Ceux qui survivent

Chapitre 30 : L'escouade Livaï

Par ShleyAsheila

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Rosa était appuyée contre la rambarde de la petite tour de guet devant la maison devenue quartier général de la nouvelle escouade Livaï. Elle regardait l’horizon barré par les nombreux arbres de la forêt au sein de laquelle ils avaient trouvé refuge. A côté d’elle, Armin était pensif.

Cela faisait plusieurs semaines qu’ils se planquaient et leur quotidien était rythmé par les mêmes activités : gestion des tâches indispensables -ménage, cuisine, rangement- et surveillance des alentours tandis qu’Eren s’entraînait sans relâche avec Hansi. Armin avait émis l’idée qu’il puisse reboucher le mur Maria à l’aide de la solidification dont semblait pouvoir faire preuve les titans, à l’image d’Annie qui l’utilisait pour armer ses poings lorsqu’elle combattait. Cependant, Eren ne parvenait toujours pas à maîtriser cette technique et tous avançaient à l’aveugle. Ils ne connaissaient rien du fonctionnement des titans. La seule qui aurait pu leur répondre était désormais prisonnière d’un cristal impénétrable. Et même si elle avait été consciente, rien ne disait qu’elle aurait coopéré. Rosa avait toujours vu Annie comme une personne froide, détachée mais droite dans ses ambitions personnelles. Elle n’était pas sûre qu’elle aurait parlé si facilement. 

En dehors d’Annie, les seuls autres qui s’y connaissaient peut-être plus qu’eux en la matière étaient partis -ou étaient morts. Son coeur se serrait toujours un peu à cette idée. Parfois, dans le noir de leur chambre partagée, Historia lui disait qu’elle savait qu’Ymir était encore en vie. Elle le sentait. Ou elle voulait y croire. Et elle lui disait qu’elle pensait que Reiner l’était aussi. Rosa ne répondait pas. Elle ne savait pas ce qu’elle préférait.

Son âme de soldate clamait que la mort de Reiner et Bertolt était préférable pour l’humanité.

Son coeur de jeune femme disait qu’elle espérait qu’ils s’en soient sortis. Même si cela voulait peut-être dire se confronter à nouveau à eux. Percuter ses idéaux et son devoir aux leurs. Même si ce n’était peut-être que repousser la mort pour plus tard. La défier une fois de plus. Elle voulait espérer qu’ils avaient eu un sursis. 


Appuyée sur la rambarde, Rosa soupira. Elle ferma les yeux quelques secondes, comme fatiguée. Armin releva la tête vers elle, sortant de ses propres pensées. Il la dévisagea pendant un temps, analysant son expression, ses traits tirés, ses cheveux négligemment tressés dans son dos.

-Tu n’as pas l’air d’aller bien, commença-t-il doucement.

-Compte tenu du contexte, je dirais que ça va bien.

-Allons, ne me prends pas pour un idiot. Arrête de faire semblant. Tu n’as pas besoin de ça. Pas avec moi.

Son ton était tranquille. Sans jugement. Fidèle à Armin. Il s’inquiétait sincèrement pour elle et elle pouvait presque entendre son esprit mouliner, analysant les dizaines de possibilités expliquant son état et les répercussions probables de chacune d’elle. 

-Disons que nos perspectives d’avenir sont… restreintes. On se planque ici depuis des semaines, j’ai l’impression qu’on marche sur un baril de poudre qui peut péter à tout instant, Eren a de plus en plus de mal avec ses transformations, les exercices quotidiens et répétés l’épuisent, on ne parvient pas à un seul résultat positif concernant les capacités de durcissement… J’avoue que même si je suis souvent optimiste et un peu idéaliste, j’ai du mal à voir les issues.

-Oui, c’est vrai, admit Armin, on n’est pas très bien partis. 

-Qu’est-ce qu’ils vont faire de nous ? murmura Rosa, une pointe d’anxiété dans la voix.

-Qui ?

-Le pouvoir central. Si on ne parvient pas à monter un plan viable pour reconquérir le mur Maria… ce sera un prétexte de plus pour nous balancer dans un trou ou en chair à canon pour titans. Clairement, là-haut, ils ne nous ont pas à la bonne.

-En même temps, t’as vu qui on a dans le Bataillon ? répliqua Armin avec un petit rire. Que des têtes de mule.

-Oh, tu tentes l’humour dans une situation dramatique ? s’étonna Rosa avec un sourire. J’apprécie.

Le jeune homme rougit, gêné, puis balbutia : 

-Qu… qu’est-ce que ça veut dire ? Tu me vois comme… un intello pas drôle ? Par…parfois je sais… enfin…

-Là t’es drôle, commenta-t-elle en le pointant du doigt, les lèvres étirées en un air taquin. Mais je plaide coupable, ajouta-t-elle en levant les mains, comme en signe de reddition. Alors que je t’apprécie beaucoup et qu’on se connaît depuis plus de trois ans, t’as toujours été pour moi le stratège diplomate et analytique. Je n’avais pas mis l’humour sur la liste de tes qualités. Je dois impérativement la compléter.

Son air faussement sérieux arracha un rire clair et sincère à Armin. Elle avait l’impression que ça faisait longtemps qu’ils n’avaient pas ri comme ça. Qu’il n’y avait pas eu cette atmosphère détendue flottant dans l’air. 


-Il n’y a pas que notre avenir qui t’inquiète, n’est-ce pas ? reprit Armin lorsque leurs rires se furent calmés.

Rosa ne répondit pas de suite, ses yeux se perdant dans l’obscurité qui filait entre les arbres de la forêt. Puis finalement, elle confessa : 

-Disons que je ne passe pas les nuits les plus reposantes. J’ai… des choses qui tournent dans la tête. Tout le temps. Des images. Des pensées.

-Tu penses à Reiner.

Ce n’était pas une question. Plutôt une affirmation tranquille. Qui ne jugeait pas. Mais comprenait. Parce qu’Armin avait toujours compris. Rosa aimait son calme et son esprit d’analyse qui l’aidait à sortir d’un manichéisme trop simple. 

-Evidemment, souffla-t-elle.

Elle se souvenait avoir confié à son ami ce qui s’était passé après qu’Ymir l’eut capturée avec Historia. Elle lui avait raconté ce qu’avait dit Bertolt. Ce qu’elle avait compris et qui lui avait déchiré le cœur : la tentative maladroite de Reiner de la sauver d’une menace qu’elle ne comprenait même pas. Elle n’en avait parlé qu’à Armin et Jean car elle avait une grande confiance en eux. Et qu’elle ne se sentait jamais jugée avec eux. Le premier avait simplement hoché la tête, compréhensif, laissant le silence parler pour lui. Le deuxième avait juré que Reiner ne manquait pas d’air, qu’il ne pouvait pas à la fois tout trahir et sauver ce qui l’arrangeait, qu’il était bien content qu’elle soit toujours là avec eux. Puis il s’était adouci, une fois la première vague d'émotions passée. Il lui avait simplement dit qu’il était là pour elle si elle avait besoin d’un soutien. Ou d’une oreille attentive pour l’écouter. Même si ça le tuait qu’elle puisse continuer à parler aussi simplement -voire tendrement- d’un traître. 


-Tu regrettes ta décision ? demanda Armin après un moment. D’avoir rejeté la proposition de Bertolt de les suivre.

-Non.

Elle n’avait pas hésité. Sa réponse était ferme. Tranchante. Cela sembla rassurer son ami même s’il ne dit rien. Il n’avait jamais douté d’elle. Mais il ne pouvait s’empêcher de se poser quelques questions. 

-Je n’aurais jamais agi différemment. J’ai… mes propres rêves, mes propres ambitions. Je vous ai, vous tous. Jean, toi, Sasha, Conny, Historia… même Mikasa qui a une façon bien à elle de montrer son attachement distant aux autres et Eren qui est un peu trop absorbé par les titans à mon goût. J’ai toute ma vie ici. J’ai ma mère. Tous les rêves que j’ai construits au fil des années. J’allais quand même pas plaquer tout ça pour… un mec.

Un petit rire à la fois nerveux et aigre la secoua. A mesure qu’elle parlait, elle se rendait compte de l’absurdité dans laquelle elle avait été prête, une seconde durant, à s’embarquer. Abandonner tout ce qui avait fait sa vie jusque-là pour un destination inconnue et un homme. Même si elle l’aimait, cela ne collait pas avec sa vie telle qu’elle l’avait rêvée.

-Si un jour je plaque tout, reprit-elle, ce ne sera pas pour un mec. En tout cas pas que. Ce sera parce que j’ai trouvé un nouveau but ailleurs, meilleur que tous ceux que j’ai actuellement. Ce sera parce que je serai persuadée que ma vie sera bien mieux loin de tout ce qui a fait mon existence jusqu’ici. Parce que mes rêves ont évolué et me portent dans un lointain inconnu. Mais pas seulement pour une histoire d’amour qui n’aura peut-être même pas d’avenir. 

Elle serra inconsciemment les poings. Elle savait que ce qu’elle disait était dicté par sa raison qu’elle parvenait à conserver lucide en dépit de tous les événements. Pourtant, elle sentait un gouffre entre ses propos et ce qu’elle imaginait parfois, dicté par son cœur et ses émotions.

-Mais ça fait tellement mal, acheva-t-elle dans un souffle.

-Oui, répondit doucement Armin. J’imagine. 

Il posa une main réconfortante sur son épaule.

-Je suis là si tu as besoin. Et ne t’en fais pas, on le réalisera, ce rêve. On verra au-delà des murs. On verra la mer. Et les champs de sable. Les rivières de feu. Tu verras que ça en vaudra le coup.

Rosa dévisagea son ami dont les yeux brillaient. Elle lui fit un sourire empli de gratitude.

-T’as raison. On verra tout ça ensemble. On découvrira le monde ensemble. Je comprendrai enfin ce qu’il y a au-delà des murs. Et je continuerai d’avancer pour ce rêve. 


***

Le soleil avait disparu à l’horizon depuis plusieurs heures. Rosa était assise une tasse de thé fumant entre les mains. A côté d’elle, Armin parcourait les rapports d’Hansi sur les derniers entraînements avec Eren. Ce dernier, assis face à Rosa, se remettait difficilement de sa dernière session et Mikasa lui répétait qu’il devait se reposer.

-T’en fais pas, je vais bien, répondit le jeune homme d’un ton agacé.

-Eren, ta dernière transformation t’a pris toute ton énergie ! Je suis pas sûre que…

-Je vais bien je te dis !

-Elle n’a pas complètement tort, commenta calmement Rosa. T’as une tête de déterré. Tu donnes beaucoup, faudrait pas que tu t’épuises au point de ne plus pouvoir te lever.

-Arrêtez de tous vous inquiéter pour moi ! Pourquoi vous ne vous inquiétez pas plutôt pour vous-mêmes ? Vous aussi, vous donnez beaucoup. Vous êtes toujours sur le pied de guerre, à surveiller les alentours pour que rien ne nous arrive. Vous aussi, vous avez droit à un peu de repos.

-Oui mais nous, on n’est pas le plus grand espoir de l’humanité, répondit doucement Rosa.

Il n’y avait ni animosité ni jalousie dans son ton. Une simple constatation qui visait à faire prendre conscience à Eren à quel point son rôle était crucial et la responsabilité grande.

-Même si être l’espoir de l’humanité n’est pas vraiment une position enviable, ajouta-t-elle après avoir pris une gorgée de thé. Mais… on n’a pas d’autre choix que de croire et compter sur toi.

Ses yeux bleus se plantèrent dans ceux du jeune homme. En silence, elle sonda sa détermination, celle qu’il exultait à chaque fois sur le champ de bataille, désireux de faire la différence et d’exterminer tous les titans ainsi que tout ce qui pouvait menacer les siens. 

-T’en fais pas, souffla-t-il, je ne vous décevrai pas. On ira reconquérir le mur Maria. Je maîtriserai la pétrification. Et puis après… après on ira dans la cave de ma maison. Et on saura enfin tout ce que mon père a toujours caché.

Il ponctua sa tirade d’un poing sur la table, geste clair, net, reflet de sa volonté sans faille. Rosa esquissa un sourire et hocha lentement la tête.

-Oui. On saura enfin.

Elle jeta un regard à Armin qui avait cessé de parcourir les rapports d’Hansi pour se concentrer sur la discussion entre ses amis.

-Et après, reprit-elle, on ira explorer au-delà des murs.

-On verra la mer, murmura Armin avec un sourire rêveur.

-On sera enfin libres, conclut Eren. 

Ce mot sonnait étrangement aux oreilles de Rosa. Elle se demandait à quoi ressemblait vraiment la liberté. Ne plus avoir de murs autour de soi ? Pouvoir voyager au gré de leurs envies ? Ne plus avoir de gouvernement central menaçant à chaque instant de trouver un prétexte pour se débarrasser d’eux ? 


Soudainement, la porte s’ouvrit et le caporal-chef Livaï fit son apparition. Le voir débarquer avec un visage fermé n’était pas inhabituel. Il n’était pas coutumier des sourires ni des grands discours enthousiastes. Cependant, ce soir, il semblait encore plus tendu que d’habitude.

-Lisez, ordonna-t-il en tendant une feuille dont se saisit Eren.

Aussitôt, les membres de l’escouade Livaï se rassemblèrent pour prendre connaissance du message que le major leur transmettait.

Il leur ordonnait de mettre les voiles dès maintenant et de se rendre sans plus tarder à un point de rendez-vous défini dans le district de Trost. Il affirmait que leur position était compromise et qu’ils devaient agir immédiatement. 

Tous les jeunes soldats restèrent sans voix en lisant les mots griffonnés à la hâte du major. Le style était brut, sans fioriture, direct et directif.

-Ce sont les ordres d’Erwin, déclara Livaï. Vous lui faites confiance ? Alors venez, on bouge.

Son ton ne souffrait aucune protestation. Et personne ne tenta de le contredire.

Avec des gestes précis et mesurés, ils rassemblèrent leurs affaires, enfilèrent un manteau, rassemblèrent leurs armes -équipement tridimensionnel et fusils. Quelques minutes plus tard, ils se faufilaient à la suite du caporal-chef. Silencieux, ils se glissèrent dans la nuit. Personne ne parlait, personne ne posait de question inutile. Ils avançaient, s’éloignant à pas rapides de la maison qui avait été leur refuge des dernières semaines.

Rosa serrait son fusil contre elle. Derrière elle, elle entendait le souffle de Sasha. Son amie était tendue. Comme eux tous. Ce qui avait commencé comme une banale soirée se terminait par une fuite rapide et impromptue.

Ils gravirent une petite colline qui leur offrit un point de vue imparable sur la maison qu’ils venaient de déserter. Livaï s’arrêta et son escouade l’imita. Il ne fallut pas attendre longtemps avant qu’ils ne remarquent des silhouettes s’approcher du logement et l’investir brutalement.

-Oh merde, jura Rosa dans un murmure. Si on était restés un peu plus longtemps on serait…

-Vous croyez que ce sont des hommes des brigades centrales ? demanda Armin.

-Qui sait, se contenta de répondre Livaï en se remettant en route.

Suivant son caporal-chef, Rosa songea à la question d’Armin. Les brigades centrales étaient le plus mystérieux et sélectif des corps d’armée. On ne choisissait pas vraiment d’y entrer. C’était lui qui vous choisissait. Les meilleurs parmi les Brigades Spéciales. Ceux qui n’avaient pas trop de scrupule et qui pouvaient être de véritables agents dédiés à la préservation de l’ordre. 

Rosa sentait qu’ils venaient de mettre un doigt dans un engrenage particulièrement meurtrier. Peut-être même encore plus que les titans. La politique et ses intérêts n’hésitait à vous écraser si vous pouviez représenter le moindre obstacle, même minime. Depuis plusieurs semaines elle le sentait : avoir dans leurs rangs à la fois Eren et son titan tant convoité et Historia et son héritage familial dangereux ne pouvait qu’attirer l’attention. C’était d’ailleurs pour cela que Livaï les avait planqués au milieu d’une forêt et leur avait donné la mission très explicite de veiller sur ces deux-là. A priori, ils n’avaient pas été assez prudents. Ou les brigades centrales étaient très douées pour pister et ferrer une proie.


Dans une discipline toute militaire, l’escouade suivit son chef à travers les arbres puis la plaine. Ils rallièrent Trost le plus rapidement possible. Rosa se demandait ce qu’était ce lieu de rendez-vous. Livaï s’était contenté de leur dire d’obéir lorsqu’elle avait posé la question dans un souffle. Elle soupçonnait que lui-même n’en savait rien. Il était rarement impliqué dans les dispositions stratégiques du major. Ce n’était pas son truc. Lui était dans l’action. Il accomplissait la volonté d’Erwin, il obéissait scrupuleusement aux ordres. Non parce qu’il vouait un respect aveugle à la hiérarchie. Mais parce qu’il respectait l’homme qui le commandait et parce qu’il savait qu’il était plus utile et performant en agissant sur le terrain plutôt qu’en participant aux réunions stratégiques.

La ville de Trost était calme en ce milieu de nuit. Parfois, quelques silhouettes glissaient dans les rues. La plupart rejoignaient leur foyer après une soirée arrosée ou une activité nocturne quelconque.

Livaï guida les jeunes soldats à travers les rues et bientôt, ils se retrouvèrent face à un bâtiment à l’aspect vieillot. Il poussa la porte qui s’ouvrit silencieusement. Ils se retrouvèrent face à un hall d’entrée, un escalier qui desservait les trois étages qui composaient le bâtiment. La lune qui filtrait à travers une fenêtre mal lavée permettait de voir à peu près où l’on mettait les pieds. Les soldats gravirent les marches et le caporal-chef les conduisit jusqu’au dernier étage. Il n’y avait qu’une seule porte sur le palier et il frappa doucement. Trois coups. Puis deux. Comme une sorte de code prédéfini.

La porte s’ouvrit d’abord à peine. Puis lorsque la personne reconnut Livaï, l’ouvrit pleinement. Rosa nota que la femme qui les accueillait devait avoir une cinquantaine d’année. Elle était habillée en civil. Ses cheveux châtains commençaient à grisonner. Elle les avait relevé en un chignon négligé. Elle était d’une corpulence assez forte et ses yeux noisettes dévisagèrent chacun des nouveaux venus avec attention.

-Bienvenue, dit-elle en refermant la porte derrière eux. Nous vous attendions.

Rosa se demanda qui était le “nous” dont elle parlait. Puis elle se figea lorsque la femme les invita dans le salon et qu’elle comprit.

Romilda se leva en voyant arriver l’escouade au grand complet. Livaï lui adressa un signe de tête : 

-Tu n’as pas perdu tes contacts et ton réseau pour trouver des planques en pleine ville, lâcha-t-il.

-Ce n’est pas parce que je suis revenue à vie civil que j’ai tout laissé derrière moi, répondit calmement la femme avec un sourire amusé.

-Maman ?! s’exclama Rosa en s’avançant vers elle, les yeux écarquillés. Que fais-tu là ?

-Disons que je rends service à un vieux camarade. 

-Maman ? répéta Conny, incrédule. Attendez… c’est vous la maman ancienne soldate du Bataillon ? Vraiment vous ?

-Oh, ça alors ! s’exclama Sasha. Je pensais pas qu’on vous rencontrerait un jour ! Pourquoi vous… enfin… vous revenez dans le Bataillon ?

-Non, pas exactement. Mais asseyez-vous. J’ai beaucoup de choses à vous dire. Et je vous présente Betty, ajouta-t-elle en désignant leur hôte. C’est elle qui nous accueille ici. Une vieille connaissance. Qui n’a jamais hésité à rendre quelques services au Bataillon.

-Prenez place, invita Betty. Je vais faire du thé pour tout le monde. 

Sans discuter, l’escouade Livaï s'installa autour de la longue table en bois. Ils étaient encore un peu perdus mais sentaient que ce que Romilda avait à leur dire était important.




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