La bande au complet

Chapitre 4 : L'étincelle de Teiko

Par gavroche

Publié sur Fanfictions.fr.
Voir les autres chapitres.


Le lendemain, la fin de journée baignait la ville d’une lumière rasante. Kagami et Kuroko marchaient côte à côte sur le trottoir, devançant de quelques mètres le reste de la Génération des Miracles. Les mains enfoncées dans les poches de son blouson de Seirin, Kagami ruminait les images de la veille. Le souvenir de la vitesse fulgurante de Kanji et de sa maîtrise absolue du terrain le hantait.

 

-Hé, Kuroko, commença brusquement le rouquin en brisant le silence. Il y a un truc que je ne pige pas. Vu ce que j’ai vu hier, ton pote Kanji avait absolument tout pour lui. La technique, la vision du jeu, l’endurance, et une prestance de malade. Alors pourquoi ce n’était pas lui, le capitaine de Teiko dans le passé ? Pourquoi c’était Akashi ?

 

Kuroko ralentit le pas, ses yeux bleus fixés sur l’horizon. Un mince sourire teinté de mélancolie étira ses lèvres.

 

-Kanji-kun n’a jamais voulu ce poste, Kagami-kun, répondit doucement le fantôme de Seirin. Akashi-kun avait proposé son nom à l’époque, mais il a catégoriquement refusé.


Kagami fronça les sourcils, surpris.

 

-Pourquoi ?

 

-Parce qu’il savait qu’il n’avait pas le mental nécessaire pour tenir une telle équipe sous la pression, expliqua Tetsuya d’une voix posée. Diriger Teiko, ce n’était pas seulement mener le jeu sur le terrain. C’était porter le poids des attentes de tout un collège, gérer les ego et maintenir la cohésion d’un groupe de génies qui commençaient à s’éveiller. Kanji-kun est un joueur exceptionnel, mais face à une pression psychologique trop lourde, il peut s’effondrer. Connaissant parfaitement ses propres points faibles, il a toujours refusé la lumière. Il ne s’est jamais mis en valeur, préférant rester dans l’ombre pour faire briller les autres. C’est pour ça qu’il s’entendait si bien avec Yuto-kun, qui acceptait de porter le poids physique de la défense pour le soulager.

 

Kagami resta silencieux, assimilant ces révélations. Il comprenait mieux pourquoi la rupture idéologiquement avec Akashi avait été si destructrice pour Kanji. Ce n’était pas juste une défaite sportive ; c’était son havre de paix, son collectif protecteur, qui avait volé en éclats.

 

-Je vois..., marmonna Kagami en serrant les poings. Raison de plus pour ne pas le laisser tomber aujourd’hui.

 

Dès qu’ils franchirent le grillage rouillé du terrain de rue, un silence glacial figea le groupe de Teiko et Kagami. 

Au centre du terrain se tenait Kanji. Face à lui se trouvait un inconnu, un homme d’une bonne vingtaine d’années à l’allure soignée mais profondément intimidante. Il portait un trench-coat beige impeccablement ajusté sur un costume sombre de créateur, et ses cheveux châtains clair, coiffés en arrière avec du gel, dégageaient un front sévère. Ses yeux marron, froids et calculateurs, fixaient Kanji avec une autorité implacable. Les éclats de voix qui parvenaient jusqu’à l’entrée du parc témoignaient d’une discussion particulièrement tendue et mouvementée.

Kanji, le visage blême, secoua la tête négativement. Refusant de poursuivre l’échange, le jeune meneur stratégique fit volte-face pour lui tourner le dos et s’éloigner. C’est à ce moment-là que l’homme en trench-coat fit un pas rapide en avant et prolongea son geste en saisissant fermement Kanji par le bras, sa poigne serrant le tissu de son sweat-shirt.

Kanji se dégagea brusquement d’un coup sec, un élan de panique et de colère traversant son regard vert opaline.

Ce geste de recul et la détresse visible de leur ancien camarade agirent comme un déclic instantané. En une fraction de seconde, le côté profondément protecteur de la Génération des Miracles s’éveilla à l’unisson. L’époque de leur arrogance s’effaça instantanément derrière les années de camaraderie partagées à Teiko.

Avant même que Kagami n’ait le temps d’esquisser un mouvement, Aomine s’élança en avant, le regard noir et l’aura menaçante. À ses côtés, Murasakibara cessa immédiatement de marcher à son rythme nonchalant pour prendre une trajectoire directe, sa stature de géant masquant la lumière du lampadaire. Akashi, quant à lui, emboîta le pas d’une démarche d’une froideur impériale, ses yeux hétérochromes fixés sur l’inconnu, tandis que Kise, Midorima et Kuroko resserraient les rangs juste derrière eux, prêts à s’interposer physiquement pour protéger le pilier de l’ombre qui avait si longtemps refusé la lumière.

Au même instant, des bruits de pas précipités brisèrent la tension lourde du bitume. Inaba, Amano et Yuto arrivèrent sur le terrain en courant. Yuto, les yeux rubis injectés de colère, dépassa la Génération des Miracles à toute vitesse. Il s’interposa brutalement entre Kanji et l’homme, le visage déformé par une rage pure.

 

-Lâche-le immédiatement, Mochiyasu ! hurla Yuto en gueulant après l’inconnu, les poings serrés prêts à frapper. Tu n’as rien à faire ici! Dégage de notre terrain !

 

En voyant l’arrivée fulgurante du trio, combinée à la barrière humaine et écrasante que formaient Aomine, Murasakibara et Akashi juste derrière, Kiso Mochiyasu comprit qu’il n’avait plus le dessus numérique ni physique. Il lâcha brusquement le bras de Kanji, lissant nerveusement les manches de son trench-coat beige pour reprendre une posture digne, bien que ses yeux marron trahissent une vive contrariété.

Il recula d’un pas, plantant un regard glacial et calculateur dans les yeux vert opaline de Kanji.

 

-Tu ne pourras pas fuir éternellement tes responsabilités, Kanji, lui lança Kiso d’une voix coupante comme une lame de rasoir, envoyant ses paroles cinglantes à travers le terrain. Prépare-toi bien. Le prochain match sauvage aura lieu très bientôt, et cette fois, il n’y aura aucune échappatoire pour toi ou ton équipe de rue. Tu honoreras cette dette sur le terrain, que tu le veuilles ou non.


Mochiyasu jeta un coup d’oeil méprisant à la Génération des Miracles et à Kagami, fit demi-tour d’un pas sec et s’éloigna rapidement dans la pénombre du parc, laissant derrière lui une atmosphère chargée d’électricité et de lourds secrets.

Kuroko fit un pas vers son ancien ami, l’expression empreinte d’une profonde sollicitude.

 

-Kanji-kun... De quoi parlait cet homme ? Qu’est-ce que c’est que ce match sauvage et cette dette ? S’il te plaît, laisse-nous t’aider.

 

Kanji redressa lentement la tête. Ses yeux vert opaline, d’ordinaire si profonds, semblèrent se vider de toute chaleur. Il ajusta la sangle de son sac sur son épaule d’un geste sec avant de planter son regard dans celui de Kuroko.

 

-Ce ne sont pas tes affaires, Kuroko, répondit Kanji d’une voix coupante et glaciale. Et je ne vous dois rien. Aucune d’entre vous. Vous m’avez tourné le dos il y a bien longtemps à Teiko, alors ne jouez pas les sauveurs aujourd’hui. Je gère mes problèmes moi-même.


En retrait, Akashi resta silencieux, le regard rivé sur l’allée sombre où Mochiyasu avait disparu. Les bras croisés, le capitaine de Rakuzan réfléchit intensément, reliant les pièces d’un puzzle mental. Ce nom... Kiso Mochiyasu. Il ne lui était absolument pas inconnu.

 

-Ne te fatigue pas à nier, Sanda, intervint calmement Akashi, captivant immédiatement l’attention de tout le terrain. Je suis qui est cet homme.

 

Midorima et Kise se tournèrent vers leur ancien capitaine, intrigués. Akashi poursuivit d’un ton clinique, déterrant les faits avec une précision redoutable :

 

-Kiso Mochiyasu était un joueur de basket extrêmement talentueux durant ses années de lycée. Ses compétences lui ont d’ailleurs ouvert les portes d’une équipe professionnelle. Mais c’est un homme dangereux. Dans le milieu, il est tristement célèbre pour son style de jeu d’une brutalité sans nom, à la limite de la régularité. Et en dehors des parquets, c’est encore pire. Les tabloïds et les journaux sportifs ont relaté ses nombreux déboires de bagarres violentes dans des bars. C’est un voyou en costume.

 

Akashi fixa intensément Kanji, dont la mâchoire se crispa.

 

-S’il parle de «match sauvage» et de «dette» avec un profil pareil, ce n’est pas une simple rivalité sportive, Sanda. C’est un chantage ou un règlement de comptes. Et vu son passif, il ne reculera devant rien pour te briser.


Kanji serra la sangle de son sac à s’en blanchir les phalanges. Les révélations d’Akashi venaient de mettre à nu une facette de sa vie qu’il aurait voulu enterrer à jamais. Ses yeux vert opaline brillèrent d’un éclat farouche, mêlé de panique et de colère.

 

-Mêle-toi de ce qui te regarde, Akashi ! lâcha Kanji d’une voix ferme qui tremblait pourtant imperceptiblement sous le coup de l’émotion. Arrêtez de venir sur ce terrain. Tous autant que vous êtes. Vous n’avez rien à faire dans ma vie.

 

Sans accorder un regard de plus à ses anciens camarades de Teiko, le jeune homme tourna les talons et s’enfonça à grands pas dans la nuit, fuyant une fois de plus la lumière crue de la vérité.

Cette fois, Yuto ne lui courut pas après, il resta planté sur le bitume, observant la silhouette de son meilleur ami s’effacer dans l’ombre du parc. Un lourd soupir lui échappa. Sa colère sembla s’émousser, laissant place à une profonde lassitude. Il se tourna vers la Génération des Miracles, Inaba et Amano Naotane à ses côtés.


-Il a raison, Akashi. Cet homme est un poison, commença Yuto, sa voix d’ordinaire si agressive devenant sourde et grave. Après votre petit crise d’égo à Teiko, Kanji était complètement paumé. Il avait désespérément besoin de combler le vide que vous aviez laissé, de retrouver une forme de connexion. C’est là qu’il a croisé la route de Kiso Mochiyasu.

 

Yuto serra les poings, le visage assombri par de sombres souvenirs.

 

-Kanji a essayé de bonne foi de lier une amitié avec lui. Mais Mochiyasu... ce type est profondément mauvais au fond de lui. Ce n’était pas une relation saine. Kiso a tout de suite capté la vulnérabilité de Kanji, son besoin d’approbation, et il s’en est servi. Il a commencé à l’entraîner dans ses dérives, ses paris, ses matchs de rue clandestins et violents. Kanji coulait à pic, il perdait complètement pied.

 

Yuto jeta un regard reconnaissant vers Inaba et Naotane avant de poursuivre :

 

-On a trimé comme des malades avec Inaba et Amano pour ouvrir les yeux à Kanji et le sortir de cet enfer. On a réussi à le reconstruire, à lui redonner le goût du basket propre. Mais Mochiyasu refuse de lâcher sa proie. Il revient régulièrement à la charge avec cette histoire de dette et de matchs sauvages pour essayer de remettre le grappin sur lui. Et à chaque fois, ça détruit tous les efforts qu’on a faits.





Publié sur Fanfictions.fr.
Voir les autres chapitres.

Les univers et personnages des différentes oeuvres sont la propriété de leurs créateurset producteurs respectifs.
Ils sont utilisés ici uniquement à des fins de divertissement etles auteurs des fanfictions n'en retirent aucun profit.

2026 © Fanfiction.fr - Tous droits réservés