JoJo's Bizarre Adventure : Lost Baby

Chapitre 118 : Crazy on You (partie 7)

Par shinundakara

Publié sur Fanfictions.fr.
Voir les autres chapitres.



Sans se laisser distraire par le corps de son protégé échoué sur le sable devenu ocre, Wu se saisit de Gaspar par son bras encore valide et lui plaça son scalpel sous la gorge, au niveau de la carotide. Il rapprocha son visage masqué de son oreille pour lui chuchoter avec calme ses conditions.


Wu : Tu as étudié mon dossier. Tu sais que je n’hésiterais pas à t’égorger si tu fais le moindre mouvement. Demande à ta complice de venir ici en fermant les yeux. Si elle n’est pas là dans 10 minutes, tu es morte. 


Une boule de salive se forma dans la gorge de l’otage, frottant sa peau contre la lame chirurgicale. Bien que son Stand avait la capacité d’aiguiser, Gaspar n’était pas immunisée aux coupures mais ce savant fou n’avait aucun moyen d’être au courant. Est-ce qu’il avait simplement bluffé pour voir sa réaction ? 


Gaspar : Espèce de taré, ton partenaire est en train de se vider de son sang et tu ne te préoccupes pas de lui ?! Quel genre de monstre ferait ça à un gosse ?!


D’un geste précis, le scalpel vint lui trancher la surface de la peau, laissant couler un léger filet de sang le long de sa gorge. Derrière le masque noir, elle devinait le regard froid et cruel qui ne laissait aucune place au doute concernant le sérieux des menaces. Le docteur arracha le microphone de sa ceinture et l’approcha de la bouche de la mafieuse.


Gaspar : B-Baltasar, tu m’as en visuel ? Écoute-moi calmement… Il me menace donc il veut que tu viennes… en fermant les yeux. Non, moi non plus, je ne sais pas comment il est au courant…Dépêche-toi, il a un scalpel contre ma gorge ! 


Wu : Dis-lui qu’elle amène la troisième avec elle…J’ai du mal à croire que les Rois Mages ne sont venus qu’à deux pour essayer de nous tuer. 


Gaspar avala sa salive. Sa bouche s’entrouvrit quelques secondes mais aucun son ne vibra dans ses cordes vocales. Après un profond silence, la voix à l’autre bout du microphone se réveilla.


Baltasar : Ne t’inquiète pas…j’ai entendu…j’amène Melchor avec moi.


Gaspar attendit pendant plusieurs minutes - qui lui parurent des siècles - l’arrivée de ses coéquipières. Avec cette arme sur sa carotide, impossible de se détendre : chaque millimètre de son corps était rigide, appréhendant la suite des événements. Les silhouettes des deux jeunes femmes finirent par se dessiner au-dessus de la colline. Comme un enfant guidant son parent aveugle, Melchor traçait le chemin en tenant la main de Baltasar aux yeux clos. 


Baltasar : Voilà, on a fait ce que tu ordonnais. Maintenant, libère-la. 


Wu : Tu crois vraiment que je vais me contenter de ça pour la laisser partir ? La petite, ramasse le couteau au sol et donne le à la tireuse.


Sans comprendre, la femme à l’apparence d’enfant prit le couteau d’une main tremblotante et le tendit à la manieuse de Hot Stuff.  Malgré la gravité de la situation, Baltasar n’hésita pas une seule seconde et orienta la pointe du couteau vers son œil, prête à se désarmer pour toujours. Paniquée, Melchor regardait alternativement entre ses deux grandes sœurs à la recherche d’une échappatoire. 


Baltasar : Gaspar, maintenant ! 


Au moment où sa complice prononça ses mots, la jeune femme cracha sur le manche du bistouri. Par réflexe, le corps de Wu lâcha l’arme qui tomba au sol, tâchée du sang de la paume qui la tenait. Gaspar se réfugia derrière Baltasar avant d’être rejointe par Melchor qui serrait sa peluche pour se rassurer. Le docteur tenait sa main ensanglantée en regardant en direction de la tireuse. Elle ouvrit son unique œil et le pointa en direction du cœur du docteur. 

 

Baltasar : Le moindre mouvement et je t'abats. Je commence à cerner qui tu es. Froid, impassible, calculateur. Le genre de type qui pourrait égorger une classe de gamins pour se tirer d’un mauvais pas. T’es une ordure de la pire espèce. J’ai du mal à croire que tu aies pu sauver des vies avant. 


Avec une pointe de lassitude, le docteur Wu leva les bras au-dessus de la tête en lançant un regard de mépris amusé à la jeune femme. Gaspar, tout en se tenant la gorge avec sa main encore valide, jubilait de voir son geôlier faire face à la mort qu’il avait voulu lui infliger.


Gaspar : Qu’est-ce-que t’attends, Balta ?! Il est à notre merci ! Si on rapporte sa tête au boss, on deviendra enfin des Princes ! 


Baltasar : Si tu es vraiment médecin, ton Stand…est-ce-qu’il pourrait rendre son bras à quelqu’un ? En enquêtant sur toi, on a appris que tu étais capable de soigner des cas désespérés…


Baltasar ne pouvait quitter le docteur des yeux : aussi bien pour le menacer de son Stand que pour tenter de percer son âme à jour. Gaspar, quant à elle, ne pouvait tenir en place et tentait de protester face à l’inconscience de celle qui tenait leur cible en joue.


Gaspar : Attends, c’est pour ça que tu veux pas le buter ?! Tu crois vraiment que je refuse de sacrifier mon bras pour atteindre notre objectif ?! 


Baltasar : Tais-toi, Gaspar ! 

Baltasar tentait de retenir ses larmes. Elle savait que l’ennemi profiterait de la moindre seconde d’inattention pour l’attaquer. 


Baltasar : Tu ne comprends pas ! Ce gamin au sol est encore en vie ! Mais à l'instant où il va mourir de ses blessures, ton bras va redevenir en chair et tu vas te vider de ton sang ! On a rien de suffisant pour bloquer une telle hémorragie…


Gaspar sentit une légère pression se saisir de la manche de son habit. Avec des yeux pleins de tristesse, Melchor lui tendit la peluche de lion comme pour l’inciter à accepter le marchandage de le troisième Roi Mage. 

  

Gaspar : Et t’as une preuve que ce mec peut vraiment soigner mon bras ?! 


Le docteur sectionna aussitôt son annulaire avec son scalpel qui vola à quelques mètres de là. Une gerbe de sang éclaboussa quelques instants mais, très rapidement, le jaillissement commença à ralentir et, petit à petit, la chair s’étendait, s’enflait, s’étendait comme un blob colonisant son environnement. Après une trentaine de secondes, le doigt avait retrouvé sa forme habituelle. 


Wu : Est-ce-que je peux m’approcher maintenant ? Mon Stand ne peut agir qu’en contact avec la peau.


La jeune femme aux afro puffs lui fit un geste de la tête, lui ordonnant d’avancer. Wu s’approcha et posa l’index sur le bras de Gaspar. La femme blessée sentait chacune de ses cellules lentement se reconstruire : les os poussaient d’abord comme les armatures d’un bâtiment avant d’accueillir les couches de nerfs, de vaisseaux sanguins et de tissus. Elle bougea légèrement son bras comme pour se vérifier que le miracle se produisait vraiment plus . 


Baltasar : Quand tu auras fini, tu pourras aller soigner le gamin. On va vous emporter au boss et il décidera de ce qu’on va faire de vous. Si vous nous donnez suffisamment d’informations, vous devriez vous en tirer, le gamin et toi…


Avant qu’elle ait fini sa phrase, le docteur posa son index sur la surface de l’oeil de la jeune femme. Baltasar voulut activer son Stand mais sa cornée se décomposait déjà, grignotée par une force inconnue. Elle hurla à la mort tandis qu’une tâche noire se formait au centre de son champ de vision. Gaspar tenta d’intervenir mais Wu poussa la femme aux allures de fillette sur elle. Leurs deux peaux, à l’endroit où elles entrèrent en contact, commencèrent à se désagréger, laissant leurs chairs à vif. 


Baltasar : Hijo de puta ! Gaspar, Melchor, baissez-vous ! 


En tâtonnant avec sa main, la femme aveuglée mit la main sur le couteau de Gaspar et s’entailla le coin de l’orbite. Avec hargne, elle tira sur le manche traçant une longue incision le long de son visage, reliant d’une traînée de sang ses deux yeux. 

La blessure traversant son visage s’écarta, en versant des larmes de sang, écartelant les tissus pour donner naissance à une immense pupille noire, défigurant le charmant visage de la vingtenaire. 


Baltasar : Avec tous les explosifs qui dorment sur cette plage, tu vas finir dans un joli feu d’artifices, sale connard ! Hot Stuff - Last Dance !   


Des profondeurs de la pupille, de longues traînées lumineuses apparurent de part et d'autre comme de l'œil du cyclope pour guider le lancement du projectile. Une roquette sortit du canon et se dirigea sur la plage, légèrement décalé par la cécité de sa tireuse. Un éclat rouge illumina la nuit comme un crépuscule fugace. Cependant, quand le calme et l’obscurité reprirent leurs droits, l’adolescent laissé pour mort se tenait devant son mentor, haletant, le corps toujours criblé d’impacts. Devant lui, le sable vitrifié par l’explosion était figé en un rempart de verre. L’instant suivant, privé de toutes ses forces, Iz se laissa tomber à nouveau contre le sol transparent.


 

***


A quelques centaines de mètres de Juno Beach, quelques heures plus tard


Abigaïl avait scrupuleusement suivi les indications que la hiérarchie lui avait fournies pour retrouver ce fameux bunker mais sans succès. A peine remise sur pied, on l’avait déjà envoyée à l’autre bout du monde pour voir l’étendu des dégâts à un “endroit stratégique”. Elle avait accepté à contrecœur pour se faire pardonner d’avoir malencontreusement “laissé l’ennemi mettre la main sur HOPE” : comme si elle avait choisi de se retrouver à demi-morte à l’hôpital ! Avec ses mains recouvertes de bandages, elle faisait lentement avancer la photographie (floue évidemment) qu’on lui avait confiée représentant la colline “parfaitement reconnaissable”, à deux pas de toutes les autres avec exactement la même gueule ! 


Abigaïl : Enfiiiiiin…Je crois que c’est celle-là ! 


Pour se récompenser de sa découverte, la Capo fourra une madeleine au chocolat dans sa bouche. En soulevant sa jupe pour ne pas la tâcher, elle descendit prudemment la colline pour atteindre la trappe marquant l’entrée du précieux bunker. La fameuse trappe ne ressemblait plus qu'à un bout de métal froissé qui avait été visiblement rué de coups de poing. Elle pénétra dans la petite pièce de béton désormais vide. Les vestiges de l’ancien occupant étaient toujours présents : des bandes dessinées, des canettes de soda et des manuels scolaires. 


Abigaïl : Donc ils ont vraiment réussi à capturer le gamin. Après…vu comment il était flippant, c’est peut-être un bon débarras. 


En tendant l'oreille, elle entendit des bruits de sanglots à quelques mètres dans un coin de la pièce. La manieuse s’approcha pour découvrir une silhouette infantile recroquevillée dans l’ombre. Elle crut d’abord que c’était le fameux “gamin beaucoup trop important pour être perdu” mais, à y regarder de plus près, il s’agissait d’une petite fille.

Abigaïl : Hé, gamine ! Tout va bien ? Qu’est-ce-que tu fais ici ? Attends mais t’es pas une gamine ! 


Quand la simple Capo comprit le rang de la “gamine” à laquelle elle s’adressait, son attitude changea du tout au tout comme elle en avait l’habitude. Son ton condescendant devint mielleux et sa fausse gentillesse reprit le dessus.


Abigaïl : E-excusez-moi Madame La Vida Loca, je ne vous avais pas reconnu, hihi ! Qu’est-ce-que vous faites ici ?! Où sont les deux autres Généraux ? 


La fillette tremblait de tout son corps. En s’habituant à l’obscurité, Abigaïl distingua de larges tâches de sang sur le béton du sol, entourant la petite silhouette qui serrait sa peluche de lion. Ses yeux en pleurs, son corps réussit à arracher quelques mots de ses lèvres muettes. 


Melchor : Monsieur Lion…Non, je veux dire…C’est ma faute…C’est moi…J-je les ai dévorées. 



Baltasar La Bamba,  22 ans - morte 

Gaspar La Isla Bonita, 24 ans - morte






Publié sur Fanfictions.fr.
Voir les autres chapitres.

Les univers et personnages des différentes oeuvres sont la propriété de leurs créateurset producteurs respectifs.
Ils sont utilisés ici uniquement à des fins de divertissement etles auteurs des fanfictions n'en retirent aucun profit.

2026 © Fanfiction.fr - Tous droits réservés