Le lendemain ne laissa que peu de temps aux préoccupations personnelles. Hansi annonça que certains ingénieurs Mahr avaient accepté de commencer à travailler sur des plans pour le futur port de Paradis. Cela provoqua une vague de murmures, entre ceux qui voyaient dans cette collaboration une réelle opportunité et ceux que l’inconnu effrayait. Ces derniers étaient réticents à toute ouverture vers le monde et craignaient que la vie de Paradis ne soit chamboulée à jamais et pas dans un sens positif pour eux.
-C’est génial qu’on puisse enfin commencer les travaux du port ! s’enthousiasma Armin. Imagine, dans quelques mois, on pourra recevoir nos premiers venus de l’étranger. Ils se rendront compte que l’île est peuplée de gens comme eux et pourront revoir leurs positions.
Le jeune homme avait un large sourire et son regard bleu pétillait. L’ensemble des soldats du Bataillon étaient réunis dans une vaste salle de réunion et Hansi continuait d’exposer le plan à moyen-terme concernant le port.
Armin remarqua que Rosa, à qui il s’était adressé, ne l’avait vraisemblablement pas écouté. Elle semblait un peu perdue. Il n’était même pas sûre qu’elle soit en train d’écouter Hansi non plus. Posant délicatement une main sur son épaule, il lui murmura :
-Eh, ça va ?
Rosa eut un léger sursaut en sentant la main de son ami. Elle tourna le visage vers lui, cligna deux fois des yeux comme si elle reprenait ses esprits. Puis elle hocha lentement la tête :
-Oui… ça va…
Armin la dévisagea. Elle était persuadée qu’il ne la croyait pas. En tout cas, il sentait qu’elle n’était pas comme d’habitude. Mais il n’insista pas. Armin était comme ça. Il était fiable et pas forceur. Il n’écoutait que ce qu’on avait envie de lui confier. Et c’était pour ça qu’elle l’appréciait autant. Entre autres.
Elle lui adressa un petit sourire, comme pour appuyer son propos :
-Ne t’inquiète pas. Je réfléchissais juste.
Armin la regarda pendant encore quelques secondes avant de reporter son attention sur Hansi. Il se fit la remarque qu’il y avait clairement quelque chose mais n’était pas certain que ce soit négatif. Car son amie paraissait plus détendue que d’habitude. Ça faisait longtemps qu’il n’avait pas senti une telle chose.
Rosa s’était réveillée avec la sensation d’avoir comaté plus que jamais. Et cette sensation était extrêmement plaisante. Elle ne se souvenait pas avoir rêvé. Ni ressassé. Son esprit était vide mais son corps plein et c’était exactement ce qu’elle recherchait.
Lorsqu’elle s’était assise sur son lit, elle avait pris un moment pour réfléchir à ce qui s’était passé la veille. Elle savait que l’instant de répit et d’exutoire que lui avait offert Floch ne durerait pas. Il avait comblé quelque chose en elle mais cela ne suffisait pas à chasser les fantômes. Cela ne suffirait peut-être jamais. Pour autant, c’était quelques heures de paix arrachées à la guerre. Quelques instants de repos où elle pouvait fermer les yeux sans penser aux pertes passées et à l’angoisse des pertes à venir.
Elle s’était habillée de façon mécanique, toujours pensive. Les muscles de ses cuisses étaient légèrement douloureux lorsqu’elle les contractaient. Pourtant, elle avait l’habitude de les solliciter avec l’équipement tridimensionnel. A croire que le sexe mobilisait des muscles que l’équipement ne faisait pas ou peu. Elle avait eu un rire pour elle-même à cette pensée.
Dans le réfectoire, Sasha lui était presque tombée dessus en lui clamant qu’elle était en retard et n’avait pas le droit de sauter le petit-déjeuner sinon elle risquerait de s’écrouler avant la pause de midi. Elle l’avait tirée de force vers la table où elle était installée avec Conny et Jean, lesquels débattaient sur les meilleures façons d’arrêter un débarquement si Eren n’était pas là pour intercepter les navires avec sa forme de titan.
Alors que Sasha remplissait d’un geste autoritaire le bol de Rosa d’une sorte de porridge tiède, cette dernière avait balayé la salle du regard. Elle n’avait pas vu Floch. Elle s’était dit que c’était peut-être mieux. Elle avait encore besoin de réfléchir un peu avant d’aller lui parler.
Finalement, tous les soldats avaient été convoqués par Hansi en salle de réunion. Elle avait aperçu Floch un peu plus loin. Il lui avait lancé un regard furtif avant de détourner les yeux. Il avait l’air à la fois tendu et gêné. Cela l’avait un peu amusée. Et elle s’était promis d’aller le voir dès qu’ils auraient un moment.
Lorsqu’Hansi termina d’exposer les modalités de construction du port, Pixis s’avança pour un tout autre sujet : la défense de la côte.
Il déclara que puisque tous les titans de l’île avaient été éradiqués, la Garnison n’avait plus aucun rôle à jouer dans la protection des murs puisqu’il n’y avait plus besoin de murs. Les nouvelles zones à surveiller étaient la côte, où l’ennemi pouvait tenter un nouveau débarquement à tout instant. Aussi, les soldats de la Garnison allaient être peu à peu réaffactés sur la côte et près de la future zone portuaire. Les soldats du Bataillon avaient pour mission de travailler main dans la main avec eux pour mettre en place les défenses de Paradis telles qu’exposées par le commandant Pixis.
La réunion s’éternisa et Rosa la trouva particulièrement barbante. Elle songea qu’elle n’était vraiment pas faite pour les points stratégiques et les longues conversations pleines de réflexions et de débats. Elle préférait le terrain, l’action, là où elle pouvait être utile.
A côté d’elle, Armin prenait quelques notes des consignes de Pixis, concentré. Rosa eut un sourire en coin. Son ami était toujours aussi consciencieux. Un peu plus loin, Conny et Sasha semblaient s’ennuyer autant qu’elle tandis que Jean leur murmurait de se concentrer.
Finalement, Hansi leva la réunion et les soldats furent invités à rejoindre la Garnison pour travailler ensemble à la mise en place de premiers campements permanents près de la côte. Ce qu’ils faisaient déjà actuellement, à savoir se relayer pour une surveillance constante, se ferait désormais dans de meilleures conditions, avec des baraquements à portée permettant le repos des troupes. Par ailleurs, la construction du port incluait également la construction de nouveaux bâtiments qui servirait notamment aux militaires en poste. Paradis s’ouvrait vers l’extérieur mais toujours avec prudence. Ayant conscience que le monde entier était contre eux, la défense de l’île était plus que jamais nécessaire.
La journée s’étira, heure après heure et fut rythmée par les efforts acharnés des soldats pour acheminer les matériaux nécessaires au premier campement.
Rosa n’eut pas le temps de réfléchir. Elle agissait, conformément aux ordres d’Hansi et de Pixis. Elle ne vit pas les heures passer, concentrée sur son ouvrage. L’odeur de la mer accompagnait leur rude tâche et elle prit un moment pour emplir ses poumons de ces effluves salées. Depuis qu’ils avaient découvert la mer, elle avait été subjuguée par ces sensations nouvelles, tant tactiles qu’olfactives. Elle n’oublierait jamais la première sensation des vagues sur ses pieds.
Lorsque le soleil commença à se coucher, les soldats commencèrent à ranger le matériel. Travailler de nuit n’était pas idéal. Ils continueraient le lendemain. L’équipe chargée de la surveillance nocturne devait être en chemin pour les relayer.
Profitant de ce moment de battement, Rosa se mit en quête de Floch. Elle le trouva près d’une tente, en train d’ordonner une caisse d’armes destinées aux patrouilles. Il l’entendit approcher mais ne se retourna pas de suite. Elle s’arrêta à quelques pas, essuyant ses mains pleines de terre et de copeaux de bois sur son pantalon.
-Tu m’évites ? commença-t-elle d’un ton taquin.
Il souffla par le nez avant de se retourner. Il était comme d’habitude. Ou presque. Parce que derrière son air un peu crispé et l’intensité de son regard, elle lut une légère gêne qu’il n’avait pas en temps normal.
-Non, répondit-il simplement. C’est pas comme si on avait eu beaucoup de temps aujourd’hui.
Elle hocha doucement la tête mais ne se départit pas de son sourire taquin.
-Mouais… si tu le dis…
-Je pourrais aussi dire que tu m’évites puisque tu n’es pas venue me voir plus tôt.
-Je suis quand même venue te voir. Pas toi.
-T’es chiante.
Elle rit :
-Tu t’ennuierais si je ne l’étais pas.
Il ne put s’empêcher de sourire légèrement. Croisant les bras sur sa poitrine, Rosa décida d’attaquer dans le vif du sujet :
-Tu regrettes ? Pour hier soir ?
Il la dévisagea calmement. Sa mâchoire était toujours un peu crispée mais il ne semblait ni surpris ni inquiet de sa question.
-Non, se contenta-t-il de répondre comme si c’était une évidence. Et toi ?
-Non plus.
-Bien. Tant mieux.
Elle inspira profondément avant de reprendre :
-Écoute, j’ai réfléchi…
-Comme quoi, ça t’arrive, ironisa-t-il.
Elle eut une fausse moue vexée :
-C’est vrai qu’habituellement, je réfléchis pas. Si je le faisais, je ne me serais sans doute pas envoyée en l’air avec quelqu’un comme toi.
-Bien répondu, concéda-t-il.
Elle lui adressa un petit sourire et reprit :
-Hier c’était… bien. Moi, ça m’a fait du bien. Alors… j’ai une proposition. Je ne cherche pas de romance mais juste un espace où… je puisse me sentir bien à nouveau. Loin de tout. Alors si toi aussi, ça te parle, on peut continuer. Quand on en a envie. Sans promesse, sans attache, sans exclusivité.
Floch la regarda avec attention mais ne répondit rien. Ses sourcils étaient froncés et son regard semblait chercher à lire en elle. Peut-être pour déterminer si elle était sérieuse ou se foutait de sa gueule.
-Pas d’attente, pas de compte à rendre, continua-t-elle. Seulement… du respect et du consentement. Coucher ensemble quand on en a envie, quand on a envie d’un espace où on puisse respirer.
-Pourquoi moi ? demanda-t-il subitement.
La question surprit Rosa qui prit quelques secondes avant de répondre :
-Parce qu’hier, j’ai bien aimé. Parce qu’on n’est pas particulièrement proches. Parce que t’es pas du genre romantique. Et parce que t’es honnête, des fois trop, et que je sais que tu le diras si ça ne te convient pas ou ne te convient plus.
Il eut un petit rire :
-Trop honnête ?
-Totalement. Tu sais jamais la fermer quand le faut et tu balances toujours tes quatre vérités aux gens même quand c’est blessant.
-Je suppose que ça me résume bien.
-C’est entre autres pour ça que les gens te voient comme l’emmerdeur de service, fit remarquer Rosa avec un sourire en coin.
-Si tu savais ce que j’en ai à foutre…
-C’est exactement pour cette mentalité-là que je te fais cette proposition. Parce que t’en as rien à foutre des gens et que tu ne te lancerais pas là-dedans juste pour faire plaisir. Si t’acceptes, c’est que tu y trouves ton compte toi aussi. C’est ça que je veux.
-T’es plutôt honnête toi aussi. Donc si je résume ce que tu proposes c’est… du sexe, quand on en a envie, pour oublier que ce monde est pourri ? Sans aucune promesse de lendemain ni aucune attache ?
-Ni aucune exclusivité, ajouta-t-elle. Je m’en fiche de ce que tu fais à côté ou avec qui. Tant que tout le monde est d’accord.
-Ca veut donc dire que si ça ne va plus, ça peut s’arrêter du jour au lendemain ?
-En gros, oui. Y’a pas de meuble ou de relation à sauver si ça va mal. Juste… on arrête.
Il y eut un petit silence pendant lequel Floch sembla peser toutes ses options et surtout étudier ce qu’elle lui proposait.
-Tu m’utilises pour remplacer ce que tu as perdu ? demanda-t-il finalement, d’un ton étrangement prudent.
-Pas exactement. Parce que tu ne remplaceras jamais ce qui me manque. Mais hier, ça m’a aidée à mieux vivre avec. Pendant un temps. Une nuit. Toi aussi, t’es hanté. Par les pertes et cette foutue culpabilité que tu continues de te traîner. Est-ce qu’hier, ça t’a fait du bien ?
Il ne répondit pas de suite. Floch n’était pas du genre à vraiment s’étaler sur ce qu’il ressentait.
-Je ne veux pas que tu combles un vide, continua alors Rosa. Mais hier, tu m’as aidée à combler autre chose qui m’a permis de mieux porter ce vide.
-Je vois, répondit-il lentement. Pour te répondre, oui, je crois que j’ai mieux dormi hier soir.
Il ne s’étala pas sur le sujet. Elle n’en attendait déjà pas tant. Alors elle n’insista pas. Le dévisagea en attendant qu’il se positionne.
-D’accord, finit-il par dire après un nouveau temps de réflexion.
-D’accord ?
-D’accord.
-Pour tous les termes ?
-Pour tous les termes. Ça me va. Tant que ça reste simple. Et que tu ne cherches pas à ce que je remplace qui que ce soit qui a créé ce vide en toi.
Rosa hocha doucement la tête.
Elle se rendait compte qu’il ne savait pas -ou faisait celui qui ne savait pas- que ce qui que ce soit était Reiner. D’un côté, c’était mieux. Il ne supporterait sans doute pas l’idée qu’elle soit amoureuse de l’ennemi. De celui qui avait détruit le mur, participé à annihiler presque tout le Bataillon dont ses proches amis.
-Parfait, dit-elle dans un murmure. Alors… à la prochaine, Floch.
Elle tourna les talons et commença à s’éloigner.
-Ah, une dernière chose, reprit-il.
Elle s’arrêta et regarda par-dessus son épaule vers Floch qui n’avait pas bougé.
-Plus de pièce de stockage poussiéreuse. Ta chambre, ou la mienne, ce sera très bien.
Elle eut un sourire amusé :
-Entendu. Plus de pièce de stockage poussiéreuse.
***
La chambre était plongée dans l’obscurité. Les cheveux en bataille tombant de chaque côté de son visage, Rosa bougeait lentement, appréciant chaque mouvement, chaque friction qui propageait dans son corps des frissons extatiques. Floch la laissait mener la danse, ses mains parcourant ses courbes avec une appréciation non dissimulée.
Cela faisait deux semaines qu’ils avaient conclu leur accord. Les premiers travaux sur la côte étaient enfin terminés, le campement plus permanent qu’avant avec deux baraquements en dur qui permettaient aux unités de patrouille de se ravitailler et se reposer au chaud entre deux tours de garde.
C’était la première fois qu’ils se retrouvaient depuis qu’ils avaient convenu de continuer. Comme la fois d’avant, ce fut le besoin d’avoir un espace de respiration qui les poussa l’un vers l’autre. Passer par le physique pour se noyer dans quelque chose d’autre que la guerre était devenu leur solution.
Rosa prit appui sur la poitrine de Floch pour se redresser légèrement sans jamais cesser de bouger ses hanches. Chaque gémissement, chaque grognement, chaque frisson qui la parcourait l’ancrait davantage. Elle sentait son corps frémissant, transpirant et vivant. Sa poitrine débarrassée, pour un temps, de ce poids invisible qu’elle ne réalisait jamais avoir avant qu’il ne s’évapore.
A travers ses cheveux sombres, elle regarda Floch qu’elle surplombait. Elle apprécia en silence de pouvoir l’observer dans l’obscurité, de détailler sa silhouette qu’elle aimait parcourir de ses mains. De sentir sa peau moite et frissonnante. Elle aimait le sentir contre elle, en elle, ardent et désirant. Il y avait une certaine satisfaction égoïste de constater qu’on peut susciter de tels émois chez une autre personne. Elle aimait sentir ses muscles se tendre et se relâcher, son souffle se couper parfois, ses doigts s’agripper à elle comme à une bouée. Elle considérait extrêmement désirable la façon dont il la laissait parcourir ses formes, élancées et anguleuses. Et elle trouvait un érotisme certain dans la vision et la sensation de son corps nu sous ses mains et dans ses réactions quand elle le touchait, à la fois taquine et exploratrice -ses grognements, ses murmures, ses tensions, ses respirations parfois profondes, parfois saccadées, ses jurons, ses yeux qui s’accrochaient à elle et ne voulaient pas la laisser partir, brûlants d’une envie qu’elle partageait.
Elle sentait ses mains chaudes qui caressaient le creux de ses hanches et commençaient à guider son rythme. Elle se laissa porter, accélérant la cadence. Elle y trouva un sentiment d’extase plus puissant, une chaleur plus intense dans son bas-ventre. Elle nota que Floch aussi s’abandonnait davantage : il n’avait plus cette tension de colère ou d’agacement qu’il avait habituellement. La seule tension qui l’habitait à cet instant était celle du désir et des sensations délicieusement brûlantes qui traversaient son corps.
Elle avait l’impression d’une valse à deux, puissante et intense, à travers les étoiles. Une danse dont ils apprenaient les pas au fur et à mesure. Ils étaient encore un peu maladroits, cherchant les sensations les plus délicieuses, celles qui provoqueraient la montée d’hormones et la venue de l’oubli. Malgré les maladresses, ils dansaient. Leurs corps s’accordaient. Parfois ils se reprenaient. Et ils couraient ensemble sur la route de l’extase, essoufflés, pantelants mais sans aucune envie de s’arrêter. Ils continuèrent leur course folle, ponctuée de gémissements parfois étouffés, plongèrent dans le brasier qu’ils accueillirent à bras ouverts jusqu’à l’explosion de sensations, le corps qui exulte et qui vit plus que jamais.
Rosa se laissa tomber contre Floch, peau moite contre peau moite. Celui-ci passa une main dans son dos, tremblant, submergé par la vague qui l’avait fauché. Son cœur se contractait et se décontractait à une vitesse infernale et sa respiration était saccadée. Il la maintint un temps serrée contre son torse, ses ongles s’enfonçant inconsciemment dans la peau de son dos.
La nuit s’étira.
En caresses, effleurements, mordillements, explorations. Jouant sur les sensations, le flux et le reflux des vagues de désir qui envahissaient le bas-ventre de Rosa alors qu’elle sentait le corps de Floch contre le sien, ses doigts parcourant sa peau. Elle le guida parfois, d’un geste, d’un souffle, d’un mot. Cherchant les sensations qui la faisaient frémir jusqu’au bout des orteils. Elle capta son regard dans l’obscurité, attentif, parfois un peu perplexe et empli d’un désir qu’il ne verbalisait pas. Bientôt, ses lèvres se joignirent à ses mains, faisant monter les vagues qui devenaient à nouveau feu et brasier. Jusqu'à ce qu’elle étouffe un cri, extatique et satisfait, et tremble sous les doigts de Floch qui l’enserra comme pour la contenir.
Pendant de longues minutes, on n’entendit plus que leurs deux respirations haletantes qui se calmaient peu à peu. A l’instar du cœur qui ralentissait après l'affolement.
Finalement, Rosa fut la première à bouger. Elle se redressa, échevelée. Malgré son aspect ébouriffé et défait, il la trouva désirable. Elle commença à se rhabiller. Il lui tendit sa chemise qui gisait sur le lit. Ils n’échangèrent pas un mot. Leur accord stipulait quelque chose de simple et sans attache. Ne pas s’attarder en faisait donc partie. Ils se trouvaient dans la chambre de Floch, aussi Rosa avait l’intention de regagner ses pénates rapidement.
Tandis qu’elle s’habillait, sans empressement mais sans lenteur excessive non plus, il enfila lui aussi un sous-vêtement et se chargea de jeter le préservatif qu’elle lui avait lancé en arrivant. Elle avait déclaré qu’ils avaient eu de la chance la dernière fois, elle ne pensait pas être enceinte mais qu’il était hors de question qu’ils prennent des risques. Il n’avait que pu être d’accord avec elle.
-Merci, c’était sympa, dit-elle lorsqu’elle fut habillée.
Elle le regarda dans la pénombre et sourit doucement.
-Non, c’était bien, se corrigea-t-elle. A plus tard ?
-Ouais. Bonne nuit.
Il la regarda partir en silence. Cet accord avait quelque chose d’étrange. Mais également d’excitant. Par sa nouveauté et sa simplicité.