Le Hobbit "Mon Espoir"

Chapitre 5 : Rapprochement

2328 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 02/08/2022 12:20

Retour avec Thorin et Thrarín, avant le départ d’Hannar.



Thorin et Thrarín avaient quitté Fornost depuis des jours, ils approchaient de la porte du village de Bree, le jeune nain avait vraiment hâte de faire une pause, en plus, leurs poneys peinaient à avancer, ils avaient besoin de reprendre des forces eux aussi, il dit à mon aîné.


« Maître Thorin, peut-être que nous devrions nous arrêter pour nous restaurer, nos poneys en ont besoin eux aussi. »


Il lui répondit d’un ton bougon.


« Hum ... C’est pas faux ! J’aurais aimé que nous puissions continuer un peu plus longtemps, mais tu as raison, nos pauvres montures sont prêtes à s’effondrer en plein milieu du chemin et nous n’avons pas besoin de ça ! Nous allons trouver un endroit pour nous arrêter afin que les poneys puissent se reposer et nous aussi. »


« Regardez, au village de Bree, il y a peut être une auberge pour nous restaurer, est-ce que ça vous dit qu’on y aille ? »


Apparemment, Thorin devait être fatigué lui aussi au point de se montrer conciliant avec son compagnon, voilà qui était rare. Thrarín constata un autre détail, malgré toute l’autorité de son aîné, ils s’entendaient de mieux en mieux, ils apprenaient à s’accepter avec leurs personnalités différentes petit à petit. Le jeune nain réalisa qu’il l’appréciait bien, à sa façon, Thorin faisait preuve de bienveillance envers lui. Cependant, il se garda de lui en parler, chez les nains, on exprimait rarement ses sentiments.

« Pourquoi pas, oui, allons y ! »

 

Ils se présentèrent à l’entrée du village, maître Thorin descendit du poney, frappa à la porte, quelqu’un lui ouvrit, le gardien de la porte, il lui demanda d’un ton bourru.


« Qui êtes-vous ? Et qu’est-ce que vous voulez ? »


Thrarín ouvrit la bouche pour lui répondre, mais Thorin le devança, apparemment l’impolitesse du gardien de la porte ne sembla pas l’ébranler, il répondit sur le même ton.


« Vous n’êtes pas aveugle que je sache ! Nous sommes deux nains ! Nous souhaitons nous reposer, ainsi que nos poneys, indiquez nous un lieu pour cela ! »


« Quels sont vos noms ? » Demanda encore le gardien d’une manière tout aussi brutale.


« Nos noms ne vous regarde pas ! Dites nous où nous pouvons trouver un endroit pour nous restaurer, il me semble que je ne vous demande pas l’impossible ! Autrement, nous partons d’ici !! » Cracha Thorin, la colère commençait à bouillir en lui, Thrarín ne put voir son visage comme il était de dos, en tout cas, il n’aurait pas aimé être à la place du gardien. Ce dernier leva les mains en l’air en signe de défense et dit.


« C’est bon ! Inutile de vous énerver, mon travail consiste à poser des questions aux étrangers qui veulent entrer dans le village, faut pas m’en vouloir pour ça ! Bien, si vous souhaitez vous restaurer, il y a l’auberge du poney fringant, vous la trouverez en allant tout droit après trois pâtés de maisons, juste à côté, il y a une écurie où vos canassons pourront se requinquer comme vous le souhaitez. »


Il leur libéra le passage, Thorin ne lui adressa aucun remerciement, étant sûr qu’il ne le voyait pas, Thrarín en profita pour murmurer un merci au gardien, ce dernier se contenta de hocher la tête. Lorsqu’ils parvinrent à cette fameuse auberge du poney fringant, le patron de l’établissement les accueillirent poliment, Thorin se montra un peu plus poli, cette fois-ci. Leurs poneys furent soignés par les palefreniers de l’écurie avec de la bonne nourriture et de l’eau, voilà qui les mettrait en forme pour le lendemain. De leur côté, les deux nains eurent un bon repas, ainsi que deux chambres qui leur furent proposées par l’aubergiste, voilà qui était réconfortant.

La nuit approcha rapidement, Thrarín était bien soulagé de pouvoir dormir dans un vrai lit, il en rêvait depuis qu’il avait quitté le sien, le fait de camper en plein air n’était pas encore dans ses habitudes, contrairement à Thorin. Néanmoins ce dernier ne rechigna pas pour autant, il dit au patron.


« Oui, c’est une bonne idée. Dans ce cas-là, nous prendrons le petit déjeuner à 7h00, donnez nous deux chambres et réveillez nous demain matin à cette heure là. »


Le pauvre aubergiste eut l’air décontenancé face au ton dictatorial de mon aîné, il acquiesça à sa demande malgré tout, Thrarín soupira et souffla un « s’il vous plait » au pauvre homme qui le remercia d’un sourire, puis le jeune nain lui énuméra ce qu’ils prendraient à manger pour le petit déjeuner. Un peu plus tard, Thorin et son compagnon étaient attablés à la salle commune, une serveuse leur apporte leur dîner, il y eut de la viande froide, de la soupe chaude de légumes, du pain, du beurre, du fromage, des fruits et une bonne pinte de bière. Par Mahal ! Qu’est-ce que ça faisait du bien de dévorer un repas complet, ça changeait des petits encas pensait Thrarín, ça changeait de ce qu’il avait dans son sac. Pendant qu’ils mangeaient de bon appétit, Thorin interpella le jeune nain.


« Dis-moi Thrarín, je suis si épouvantable que ça ? Je t’ai vu en train de soulager l’aubergiste et même le gardien de la porte, je sais que j’ai l’habitude de donner des ordres, mais quand même. »


Bon sang ! Thrarín ne s’attendait pas du tout à cette question ! Que pouvait il lui répondre ? Quelque chose comme : « Vous, maître Thorin, vous êtes quelqu’un d’épouvantable ? Moi qui pensais que vous étiez juste un gentil petit chaton bien mignon, qui s’hérissait de temps en temps, mais rien d’alarmant dans le fond. » Bien évidemment, il se retint de lancer ce genre de commentaire ou il finirait en pièces, il lui répondit simplement.


« Je ne dirais pas épouvantable, mais plutôt autoritaire et vous savez vous imposer à votre façon, après... Il ne m’appartient pas de vous juger, vous savez, c’est juste que je n’ai pas l’habitude. »


« Je suis parfaitement conscient que je ne suis pas facile à vivre, je n’étais pas certain que tu accepterais de voyager avec moi, je te parlerai un jour de mes raisons de ta présence, mais pas tout de suite. Ton oncle Bragnir était quelqu’un de doux, évidemment, ça doit te changer de ma personnalité. J’aime aller droit au but quand je veux quelque chose, pas de la manière la plus tendre, je le sais bien, mais je suis comme ça. Mon comportement doit t’ébranler, pourtant, tu es toujours là, alors que tu pourrais rebrousser chemin. »


« Au fil des jours, nous avons appris à nous accepter l’un l’autre, même avec des comportements différents. En plus de cela, je vous ai promis de vous aider dans votre recherche et je rajouterai que je vous aime bien. »


Les yeux de Thorin étaient comme des soucoupes, ce n’est pas vrai ! Qu’est-ce qui avait pris à Thrarín de balancer une telle remarque ? Il était fou ou quoi ? Qu’est-ce que son chef allait penser de lui, maintenant ?


« Répètes-moi ça ? Tu... m’aimes... bien ? Non.... Non mais qu’est-ce que tu as avalé, par Mahal, pour débiter de telles âneries, franchement ? »


Le jeune nain s’expliqua pour éviter tout malentendu, en espérant qu’il n’aggraverait pas son cas.


« Tout simplement, je vous aime bien comme si vous étiez mon parent, ça vous offense ce que je dis ? Est-ce que c’est mal ? »


« Non... Je ne suis pas offensé, seulement personne ne m’avait jamais dit ça, les nains n’expriment jamais ce qu’ils ressentent d’habitude. Tu es vraiment un cas à part, Bragnir qui t’a élevé n’était que ton oncle, mais tu lui ressembles, il était tout aussi sensible que toi. »

 

Thorin fut sous le choc, c’était bien la première fois qu’il se retrouvait dans cet état, pendant une minute, il ne dit plus rien, il s’arrêta même de manger. Est-ce que Thrarín avait encore dit une bêtise ? Il trembla un peu de peur.


« Malgré le fait que je sois un nain autoritaire, tu m’aimes bien ?... Tu es bien le seul, enfin, ma famille m’aime bien, je crois bien qu’elle me craigne à cause de mon côté colérique et toi, tu ne me crains pas ? Quoique je sens que tu es tendu. » Dit-il d’un ton ironique.


« Vous avez l’habitude d’être obéi sans discuter, je l’ai bien compris, je respecte, croyez moi. » Il le regarda en soulevant un sourcil, Thrarín n’y prêta pas trop attention et poursuivit dans sa lancée. « Pour répondre directement à votre question, je dirais que même si je vous aime bien, j’éviterai de vous mettre en colère, je vous ai vu énervé, bien que je n’ai pas encore vu le pire en vous, j’en suis sûr. J’imagine que vous devez être impressionnant dans ces moments là, alors, je ne prendrai pas ce risque. »


Son sourire était presque machiavélique, le sourire du jeune nain se figea, il sentait qu’il n’allait pas aimer la suite, il déglutît péniblement et avala une gorgée de bière pour se donner contenance.


« Au moins, tu commences à bien me connaître, tu sais à présent qu’il ne faut jamais me pousser à bout, il est très périlleux et dangereux de s’y essayer, tu peux en être sûr, rappelles toi en toi aussi. De toute ma vie, je n’ai jamais connu les méthodes tendres ou douces, mon père et mon grand-père étaient comme je suis, durs et autoritaires, on ne leur désobéissait pas. »


« Ils étaient adeptes de la discipline, si je comprends bien. »


« Tu peux le dire, oui. Malgré tout, cela ne m’empêche pas de t’apprécier, à ma façon. »


Thrarín souffla de soulagement, tout son corps était détendu, après leur discussion, ils continuèrent à déguster leur repas. Thorin semblait être encore en pleine réflexion, il gardait un secret au fond de lui : la raison de la présence du jeune nain à ses côtés, ça resterait encore un mystère pour lui. Thrarín se dit qu’il était inutile de chercher à l’interroger, son chef ne lui répondrait pas, bien que la curiosité le rongeait de plus en plus, sa patience devrait être mise à l’épreuve. Lorsque leur souper fut terminé, l’aubergiste vint vers eux, une serveuse s’approcha également pour débarrasser la table.


« Est-ce que tout s’est bien passé ? Le repas était à votre convenance ? »


Craignant un peu la réaction de Thorin, visiblement, le regard de l’aubergiste se posa sur Thrarín. Avec un grand sourire chaleureux, le jeune nain lui répondit.


« Le souper était délicieux, nous nous sommes bien régalés, merci beaucoup. »


« Oui, c’était très bon, merci. »


Oh! Un remerciement venant de Thorin ? Avec le sourire en plus ? Voilà un moment mémorable, en tout cas, cela soulagea énormément l’aubergiste, il leur demanda ensuite.


« À la bonne heure, je suis content que ça vous ait plu. Voulez-vous que je vous conduise à vos chambres maintenant ou souhaitez vous autre chose ? »


Avant que Thorin ne lui répondit, Thrarín se permit de le faire en premier.


« Pour ma part, je n’ai plus besoin de rien, merci encore monsieur. »


Son chef eut sur lui un regard scrutateur, le jeune nain avait préféré prendre les devants, aurait-il été impoli ? Ou franchi une limite, il espérait que non. Tout en continuant à le fixer, Thorin répondit à son tour à l’aubergiste.


« Nous avons besoin de dormir, vu que nous nous levons tôt demain matin, merci encore pour le repas, conduisez nous à nos chambres je vous prie. »


Sur ces mots, il lança à son jeune compagnon un petit sourire moqueur comme pour lui dire : « Tu vois, je suis autant capable que toi d’être poli. ». L’aubergiste les conduisit chacun à leurs chambres, Thorin lui rappela de les réveiller à temps avant de fermer la porte de sa chambre, notre héros en fit de même après avoir souhaité une bonne nuit à l’aubergiste. Ensuite, il fit sa toilette dans la salle de bain à côté de la chambre, il prit un bon bain chaud, l’eau chaude lui fit tellement de bien qu’il en profita pour se laver le corps et les cheveux.

Lorsque sa toilette fut terminée, il vida l’eau de la baignoire, prit une serviette de l’auberge pour s’essuyer, puis il tira les rideaux, éteignit les lampes de la salle de bain et de la chambre et alla se glisser dans le lit, dans son sommeil, ses rêves furent troublés avec la présence de son oncle regretté, de sa maison dans les montagnes bleues qu’il avait hâte de retrouver dès que cette mission serait terminée.


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