaire qu’un assassin de plusieurs siècles avec des serviteurs fantômes? lance-t-elle avec irritation, puis, devant son silence, elle continue avec satisfaction : C’est ce que je croyais.
Quelques instants plus tard, la voix chantante d’Angelo se fait entendre par-dessus un vent assourdissant :
- Très chère cousine, je suis occupé en ce moment.
- Où êtes-vous? Vous êtes mon garde du corps et vous disparaissez dès qu’elle se pointe?
- Quelle meilleure manière de te protéger qu’en chassant celle qui te chasse?
Un juron très italien échappe à Angelo avant qu’il rie de bon cœur.
- Le climat ne joue pas en ma faveur, commente-t-il avec cette même joie enfantine qu’il est capable d’afficher. Qu’à cela ne tienne, que veux-tu? Charlotte me dit que tu es monté dans une voiture avec Lorelei Sinclair et ton tendre Philippe.
- En direction vers le Régent, peu importe ce que c’est.
- C’est le speakeasy pour ceux qui n’aiment pas chasser. L’endroit le plus ennuyant de cette ville.
- Vous m’étonnez.
- Que de sarcasme, ça sied bien à une membre de notre famille ! Je t’y trouverai en temps et lieu. Si je ne suis pas de retour avant l’aube, abuse de leur hospitalité autant que tu le peux. Gustavo et Rosenberg te surveillent. Quant à moi, j’ai un rendez-vous qui m’attend.
La communication coupe sur cette déclaration ambiguë. Quelques secondes passent alors qu’elle regarde son téléphone comme s’il était responsable du ridicule de la conversation, puis le range dans sa poche.
- Angelo va venir quand il aura terminé. Il me dit de ne pas l’attendre et de… profiter pendant qu’il s’amuse, j’imagine.
- Il a vraiment dit ça? lance Philippe en lui tendant la main.
- Pour être en sa présence presque constante depuis plus d’un mois, je dirais que c’est le gros du message que je décode.
Sa main se glisse naturellement dans la paume chaude de l’homme à ses côtés. À l’extérieur, les rues étroites se succèdent jusqu’à ce que le véhicule s’arrête finalement devant une maison de style coloniale sans la moindre enseigne. Elle ressemble à toutes les vieilles maisons du Vieux-Québec qui se succèdent. Naturellement. Les speakeasys ne dévoilent pas leur emplacement. S’ils sont évacués ici, c’est probablement plus qu’un bar secret.
- C’est votre refuge en cas d’attaque, demande Isaline, alors que Lorelei descend pour vérifier que tout est sécuritaire à l’extérieur.
- Non. Enfin, on peut dire oui, j’imagine. C’est surtout là que dame la Régente, mon ancêtre Béatrice, tient sa cour.
- Oh. Rien que ça. Sa cour. Génial. Aucun stress.
- Ouep, rien que ça…