Le commencement

Chapitre 11 : Le labyrinthe et ses secrets.

Par noctisshadow

Publié sur Fanfictions.fr.
Voir les autres chapitres.


Chapitre 11 : Le labyrinthe et ses secrets.


Le grand jour est enfin là. Le Labyrinthe m’attend, immense, mystérieux, menaçant… et je sens mon cœur battre plus vite que jamais. La peur me serre la poitrine, un nœud brûlant qui refuse de se défaire. Et pourtant… une excitation folle me traverse, électrique, comme si chaque fibre de mon corps criait que je suis prêt. Je veux courir, découvrir, comprendre. Je veux prouver que je peux. Que je suis capable. Je respire profondément, laissant cette tension me remplir et me pousser en avant. Aujourd’hui, tout commence. Je vais entrer dans le Labyrinthe… et rien ne pourra me retenir.

Minho ouvre la porte de la salle des cartes et je reste un instant figé. L’endroit est immense, les murs tapissés de cartes, de notes griffonnées et de dessins de couloirs complexes. L’air est chargé d’une odeur de vieux bois et de papier, mêlée à une pointe de poussière. Au centre trône une table ronde gigantesque, recouverte du plan du Labyrinthe. Les couloirs s’entrelacent, se perdent, se recoupent… Mon souffle se coupe. Je n’avais jamais imaginé une telle immensité… Un tel travail. Et je comprends alors le vrai rôle du coureur.

Je lève timidement la main, sentant mes muscles se raidir sous les regards de tous les coureurs. Mon cœur tambourine dans ma poitrine comme s’il voulait sortir.

Leurs voix résonnent dans la salle, lourdes d’autorité et de défi, comme un écho qui me plaque contre le sol. Je sens immédiatement la hiérarchie et l’expérience dans ce ton collectif. Certains semblent surpris de me voir ici, mais aucun n’ose le dire à leur Maton. Un simple regard de Minho suffit à imposer silence et respect. Je prends le temps d’observer mes futurs coéquipiers. Mes yeux tombent sur Ben, le coureur en qui Minho a toute confiance. Il est grand, carré d’épaules, musclé sans ostentation. Une force tranquille émane de lui, imposant le respect sans effort. Ses cheveux blonds très frisés tombent sur son front, encadrant un visage marqué, avec des yeux marron profonds et perçants. Sa bouche, petite et fine, reste sérieuse, concentrée, un contraste presque frappant avec sa stature imposante. Je devine qu’il est fiable, capable de garder son sang-froid, quoi qu’il arrive. Minho se détourne alors pour ouvrir une vieille malle en bois et en tirer des plans. Ses gestes sont fluides, précis, mesurés. Il distribue les feuilles par duo, en accord avec les cartographes. Tout semble coordonné, naturel, comme une danse silencieuse où chacun sait exactement quoi faire. Mon regard se pose sur Noa, un garçon brun, un peu potelé, mais vif et attentif. Il seconde Minho avec une précision étonnante, observant chaque geste, chaque plan. Et je remarque quelque chose d’étrange : il ne quitte pas le coureur des yeux… particulièrement Minho. Une fascination, peut-être quelque chose de plus… intime ? Je fronce légèrement les sourcils. Quand sa main touche par erreur celle de Minho, il sursaute, laisse tomber quelques plans, puis s’excuse en panique. Les autres coureurs échangent un regard amusé, comme s’ils partageaient un secret auquel je n’ai pas accès. Minho, lui, reste impassible, maître de lui, ignorant tout en apparence, mais je sens le jeu silencieux, les regards langoureux que Noa lui lance.

Je sens l’adrénaline monter. Mes mains sont moites, mon souffle un peu court. Le Labyrinthe m’attend, et je réalise que tout commence maintenant.

Mon cœur s’emballe rien qu’à les voir partir. Je sens la pression monter, palpable, presque douloureuse dans ma poitrine. 

Je prends les chaussures, et son regard se pose sur moi. Ce n’est plus ce poids écrasant d’autorité que j’avais senti plus tôt. Non, il me dévisage avec une lueur provocante, un petit sourire aux lèvres, comme s’il se moquait gentiment de mes doutes. Ses yeux brillant d’amusement, défiants, comme s’il attendait de voir ce que je ferai de ce nouvel enjeu.

Minho esquisse un sourire plus large, satisfait, presque joueur.

Minho me tend ensuite un boxer. Et je décèle cette lueur dans ses yeux… provocante, taquine, presque amusée.

Je hausse un sourcil, un peu hésitant.

Il me lance un sourire en coin, un éclat de défi dans le regard qui me fait me raidir malgré moi.

Je sens que derrière son sérieux apparent, il se régale presque de me voir gêné, comme si ce petit jeu faisait partie de sa façon de me tester. Noa me regarde et me dit gentiment :

Il désigne un coin de la pièce. Je me hâte sans attendre. Je me glisse derrière le tissu, soulagé de pouvoir enfin respirer un peu seul. J’enlève mon pantalon pour enfiler le boxer que Minho m’a tendu. Je sens que celui-ci suit chaque mouvement, épousant parfaitement “ma forme”.  Il maintient bien mon attirail masculin. Et je ne peux m’empêcher de sourire intérieurement : il est… imposant. Et ça me donne une certaine fierté… Je reste un mec après tout…

Et pendant que je suis entrain de me changer, j’entends Noa lancer à voix basse :

Je ne peux retenir un sourire discret. Je comprends immédiatement : Noa tente de séduire Minho. C’est presque drôle, ce petit jeu d’un côté, la froideur de Minho de l’autre. Ça m’amuse.

Noa n’ajoute rien… Je pouffe légèrement dans mon coin… C'est très drôle à entendre… Minho est impassible. Sa froideur. Son ton. Comme toujours… De quoi faire fuir le pauvre Noa. 

Je termine de me changer et enfile mes chaussures. Elles sont très confortables. C’est presque comme marcher sur un nuage. Je me sens léger, prêt à courir. Je sors de derrière le paravent et rejoins Minho. Il m’attend, les bras croisés, calme, presque intimidant. Noa est déjà parti, visiblement remis à sa place par la remarque sèche de Minho, qui s’en fiche totalement. Il me regarde, son sourire à peine esquissé mais provocant :

Je hoche la tête, serrant les poings, sentant l’adrénaline qui monte. Mon cœur bat à tout rompre. Je ne veux pas le décevoir. Pas maintenant… 

On sort enfin de la salle des cartes, l’air plus frais du matin me gifle doucement le visage. Minho marche devant moi, léger, sûr, rapide, comme si son corps connaissait chaque pierre du sol par cœur. On rejoint Newt qui nous attend déjà devant l’entrée du Labyrinthe. Il fait les cent pas, la mâchoire serrée, les yeux brûlant d’inquiétude. Rien qu’en le voyant, je sens mon ventre se tordre. Dès que j’arrive à sa hauteur, il vient à ma rencontre et m’enlace sans réfléchir, avec une urgence qui me coupe le souffle.

Je ferme les yeux une seconde, savourant son odeur, sa chaleur, tout.

Je tapote doucement son dos, comme pour le rassurer, alors que c’est mon propre cœur qui cogne de peur..Il recule juste assez pour croiser mon regard, un sourire doux étirant ses lèvres.

Newt l’attrape par la main. Il l’entraîne quelques pas plus loin, assez pour que leurs voix se perdent dans le vent… mais pas assez pour sortir de mon champ de vision. Je reste immobile, clouée sur place, et j’observe. Ils échangent quelques mots rapides. Puis, lentement, Newt passe ses bras autour du cou de Minho. Une étreinte longue, familière, naturelle. Minho glisse immédiatement ses mains sur le bas de son dos, rapprochant leurs corps comme deux pièces d’un puzzle parfaitement imbriquées. Mon cœur se serre. Une pointe de jalousie, brûlante, irrationnelle, me traverse. Je savais qu’ils étaient proches. Mais pas à ce point. Pas comme ça… Ils restent enlacés longtemps. Trop longtemps. Le genre d’étreinte qui dit tout sans mots. Et j’ai beau essayer de me convaincre que ce n’est rien… Je n’arrive pas à détacher mon regard. Quand Minho finit enfin par lâcher Newt, il revient vers moi. Son visage a repris son masque sérieux.

Minho avance vers la porte, sans hésiter, sans trembler.

Et il franchit le seuil comme si ce n’était rien. Je respire une seule fois, profondément. Puis j’avance à mon tour. Mon pied se pose dans le Labyrinthe… Un frisson me traverse. C’est là. Le moment que j’attends depuis mon arrivée. Enfin… je peux me rendre utile. Enfin je peux avancer. Et je vais tout faire, absolument tout, pour tenir la promesse que j’ai faite à Newt.


Malgré toute ma détermination, l’appréhension me ronge dès les premiers mètres. La pierre froide du Labyrinthe avale la lumière derrière nous, et je sens immédiatement cette présence muette, énorme, qui écrase tout. Minho court devant moi, vif, précis, sans un mot, comme s’il glissait dans un territoire qui n’obéit qu’à lui. Moi, je cours à sa suite, et chaque pas résonne dans ma poitrine comme un avertissement. Au début, mes jambes suivent. Mais déjà, au bout de vingt minutes, mon souffle s’effiloche. L’air devient lourd, gluant presque, comme s’il me collait aux côtes. Chaque couloir ressemble au précédent : mêmes pierres lézardées, mêmes ombres suspendues, mêmes murs qui semblent se pencher vers nous. Je déteste ça. J’ai l’impression que le Labyrinthe m’observe, qu’il retient son souffle pour mieux m’avaler. Plus on avance, plus la peur grimpe en moi, lente mais implacable. Mon cœur cogne contre ma cage thoracique, comme s’il cherchait une sortie que je ne peux pas lui offrir. Je tremble. Je sue. J’ai la gorge nouée. Je me sens minuscule dans ce monde de pierre mouvante. Et malgré tout, je serre les dents. Je dois tenir. Pour Minho. Pour Newt. Pour ne pas être un poids mort.

Le temps devient flou. Deux heures passent, peut-être. Le Labyrinthe m’engloutit dans un silence oppressant, seulement brisé par nos pas qui claquent, secs, contre la pierre. Et puis mon corps lâche avant ma volonté : je m’arrête net contre un mur, la main posée dessus pour ne pas tomber, et je vomis. Mes jambes tremblent tellement que je dois lutter pour rester debout.

Sa voix claque, nette. Il a raison. Le jour avance. Les murs bougent. Le Labyrinthe n’attend jamais.

Je ravale ma honte, ma peur, mon tremblement. Pas question de flancher. Pas question de décevoir qui que ce soit. Courage, Thomas. Tiens bon. Continue. Respire. Je bois une gorgée rapide de ma gourde. L’eau est tiède, presque mauvaise, mais elle m’arrache un souffle plus stable. Je repars, même si mes jambes protestent. Minho reprend son rythme, tranchant, précis, et je m’accroche à lui comme à un fil pour ne pas me perdre dans ces couloirs identiques qui semblent se resserrer à chaque tournant.

Trois heures plus tard, quand on finit par faire demi-tour, mes muscles brûlent. Le soleil me frappe presque comme une gifle lorsque les murs du Labyrinthe s’écartent enfin pour nous laisser ressortir. Je suis trempé, vidé, mais vivant. L’air du Bloc me paraît presque doux comparé à celui des couloirs. Je titube légèrement mais je souris, un sourire fatigué, fier malgré tout. J’ai tenu. J’ai survécu. J’ai suivi Minho. Maladroitement, peut-être, mais je l’ai fait. Et au fond de moi, quelque chose s’enflamme : une détermination neuve, brute. Je veux y retourner. Je veux comprendre ce monstre de pierre. Je veux trouver la sortie. Et avec quelqu’un comme Minho à mes côtés… oui. J’y crois. Je suis persuadé qu’on peut y arriver.

Une fois de retour au Bloc, la lumière m’aveugle un instant. L’air extérieur semble presque trop vivant après l’oppression suffocante du Labyrinthe. Et puis, en levant les yeux, je les vois. Newt qui est avec Chuck, qui trépigne littéralement. À peine m’a-t-il aperçu que le garçonnet se précipite sur moi et m’écrase dans une étreinte si brutale que je chancelle.

Je ris faiblement, épuisé, mais heureux.

Newt s’avance à son tour, un sourire doux étirant ses lèvres, celui qu’il garde pour les moments où il laisse enfin tomber son masque de chef.

Je redresse un peu les épaules, essayant d’avoir l’air plus solide que je ne le suis.

Minho, lui, n’a même pas une goutte de sueur à essuyer.

Il vaut tout. Je sens mon cœur gonfler Un compliment de Minho… Et ce sourire timide de Newt, presque fier.

Je crois que je pourrais courir encore trois heures rien que pour ça.

Mais Newt pose soudain une main sur le bras de Minho. Son geste paraît discret, mais je vois bien le léger tremblement qui traverse ses doigts. Son regard, lui, est plus grave que jamais.

Mon souffle se bloque. Je comprends aussitôt : il sait que je suis entré dans le Labyrinthe. Chuck me fixe, les yeux ronds d’inquiétude, comme s’il attendait qu’on lui dise que tout va bien… alors que rien ne va. Minho, lui, ne vacille même pas. Il redresse la tête, presque insolent.

Newt serre un peu plus le bras de Minho, ses yeux se brouillant d’une inquiétude qu’il essaie de masquer.

Je m’attends à ce que Minho s’énerve, mais au lieu de ça, il avance une main et la pose doucement contre la nuque de Newt. Son pouce glisse sur sa joue dans un geste incroyablement tendre, un geste qui me tend. Une pointe de jalousie me pique. Profonde. Perçante… Newt ferme les yeux une fraction de seconde, comme si la chaleur de ce contact le maintenait debout… 

Newt acquiesce, encore un peu tremblant, puis recule, comme arraché à quelque chose qu’il aurait voulu garder un instant de plus. Et je n’ai même pas le temps de penser à une pause que Minho doit encore déposer ses notes et faire le point avec les Cartographes. Je le suis donc jusqu’à la salle des Cartes, où Greg et Noa se penchent déjà sur les plans qu’il leur tend. Ils tracent, pointent, corrigent, organisent, leurs mains rapides glissant sur le papier. Minho les laisse travailler et se tourne vers moi pour un débrief.

Intérieurement, je bouillonne encore : un “pas mal” sorti de la bouche de Minho… ça vaut de l’or. Et même si je jalouse un peu sa carrure de demi-dieu, sa puissance, sa résistance, je ne peux pas m’empêcher d’être impressionné. À côté de lui, j’ai l’impression d’être… Nul… Mais lui… lui, c’est une machine. Une force brute. Probablement plus fort que Gally lui-même. Minho ricane, gonflé d’un orgueil qu’il ne cache même pas.

Je m’approche de la table, attiré par les traits entrecroisés. Le Labyrinthe étalé devant moi, comme une entité vivante. Minho pose son doigt sur la carte.

Puis il remonte son doigt le long d’un couloir.

Je hoche la tête, concentré, prêt à absorber chaque mot.

J’ai l’impression que ma tête va exploser, mais dans le bon sens. Je veux comprendre. Je veux réussir. Mais au moment où Minho s’apprête à continuer ses explications, Alby surgit dans la pièce comme une tempête, claquant la porte contre le mur. Derrière lui s’avancent Dan et Jok, les deux coffreurs, ses gorilles, ses ombres, ceux qu’il envoie quand il veut faire peur sans avoir à lever la main lui-même. Dan apparaît le premier. Massif. Imposant. Un bloc de chair et de muscles, rond du ventre mais avec des biceps énormes qui tendent les coutures de sa chemise sale. Son front est large, presque luisant, ses petits yeux enfoncés sous des sourcils épais, et sa tête rasée lui donne un air de brute prête à exploser à tout moment. Il respire fort, comme s’il venait de courir pour suivre Alby. Jok le dépasse d’un pas silencieux. Grand lui aussi, mais tout en longueur, sec comme une lame. Son torse est fin, ses mouvements mesurés, maîtrisés. Son regard, lui, est un glaçon : dur, froid, évaluant tout, prêt à frapper si Alby le souhaite. Lui aussi a les cheveux rasés sur les côtés, mais laissés un peu plus longs au-dessus, un trait d’indiscipline qui rend sa présence encore plus inquiétante. Les trois s’avancent d’un bloc, et soudain la pièce semble plus petite, l’air plus lourd. Alby gronde, et Dan et Jok ferment la marche comme deux murailles vivantes, prêts à verrouiller toute issue. La voix d’Alby, claque, percute, gronde de colère. 

Il se poste devant Minho, bombant le torse pour se grandir, sa respiration heurtée empestant la colère. Minho ne bronche pas. Il redresse son dos, le visage de marbre, son regard noir brillant d’une agressivité glacée. La tension dans ses épaules se lit jusque dans les tendons de son cou.

Une bouffée de chaleur me traverse. Je sens mon ventre se nouer, mes mains humides malgré moi.

La voix d’Alby fracasse encore l’air.

Le nom claque comme une pierre dans un puits. La colère de Minho explose. Son bras jaillit, puissant, et il attrape Alby par le col. Le tissu se froisse entre ses doigts, ses bras tremblent d’une rage contenue.

Je sens mon souffle se suspendre, mon cœur cognant contre mes côtes.

Les deux se fixent. Pas un mot. Seulement le bruit de leurs respirations mêlées, chaudes, violentes, comme deux bêtes prêtes à bondir. Dans la salle, personne ne bouge, l’air lui-même semble retenir son souffle. Alby finit par rompre le face-à-face d’un geste sec : il repousse Minho et pivote brusquement vers moi. Je sens immédiatement la pression de son regard, lourd comme une main qui se serre autour de ma gorge.

Il avance d’un pas, puis pousse légèrement mon torse du bout du doigt. Un geste minuscule… mais tellement humiliant que je sens mes joues chauffer.

Son visage s’approche du mien, trop près, bien trop près. Je sens son souffle, brûlant de colère. 

Mon cœur se resserre, mais mes yeux restent accrochés aux siens. Je refuse de flancher. Je refuse qu’il prenne ça comme une victoire…

Les dents d’Alby se serrent si fort qu’on entend presque l’émail grincer.

Sa voix résonne dans la salle comme un marteau contre l’acier. 

La voix d’Alby se fait plus grave, plus sinistre encore.

Minho serre les poings, son visage rougissant sous l’adrénaline. Je sens que ça va mal finir. Alors je coupe court à cet affrontement :

Ma main se pose sur son épaule chaude, encore vibrante de tension. Je le sens frémir sous mes doigts. J’inspire légèrement.

Je fixe Alby avec calme, ou du moins l’illusion du calme, même si mon pouls bat trop vite.

Puis il tourne les talons. La porte claque avec une telle force que les murs tremblent. Dan et Jok lui emboîtent le pas, lourds, menaçants, comme deux bêtes dressées. Le silence retombe. Épais. Opressant…  Je sens Minho trembler légèrement, plus de rage que de peur. Les cartographes, Greg et Noa, restent figés, pâles comme s’ils venaient d’assister à un meurtre. Et les mots de Newt me reviennent, froids et lourds : Alby devient dangereux…

Il me fixe, puis souffle, exaspéré, mais un peu soulagé.

Minho poursuit ses explications sur le labyrinthe et je passe l’après-midi à étudier les plans avec lui et les cartographes. Chaque ligne, chaque intersection me donne le vertige, mais je m’accroche, je veux tout retenir. L’air est lourd, rempli de l’odeur de papier et de cire, les cartes étalées devant nous comme un champ de bataille que je dois comprendre pour protéger les miens.

Un peu avant le coucher du soleil, Minho et moi nous dirigeons vers les douches. Le couloir est presque silencieux, seulement ponctué du bruit de nos pas. Une fois dans la salle de bain, nous commençons à nous déshabiller. Le froid du plancher instable me mord les pieds nus et la vapeur humide m’enveloppe, mêlant l’odeur de savon et de métal.

Face à moi, Minho enlève son t-shirt et je le fixe, surpris. Ses muscles sont parfaitement dessinés, chaque ligne sculptée comme par un artiste. Ses abdos, ses épaules, ses bras, tout chez lui crie la puissance d’un athlète accompli. Je sens un petit pincement dans ma poitrine. Je me compare aussitôt : je suis musclé, endurant, mais à côté de lui… je me sens… banal. Un mélange de jalousie et d’admiration me traverse. Minho est non seulement un coureur d’exception, mais il est proche de Newt, et maintenant, je découvre qu’il a un physique à couper le souffle. Je sens un frisson de frustration et d’envie m’envahir.

C’est à ce moment-là que Newt entre, son visage empreint d’inquiétude. Son pas est rapide, presque léger, mais son expression est crispée. Il a l’air fragile et inquiet à la fois, et je sens mon cœur se serrer.

Ses lèvres se pincent. Il me prend dans ses bras et je sens la chaleur de son corps contre mon torse nu.

Je comprends immédiatement : Newt a peur. Sa peur est palpable contre moi, mais elle ne me fait pas reculer. Je l’enlace à mon tour, serrant sa taille. 

Il passe une main dans mes cheveux, ses doigts doux caressant mes mèches, puis il recule légèrement, sa petite moue triste et ses yeux dorés presque suppliants me bouleversent. Je ne supporte pas de le voir ainsi… Alors je continue de l’enlacer. Le rassurer… Mon regard glisse alors sur Minho, qui nous observe, visiblement contrarié. Ses sourcils sont froncés, ses lèvres serrées, et je sens que son corps tout entier est tendu. Il ne semble pas apprécier notre proximité. Je sais que je devrais détourner le regard, mais c’est plus fort que moi. Je suis attiré par Newt. Chaque fibre de mon corps le réclame… Newt finit par se détacher, malheureusement pour moi... Il lance alors un regard vers Minho :

Newt soupire, les épaules légèrement voûtées, la voix basse :

Je le regarde, mon cœur se serre un peu. Newt a l’air si fragile, presque accablé par tout ce qu’il doit gérer ici. Minho s’approche et pose ses grandes mains épaisses sur les bras de Newt, le tenant avec fermeté mais douceur à la fois. Sa voix est basse, rassurante :

Je sens mon estomac se nouer en voyant cette proximité. Minho est si proche de Newt, ses mains chaudes couvrant les bras de celui-ci, et Newt ne recule pas. Il ferme les yeux un instant contre la paume du coureur, cherchant un réconfort que moi, je ne peux lui offrir. Mon cœur se serre, à la fois touché par le geste, mais aussi un peu jaloux, un peu maladroit face à cette intimité que je ne partage pas. Je détourne légèrement le regard, gêné par cette scène. Minho murmure à Newt, comme pour sceller un petit pacte silencieux :

Et je comprends, malgré la gêne qui me serre le ventre, que Newt a besoin de cette protection. Que Minho est le pilier dont il s’accroche, et que je dois juste… attendre… Newt soupire et détourne la tête, le regard triste presque désespéré.

Puis il s’éloigne, toujours aussi triste, meurtri par tout ce qui se passe ici. Je fixe Minho un instant.

Je fais de même, et sous l’eau qui coule doucement du tuyau de bois, je sens la sueur et la fatigue s’écouler de mon corps. Je ne peux m’empêcher de penser à la relation entre Minho et Newt. Ils sont très proches, trop proches… mais… juste amis. Je m’accroche à cette idée, me rassurant, me persuadant que Newt reste encore accessible. 

L’eau ruisselle sur ma peau, emportant l’épuisement et la tension, mais malgré l’apaisement que cette douche me procure, je me sens toujours vidé, presque fragile. Mais avant que je n’aie le temps de m’attarder dans ce moment de calme, les coffreurs surgissent, lourdement. A peine ai-je terminé de m’habiller qu’ils m'entraînent déjà vers le Gnouf. 

Ils me saisissent sans ménagement, et me traînent dehors tandis que j'échange un regard entendu avec Minho. Ça va aller, lui dis-je à travers mon regard. Et c'est entraîné par Dan et Jok que je m’approche du Gnouf. Ils me jettent dans le trou. Le bois rugueux de la barrière me frappe alors que je tombe sur la terre froide et dure. L’air est humide, saturé d’odeurs de terre et de moisi. Un pauvre lit de bois repose dans un coin, branlant et étroit, le reste du sol nu et poussiéreux, où quelques fourmis osent déjà explorer mon espace. La barrière se referme derrière moi avec un claquement sec, et leur rire gras résonne, cruel, dans le silence oppressant, il est clair qu’ils obéissent à Alby. Je suis seul et la nuit ici sera dure, inconfortable, mais elle ne me brisera pas. Je suis Thomas. Je suis un coureur. Et je tiendrai ma promesse…!



Je m'allonge sur le sol froid et dur, un soupir de fatigue s'échappant de mes lèvres. La terre sous mon dos est rugueuse, poussiéreuse, et le vent qui passe à travers la barrière me glace la peau. J’admire mes amis, enfermés ici depuis des années, qui n’ont jamais cédé à la folie… L’atmosphère au Bloc est de plus en plus lourde, pesante, chaque murmure et chaque pas résonne comme un avertissement. Je sens que même une étincelle pourrait déclencher un feu incontrôlable. Alors que je laisse mes pensées dériver, un visage familier apparaît devant moi, et mon cœur se réchauffe immédiatement malgré la froideur du gnouf.

Newt me tend un torchon contenant un gros sandwich qui sent divinement bon, la mie encore chaude et parfumée…

Je passe ma main à travers les barreaux et la pose sur sa jambe, cherchant un contact, un peu de chaleur humaine dans ce trou glacé.

Il dépose sa main sur la mienne, ses doigts fins glissant doucement entre les miens, et je sens sa chaleur me traverser.

Je remarque ses petites joues qui rosissent légèrement sous mon regard, et il me sourit timidement.

Newt se relève et s’éloigne, m’adressant un dernier petit signe de main. Juste le voir, lui parler, toucher sa main… ça suffit à me redonner le moral. Et puis, ce sandwich délicieux me rassasie enfin. Je m’allonge, le ventre plein mais le corps encore lourd de fatigue, et je repense à la journée de demain. Les explications de Minho sur le Labyrinthe tournent en boucle dans ma tête : les portes qui s’ouvrent et se ferment selon les cycles, les corridors changeants, les zones à éviter, la précision nécessaire pour cartographier chaque recoin. Ceux qui nous ont mis ici n’ont pas fait tout ça pour rien. Il y a forcément une sortie… Et on doit la trouver, vite… avant que le feu ne se propage dans le Bloc. Je ferme les yeux un instant, serrant le souvenir de Newt dans ma main comme un talisman. Une étincelle suffit… mais moi, je ne laisserai pas la peur m’arrêter…!



Pov Newt.


Je m’éloigne de Tommy, le cœur lourd, chaque pas résonnant sur le sol dur du Bloc. Le froid commence à m’atteindre malgré ma chemise, et je sens l’air humide effleurer mes bras nus. Le laisser enfermé dans cette fosse, là où il ne mérite absolument pas d’être… ça me serre la poitrine. Heureusement, sa détermination ne semble pas faiblir. Même au gnouf, malgré l’injustice, il garde cette étincelle qui me rassure, cette énergie qui le pousse à retourner courir et à défier l’autorité d’Alby.

Je ne sais pas pourquoi, mais je crois en lui. Mon intuition me souffle de lui faire confiance, comme si je le connaissais depuis toujours. Même si Thomas est arrivé il y a peu, je le considère déjà comme un ami précieux. Sa voix me traverse, douce mais ferme, capable de me rassurer et de me faire sourire. Son rire… léger, contagieux… une bouffée d’air frais qui semble venir ranimer notre groupe, comme si nous avions besoin de lui pour retrouver un peu d’espoir au milieu de cette atmosphère lourde.  Soudain, une petite voix me tire de mes pensées.

Je sursaute et me tourne vers Chuck, qui se tient à moitié caché derrière un arbre, ses yeux brillants d’inquiétude.

Je pose une main sur son épaule potelée, sentant la chaleur de sa peau contre la mienne.

Je le regarde partir, et un mélange de soulagement et de nostalgie me traverse. Je sais qu’il apportera un peu de lumière à cette journée terne, à cette prison qu’est le Bloc. Je me détourne et retourne vers les dortoirs, mes savates crissant légèrement sur le sol de terre battue. L’air humide emplit mes poumons, et le parfum de l’herbe mêlé à celui de la paille me rassure un peu. Je rejoins Winston, Fry et Ben, qui sont plongés dans une partie de cartes. Leurs rires résonnent dans l’air, un son presque réconfortant au milieu de cette tension constante.

Je remarque immédiatement que Minho n’est pas avec eux. Et j’imagine que peut-être il vérifie encore les plans ou qu’il prépare son prochain entraînement. Je m’assois près des autres, mais mes pensées restent accrochées au gnouf, à Thomas. Je ne peux m’empêcher de me demander comment il s’en sort, comment il gère le froid, la terre rugueuse, l’humidité et l’injustice d’Alby… 

Je souris en les observant, le cœur léger malgré la tension qui flotte toujours dans le Bloc.

Je sens la chaleur m’envahir, le confort simple d’un moment comme celui-ci me fait presque oublier mes inquiétudes.

Je sens mon cœur battre un peu plus vite, chaque rire et chaque mot des garçons me rappelant combien je suis attaché à Minho. Ce soir, je veux juste être près de lui, sentir sa présence, peut-être qu’il me rassurera un peu sur notre avenir ici…

Je retourne donc jusqu’aux dortoirs, le pas léger mais mes pensées en alerte. Mon cœur se serre à l’idée de croiser qui que ce soit… et malheureusement, la chance n’est pas de mon côté : Alby surgit sur le chemin. J’avais l’intention de passer à côté, silencieux et invisible, mais il ne me laisse pas faire. Sa main ferme s’accroche à mon bras, me forçant à me retourner.

Je réponds froidement, m’efforçant de repousser sa main, de garder un peu de distance entre nous.

Je tends la voix, mais elle trahit une pointe de malaise que je ne peux totalement masquer.

Il insiste, tirant légèrement sur mon bras, son visage se rapprochant à quelques centimètres du mien. La chaleur de son souffle me touche la joue, et un frisson inconfortable me parcourt.

Ma voix à moi tremble légèrement, et je sens mes doigts chercher à se libérer de son emprise.

Un silence s’installe, pesant, ponctué seulement par nos respirations. Son regard me scrute, intense, presque possessif, et je sens mon cœur battre plus fort, pris entre la peur et l’irritation. Je me raidis, chaque fibre de mon corps en alerte, prêt à me dégager à la première occasion. Alby serre toujours fermement mon bras, son visage à quelques centimètres du mien, ses yeux brûlants d’intensité.

Je sens le poids de ses mots, et quelque chose se serre dans ma poitrine. Lentement, je pose ma main sur son bras, essayant de le faire lâcher, mais ma voix sort tremblante, mais déterminée :

Son visage se crispe, ses yeux s’ouvrent plus grands, outrés :

Je souffle de colère, en sentant mon cœur s’accélérer. Alby se penche un peu vers moi, sa mâchoire serrée, sa voix grave et menaçante :

Son visage est à quelques centimètres du mien, et je sens la chaleur de sa colère, l’intensité de sa présence me submerger. Sans réfléchir, je le repousse brutalement, mes mains contre sa poitrine :

Le choc traverse ses traits. Ses yeux s’écarquillent un instant, et son souffle se coupe. Puis, lentement, son regard s’assombrit, devient encore plus profond, plus noir. Il s’avance, menaçant, mais au loin, le bruit d’une porte qui claque et un blocard qui passe semblent tempérer sa colère. Il s’immobilise, baisse la tête, et passe une main sur son crâne rasé, comme pour se calmer.

Sa voix est plus douce, mais je sens encore l’écho de sa colère. Je garde mon bras contre ma poitrine, un peu tremblant, mon cœur battant à tout rompre. Alby recule, mais avant de disparaître dans l’obscurité du bloc, je le vois frapper violemment contre un panier de paille, un bruit sec qui résonne dans le dortoir. Je reste là, les jambes molles, tremblantes. La peur d’Alby est tangible, mais plus encore, c’est l’amertume qui me serre le cœur. Notre passé commun me brûle la poitrine… Nous étions si proches, si amis. Il était un pilier pour moi. Et maintenant… je peine à comprendre. Qu’est-ce qui a changé dans sa tête pour qu’il devienne ainsi ? Le silence retombe, pesant et froid, et je sens la solitude m’envelopper, mêlée à cette nostalgie amère qui refuse de me quitter.

Je me dépêche de rejoindre la chambre de Minho et j’entre sans même frapper, incapable d’attendre une seconde de plus. Je le découvre debout, torse nu, ses muscles dessinés par la lumière tamisée, chaque ligne de son corps sculptée avec une perfection qui me laisse sans souffle. Sa peau légèrement dorée semble capturer la lueur de la lampe, et son torse ferme, ses épaules larges, son dos puissant… tout m’attire irrésistiblement. Mes yeux ne peuvent s’empêcher de parcourir son corps, et quand mon regard rencontre le sien, je me perds dans ses yeux, ces yeux sombres et intenses qui me font chavirer à chaque fois, pleins de chaleur et de complicité. Il est beau… tellement beau que je me sens fragile à côté de lui, incapable de détourner le regard.

Ma voix sort à peine, timide et tremblante, alors que je ferme la porte derrière moi, comme pour me protéger du monde extérieur. Je suis encore chamboulé par ma rencontre avec Alby, le corps et l’esprit tétanisés, un feu glacé d’angoisse qui refuse de se dissiper.

Il me sourit, et ce simple sourire a le pouvoir de me calmer, de faire battre mon cœur à une vitesse folle. Je m’avance d’un pas, et avant même de pouvoir réfléchir, je me jette dans ses bras. J’ai besoin de lui, besoin de sentir sa chaleur contre moi. Sa présence seule semble effacer la peur qui me serre la poitrine depuis ma confrontation avec Alby. J’ai eu si peur… si peur… et Minho est là, si beau, si solide, si réconfortant que je ne peux que craquer.

Je sens ses mains se poser sur ma taille, m’attirant contre lui, et bientôt, il retourne mon câlin avec la même urgence. Son visage se rapproche, et ses lèvres trouvent les miennes avec fougue. Chaque contact me brûle de désir, me rassure et me fait oublier un instant toutes les peurs qui m’ont paralysé. 

Hier soir, après le conseil secret, un froid nous avait séparés… des mots blessants que j’avais lâchés, injustes, le reprochant de ne pas m’avoir protégée de Gally… Ces regrets me brûlent encore, mais là, dans ses bras, tout paraît futile. Je n’ai pas envie de rester dans cette distance, dans ce silence inutile. J’ai trop besoin de lui… et maintenant que je l’ai, je ne veux plus jamais le laisser s’éloigner.


Alors que nos lèvres se quittent à peine, Minho me pousse doucement sur le lit, et nous nous asseyons, collés l’un à l’autre. Mon cœur bat encore à tout rompre, mais je sens une hésitation me gagner, et je recule légèrement, posant mes mains sur sa poitrine pour marquer une distance.

Minho fronce les sourcils, surpris, et relève doucement mon menton pour que nos yeux se rencontrent.

Il pose ses mains sur mes joues, fermes et réconfortantes, et plonge son regard dans le mien avec douceur :

Ses mots sont comme un baume sur mes blessures, et je pose mon visage contre son épaule, respirant son odeur familière, sentant sa force m’entourer.

Je recule un peu, posant mes mains sur ses joues et caressant doucement sa peau chaude.

Minho tente de chercher un peu d’espoir :

D’un geste soudain, il me couche doucement sur le lit et grimpe au-dessus de moi, son regard sombre et intense.

Je le regarde droit dans les yeux, mon cœur parlant avant ma raison :

Minho grimace, les lèvres pincées, et se laisse tomber à côté de moi, fixant le plafond, un silence lourd entre nous.

Sa voix est douce, mais je perçois la jalousie qui flotte derrière ses mots.

Je souris et me penche pour poser ma tête contre la sienne, nos fronts presque en contact, savourant le réconfort de sa chaleur et de sa présence. Il soupire, mais ne retire pas sa proximité, et je sens malgré tout l’affection qu’il me porte, même lorsqu’il se laisse envahir par ses émotions compliquées. Minho grimace, et ajoute, ma voix tendue. 

Un sourire me vient spontanément, et je passe ma main sur sa joue, effleurant sa peau chaude.

Il tique, agacé, ses yeux sombres qui me fixent avec intensité :

Je secoue doucement la tête, un sourire espiègle sur les lèvres :

Je glisse mes mains le long de son torse, sentant la force de ses épaules sous mes doigts, effleurant chaque muscle, savourant la chaleur de sa peau. Son souffle change, un soupir étouffé s’échappe de ses lèvres et je sens son corps frissonner sous mon toucher.

Son regard se plonge dans le mien, intense, troublé, et je perçois cette jalousie furtive qui se mêle à l’envie. Je sens mon cœur se serrer, une chaleur diffuse qui monte en moi, un mélange de désir et d’urgence de proximité.

Je laisse mes mains effleurer son torse, les doigts glissant sur sa peau chaude. Je dépose de petits baisers le long de ses épaules et de sa poitrine, mes lèvres frôlant sa peau avec douceur, chaque contact comme une question silencieuse. Minho me sourit, ses yeux sombres et profonds plantés dans les miens, un mélange de chaleur et de tendresse qui me fait frissonner.

Mon cœur se serre, un mélange de soulagement et de bonheur intense. Ses mots résonnent en moi comme une promesse silencieuse, et je me blottis un peu plus contre lui, savourant sa proximité. Ici, dans ses bras, tout le reste disparaît. Je me sens entier, en sécurité et profondément vivant. 

Pourtant, une pensée traverse mon esprit, fugace et dérangeante… Thomas. Depuis son arrivée, quelque chose m’attire vers lui. Il m’attire comme un aimant, et je sens ce lien étrange entre nous, à la fois excitant et perturbant, se frayer un chemin dans mon esprit. L’autre soir… J’ai cru voir quelque chose dans ses yeux. L’envie de m’embrasser, de me toucher, de m’aimer… ou peut-être n’était-ce qu’une illusion, un mirage créé par mes… propres désirs. Pourtant, tout cela semble si éloigné de ce que je ressens ici, maintenant… Parce qu’il n’y a que Minho. Il y a toujours eu que lui. Dans ses bras, dans ce lit, enveloppé par sa chaleur et sa présence, je me sens entier, réellement bien pour la première fois depuis longtemps. Tout le reste, la peur, le labyrinthe, Thomas… s’évanouit. Il n’existe plus que lui et moi. 

Alors je laisse mes doutes, mes hésitations et mes craintes s’éloigner. Je me penche, je me fonds contre lui, et je l’embrasse avec fougue, comme pour chasser toute autre pensée. Ses lèvres contre les miennes deviennent mon refuge, ma certitude, et je ne veux songer à rien d’autre qu’à lui, ici et maintenant.

J’ouvre son pantalon avec une lenteur volontaire, savourant chaque seconde du souffle que Minho retient. Le tissu glisse, se froisse, cède sous mes doigts fébriles… et son boxer ne dissimule déjà plus grand-chose. Sa chaleur me frappe avant même que je le touche. Quand je fais glisser le tissu pour libérer sa chair, il laisse échapper un souffle rauque, presque surpris par l’intensité du moment. Il est déjà dur, vibrant, brûlant contre ma paume. Et pour attiser ce feu qui pulse sous ma main, je me penche vers lui, offrant mes lèvres à cette tension qui demande à être apaisée. À peine mes lèvres effleurent-elles le bout que Minho tremble légèrement.

Sa main se glisse aussitôt dans mes cheveux, pas pour me guider, juste pour sentir, pour s’accrocher à quelque chose alors que je l’enveloppe de ma bouche, je goûte, je savoure avec la ferveur silencieuse qui me consume depuis des semaines. Sa paume se referme parfois sur ma nuque, chaude, pressante, puis retombe sur ma tête comme pour m’encourager, comme si chacun de mes mouvements lui arrachait un morceau d’air. Je le sens céder peu à peu sous mes caresses, son bassin cherchant ma bouche sans que lui-même ne s’en rende compte. Quand sa respiration se brise, quand son souffle saccadé me dit qu’il ne tient plus, il se relâche doucement, dans ma bouche, pressant ma tête contre ses hanches. Il souffle, se vide pleinement dans ma bouche. Puis, son corps tombe. Il respire. Reprenant son souffle. Moi, j’avale son présent, et je remonte vers ses lèvres déposant un baiser sur sa joue et observant mon athlète retrouver ses esprits. Je souris amusé et fier du plaisir que j’arrive à lui donner. Et en me voyant l’air si malicieux, une fois sa raison revenue, il m’attrape dans ses bras. 

Il me renverse sur le matelas, ses doigts impatients glissant sur ma peau pour défaire mes vêtements, dénudant mon torse avec une tendresse féroce. Ses doigts effleurent mes tétons, sa bouche aussi, avant de s’y attarder, dessinant des cercles lents avec sa langue qui m’arrachent un frisson incontrôlable. Je sens son souffle descendre le long de mon sternum, puis ses mains voyage sur mes hanches, glissant jusqu’à mes reins… et enfin, il s'empare de mes fesses avec une assurance qui me fait cambrer… Dans un geste brusque, presque affamé, il écarte mes jambes. Puis sa bouche descend sur moi, chaude, possessive, brûlante de désir. Il me goûte avec une impatience fiévreuse, comme s’il avait attendu toute la journée pour ça. Mais il ne s’attarde pas longtemps : son excitation est trop forte, trop urgente. Il relève la tête, ses yeux sombres fixés dans les miens, et la seconde suivante, il se presse contre moi, me prend, me comble d’un seul mouvement profond qui me coupe le souffle.

Je m’accroche à lui immédiatement, agrippant ses épaules, enfouissant mes ongles dans sa peau pour ne pas crier sous ses mouvements de va et vient puissant. Ma voix tremble, étranglée, à peine contrôlable.

Il halète contre mon cou, sa bouche frôlant ma peau.

Son bassin se meut contre le mien avec une intensité presque sauvage, et je mords son épaule pour étouffer les gémissements qui me menacent. Lui, il continue de me prendre avec une force qui me fait perdre toute notion de temps, ses mains alternant entre ma taille pour me maintenir et mon torse pour jouer avec mes tétons, me faisant trembler sous lui. Quand sa main descend pour s’occuper de ma virilité en même temps qu’il me pénètre, un gémissement m’échappe malgré moi, arraché, brisé. Je viens le premier, secoué tout entier par la vague brûlante qui me traverse. Lui poursuit, me prenant encore et encore, cherchant sa propre chute avec une urgence désespérée. Quand il jouit finalement en moi, au plus profond, son front se pose sur le mien, tremblant, haletant.

Nous restons un long moment emmêlés, encore brûlants, encore incapables de parler. Plus tard, il m’attire tout contre lui. Je m’effondre dans ses bras, épuisé, heureux, avec ce plaisir sourd qui pulse encore dans mes veines. Je sais qu’il doit courir demain, que je le fatigue sûrement… mais je n’arrive jamais à regretter ces nuits-là. Avec lui, tout est toujours trop intense pour que je puisse m’en priver… Une certitude gagne mon coeur, quand je me love contre lui après nos ébats si charnel, si intense. Elle est là et résonne en moi, comme un crie qui voudrait jaillir de sous ma peau... Comme si mon coeur lui-même voulait parler à Minho… Je l’aime… Je l’aime… 




A suivre ...!


Prochain chapitre : La zone noir. 




Publié sur Fanfictions.fr.
Voir les autres chapitres.

Les univers et personnages des différentes oeuvres sont la propriété de leurs créateurset producteurs respectifs.
Ils sont utilisés ici uniquement à des fins de divertissement etles auteurs des fanfictions n'en retirent aucun profit.

2026 © Fanfiction.fr - Tous droits réservés