Avec la complicité de Yelena, le Bataillon parvint à attirer et capturer l'équipage d'un nouveau navire, notamment composé d'ingénieurs Mahr. La première partie du plan de Sieg impliquait un développement de l'île afin de lui permettre une ouverture sur le monde qu'elle n'avait pas jusque-là. Pour cela, ils avaient besoin des compétences des ingénieurs qui sauraient guider et coordonner les travaux notamment pour la construction d'un port. Hansi était toute excitée à l'idée que bientôt, l'île pourrait accueillir des personnes venues de l'extérieur et que les technologies connues au-delà des murs pourraient être utilisées en leur faveur. Son enthousiasme n'était pas partagé par tous car une partie de l'armée demeurait terriblement méfiante et réfractaire à tout ouverture vers l'inconnu. Ce sentiment était partagé de l'autre côté, par les Mahr qui se retrouvaient prisonniers sur ce qu'ils considéraient être l'île des démons.
-Ça risque de prendre un peu de temps, déclara Yelena, les préjugés sont fortement ancrés et la propagande de Mahr n’a eu de cesse de vous décrire comme des démons assoiffés de sang. Ils ne vous feront pas confiance aussi aisément.
-Mais il y a sûrement un moyen, non ? s’enquit Armin.
-Du temps. De la patience. Montrez-leur que vous êtes comme eux.
-Oh on devrait les inviter à venir boire le thé avec nous ! s’exclama Hansi en frappant sa cuisse comme si elle venait d'avoir une révélation.
-Ils croiront qu'on cherche à les empoisonner, ricana Jean.
-Quelle hérésie d'utiliser du thé pour empoisonner, grogna Livaï.
Yelena réprima un sourire en portant sa propre tasse à ses lèvres. Les vétérans du Bataillon étaient réunis avec la mercenaire anti-Mahr dans un salon du quartier général de Shiganshina. Cela faisait deux jours que les ingénieurs Mahr avaient été faits prisonniers et malgré des tentatives répétées d’Hansi et de sa bonne volonté, pas un seul n'était encore prêt à coopérer.
-Oui, je pense aussi qu'il faut qu'on y aille doucement, murmura Armin. Qu'on crée un lien de confiance. Hansi n’a pas tort : on peut essayer de leur proposer autre chose que leur cellule froide pour commencer. Une tasse de thé, des gâteaux, histoire de débuter sur de bonnes bases.
-La nourriture est toujours un excellent moyen diplomatique ! décréta Sasha.
-Surtout pour toi, renchérit Rosa avec un sourire taquin. Tu as mangé quasiment tout ce que Nicolo nous a fait découvrir l'autre jour.
-Faux ! Vous avez eu votre part !
-Parce qu'on t’a forcée à pas tout boulotter, s'indigna Conny.
Le souvenir était lumineux. Nicolo, qui avait réalisé que la cuisine l’attirait bien plus que la guerre, avait été placé comme employé cuisinier dans un grand restaurant. Quelques jours plus tôt, il avait permis aux jeunes soldats du Bataillon de découvrir les plats typiques de Mahr, composés de fruits de mer autrement dit des ingrédients que les Eldiens des murs ne connaissaient absolument pas. Nicolo n’avait pas semblé ravi au début de cuisiner pour eux. Mais Sasha n’en avait eu cure, se précipitant sur ces mets qui donnaient l’eau à la bouche. Finalement, l’ambiance s’était détendue face à l’appétit des jeunes soldats et aux saveurs raffinées que le Mahr leur offrait.
-Elle n’a cependant pas complètement tort, continua Rosa après un temps. La dernière fois, quand Nicolo a vu à quel point on appréciait ses plats et qu’on se régalait, j’ai eu l’impression qu’il a commencé à nous regarder différemment. Comme si… on était comme lui. La nourriture peut peut-être rapprocher.
-Sage constatation ! s’exclama Sasha avec un grand sourire.
-Alors quoi ? interrompit Floch d’un ton sec. Tu proposes qu’on leur offre un grand banquet de bienvenue ?
-Sans aller jusque-là, il est en effet nécessaire de reconsidérer notre approche, approuva Hansi en se levant. Créons du lien. Montrons-leur qu’on est humains. Comme eux.
-Et montrez-leur que vous avez besoin d’eux, ajouta Yelena. Ce qui est vrai. On a besoin de la compétence et des connaissances des ingénieurs Mahr si on veut aménager un port à Paradis. Flattez leur égo. L’être humain aime se sentir indispensable. Ça les encouragera à faire étalage de leur savoir-faire et servir le développement de l’île.
-Très bien, concéda Hansi. On fait comme ça. Et on fait preuve de patience. Il est inutile de les brusquer, on n’obtiendrait que des résultats contraires. Allez, vous pouvez disposer.
Sur ce, les soldats du Bataillon imitèrent la major et commencèrent à quitter le salon les uns après les autres.
Yelena resta assise dans le fauteuil, terminant calmement sa tasse de thé. Livaï lui lança un regard muet avant de suivre Hansi. Il ne lui faisait pas confiance. Ni à elle ni aux autres mercenaires anti-Mahr. Il se demandait si leur altruisme et discours concernant le développement de l’île qui leur serait bénéfique ne cachait pas d’autres motivations plus inavouables. Cependant, il ne tentait pas non plus de s’opposer à une possible collaboration entre eux, tant que cela restait dans l’intérêt de Paradis. Il laissait Hansi gérer la carte de la convivialité et du lien de confiance. Lui restait en retrait à observer afin de définir jusqu’où ils pouvaient suivre Yelena et à quel moment elle se foutrait totalement de leur gueule.
Alors qu’elle allait passer le pas de la porte, Rosa s’arrêta soudainement. Après une légère hésitation, elle fit demi-tour.
Une question la taraudait depuis quelques jours.
Non, en vérité, ça la taraudait depuis de nombreux mois. Mais elle n’avait jamais trouvé personne pour y répondre. Jusqu’à l’arrivée des mercenaires et des soldats Mahr. Pourtant, alors que cela faisait plusieurs semaines qu’ils étaient sur l’île, elle ne s’en était ouverte à personne car elle savait pertinemment qu’elle n’était pas vraiment censée se la poser. Mais à cet instant, elle voulait savoir.
Alors elle revint sur ses pas.
Yelena était toujours assise dans son fauteuil, sa tasse désormais presque vide entre les doigts. Elle ne leva pas les yeux de suite sur la jeune fille qui se tenait à deux pas d’elle. Un peu trop raide. Un peu trop tendue.
-Tu… avant de venir ici, tu vivais à Mahr, n’est-ce pas ? Enfin… je veux dire… après que Mahr a envahi ton pays… commença Rosa d’une voix un peu hésitante.
Yelena finit par lever les yeux sur elle. Son visage était, comme toujours, calme et presque impassible. Il était difficile de savoir ce qu’elle pensait réellement et ce qu’elle ressentait. En ce sens, elle ressemblait un peu à Livaï. Mais c’était encore plus déstabilisant chez elle.
-C’est exact, répondit-elle d’un posé.
-Est-ce que… enfin…
Rosa chercha ses mots.
La question était pourtant simple. Mais elle ne savait pas comment la poser sans que son interlocutrice ne lui en pose encore plus en retour.
-Rosa Ackerman, n’est-ce pas ? interrompit Yelena, la prenant totalement au dépourvu.
-Euh… ou… oui c’est ça…
La femme plissa les yeux sans détourner le regard. Rosa eut la désagréable impression qu’elle lisait en elle ou qu’elle en savait plus à son propos que ce qu’elle n’en avait dit. Quelques secondes s’écoulèrent dans un silence tendu. Rosa n’était soudainement plus très sûre de vouloir parler avec Yelena. La femme l’impressionnait. Non par sa grande taille mais par sa presque nonchalance et cet air toujours sûr d’elle tout en étant indéchiffrable. Elle était persuadée qu’elle pourrait leur mentir sans ciller. Ou les poignarder dans le dos sans la moindre émotion.
-J’ai entendu parler de toi, reprit finalement Yelena d’un ton égal.
-Ah bon ?
-Tu étais à Shiganshina.
-Oui. Comme les autres.
-En effet. Sieg m’a parlé de vous tous. Tu sembles avoir des liens… intéressants. Que voulais-tu savoir ?
-Des… liens intéressants ?
-Que voulais-tu savoir ? répéta Yelena d’une voix plus ferme.
Rosa hésita encore un instant puis finalement décida de cesser de trouver la meilleure formulation. Il n’y en avait pas. L’honnêteté était sans doute sa meilleure carte.
-Je veux savoir si Reiner est toujours en vie.
Un mince sourire se dessina sur les lèvres de Yelena. Elle ne parut pas surprise de la question.
-Evidemment, commença-t-elle, c’est la question qui te taraude depuis des mois, n’est-ce pas ? Eh bien, aussi étrange que cela puisse paraître, oui.
Une bouffée de chaleur envahit la poitrine de Rosa.
-Mahr a fait preuve de clémence, pour une fois. Sieg a pas mal intercédé en sa faveur. C’est un Eldien mais il a quelques oreilles attentives qui ont à leur tour soutenu sa position. Alors ils ont décidé de lui laisser sa chance. Après tout, former un nouveau guerrier prend du temps. Et Mahr n’en a pas vraiment. Ils viennent de s’embarquer dans un nouveau conflit contre l’Alliance du Moyen-Orient. Tous leurs titans leur sont nécessaires pour espérer remporter cette guerre.
-Ah. D’accord. Je… très bien.
-Soulagée ?
-Pardon ?
-Tu dois être soulagée.
-Pourquoi ?
-A cause de ce que Sieg m’a dit sur toi. Peu avant votre opération sur Shiganshina, il a voulu s’assurer que Bertolt et Reiner seraient prêts à se battre jusqu’au bout contre leurs anciens camarades. Il était nécessaire qu’il s’assure de leur fiabilité dans un affrontement qui pouvait se révéler ardu. Peu après, il a surpris Bertolt évoquant ton nom et Reiner promettre que cette fois-ci, il était prêt à tout sacrifier. Sieg a donc émis l’hypothèse que parmi tous leurs anciens camarades, tu étais quelqu’un de spécial pour lui, assez spéciale pour inquiéter Bertolt. Et à ce que je vois, il ne s’est pas trompé.
Rosa resta sans voix face à Yelena. Que pouvait-elle répondre à ça ? Elle se contenta de déglutir et se mordit légèrement la lèvre, indécise.
-Je ne sais pas s’il me voyait vraiment comme quelqu’un de spécial, finit-elle par répondre à voix basse. Mais j’étais attachée à lui. Et lui aussi, je crois.
-Oui. Sans doute plus qu’il ne l’aurait dû. Et il faut apprendre à vivre avec l’idée que toutes les rencontres ne se font pas toujours au bon moment, dans le bon contexte et que parfois, le bon moment n’arrive jamais.
Les yeux perçants de Yelena dévisagèrent Rosa qui eut une moue. Elle se serait attendue à une parole plus encourageante. Même si, à bien y réfléchir, ça lui aurait sans doute paru étrange que la mercenaire cherche à la persuader qu’elle pourrait avoir sa fin heureuse. Parce qu’elle voyait Yelena comme une femme pragmatique, secrète, sans doute un peu tordue et éloignée de l’émotionnel. Elle comprenait les émotions d’un point de vue intellectuel. Mais Rosa doutait qu’elle les partage.
Finalement, la jeune fille se contenta d’un hochement de tête avant de tourner brutalement les talons.
Elle avait eu sa réponse.
Et ça ne la faisait pas se sentir mieux.
En sortant du salon, elle nota une silhouette qui semblait l’attendre. Elle haussa un sourcil mais ne ralentit pas, laissant Eren caler son pas dans le sien.
-Je suis désolé, j’ai pas pu m’empêcher d’entendre ce que vous disiez, commença-t-il sans la regarder. Alors il est toujours en vie ?
-Ouais.
-Comment tu fais ? Pour continuer de croire qu’un jour, on trouvera une voie humaniste, que nos ennemis ne le seront plus et… qu’on pourra tous se regarder simplement comme des humains ?
-Que puis-je faire d’autre ?
-J’ai peur, avoua le jeune homme dans un souffle. J’ai peur qu’Armin et toi, vous vous trompiez. Que le monde n’entende pas votre souhait. Qu’il n’y ait pas d’autre voie que la guerre et la destruction.
-C’est parce que tu as peur que tu es si différent depuis des mois ?
-Comment ça ?
-Tu… tu parles moins. Tu es plus distant. Là où avant tu explosais, maintenant… t’es plutôt taiseux. Quand Floch affirme pour la énième fois que sauver Armin était une erreur, par exemple. Avant, t’aurais pas hésité à lui mettre un pain -ou essayer. Maintenant, tu te contentes d’un regard noir mais tu te tais.
-Ah ouais ? J’avais pas remarqué…
Rosa plissa les yeux, un peu suspicieuse. Elle sentait qu’Eren ne disait pas tout.
-Tu es perdu ?
-Perdu ?
-Je ne sais pas… parfois t’as l’air perdu dans tes pensées. On a découvert beaucoup de choses cette dernière année. Peut-être trop de choses. Moi aussi, j’ai du mal parfois à tout remettre en ordre et… réaliser la réelle ampleur de ce qu’on a appris. Et de ce qu’on ignore encore.
-C’est vrai qu’on a eu beaucoup d’informations en peu de temps. Des connaissances qui remettent en cause toute la vision du monde qu’on avait. Et surtout qui disent que dehors, rien ne ressemble à ce qu’on imaginait. Et pourtant, c’est comme si Armin et toi continuiez d’y croire. J’ai juste peur que vous soyez déçus. Parce que la beauté qu’on se figurait n’existe pas.
Rosa arrêta sa marche et se tourna vers son camarade. Elle le dévisagea longuement. Ses cheveux avaient poussé, encadrant son visage de mèches châtains. Son regard avait perdu de son éclat d’antan. Il y avait une dureté qu’il n’avait pas lorsqu’il s’était engagé dans le Bataillon ou lorsqu’il avait débarqué, à douze ans, dans la brigade d’entraînement. A l’époque, il avait des rêves plein la tête -exterminer tous les titans, voir la mer. Aujourd’hui, c’était comme si la dure réalité avait balayé ces rêves et l’avait laissé vide. Amer.
-Ne t’inquiète pas, lui dit-elle en posant une main sur son épaule. Même si rien n’est comme on l’avait imaginé, je continue de croire qu’il y a encore des choses qui existent et qui méritent qu’on les cherche et qu’on les trouve. De belles choses. Même minuscules. La mer, c’était déjà un sacré truc. C’est comme ça que je garde la foi.
Eren eut quelques secondes de silence, un peu surpris. Puis un petit sourire se dessina sur ses lèvres :
-Tu dis que j’ai changé. Mais toi, pas du tout. Toujours aussi idéaliste qu’au premier jour, hein ?
-Est-ce un défaut ? demanda Rosa d’un ton un peu plus léger.
-Je ne sais pas. Tout ce que je veux, c’est que ça ne te cause pas de trop grandes déceptions. Parfois, à rêver trop haut, on se fait très mal si le rêve ne devient qu’une chimère.
-Oui, je sais, murmura la jeune fille. Mais jusque-là, j’ai toujours su me relever. Même si… des fois j’ai l’impression d’avancer comme une automate. D’être… vide et déconnectée de moi-même. Alors j’ai besoin de croire en quelque chose pour m’y accrocher.
Eren hocha la tête :
-Je comprends. J’admire ta capacité à garder la foi en de belles choses envers et contre tout. Armin a cette même étincelle. C’est peut-être votre foi en l’être humain qui nous permettra de trouver une autre voie.
-Autre que celle de la guerre et de la destruction ?
-Oui. J’espère vraiment que ce sera possible…
La voix d’Eren se perdit sur la fin de sa phrase. Rosa nota qu’il serrait ses mâchoires. Comme s’il se débattait intérieurement. Entre espoir et fatalité.
***
Assise à son bureau, Rosa regardait la nuit par la petite fenêtre de sa chambre. Elle avait retiré son uniforme et passé des vêtements confortables qu’elle utilisait pour dormir ou traîner les jours de relâche. Le menton appuyé dans sa paume ouverte, elle réfléchissait à la journée qui venait de s’écouler. Aux paroles d’Eren. Cet espoir fou en un avenir fait de diplomatie et d’humanisme. Et le sentiment qu’elle avait eu qu’il voulait y croire tout en combattant une part de lui qui criait que tout ça était vain.
Puis elle repensa à Yelena.
-Je suis heureuse que tu sois toujours en vie, murmura-t-elle.
Avec un petit pincement au cœur, elle songea que d’après Yelena, Reiner comme les autres guerriers avait été mobilisé pour une énième guerre, un énième cycle de violence. Mahr ne les voyait donc que comme des armes utiles. Rien de plus. Cela l’attrista. Parce que derrière, ils étaient tous humains. Avec des rêves, des sentiments, des espoirs et des souffrances.
Comme elle le faisait à intervalles réguliers depuis maintenant un an, elle relut la lettre, la dernière trace de Reiner qu’elle avait. Il ne le disait pas clairement mais en lisant entre les lignes, elle avait compris qu’il clamait son attachement à elle et, encore une fois, sa maladroite tentative de la protéger -l’implorer de vivre heureuse et de l’oublier pour espérer qu’elle puisse avancer et mener une vie satisfaisante.
-Quel idiot, souffla-t-elle avec un léger sourire mélancolique. T’es pas vraiment doué pour te faire oublier.
Après un an, la douleur qu’elle ressentait en relisant ses mots était moins forte. Plus diffuse. Plus latente. Mais toujours présente.
-T’aurais pu ne pas m’écrire pour tomber dans l’oubli, soupira-t-elle en reposant la lettre sur son bureau. Même si je ne sais pas si ça aurait changé quelque chose.
S’affalant davantage contre le dossier de sa chaise, elle se balança, regardant le plafond. La lampe qu’elle avait allumée et qui était posée sur son bureau projetait de grandes ombres qu’elle observa pendant de longues minutes. Elle revoyait le visage de Reiner tel qu’elle l’avait connu durant leurs années d’entraînement. Ces moments où tous croyaient en lui. Où il prenait soin de chacun. Où elle l’avait admiré pour cette capacité à être leur ancre fiable.
Après quelques minutes de balancement, elle laissa finalement retomber sa chaise sur ses quatre pieds. Son regard quitta le plafond pour balayer son bureau. La lettre était toujours là, dépliée. Et soudainement, un petit éclat attira son attention. La lueur de la lampe se reflétait sur un objet métallique posé dans un coin. Elle eut un sourire en s’en saisissant. D’une pression du pouce, elle ouvrit le couvercle de la boussole qui fit un petit clic avant de découvrir son contenu. L’aiguille s’agita quelques secondes puis se stabilisa.
-Pour pas perdre le nord, hein ?
Elle revoyait Floch lui tendre la boussole qu’il avait trouvée dans un buffet. Un geste à la fois inattendu et touchant. Elle regarda longuement l’aiguille qui ne bougeait plus. Et se demanda comment elle pouvait retrouver son chemin dans tout ce chaos émotionnel.