Après ma dispute avec Gally, j’ai eu la chance de pouvoir me reposer dans le lit confortable de l’infirmerie et de dormir tout le reste de la journée jusqu’au lendemain matin. Et puis… Grâce à ça, j’ai fait la connaissance des deux Medjacks, Clint et Jeff, tous deux chaleureux et sympathiques, apportant un peu de lumière dans ce Bloc oppressant. J'étais tellement épuisé hier que ce repos forcé m’a fait un bien fou. Mais comme toujours, toutes les bonnes choses ont une fin. Je quitte mon lit et, en me redressant, mon regard tombe sur un petit miroir posé sur l’une des armoires à pharmacie. Intrigué, je le saisis et me regarde. Mon reflet m’apparaît presque étranger. Je suis brun, les yeux marron, la peau légèrement bronzée, comme si j’avais pris le soleil avant… avant que tout bascule. Mes traits sont jeunes mais marqués par la fatigue, mes pommettes légèrement rougies. Et surtout… un énorme hématome colore ma joue gauche à cause de ce con de Gally. Je fronce les sourcils, passant ma main sur la bosse encore chaude. Mes lèvres se pincent. Je suis grand, mince mais musclé, les épaules larges… le type de corps qu’on remarque même dans le Bloc, mais aujourd’hui, je me sens faible.
La voix douce de Newt me tire de ma contemplation. Je redresse la tête et le vois, toujours cet ange blond qui dégage à la fois chaleur et autorité tranquille.
Newt se poste à côté de moi, ses doigts fins prennent le miroir et le reposent sur l’étagère. Il tapote mon épaule avec un petit rire léger :
C’est donc accompagné de Newt que je rejoins le réfectoire. On s’installe à une table, mais on est rapidement rejoints par Chuck, qui semble paniqué en voyant mon hématome.
Newt intervient calmement, mais avec un ton contrarié, sa mâchoire légèrement crispée et ses yeux noisette qui cherchent à peser chaque mot :
Je l’observe, mon regard fixé sur lui, cherchant la moindre réaction qui trahirait un espoir.
Il détourne légèrement le regard, un pli de frustration marqué sur son front.
Je reste bouche bée un instant, sentant un mélange d’incrédulité et de colère me brûler la poitrine. Les mots restent coincés dans ma gorge, et je sens mon cœur battre plus vite.
Chuck intervient maladroitement, ses mains agitées et son visage rougi par l’embarras :
Newt soupire, le coin de sa bouche se tord légèrement en un sourire dissimulateur, essayant de calmer l’enthousiasme de Chuck :
Je me penche alors vers Newt, déterminé, les yeux fixés sur les siens, cherchant une vérité derrière ses mots :
Newt me fixe un instant, sérieux, son regard miel croisant le mien avec intensité. La tension qui émane de lui est palpable, presque douloureuse.
Newt esquisse un petit sourire, taquin mais réconfortant, et pose un doigt sur ma joue pour me provoquer gentiment :
Une chaleur douce traverse mon bras, et malgré la tension, je sens un léger apaisement m’envahir… Mais malgré ce sourire, je sens qu’un événement grave s’est produit avec Gally. Mon regard scrute chaque micro-expression de Newt, la tension dans ses épaules, le pli inquiet entre ses sourcils. Cet enfoiré est une vraie brute… mais Newt ne se laisse jamais provoquer comme je l’ai fait. Alors… qu’a-t-il bien pu lui faire ?
Et Newt hoche la tête, cherchant à me rassurer un peu sur la journée qui m’attend :
Je soupire légèrement, les souvenirs de la veille me revenant en mémoire :
Mais alors que nous poursuivons notre conversation dans la bonne humeur, Alby vient se planter devant la table. Sa main s’appuie lourdement sur le bois devant moi, et il se penche légèrement, ses yeux noir corbeau plantés dans les miens, perçants et froids. Un frisson me parcourt l’échine. Je sens sa présence écrasante, son autorité qui cherche à m’intimider, mais je refuse de flancher. Mes mains se crispent sur le bord de la table, mes mâchoires se serrent. Nos regards se verrouillent. Aucun mot n’est échangé, mais un échange silencieux brûle entre nous. Dans ses yeux, je vois l’arrogance, la menace, la certitude de son pouvoir. Dans les miens, je laisse transparaître la détermination et le refus de me laisser dominer. Comme si nous signions sans le dire un pacte invisible : aujourd’hui, je ne céderai pas, et il va devoir compter avec moi. Une guerre muette s’installe entre nos âmes, une tension palpable qui semble suspendre l’air autour de nous.
Je soutiens son regard, le cœur battant un peu plus vite, mais sans défaillir :
Alby reste un instant à m’observer, jaugeant ma réponse un brin provocatrice, avant de se redresser et de tourner son attention vers Newt. Avec un sourire plus doux mais calculé, il ajoute :
Newt hoche la tête, ne lui rendant qu’un léger sourire, tandis que le tyran s’éloigne. Mais les yeux de Newt se plissent légèrement et sa petite bouche de chat se pince. Je devine aussitôt qu’il n’est pas ravi à l’idée de bosser avec Alby aujourd’hui. Une lueur de dégoût traverse son regard, mêlée à une peur contenue qu’il tente de masquer derrière son calme.
Newt soupire, glissant rapidement une main dans ses cheveux blonds, et détourne le regard un instant :
Chuck qui était silencieux jusqu'à là intervient soudain, la bouche grande ouverte et les yeux écarquillés, dévoilant un peu des problèmes qu’il y a entre Alby et Newt :
Newt esquisse un sourire fin, mais son regard reste sérieux et un peu sombre :
Je lui adresse un petit sourire, et pour la première fois depuis longtemps, je me sens un peu rassuré. Même si une ombre plane encore sur cette journée…
Après le repas, ma journée de travail commence. Newt m’accompagne jusqu’à la grange pour me laisser aux soins de Winston, le Maton des Trancheurs. Je l’ai déjà croisé plusieurs fois à table avec Newt, toujours sérieux mais avenant. Winston est un garçon aussi grand que moi, mince, la peau légèrement brune, avec un nez très marqué qui lui donne un air déterminé. Son sourire, franc et large, me met tout de suite à l’aise, dissipant un peu l’appréhension que j’avais en entrant dans la grange.
Je m’applique à découper la viande, concentré pour ne pas me blesser. La texture sous la lame est surprenante, et je sens la tension parcourir mes bras. Chaque geste demande autant de force que de précision. Le bois de la planche grince sous mes coups précis. La lumière des lampes suspendues au plafond projette des ombres mouvantes sur les murs, accentuant l’ambiance un peu oppressante de la grange.
Je sens que Winston se retient de dire le fond de sa pensée, peut-être par peur des conséquences. Je décide donc de changer de sujet pour alléger l’atmosphère :
Une pensée me traverse avant même que je puisse la retenir : Pourquoi est-il autant aimé… ? Et la réponse se glisse d’elle-même, évidente, presque douce. Je suis là depuis deux jours seulement… et pourtant je l’adore déjà. Il y a en lui quelque chose qui m’attire sans logique, une lumière tranquille, irrésistible, qui m’aimante avant même que je comprenne pourquoi. Et c’est clair que je ne suis pas le seul à le sentir… tant de regards se posent sur lui, glissent sur lui, comme s’il était un centre secret autour duquel tout le monde finit par tourner. Et ça me serre un peu, sans raison, juste là, quelque part dans la poitrine.
Je fronce les sourcils, incapable d’imaginer Newt enfermé ici pendant cinq ans. La fatigue, les sacrifices… Je comprends mieux maintenant le discours qu’il tenait au petit déjeuner…
Mon regard se perd sur les poutres sombres du plafond, réfléchissant à tout ce que Newt a pu vivre… Cinq ans… Cinq ans dans cet endroit, à survivre, à tenir les autres debout. Je n’arrive même pas à imaginer ce que ça lui a arraché. Il a cette fragilité silencieuse dans les yeux, comme une fissure qu’il cache, qu’il tient serrée contre lui… Mais en même temps, il y a une force incroyable dans sa manière de marcher, de parler, de sourire comme si rien ne pouvait vraiment l’abattre. Une force qui me touche. Une fragilité que j’ai envie de protéger. Je ne devrais pas ressentir ça… pas aussi vite… mais c’est là, ça brûle doucement, inexplicablement… Et puis une question me traverse soudain : Qui était le premier ? Le tout premier à être envoyé ici…? Je m’en doute déjà. Alby… sûrement Alby… mais je demande pour en avoir le coeur net :
Winston, surpris, lâche soudainement son couteau comme si j’avais prononcé un blasphème. Il me fixe, muet, ses yeux trahissant un mélange d’inquiétude et de peur.
Je le regarde, sentant que derrière son sourire amical, se cache la peur que la vérité éclate. Et moi… je commence à comprendre que le Bloc est plus compliqué que je ne l’imaginais, que chaque sourire peut cacher un danger, et que Newt, malgré son calme et sa gentillesse, porte un poids invisible sur ses épaules, un poids que je n’ai pas encore les mots pour alléger. Winston ne voulant pas en dire plus, s’éloigne avec la carcasse dans les bras, les épaules légèrement voûtées, comme s’il portait bien plus que ce simple poids. Je devine à la tension de sa nuque qu’il regrette déjà d’avoir parlé… peut‑être même craint‑il que ses mots lui reviennent en plein visage…
Moi, au contraire, mon esprit bourdonne. Je veux comprendre ce qu’Alby cache. Quelque chose cloche chez lui… Son comportement avec moi, la peur qu’il inspire aux autres… Je suis là depuis deux jours et pourtant j’ai déjà l’impression d’être au milieu d’un réseau invisible de tensions. Ça promet…
Winston revient finalement, essuyant ses mains sur son tablier souillé, et m’indique d’un geste de le suivre. Son enthousiasme contraste brutalement avec l’ambiance lourde de tout à l’heure. Je m’exécute et le suis jusqu’à un autre bâtiment de la grange. En entrant, nous tombons sur un grand gars blond, tout en longueur, presque un peu trop maigre, mais l’air radieusement gentil. Dès qu’il me voit, il m’adresse un immense sourire qui illumine sa figure anguleuse.
Je serre sa main, surpris par la chaleur de son contact.
Winston tapote mon épaule en passant, un geste léger mais réconfortant, puis il disparaît, me laissant seul avec le blond aux yeux bleus pétillants. Steve me détaille un instant, ses mains glissées dans les poches, puis :
D’un geste sûr, Steve attrape un lapin par la peau du cou. La petite bête se débat un instant, ses yeux noirs agrandis par la peur. Je me fige...
Avant que je puisse réagir, il soulève son genou et abat le cou du lapin contre celui-ci d’un geste brutal mais précis. Le craquement est net. Le corps retombe, inerte… Je blêmis.
Steve hausse les épaules, comme si tout cela n’était qu’une formalité quotidienne :
Je sais qu’il a raison… mais tout en moi se rétracte. Mes doigts tremblent encore en imaginant devoir faire pareil…
Il m’observe, un peu surpris, puis acquiesce avec une indulgence amusée :
J’avoue que je souffle de soulagement, le cœur presque léger d’un coup :
Je m’éloigne alors de Steve qui attrape déjà un autre lapin. Les gestes sont mécaniques, habitués, terriblement efficaces. Les craquements répétés me serrent la gorge… Même si je comprends qu’on doit manger, je n’ai pas… je n’ai vraiment pas la force de tuer ces petites bêtes… Je m’occupe donc des lapereaux, ces minuscules créatures aux yeux doux qui viennent renifler mes doigts avant de dévorer les carottes. Leur innocence apaise quelque chose en moi. Et alors que je les observe, une pensée lourde me traverse, presque douloureuse : Comment Newt peut-il supporter tout ça depuis cinq ans… ? Moi, je ne tiendrais jamais aussi longtemps. Rien que l’idée me serre la gorge. C’est peut-être pour ça que ce désir d’être Coureur me brûle autant, comme un feu qui cherche une issue. Je veux sortir d’ici. Je veux comprendre. Je veux respirer autre chose que ces murs…
…
La journée s’écoule lentement, le soleil filtrant par les petites fenêtres de la grange et enfin, l’heure de la pause arrive. Je respire un grand coup, appréciant cette parenthèse, et j’en profite pour discuter davantage avec mon nouvel ami, Steve, le tueur de lapins. Son visage s’éclaire d’un sourire chaleureux, ses yeux clairs pétillent d’un amusement tranquille.
Je réfléchis un instant, mon regard suivant les rayons de lumière qui tombent sur le sol poussiéreux.
Il éclate de rire, le son franc et un peu grave, qui résonne contre les murs de bois.
Je fronce les sourcils, moitié impressionné, moitié incrédule.
Il hausse les épaules, comme si c’était une évidence.
Il éclate de nouveau de rire, secouant la tête avec amusement.
Je le suis, mes pas résonnant sur le sol de bois. Nous arrivons au poulailler, et là, je le vois. Tony. Mince, le visage doux, presque fragile par rapport à Steve. Ses yeux noisette me fixent un instant, curieux. Je n’ai pas le temps d’analyser plus, qu’une scène… troublante… se déroule devant moi… Steve et Tony s’embrassent longuement. Mon souffle se coupe, mes yeux s’écarquillent. La surprise me fige, incapable de bouger. Steve rompt le baiser et en souriant, pose sa main délicatement sur la taille de Tony :
Troublé par la scène, je bafouille, surpris et mal à l’aise…
Steve intervient, joyeux, comme s’il voulait me rassurer :
Tony éclate de rire doucement, son visage s’illuminant :
Tony me lance un regard à la fois interrogatif et légèrement agressif :
Je lève les mains rapidement, le cœur battant un peu trop vite, essayant de dissiper le malentendu :
Tony fronce les sourcils, mais sa curiosité semble dominer :
Immédiatement je secoue la tête, un petit rire nerveux m'échappent :
Je passe une main dans mes cheveux, un peu paumé. Parce que maintenant, c’est clair. Y a du sexe ici. Entre blocards. Entre hommes. Et ça me percute avec une force étrange, comme un courant électrique qui me grimpe le long de la colonne… Avant de voir ça je n'y avais pas vraiment songé… Je pensais naïvement que tout le monde souffrait en silence, que le manque restait enfoui et qu'on serrait les dents. Mais non. Ils trouvent du réconfort. Du plaisir. De la chaleur humaine. Et ce simple constat fait vibrer quelque chose en moi que je préfère ne pas examiner de trop près. Steve, pour détendre l’atmosphère, me tapote l’épaule :
Mais Tony, légèrement vexé, frappe gentiment son copain à l’épaule.
Mais le petit Tony se libère rapidement, l’air un brin agacé :
Je souris, sincèrement touché par la complicité du couple :
Steve me rend mon sourire, un peu gêné mais heureux :
Je tape dans sa main et le suis, léger, presque flottant. La chaleur du soleil, l’odeur de paille fraîche et la vue des petits lapereaux me rassurent. Les garçons sont sympas, le Maton aussi… Et surtout, j’ai découvert une autre facette du Bloc. Un couple ici. Ça me fait sourire. Je me surprends à réfléchir, pensif : certains sont là depuis cinq ans… Les pulsions, les besoins, les émotions finissent toujours par ressortir, même ici finalement, entre quatre murs de métal. Alors… est-ce que mes nouveaux amis entretiennent ce genre de relation avec d’autres Blocards… ? Un frisson de curiosité me traverse. Et malgré moi, mon esprit glisse vers Newt… Est-ce que lui aussi… ? Est-ce qu’il a déjà connu ce genre de chaleur discrète, clandestine, dans un coin du Bloc ? Est-ce qu’il laisse quelqu’un l’approcher ainsi, lui qui semble pourtant si doux, si loin de ça, si fragile ? L’idée me trouble, un mélange d’intrigue, de jalousie sourde, et d’une sensation que je n’arrive pas encore à nommer… mais… J’aimerais savoir plus…
Et soudain, sans prévenir, une pensée traverse mon esprit comme un éclair : l’image rapide, irréelle, de mon corps glissant contre le sien, de souffles échangés, de ses mains cherchant ma chaleur... Pas de dégoût. Rien de rebutant. Bien au contraire… une chaleur diffuse, presque brûlante, qui me surprend. Et cette silhouette, dans ma tête… elle n’est même pas vague. C’est lui. Newt… Sa nuque pâle, ses doigts fins, ce regard qui semble toujours porter quelque chose de trop lourd. Mon ventre se serre, mon cœur s’emballe, et je chasse aussitôt l’idée, rouge de l’avoir imaginée, incapable de comprendre pourquoi elle m’a semblé si… naturelle, juste, comme une évidence. Comme si une porte que je ne connaissais pas venait de s’entrouvrir en moi. Je déglutis. Je me reconcentre. Je marche. Mais l’image persiste, au fond, douce et dangereuse comme un secret… Je me remets au travail, le cœur plus léger, oui… Mais l’esprit déjà en alerte, accroché à la moindre pensée qui pourrait me rapprocher de lui..
…
La nuit tombe sur le Bloc, étirant sur les murs de bois des ombres longues et silencieuses. Je suis épuisé, la journée avec les Trancheurs m’a lessivé. L’odeur métallique du sang, la poussière, la paille… tout colle à ma peau comme une seconde couche dont je veux me débarrasser. Je pousse la porte des douches, la vapeur m’enveloppe aussitôt. Je me glisse sous l’eau, les muscles douloureux se relâchent un peu. Je ferme les yeux. Et forcément… mes pensées reviennent vers Steve et Tony. Un couple. Ici. Au milieu de ce monde brisé. Ça continue de me troubler, de me tourner dans la tête comme un caillou dans une godasse.
Je me savonne les bras, le torse, les mains tremblantes d’une fatigue étrange. Pas seulement physique. J’ai compris, maintenant. Que des histoires d’amour, mais surtout des histoires de corps, se tissent dans les recoins du Bloc… Discrètes, cachées, mais réelles. Vivantes et humaines. Et je rumine. Est-ce que moi aussi… je pourrais faire ça ? Avec un homme ? L’idée me traverse, brutale, inattendue. Je grimace aussitôt, dégoûté par certaines images de moi avec : Alby, sévère et intransigeant ; Chuck, encore un gamin ; ou encore Gally… merde, Gally…! Avec son regard dur et sa rage permanente. L’idée me donne envie de reculer comme si l’eau devenait glacé. Même avec un Blocard lambda… je n’y arriverai pas. Ça sonne faux. Très peu pour moi…
Mais… quand mon esprit glisse malgré moi vers Newt, c’est différent. Instinctivement, mon ventre se tend. Un frisson salue ma colonne. Mon souffle change… Et il y a… plus bas… une pulsation sourde, chaude, embarrassante… Pourquoi ? Pourquoi Newt me fait cet effet-là ? Depuis le premier regard, j’ai senti quelque chose chez lui, une attirance inexplicable, douce et familière, comme si nos chemins s’étaient déjà croisés quelque part… avant. Comme si cette amitié née trop vite avait toujours été là, tapie dans un coin de ma mémoire. Mais si Newt est ici depuis cinq ans… alors ça remonte à loin. Trop loin pour que ça ait du sens. Ce que je ressens pour lui est inexplicable… Je suis perdu…
Mais mon esprit continue à imaginer… Mon cœur cogne contre ma cage thoracique. Et l’image surgit, vive, dangereuse : moi, le plaquant dans l’herbe fraîche, son souffle contre mon cou, son corps sous mes mains… Je soulève ses hanches, j’écarte ses jambes longues, douces, me glissent entre elles, et… Je me vois me pencher vers lui, l’emporter dans quelque chose que je ne comprends pas encore mais qui brûle déjà…
Je rouvre les yeux d’un coup, haletant. Honteux… Putain… c’est quoi mon problème ? Imaginer ça avec un garçon que je ne connais pas vraiment… Je chasse l’image. Je chasse son visage. Je veux reprendre le contrôle… Alors je coupe l’eau, vivement, comme pour m’arracher à un rêve interdit. Je me sèche en vitesse, le cœur encore troublé, puis j’enfile les vêtements que Chuck m’a donnés : un t-shirt bleu un peu trop large et un pantalon beige qui gratte aux coutures.
Je sors, l’air nocturne me gifle doucement. La fraîcheur apaise ma peau… mais pas mes pensées. Je marche vers le dortoir, les planches craquent sous mes pas. Et sans même vraiment le vouloir… Mon regard cherche Newt. Comme si mon corps connaissait déjà la route vers lui…
J’approche du dortoir, encore un peu secoué par mes propres pensées et c’est là que je le vois. Il est assis près du feu, juste devant l’ouverture béante du dortoir, là où l’air du soir glisse librement entre les planches. Il est avec l’Asiatique que j’ai aperçu plus tôt, Minho, le Maton des Coureurs. Ils sont visiblement proches, penchés l’un vers l’autre, et Newt laisse échapper un petit rire étouffé, léger, presque rare. Minho sourit aussi, un vrai sourire, large, lumineux, qui tranche avec sa froideur habituelle. C’est la première fois que je le vois sourire. Et ça… ça me frappe. Mes pas ralentissent. Mon cœur aussi. Ou non, au contraire, il cogne, brutal, contre mes côtes. Pourquoi… pourquoi ça me fait ça ?
Je reste planté là quelques secondes, invisible dans l’ombre, à observer cette scène qui ne me concerne pas. Minho se penche un peu, Newt lui répond, un éclat passe dans leurs yeux, quelque chose de complice, d’ancien, de vécu… Je ne comprends pas ce que je ressens, un tiraillement, une crispation dans ma poitrine. Une jalousie sourde, absurde, qui me serre la gorge. Je n’ai aucun droit là-dessus. Rien. Je viens d’arriver, je ne suis personne. Et pourtant… voir Newt sourire pour quelqu’un d’autre, surtout pour lui, me tord quelque chose au fond du ventre. C’est ridicule. C’est intrusif. C’est insensé…
Je détourne le regard, agacé par moi-même, par mes pensées qui débordent, par cette chaleur jalouse qui grimpe le long de ma nuque sans prévenir. Je passe devant eux sans un mot, sans oser croiser leurs yeux, feignant l’indifférence. Je sens pourtant ma peau devenir encore plus chaude lorsque je devine le rire de Newt derrière moi, comme une caresse que je ne devrais pas ressentir. Je rejoins mon lit, celui posé au sol, un peu à l’écart. Je m’assois lourdement, mes coudes sur mes genoux. La nuit tombe autour de moi, et je me glisse sous la couverture rugueuse. Il faut que j’arrête de penser à tout ça. À lui. À eux. À ce que ça réveille en moi…
Je ferme les yeux, tentant d’aplatir les émotions qui cognent encore sous ma peau, comme si le sommeil pouvait effacer les images qui s’accrochent. Je respire. J’essaie d’oublier. J’essaie… mais rien ne s’éteint vraiment. Et lentement, la fatigue finit par l’emporter, même si mon cœur, lui, continue de battre un peu trop fort pour une raison que je refuse encore de regarder en face.
…
Le lendemain.
À peine levé et mon petit-déjeuner englouti, je sens encore la fatigue tirailler mes muscles. Pas celle d’une mauvaise nuit… plutôt celle d’une nuit passée à lutter contre moi-même. J’ai songé à Newt. Beaucoup trop. Son visage me revient encore par flashs, son sourire doux, ses yeux couleur miel, la chaleur discrète de sa voix. Et cette envie qui me brûle, tenace, indécente… l’envie… de lui faire l’amour… Je me répète que je déconne, que ce n’est pas normal. Je ne le connais pas. Pas vraiment... Même si chaque fibre de mon corps crie le contraire. Alors, je me recadre mentalement, encore et encore : Stop. Concentre-toi. Tu veux être Coureur. Tu n’es pas venu ici pour perdre la tête pour un blond… Mais voilà qu’il s’approche déjà, léger et sûr, comme si ma nuit agitée l’avait convoquée. Il vient me rejoindre pour me donner mon poste du jour. La cuisine. Avec le Maton, Toby alias Frypan. Un type sympa, chaleureux, presque réconfortant. Ça devrait m’aider à garder les idées droites.
Et ce sourire accroche mon souffle. Mon cœur tape trop fort, trop vite. Arrête, sérieux… arrête de le regarder comme ça… Mais mes yeux glissent malgré moi sur son visage, sur la courbe de sa bouche qui sourit comme si ma présence lui plaisait, sur ses doigts souples qui pendent le long de sa hanche. Je me sens stupide, vulnérable… et incroyablement vivant… Mais je me reconcentre et je tends la main vers Fry.
Je tente de rester normal, de me concentrer sur lui, sur Fry, sur ce qui est réel, simple, présent.
Newt, toujours à côté, trop près, pose délicatement sa main sur mon bras. Et sa chaleur me traverse instantanément… Ma respiration se coupe. Putain… calme-toi…
Et moi, je suis figé. Percé… Je pourrais me noyer dans ce regard-là… Quelque chose en moi vibre, brûle, refuse de s’éteindre.
Je le regarde partir. Je ne peux pas faire autrement. Ma poitrine se serre à chaque pas qu’il fait…
Une fois Newt disparu, je respire enfin. Comme si je sortais d’un champ gravitationnel intense. Je me retourne vers Frypan. Il me regarde avec un petit sourire au coin des lèvres. Un sourire qui en dit long. Beaucoup trop long…
Mon cœur se serre. Oh non… A-t-il compris…? Si oui, j'ai honte…
Mes joues flambent d’un coup. Je détourne les yeux, vexé par la précision avec laquelle il vise juste.
Je sens la chaleur grimper dans mon cou. Mon esprit rejoue la scène précédente, la main de Newt sur mon bras, son sourire… Ok, vu de l’extérieur, ça a l’air… Non…Non…! Concentration. Respire… Ça n'a l'air de rien car c'est rien !
Évidemment que si, je le fais. Et ça me rend encore plus rouge… Je sens mon cœur battre dans mes tempes. Arrête d’être si transparent, putain…
Comme si cette situation le piquait un peu plus qu’il le laisse croire. Je relève les yeux, intriguée...
Je sens déjà l’inquiétude poindre. Le seul à… quoi ? À vouloir Newt ? À le regarder comme moi je le regarde ? L’idée me noue une sensation étrange au fond du ventre… Même si ce n'est pas si surprenant…
Je balbutie, loin de trouver quoi répondre. Je crois qu'au fond j'ai très bien compris… mais cela est si gênant… Il parle de Newt comme si… Comme si c'était une proie, une biche au milieu de chasseurs.
Un sourire me vient malgré moi. Ma libido… si seulement il savait. J’en ai fait connaissance hier, oui. Bien malgré moi. Depuis que j’ai compris que certains garçons ici, comme Steve, Tony… et sûrement d’autres, couchent ensemble. Et depuis, mon imagination me flingue la tête… Cette idée s’est incrustée dans mon esprit comme une braise ardente : Et si… et si moi aussi… avec Newt… ? Et ça me brûle. Ça me hante… Une pensée obsédante et complètement déraisonnable qui pulse au fond de moi chaque fois que je croise son regard ou que son sourire effleure ma peau. Je secoue la tête intérieurement, presque furieux contre moi-même. Arrête, Tommy. Putain, arrête…! Newt est gentil. Il t’a accueilli. Il t’a parlé. Il t’a mis à l’aise… Et toi, tu te fais déjà des films. Tu as cette sensation étrange de le connaître… mais tu ne le connais pas, bordel ! Alors cette fameuse libido, tu vas la ranger dans un coin et fermer la porte à double tour. Tu n’es pas là pour ça. Tu dois te reprendre. Maintenant.
Je souffle un coup, me dirige vers la table, prends un couteau. Concentre-toi, Thomas. Newt, Fry, la libido, les regards… tout ça, tu le ranges quelque part dans un coin. Tu veux être Coureur. Un point c’est tout…
Je commence à découper les légumes avec concentration, essayant de ne pas m’égratigner, tandis que Fry s’occupe de préparer la viande pour le repas du midi. Je remarque combien il bouge avec aisance et précision, un mélange de force et de souplesse dans ses gestes, une maîtrise naturelle du mouvement. L’humour en cuisine est constant, lourd de sous-entendus et de blagues grivoises. Ça fuse de partout, ça rebondit, ça ricoche contre les murs comme si tout le monde ici avait décidé de compenser la fatigue en parlant de cul dès qu’ils ouvrent la bouche. Ça me fait sourire malgré moi, et rougir à intervalles réguliers. Fry, lui, mène la danse. L’air de rien, tout en découpant un oignon avec une précision presque poétique, il lance :
Un rire général éclate autour de nous. Je sens ma gorge se serrer, très gêné par cette remarque… Bien que je la sache fausse…
Un autre cuistot passe derrière lui, lui tapote l’épaule avec un sourire complice :
Fry éclate d’un rire grave, satisfait, presque trop fier, bombant le torse comme un guerrier :
Ses mots claquent dans l’air comme une étincelle… et, sans prévenir, quelque chose dérape dans ma tête. Dévorer Newt lentement… L’image s’impose, douce, brûlante. Je l’imagine sous mes mains, sa nuque offerte, sa peau pâle qui frissonne. Mes lèvres glissant le long de son cou, y laissant un souffle, une chaleur. Puis plus bas… son torse mince, ses tétons que j’imagine roses, sensibles, réagissant au moindre contact sous ma bouche… Un vertige plaisant… Une chaleur fulgurante qui remonte dans ma gorge. Putain… mais qu’est-ce que je suis en train de penser ? Je ravale ma salive, brutalement ramené à moi-même. Mes joues brûlent, sans que je puisse rien y faire. Je détourne le regard, passe une main nerveuse dans mes cheveux, comme si je pouvais effacer cette vision aussi vite qu’elle est venue. Fais pas ça, Thomas. Pas ici. Pas maintenant. Mais… c'est difficile de penser à autre chose quand je suis entouré de garçon qui n’ont que le mot sexe à la bouche…
Mais Fry éclate d’un petit rire moqueur, secouant la tête, tout de même un peu nerveux…
Il appuie son sourire d’un clin d’œil, mi-taquin, mi-jaloux, une nuance légère, un éclair dans son regard que je capte trop bien, puis ajoute d’un ton amusé :
Comme s' il parlait de lui comme un homme efficace dans tous les domaines dont un en particulier…
Un bref silence suit leurs rires. Fry lève les yeux au ciel, souffle bruyamment, un mélange agacé et résigné sur les traits.
Il ricane pour cacher le pincement dans sa voix, secoue la tête et retourne à sa planche en marmonnant quelques mots incompréhensibles, mais je perçois parfaitement l’ombre de jalousie qu’il tente d’enterrer sous l’humour. Une jalousie légère… mais bien réelle. Et ça me frappe : Fry n’est pas le seul. Ici, beaucoup tournent autour de Newt, certains ouvertement, d’autres en silence. Comme s’il attirait tout, les regards, les envies, les frustrations. Et moi, au milieu de tout ça… Je fais quoi ? Pourquoi est-ce que ça me serre la poitrine de voir Fry espérer quelque chose de lui ? Et Minho. Le Maton des coureurs. Son nom résonne immédiatement dans ma tête… Plus fort que les rires, plus fort que les couteaux qui claquent sur les planches. Parce que je les ai déjà vus tous les deux. Souvent ensemble. Toujours proches… Leurs épaules qui se frôlent… Leurs regards qui se cherchent. Leurs sourires, teintés de cette familiarité… cette intimité discrète, presque invisible pour ceux qui ne savent pas regarder. Ils sont amis… oui. Mais peut-être plus ? Et cette question me traverse comme une lame fine. Brûlante. Inattendue. Et ce Minho a cette manière de se tenir près de lui, de le protéger, de le surveiller presque… Et Newt répond avec cette douceur particulière qui me brûle rien qu’à y penser. Putain… est-ce que Newt… et Minho… ? Je secoue légèrement la tête, comme pour chasser l’image de Newt contre Minho, trop près, leurs corps collés, leurs lèvres peut-être scellé… Un pincement brutal me serre le ventre. Je reprends mon couteau, mais mon esprit s’égare encore : Ami ou plus ? Pourquoi ça me touche autant ? Je souffle, les doigts crispés sur le manche du couteau. Non… arrête, Thomas. Je dois pas commencer à croire tout ce que j’entends ici, ce ne sont que des blagues de Blocards en manque, des ragots lancés pour rire, pour combler le vide. Rien de sérieux. Rien de vrai. Et je décide de ne pas croire à cette histoire entre Newt et Minho… même si une part de moi continue de se tordre.
Fry, lui, reprend la parole, un petit sourire malicieux aux lèvres, l’air prêt à lâcher une bêtise à mon sujet… Je sens un frisson me parcourir, un mélange d’appréhension et de curiosité. Son regard, vif et perçant, s’attarde un instant trop longtemps sur moi, laissant deviner une étincelle de quelque chose de plus brûlant, quelque chose qu’il masque derrière son humour. Puis, pour détourner l’attention de ses camarades et masquer ce désir ardent qu’il nourrit pour Newt, il lance sa remarque avec un éclat de rire sonore, jouant de sa taquinerie pour faire rire tout le monde autour de nous.
Il mime un battement de cils ridicule et bien-sûr les gars explosent de rire. Je lève les yeux au ciel, mais je sens mes joues me trahir.
Et pourtant… il n’a pas tort. Je le regarde comme ça. Souvent. Trop. Et quand Fry laisse entendre qu’il plaît à Newt… je sens une pointe. Un petit truc acide. De la jalousie… Ce qui est ridicule. Totalement ridicule. Arrête Thomas… tu te fais des films. T’es là depuis trois jours, merde… Fry rit encore, visiblement ravi de ma réaction.
Un silence d’une demi-seconde. Puis il ajoute, faussement nonchalant :
Ce qui sous-entend bien sûr qu'il n'est pas le seul à courtiser Newt… Fry redresse la tête, fier.
À deux doigts de toucher au but ? Mon cerveau s’emballe. Qu’est-ce que ça signifie exactement ? Que Fry est à ce point proche de Newt ? Que bientôt… Ils coucheront ensemble ? Je sens un pincement aigu dans ma poitrine. La jalousie me ronge sans que je puisse la refouler. Putain… Je ne devrais pas me sentir comme ça. Ce n’est pas mon Newt, pas encore. Mais pourquoi ça me brûle autant de l’entendre dire ? Un des cuistots, occupé à éplucher des carottes, lève à peine les yeux mais lance d’une voix grave et rêveuse :
Un nouvel éclat de rire traverse la salle. Et moi… je reste figé, un peu crispé. Une chaleur désagréable grimpe dans ma gorge. Newt, proie de toutes ces libido débordantes… Désiré, fantasmé, convoité comme si c’était normal. Et tout ça me déplaît profondément, sans que je sache encore comment l’admettre. Je souris, mais j’ai le ventre qui se tord légèrement. Pourquoi ça me pique comme ça ? Pourquoi j’ai envie que Fry arrête tout de suite de parler de Newt avec cette lueur dans les yeux ? Je tente de me reconcentrer sur mes légumes, mais mes mains tremblent un peu. Putain… j’suis jaloux. Cette réalisation me frappe comme une claque. Et pourtant, impossible de la nier. Les blagues continuent autour de moi, fluides, bruyantes, joyeuses. Mais à chaque fois que Fry laisse entendre qu’il est attiré par Newt, qu’il a peut-être déjà tenté quelque chose, qu’il pense pouvoir lui plaire… je sens un fil invisible se tendre dans ma poitrine. Un fil qui me surprend par sa violence. Et au milieu du vacarme, une seule pensée tourne en boucle : Pourquoi ça me touche autant ? Pourquoi lui, putain ?
…
À l'heure du midi, on sert tous les Blocards un à un, puis après le service, on s'attaque au nettoyage et au rangement avant de commencer à préparer le repas du soir… Finalement, ce n'est pas de tout repos, le boulot de cuistot. Je passe deux heures à faire la plonge… un travail répétitif, glacial, et absolument pas passionnant. L’eau chaude me brûle légèrement les mains, la vaisselle glisse parfois et le bruit constant de l’eau qui coule résonne dans mes oreilles. Le soir venu, ma mission est encore une fois de découper des légumes pour le repas, et cette fois je travaille en compagnie d’un Blocard nommé Jessy. Cependant, il n’est pas très bavard, pas un mot ne sort de sa bouche depuis que nous sommes seuls. Son regard reste concentré sur sa tâche, et je sens une légère tension entre nous, comme s’il évaluait mes gestes.
Alors qu’il s’éloigne pour aller chercher des condiments, Newt vient à ma rencontre. Je le sens avant même qu’il n’ouvre la bouche, sa présence apporte immédiatement une chaleur douce dans l’air autour de moi. Son parfum subtil flotte, mêlé à l’odeur des légumes et du pain chaud, et m’enveloppe d’une sensation de calme et de tension à la fois. Il tire doucement sur ma joue avec un sourire lumineux.
Je me fige un instant en pensant aux blagues de Fry et des autres cuistots aujourd’hui, leurs remarques grivoises et leurs éclats de rire. En cuisine, Newt ne se rend pas compte… mais il est une proie. Tous les regards étaient posés sur lui, sur son corps, sa façon de bouger, sur la douceur qu’il dégage. Et moi… moi qui ai ri, qui ai participé, qui ai laissé mes pensées dériver vers lui de façon… obscène, je me sens soudainement honteux. Newt s’accroupit légèrement pour que nos visages soient presque à la même hauteur, ses yeux noisette brillants d’une malice que je ne peux ignorer.
Mais je détourne un instant les yeux, soutenant difficilement son regard envoûtant. Je me sens honteux de mes pensées. Putain, Thomas… t’as vraiment imaginé des trucs à propos de lui aujourd’hui. Il est si gentil, si innocent… et toi tu t’es laissé emporter par ton imagination. Stop. Respire. Concentre-toi sur la réalité. Il me sourit, légèrement amusé, et passe une main dans ses cheveux blonds, un geste si naturel qu’il m’obsède déjà.
Je ne peux m’empêcher de rire, attrapant ses mains pour qu’il arrête de me taquiner, tout en me relevant aussi.
Newt rit doucement, ses yeux pétillants et sa voix tendre font vibrer quelque chose au fond de moi, un mélange de désir confus et d’admiration qui me surprend lui-même.
Je lâche ses mains et le regarde s’éloigner. Chaque pas qu’il fait semble laisser derrière lui une trace de chaleur, et je me surprends à le suivre du regard bien plus longtemps que nécessaire. Comme l’a dit Fry plusieurs fois aujourd’hui, Newt dégage quelque chose de spécial. Une sorte de magnétisme silencieux, mais puissant… Et moi… j’ai participé à ces blagues, j’ai ri avec eux, j’ai laissé mon esprit dériver vers lui… Je me sens mal à l’aise, coupable. Newt ne mérite pas ça. Il est si doux, si gentil… et tous ces regards, toutes ces remarques, moi y compris… je ne devrais pas. Il mérite qu’on le respecte. Même si… putain… je ne peux pas empêcher mon cœur et mon imagination de réagir… Et je crois que plus les jours passent, plus j’ai envie de le connaître davantage. Il est différent de tous les autres… il y a quelque chose de vraiment attirant chez lui… quelque chose que je ne peux pas expliquer, un mélange de douceur, de force tranquille et d’attention pour les autres. Son visage, presque enfantin mais plein d’intelligence, ses cheveux dorés qui captent la lumière, son corps mince et délicat… et ses petites fesses, oui… Je n'arrive pas à détacher mes yeux de cette partie de lui… Mon esprit s’emballe et mon cœur s’accélère. Mais je secoue légèrement la tête, essayant de chasser ces pensées, mais je sais déjà que c’est inutile. Une partie de moi veut le regarder encore, le toucher encore… et je ne comprends pas encore tout ce que cela signifie…
Et soudain, alors que je suis plongé dans mes pensées, je sens une main se glisser sur mes fesses…! Mon cœur s’emballe et la surprise me fait sursauter. Je pousse brutalement celle-ci et me retourne pour découvrir Jessy qui me regarde avec un sourire narquois, ses yeux pétillant d’un amusement malsain.
Je sens mon estomac se nouer, une colère sourde et instinctive monte en moi :
Il se rapproche encore, sa main descend directement vers mon entre-jambe…! Je le repousse violemment en arrière, mon cœur battant la chamade.
Je sens la nausée me monter et une peur sourde : C’est quoi son problème à ce type ?! Il est complètement malade de me toucher comme ça ! S’il recommence, je ne suis pas sûr de pouvoir me retenir de le frapper…
Jessy saisit le plat de légumes découpés et part rejoindre Frypan, son sourire satisfait toujours accroché au visage. Moi, je reste complètement estomaqué par son comportement…! Ce type est vraiment un pervers ! Faut qu’il se fasse soigner, car là, c’est grave…!
Cette fin de journée m’a épuisé et saoulé. Maintenant, je sais qu’il faut absolument que j’évite ce malade de Jessy… Moi qui pensais que tout le monde était cool en cuisine, je me suis trompé. Agacé et pour ne plus penser à cette mésaventure, je me plonge dans mon travail. Après le dîner, je m’occupe de nettoyer la vaisselle, l’eau chaude me réchauffant les mains fatiguées et mon esprit vagabond vers le labyrinthe et ses mystères…
Une fois ma dure journée de labeur terminée, je rejoins les dortoirs et découvre Chuck assis sur son lit en train de discuter avec Newt, qui, lui, est installé sur le mien. Ils semblent bien rire ensemble, et je ne peux m’empêcher de sourire légèrement. Le simple fait de les voir me réchauffe le cœur, mais je sens aussi cette sensation sourde me piquer : Newt… je veux comprendre pourquoi il me touche autant dans mes pensées… pourquoi je ressens ce que je ressens…
Un silence retombe. L’air sent la paille chaude, la sueur, et un reste de soupe de midi. Chuck s’étire en grognant et s’installe à califourchon sur son matelas, puis, sans prévenir, il commence à raconter sa journée de labeur. En détail. Dans des longueurs infinies. Seulement moi… je ne suis plus là. Je revis chaque geste en cuisine… Chaque regard de Newt. Chaque sourire qu’il m’a offert… sans s’en rendre compte. Et ça me retourne. Sérieusement… Mais je songe aussi à toutes ses blagues, à Fry qui semble vraiment en pincer pour lui… Ça me serre l’estomac. Enfin, pas seulement Fry. Mais une bonne partie des Blocards de la cuisine. Bon, ok… il est gentil. Doux. Attentionné. Vraiment mignon… Mais quand même… Il est beaucoup désiré… Il y a un loup…? C'est pas possible autrement.
Je me gratte la nuque, un peu embarrassé.
Chuck lève les sourcils, comme si c’était la chose la plus évidente du monde.
Je sens un petit feu rouge me monter sous la peau. Je hoche la tête, troublé.
C’est là qu’un poids s’abat soudain sur mon matelas. Je relève la tête : Dall, le second de Fry, avec qui j’ai bossé aujourd’hui, vient de s’asseoir sans gêne, son genou cognant presque le mien. Il a ce sourire insolent, un peu carnassier, celui qu’il arbore quand il raconte des ragots en coupant des oignons trop vite. Il passe un bras autour de mes épaules, comme si on était potes depuis dix ans.
Je me tourne vers lui, les yeux écarquillés.
Dans ma tête, c’est un nœud. De sa faute ? Newt ? Impossible. Newt n’est pas… comme ça. Pas quelqu’un qui séduit volontairement. Il dégage quelque chose, oui, quelque chose de fragile… de lumineux… d’inévitable, mais jamais de calculé. Je n’arrive même pas à imaginer qu’il puisse provoquer tout ça exprès. Et pourtant… La façon dont Dall sourit… On dirait qu’il sait quelque chose que moi, je ne sais pas.
Chuck et moi échangeons un regard stupéfait. Des soirées théâtre ? Personne ne m’a jamais parlé de ça… Et j'ignorais que dans une telle situation on pouvait s’amuser à ça, mais remarque… Pour certains ici ça fait cinq ans…
Je sens la chaleur me grimper au visage. Une fille ? Newt… en fille ? Je visualise sans le vouloir et ça m’assomme… Ses épaules fines glissées sous du tissu coupé, sa taille mince ceinturée, ses cheveux blonds sous une perruque qui tombe peut-être jusqu’à ses reins… Ses yeux doux, soulignés d’un trait sombre… Je n’aurais jamais dû imaginer ça… Et pourtant, c’est comme si mon esprit s’y vautre…
Son rire… Sa façon de dire “très attirant”... Ça m’irrite, ça me pique, ça me brûle. Je ne sais même pas pourquoi. Comme si ce souvenir ne devrait appartenir à personne d’autre qu’à moi. Cette pensée me trouble encore plus… Je rougis, malgré moi, mais une pointe d’agacement serre mes traits. Je n’aime pas du tout le regard que Dall met sur Newt. Pas du tout…
Je sens mon cœur battre un peu trop vite. Newt… chassé. Désiré. Observé. Fantasmé même ? L’idée me retourne, comme si une jalousie sourde, brute, inattendue remontait depuis un endroit de moi que je ne connaissais pas. Une gazelle au milieu des lions, oui. Mais moi ? Je commence à me demander dans quelle catégorie je tombe. Et surtout… Pourquoi j’ai soudain envie de protéger la gazelle de toutes ces dents qui glissent trop près d’elle ?
Dall ricane, content de lui, les yeux plissés par un amusement presque malicieux.
Je relève la tête vers lui, le ventre soudain serré.
Chuck intervient en faisant la moue :
Son regard s’assombrit un instant, comme s’il se souvenait de quelque chose de désagréable.
Je reste un moment figé, les pensées emmêlées. Gally. Alby. Tous les deux… intéressés par Newt ? C'est évident bien que l'idée me serre la poitrine… C’est ridicule… mais ça m’agace. Ça m’agace vraiment…
Dall hausse les épaules, comme si c’était la chose la plus normale du monde.
Son sourire lourd me suit comme une ombre alors qu’il retourne vers son lit. Je reste immobile, les pensées ravagées, étouffantes. Un pilier. Tout le monde l’aime. Tout le monde le veut. Et moi… je suis juste quelqu’un de plus dans cette masse de regards tournés vers lui. Je me laisse tomber dans mon lit, les yeux fixés sur le plafond, la respiration courte. Et malgré moi… je le revois. Newt, maquillé, en robe improvisée, une perruque blonde effleurant sa nuque. Ses yeux noisette soulignés, son sourire timide… La finesse de ses bras, la douceur de ses traits… Je n’aurais pas dû m’imaginer ça. Maintenant, ça brûle sous mes paupières… Chuck me dévisage, intrigué.
Chuck fronce les sourcils, se redresse sur ses coudes et me fixe soudain avec un sérieux inhabituel.
Je sens mon cœur bondir contre ma cage thoracique. Une chaleur brutale remonte dans mes joues.
Et pourtant, même en disant ça… Je sens que je mens. Pas à Chuck. À moi-même…
Chuck me fixe encore un instant, puis son visage s’illumine d’un petit sourire malicieux… mais étrangement sincère.
Je reste figé. Mon cœur rate un battement. Un couple. Newt… et moi… ? La pensée me traverse comme un éclair trop chaud, trop intime, trop réel. Elle me coupe la respiration… Chuck, lui, n’a pas conscience du chaos qu’il vient de déclencher. Il se contente de tirer sa couverture, de se rouler dedans comme un enfant fatigué, et ferme les yeux avec un bâillement tranquille.
Je me tourne sur le côté, le matelas froid sous ma joue. Mais impossible de fermer l’œil. Les phrases de Dall tournent encore dans ma tête… celles de Chuck aussi… Et au milieu, comme un fil lumineux que je n’arrive pas à couper, le visage de Newt. Un beau couple… Je sens mon ventre se nouer, ma respiration s’attendrir. Impossible de dormir. Impossible d’arrêter d’y penser. Je ferme les yeux, complètement vidé, mais mes pensées ne cessent de tourner. Rapidement, je suis dérangé par les ronflements puissants de Chuck… Il a beau être jeune, il ronfle plus fort que certains autres Blocards. Mon esprit, malgré la fatigue, se met à ruminer. Et puis… une envie pressante me tire brusquement du lit. Je grogne, m’extirpant de mes couvertures et me dirige vers les sanitaires.
Une fois soulagé, je sors des toilettes et remarque au loin Newt, adossé contre le mur du dortoir, les bras croisés, son visage sérieux, concentré. Il semble immobile, mais quelque chose dans sa posture trahit une tension subtile. Devant lui, le chef des Coureurs, Minho, à le bras tendu près du visage de Newt et se penche légèrement vers lui, sa présence imposante occupant l’espace autour du blondinet. Le regard de Minho est fixe, déterminé, presque provocateur. Chaque mouvement, chaque inclinaison de son corps semble peser sur Newt, et mon cœur se serre. Je frissonne malgré moi : instinctivement, je ressens que ce n’est pas anodin. Minho l’embête, non, il le teste, il le pousse, mais il y a quelque chose de plus dans son attitude, un mélange de familiarité, de défi et d’exigence qui fait frémir mon estomac. Newt, lui, ne recule pas, mais je perçois dans son expression une légère crispation, une gêne subtile que seuls ceux qui le connaissent bien pourraient remarquer. Je m’approche doucement, chaque pas silencieux sur le sol froid résonnant à peine. Mon cœur tambourine, un mélange de nervosité et de jalousie. Je ne peux pas rester spectateur. Minho dépasse les limites à mes yeux, et je sens l’urgence de protéger Newt, de l’interrompre avant que quelque chose n’aille trop loin.
Je retiens ma respiration, prêt à intervenir, le corps tendu comme si chaque seconde pouvait faire basculer la situation. Les deux Matons me regardent, surpris, et Newt s’avance rapidement pour se placer entre l’asiatique et moi, ses yeux noisette fixant les miens avec une inquiétude contenue.
Je sens mon cœur s’emballer, un mélange d’adrénaline et d’inquiétude.
Newt souffle, mal à l’aise, les sourcils froncés :
Je remarque l’asiatique froncer les sourcils, les mâchoires serrées, ses poings se crispent sur ses hanches.
Mon instinct se tend. Je sens mon corps se raidir, prêt à reculer, à me défendre si nécessaire. Une pointe de peur monte dans ma poitrine.
Je hoche la tête, encore un peu crispé, mes yeux passant de l’un à l’autre.
Je souffle un peu, sentant la tension redescendre légèrement, et tente de me détendre.
Je les regarde s’éloigner, le cœur encore battant, une boule d’inquiétude nouée dans mon estomac. J’espère vraiment que Newt n’a pas de problème avec lui… Mais ce coureur a vraiment l’air dangereux, son regard me glace le sang… Putain… À ce rythme-là, je n’irai jamais dans le labyrinthe… Ça me désespère… Et maintenant, je m’inquiète pour Newt… Je sens mon cœur se serrer à cette idée, une colère et une peur confondues. Quelle soirée de merde… Je reste là, immobile, fixant la silhouette de Newt s’éloigner, ressentant une étrange tension entre l’inquiétude et le désir de le protéger…
Le lendemain…
Je sens quelque chose me chatouiller le nez… ça me tire de mon sommeil comme une secousse légère mais insistante. Les paupières à moitié closes, je distingue la silhouette de Newt au-dessus de moi, ses doigts fins faisant glisser une plume sur mon visage. L’air du dortoir est frais, et l’odeur de la paille mêlée à celle des Blocards encore endormis me chatouille les narines.
Je soupire, complètement engourdi, mes muscles endoloris par une nuit trop courte. Mais mon cerveau rattrape rapidement les événements de la veille, et la peur que j’ai eue face à Minho me revient en plein cœur. Mon sang se met à battre plus vite. Je bondis hors du lit, mes draps tombant en désordre, et attrapent ses mains dans les miennes. La chaleur de sa peau contre la mienne me fait frissonner, tandis qu'il me regarde surpris.
Il souffle, visiblement contrarié, et se lève, ses mouvements fluides trahissant son calme naturel. Je le suis du regard, mes yeux captant chaque détail : la lumière du matin qui joue dans ses cheveux dorés, la courbe de sa mâchoire, l’élégance simple de sa posture.
Je me précipite derrière lui, mon cœur battant, le souffle court, mes pensées tourbillonnant : Pourquoi cela l'agace t-il autant ? En quoi c'est un problème que je m'inquiète pour lui ?
Putain de merde… Mon cœur se serre. J’ai peut-être raté une occasion hier. Minho pourrait refuser de me prendre maintenant… Mais immédiatement, une autre pensée me traverse : Non. Peu importe. Je ne regrette pas d’être intervenu pour protéger Newt. Si c’était à refaire, je le referais sans hésiter. Même si ça complique tout avec Minho… même si je me brûle les ailes.
Newt cligne des yeux, surpris, et un léger rouge colore ses joues. Je remarque ce détail et mon souffle se coupe un instant. Lentement, je glisse ma main jusqu’à la sienne, sentant sa peau douce contre mes doigts, et un frisson involontaire me parcourt.
Mais avant que je ne puisse répondre, un choc brutal me projette en arrière. Alby me bouscule et m’attrape par le col de mon t-shirt. Mon estomac se noue, mon souffle s’arrête, la colère et la peur se mêlant dans un mélange brûlant… Je ne comprends pas ce qu'il se passe. Ce qu'il me veut…?
Je sens mon rythme cardiaque ralentir légèrement, mais mes muscles restent tendus, prêts à réagir. Je me relève derrière Newt qui fait face à Alby. Je sens sa force et sa présence qui me rassurent malgré la tension qui monte face à Alby… Car évidemment, je rentre dans une colère noire… Pour qui il se prend ? C’est pas comme si je l’avais malmené… ! J’ai juste attrapé son bras, l’arrêtant gentiment pour lui parler… ! Encore un Blocard jaloux et taré qui fantasme sur Newt, pensant qu’il lui appartient…
Et puis, tout à coup, une pensée me frappe, plus calme mais lourde de compréhension : Putain… Je comprends mieux Minho, hier soir. La rage, la colère qu'on ressent quand on est accusé à tort… Je dois vraiment m’excuser auprès de lui. Il n’a fait que réagir pour se protéger d’accusation stupide, comme moi à cet instant. Et moi, je l’ai presque pris pour un ennemi… Je respire profondément, le cœur encore battant, et me jure de trouver un moyen de me racheter auprès de Minho, parce que je sais maintenant à quel point sa colère pouvait être sincère.
Je sens une chaleur douce envahir ma poitrine. Il me protège… Il hausse le ton pour moi... Même si Alby est en colère, Newt se tient droit, les yeux clairs, son visage exprimant à la fois la contrariété et l’inquiétude.
Il m’attrape ensuite par le bras et me tire avec lui dans un coin plus tranquille. Son contact me fait frissonner, et je sens mon cœur battre à tout rompre. L’air est frais ici, chargé de l’odeur du matin et d’une pointe de poussière. Je ne peux m’empêcher d’admirer sa silhouette, la tension dans ses épaules, la lumière du soleil qui joue dans ses cheveux dorés. Et une fois seul, loin de tout, il se tourne vers moi et m’interroge sans attendre. Sa voix, un mélange d’inquiétude et de colère :
Je m’arrête, incapable de lui dire toute la vérité, trop embarrassé. Mes joues brûlent rien qu’en y pensant.
Alors que je marche derrière lui, mon esprit est en ébullition. Il faut vraiment que je me méfie de Jessy maintenant… ce type est imprévisible, manipulateur, et dangereux. Et Alby… lui aussi… sa jalousie et son autorité peuvent tout compliquer. Rien de tout ça ne présage quelque chose de bon. Un mélange d’inquiétude et de détermination me serre la poitrine. Il faut que je devienne coureur au plus vite, que je trouve un peu de liberté, un moyen de respirer loin de ce foutu Bloc. Mais heureusement, Newt est là… Sa présence me rassure, me donne un point d’ancrage, un refuge au milieu de tout ce chaos. Je pense aussi à Chuck, à Fry, à Winston… tous ces gens qui sont gentils, loyaux et sincères. Ce sont eux mes alliés. Il faudra absolument que je reste proche d’eux, apprendre à compter sur eux. Avec eux, peut-être que je pourrai survivre ici… et protéger ceux qui comptent vraiment.
…
Pendant tout le repas en tête-à-tête avec Newt, je sens le poids du regard d’Alby sur moi depuis l’autre table. Mon estomac se noue, mais je me surprends à voler des coups d’œil à Newt, à suivre ses gestes, à admirer la manière dont il parle, comment ses mains bougent légèrement quand il rit. Mon cœur bat trop vite, et je me demande combien de temps je pourrais encore résister à cette étrange attraction…
Il penche la tête, ses yeux noisette me scrutant avec une intensité douce mais troublante. Je détourne le regard, incapable de soutenir cet échange aussi intense et je sens mes joues chauffer…
Cette phrase me fait respirer un peu mieux, un poids se lève de mes épaules. Je souris sincèrement, et un mélange de gratitude et d’admiration me traverse.
Il me dévore des yeux, je sens son regard me parcourir, et je détourne rapidement le mien, le cœur battant, nerveux. Pourtant, je me surprends à sourire, heureux de se rapprochement avec le blond :
Il ricane, un rire doux qui me fait oublier un instant Alby et Jessy, tout le monde… Il pose sa joue contre sa main et répond :
Je frôle sa main par réflexe en ramassant mon verre, et il sourit encore plus, ses yeux brillants. Je me sens ridicule mais heureux de l'avoir effleuré…
Il hoche la tête, son sourire tendre et la chaleur dans ses yeux me traversent comme un rayon de soleil.
Il me sourit tendrement et je sens mes épaules se détendre. Pour un instant, il n’y a que nous deux, à se chamailler, se taquiner, se sourire. Les regards lourds du maton, Alby ou même Gally n’existent plus. Je profite de cette complicité, de cette amitié naissante, et je me sens vivant pour la première fois depuis longtemps dans ce foutu Bloc…
…
Une fois notre petit-déjeuner terminé, j’accompagne Newt jusqu’au jardin. La lumière du matin fait briller ses cheveux blonds et je ne peux pas m’empêcher de le dévorer du regard, encore une fois fasciné par la douceur de ses traits, le léger pli de son sourire, la façon dont ses yeux noisette pétillent d’une malice tranquille. On arrive devant Zart et les autres Scarleurs. Zart attire immédiatement mon attention : grand, blond, visage rond, yeux bleu clair pétillants, un ventre qui dépasse légèrement de son t-shirt, mais avec une gentillesse et une chaleur dans le regard qui le rendent très accueillant. Il me serre la main avec un sourire franc et sincère. Le reste du groupe est aussi sympathique, riant facilement et me faisant sentir intégré, mais je reste rivé sur Newt. Mon esprit refuse presque de se détourner, chaque geste, chaque sourire qu’il lance me captive.
Mais dans le lot, une petite marguerite se détache et vient se perdre dans ses cheveux. Le contraste est presque magique. Je m’arrête un instant, frappé par la douceur de l’image. Je m’approche, lentement, comme si un geste trop brusque pouvait briser l’instant.
Son souffle effleure ma peau, à quelques centimètres du mien. Je sens la chaleur de son corps, presque imperceptible, mais suffisante pour faire trembler quelque chose en moi. Je garde la fleur entre mes doigts, la pétale fragile éclairée par le soleil filtrant à travers les arbres. Puis mon regard remonte, attiré par le sien… ce sourire léger, presque timide, qui me donne l’impression que le monde autour s’efface doucement. J’adore le voir me sourire ainsi… Et même si le métier de Scarleur n’a rien d’excitant, tirer les mauvaises herbes, vérifier les plants, se casser le dos au soleil, sa présence transforme tout. Avec lui, la terre semble moins lourde, l’air moins oppressant, le silence moins cruel. C’est surprenant, même déroutant, de se sentir aussi… vivant, ici. Dans cet endroit où tout devrait être étouffant, sans souvenirs, sans passé, enfermés comme des rats dans une cage géante, il parvient à rendre chaque minute un peu plus douce, un peu plus respirable. Comme si, simplement en existant près de moi, il réécrivait cet enfer en quelque chose de presque supportable.
La journée défile, et ensemble on discute de tout et de rien, on rigole, on se taquine. Mon cœur se sent léger, et chaque éclat de rire partagé avec lui renforce ce lien naissant. Mais dès que je tente d’aborder des sujets plus sérieux, Alby, Gally, les tensions… Newt se ferme légèrement, ses épaules se raidissent, son regard devient plus distant. Je fronce les sourcils, cherchant à comprendre. Qu’est-ce qui le ronge ? Qu’est-ce qui le fait se protéger comme ça ? Je veux l’aider, mais je ne sais pas comment. Je me dis qu’il faudra attendre encore un peu, gagner sa confiance, avant qu’il ne se livre vraiment.
À la pause déjeuner, on se dirige vers le réfectoire, étouffant sous la chaleur, impatients de profiter de l’ombre. Dès qu’on entre, l’odeur du ragoût de Frypan flotte dans l’air, un mélange de légumes, d’épices et de quelque chose d’indéfinissable, mais franchement appétissant quand on a travaillé toute la matinée. Chuck nous fait de grands signes depuis une table, tout content de nous voir arriver, déjà en train d’engloutir la moitié de son assiette.
On s’assoit à côté de lui, et à peine avons-nous touché nos cuillères qu’il commence à raconter sa matinée, les yeux brillants.
Il gesticule tellement qu’il manque de renverser son ragoût. Newt sourit, amusé, hochant doucement la tête. Moi, je ne peux pas m’empêcher de rire. Il parle avec une telle énergie, comme si chaque seconde de sa vie était une aventure incroyable. Et bizarrement, ça me fait du bien. Son enthousiasme, sa naïveté, sa façon de rendre tout plus léger… ça m’accroche au cœur.
Il éclate de rire, pas vexé du tout. Et je sens, sans pouvoir l’expliquer, une vraie complicité naître entre nous. Comme s’il devenait peu à peu un petit frère un peu bruyant, un peu maladroit… mais profondément attachant. Newt observe la scène avec ce sourire tendre qui me réchauffe toujours la poitrine, comme s’il voyait là quelque chose de précieux, et qu’il en était heureux, lui aussi. Après cette parenthèse joyeuse partagée avec Chuck et Newt, nous quittons le réfectoire pour replonger sous le soleil brûlant du Bloc.
Et dans l’après-midi, un petit incident va me rapprocher encore plus de Newt. Alors qu’il transporte une corbeille de légumes, il trébuche sur une corde laissée sur le sol et tombe en avant. Instinctivement, je tente de le retenir, mais le poids de la corbeille et le sien nous entraînent tous les deux au sol. Les légumes roulent autour de nous, éclatant sur l’herbe. Je reste un instant immobile, posé sur lui, incapable de détourner les yeux. Mon corps réagit malgré moi, un frisson me parcourt et je me force à contrôler l’élan de désir brûlant qui menace de me submerger. Newt est étendu sous moi, ses cheveux blonds tombant sur son front, sa bouche fine et douce légèrement entrouverte, son corps mince et fragile, presque parfait, presque irréel… Je sens mes joues rougir violemment.
Et immédiatement l’inquiétude me serre la poitrine. Aurais-je pu lui faire mal en lui tombant dessus…?
Mais je ne lui laisse pas le choix et observe attentivement. La peau est fine et pâle, presque translucide, et une longue cicatrice traverse son mollet jusqu’au pied, irrégulière mais impressionnante. Mes doigts glissent délicatement le long de cette ancienne blessure, et je rougis en me perdant un instant dans cette intimité involontaire.
Newt détourne les yeux, mais je vois son petit menton trembler légèrement… Il refuse de répondre. Au lieu de se reposer, il tente de se lever, et je le vois chanceler.
Mais à peine pose-t-il le pied au sol qu’il s’effondre de nouveau, un petit gémissement de douleur s’échappant de lui. Sans réfléchir, je le prends dans mes bras et le transporte jusqu’à un petit tronc d’arbre, à l’ombre, près de l’étang. Son corps contre le mien est léger comme une plume, et je sens chaque frisson qu’il ne peut réprimer.
Je retire mon t-shirt, la chaleur muscle le geste, et l’air frais contre ma peau me fait frissonner. Ma peau mate boit la lumière du soleil, révélant les contours de mon torse : des pectoraux bien marqués, des muscles dessinés par les journées de travail, et un léger duvet de poils noirs qui suit la ligne de mon sternum. Je sens le regard de Newt se poser furtivement sur moi, comme un souffle, avant qu’il ne détourne les yeux. Je trempe mon t-shirt dans l’eau fraîche de l’étang, le tissu s’alourdissant entre mes doigts, puis je reviens vers lui. Je m’accroupis, le cœur battant un peu trop vite, et applique doucement le tissu humide sur sa cheville. Il sursaute à peine au contact glacé, puis un soupir de soulagement traverse ses lèvres, fragile, presque intime dans l’air brûlant autour de nous.
Newt semble touché, les yeux brillants d’une émotion sincère. Je le regarde, et pour un instant, tout le reste disparaît : le Bloc, les regards curieux, les tensions. Même si nous nous connaissons à peine, je sais que lui et Chuck sont désormais mes vrais amis, et que je serai là pour lui comme il est là pour moi.
Je pose mon regard sur sa jambe et… je dois bien avouer que ses jambes sont aussi fines et délicates que celles d’une femme. La peau blanche, presque translucide, semble fragile sous mes yeux. Contrairement à moi, il n’a quasiment aucun poil, juste un léger duvet blond qui souligne sa finesse. Mon esprit commence à s’égarer, mais je reviens vite à la réalité et fixe cette cicatrice impressionnante. Pour en avoir une comme ça, il a dû vivre quelque chose de vraiment terrible…
Il hésite, mordillant sa lèvre, puis se lance :
Mais je peux voir clairement la douleur dans ses yeux. Sa peine illumine ses traits si enfantins, si fragiles… Je sens mon cœur se serrer.
Il inspire profondément et laisse tomber la bombe :
Je reste bouche bée, incapable de parler. Lui… Newt… si jovial, si souriant… capable de vouloir en finir ? Mon cœur se serre, je me sens impuissant. Il devait souffrir tellement pour en arriver là…
Je saisis ses mains et, par un petit mouvement brusque, je le tire vers moi. Il atterrit contre mon torse nu. Mon souffle se coupe un instant. Sa proximité me trouble, son odeur douce, ses cheveux blonds qui effleurent mon cou… Je dois me contrôler pour ne pas céder à ce désir brûlant. Il finit par se reculer légèrement et m’adresser un sourire timide.
La journée se poursuit ainsi, et je m’assure qu’il ménage sa cheville autant que possible. Chaque rire, chaque sourire qu’il m’offre est une victoire silencieuse pour moi, une bulle de chaleur dans ce Bloc parfois cruel.
Le soir venu, je le regarde rejoindre sa chambre de Maton pour se reposer. Moi, je m’allonge sur mon matelas, à côté de Chuck qui dort déjà profondément. Et moi, je reste là, le cœur lourd et léger à la fois, repensant à chaque moment passé avec Newt. Sa fragilité, sa beauté, sa douceur… tout en lui me trouble et m’obsède. Je ferme les yeux et je me surprends à sourire, déjà impatient de le retrouver demain, de continuer à découvrir ses secrets et à partager ces instants uniques.
…
Nouvelle journée, nouveau travail… et cette fois, je suis avec Chuck. J’avoue que Torcheur est sûrement le métier qui me tente le moins : nettoyer la merde des autres, ramasser le fumier, transporter le fumier, laver le linge des Blocards… Bref, un festival d’odeurs et de tâches ingrates. Rien de glorieux. Heureusement, Chuck est là. Avec lui, même la pire corvée devient un peu plus légère. Il a ce don incroyable pour transformer la moindre catastrophe en éclat de rire.
Je grogne, mais il éclate de rire, et forcément… je finis par rire aussi. Plus tard, alors qu’on transporte des sacs jusqu’à l’abri de stockage, Chuck me donne un coup de coude, les yeux brillants d’une idée dangereuse.
Et contre toute logique, je le suis… On attend que Gally sorte de la douche. Chuck étale discrètement une fine traînée de fumier sombre sur une planche, à la sortie de la cabine… Et quand Gally sort, nu pied, furieux contre quelque chose comme d’habitude, Chuck chuchote :
Gally marche dessus. Un son humide “sploutch” résonne. et le rouquin s’arrête net, se penche, et fronce les sourcils.
Je retiens mon souffle en voyant son pied plein de merde... Chuck se mord l’intérieur de la joue à s’en faire saigner. Et miracle : Gally, dégoûté, essuie son pied contre une plante et repart en marmonnant. Dès qu’il disparaît au coin du mur, Chuck explose de rire, plié en deux. Je le suis aussitôt, incapable de m’arrêter.
Je lui ébouriffe les cheveux, un sourire que je ne peux pas retenir accroché aux lèvres. Et malgré la puanteur, la fatigue, la chaleur… Je me rends compte que ces moments-là, avec lui, ont quelque chose de précieux. Une légèreté qui me manque. Une fraternité inattendue, sincère. Comme si Chuck devenait mon petit frère dans cet enfer, et que je ne sais même plus comment j’ai fait pour survivre sans lui avant. Chuck éclate de rire en essuyant ses mains pleines de boue.
Il baisse un instant les yeux, sérieux pour la première fois depuis ce matin.
Je fronce les sourcils, sautant sur l’occasion pour tenter de savoir…
Chuck secoue la tête.
Je cligne des yeux, surpris et un peu inquiet.
Chuck hoche la tête, sérieux.
Je reste silencieux un instant, le goût amer de cette idée dans la gorge. Puis je regarde Chuck.
Il hausse les épaules avec un petit sourire énigmatique.
Je serre les poings, un mélange de colère et de protecteur qui monte en moi. Chuck, lui, me regarde et sourit doucement :
Je fronce les sourcils et souffle, inquiet :
Chuck secoue la tête et hausse les épaules, un petit sourire désolé aux lèvres.
Mes pensées s’emballent malgré tout. Qu’est-ce qu’a bien pu faire Gally pour que Chuck parle de bannissement ? Ça doit être horrible… quelque chose de tellement grave qu’aucun autre Blocard ne pourrait le tolérer. Mon cœur se serre rien qu’à imaginer Newt, blessé, peut-être humilié, face à lui. Une colère sourde monte en moi. Encore une raison de plus de le haïr, de le détester profondément. Comment quelqu’un peut-il être aussi cruel ?
Chuck tapote doucement mon épaule, comme pour me ramener à l’instant présent, et un petit sourire complice aux lèvres :
Je ne peux pas m’empêcher de sourire, malgré l’inquiétude qui serre ma poitrine. La farce est ridicule, mais j’adore cette légèreté que Chuck apporte même dans ce Bloc où tout semble lourd et pesant.
Il m’entraîne derrière lui, ses rires légers me donnant un peu de chaleur dans cette journée écrasée par le soleil et le travail. Et, une fois encore, je sens cette complicité fraternelle s’installer entre nous. Un petit frère dans ce chaos… quelqu’un sur qui je peux compter.
Le soir, je pars prendre une bonne douche, amplement méritée après cette dure journée de labeur. Il n’y a pas grand monde à cette heure, alors j’en profite pour rester un peu sous l’eau, laissant l’eau fraîche glisser sur ma peau chaude et mes muscles endoloris. Soudain, des gémissements provenant de la cabine voisine me tirent brutalement de mes songes. Un couple fait l’amour… Le son est clair et dérangeant, et je me sens profondément gêné. Mais mes pensées ne peuvent pas s’empêcher de vagabonder, et mon esprit se perd dans des images interdites… Je me surprends à imaginer Newt contre moi, dans cette même douche, nos corps s’entrelaçant avec une sauvagerie retenue par ma raison. Je rougis rien qu’à cette idée, un frisson étrange me parcourant le dos. Mais je ne dois pas y songer. C’est mal… Aussi, je termine ma douche rapidement, le cœur battant, et me retourne pour saisir ma serviette… mais elle n’est plus là. Ni mes vêtements. Quelqu’un est venu me les piquer ! Je reste un instant figé, totalement nu, le sang me montant au visage. L’idée de déranger le couple à côté me bloque. Je n’ai pas le choix : il faut que je retourne au dortoir comme ça…
Je me penche sur la pointe des pieds, avance le plus discrètement possible, sentant chaque battement de mon cœur résonner dans le silence, imaginant que le voleur éclate de rire quelque part. Presque arrivé à mon lit, je croise deux Blocards qui se dirigent vers moi. Sans réfléchir, je bondis dans la chambre d’un maton pour me cacher derrière une porte. J’attends, retenant ma respiration… mais une voix familière me fait sursauter :
Mon cœur rate un battement. Je me retourne brusquement, cachant immédiatement mon intimité avec mes mains, rouge de gêne. Il est là, assis tranquillement sur son lit, un livre à la main, me détaillant des pieds à la tête avec un sourire amusé. Ses yeux pétillent et je sens une chaleur familière m’envahir, malgré mon embarras.
Il me tend sa couverture, me jetant un regard malicieux.
Newt éclate de rire, son corps tremblant légèrement, et je ne peux m’empêcher d’être un peu charmé par cette légèreté qui contraste avec ma gêne :
Je me surprends à sourire malgré moi, son rire étant contagieux. J’ai du mal à ne pas me laisser emporter par la complicité de ce moment, malgré la honte de ma nudité. Doucement, je le tire par le bras pour le ramener face à moi :
Newt ne s’arrête pas de rire et je sens une chaleur étrange m’envahir, un mélange de gêne et d’attirance. Pour me venger de son rire, j’appuie doucement sur sa taille pour le chatouiller.
Je m’attaque à sa taille à deux mains, continuant de le chatouiller. Nous chahutons quelques secondes, nos rires résonnant dans la chambre, jusqu’à ce que je plaque ses poignets contre le matelas, m’immobilisant au-dessus de lui. Je plonge mon regard dans le sien et mon cœur s’emballe. À cet instant précis, je sens une vague de bien-être et de désir m’envahir, un mélange de gêne et d’envie que je ne peux contrôler. Mon visage rougit, et mon entrejambe me brûle. Je reste bloqué à l’admirer, scrutant chaque détail de son visage enfantin, ses lèvres délicates qui s’étirent en un sourire espiègle. Une irrésistible envie de les goûter me traverse, mais Newt me ramène à la réalité :
Je quitte sa chambre, le cœur encore chamboulé par mes émotions, par cette envie soudaine et intense de l’embrasser, de le sentir près de moi… Je me sens complètement marteau… Heureusement que j’avais la couverture pour cacher cette envie honteuse…
Arrivé enfin à mon lit, je découvre mes vêtements étalés dessus, et Chuck, mort de rire à côté.
Mais je ne peux m’empêcher de lui adresser un petit sourire. Malgré tout, cette petite farce m’a permis de profiter d’un moment de complicité avec Newt, de sentir ce lien naissant, tendre et troublant à la fois, et de mesurer combien sa présence me réchauffe malgré l’air lourd et poussiéreux du Bloc. Chuck, avec sa malice et son rire contagieux, m’offre une légèreté rare dans cet enfer quotidien, comme un petit frère que je protège et que j’ai appris à aimer presque aussitôt. Après quelques jours au Bloc, je commence enfin à comprendre son fonctionnement… les règles implicites, les tensions entre les garçons, et surtout ce que signifie être un Blocard. Chaque tâche, chaque interaction, chaque rire partagé devient une leçon. Mais surtout, je sais que je dois continuer à faire mes preuves, montrer que je suis capable de devenir Coureur, de survivre dans ce chaos, de me battre pour ceux qui me sont chers. Alors que je me glisse enfin dans mon lit, mon corps épuisé par la journée et mes muscles encore endoloris, je sens un calme apaisant m’envahir. Mon esprit est tranquille, débarrassé du tumulte du jour, et pourtant mes pensées restent éveillées, focalisées sur Newt, sur Chuck, sur ce qui nous attend demain. Je serre doucement la couverture contre moi, un sentiment de sécurité fragile mais réel, et je me promets intérieurement de tout faire pour les protéger, les soutenir et les aider autant que possible. Tout en fermant les yeux, je me sens déterminé, résolu : je sortirai d’ici. Je ferai tout pour trouver une issue, pour survivre, pour protéger ceux que j’aime, et pour mériter ma place en tant que Coureur. Lentement, mes paupières se ferment, et pour la première fois depuis longtemps, je m’endors avec l’esprit apaisé, mais le cœur battant d’une détermination nouvelle et farouche.
A suivre...!
Bonjour/Bonsoir lecteurs anonymes !
N'hésitez pas à me donner votre avis !
J'aurais grand plaisir à lire vos commentaires.
Bonne lecture !