Il fallut à peine une demi-heure à Indiana et Sophia pour rejoindre la base nazie au pied de la montagne. Les six avions qu’ils avaient vu étaient rangés à droite des tentes d’habitation, quatre soldats patrouillaient pour surveiller le tout.
Indy et Sophia avancèrent furtivement entre les tentes. Au pied de la montagne, un tunnel avait été creusé dans la roche, ils s’y faufilèrent.
Après être descendus plusieurs centaines de mètres, ils se retrouvèrent dans un réseau de galeries mal-éclairées.
- Une mine, ils fouillent pour trouver le manuscrit. Stratner doit être furieux, il s’attendait à trouver le temple, mais il a été détruit, il peut encore chercher longtemps.
- Toi aussi alors.
- Je m’en fiche, je suis d’abord ici pour retrouver mon père, je m’occuperai du manuscrit plus tard.
- Tu compte attendre qu’ils le trouve et l’emmène ?
- Oui, je vais procéder à la même méthode qu’eux quand ils nous ont pris les fragments.
Ils continuèrent leur progression et arrivèrent à une zone plus vaste et mieux éclairée.
- Nous n’irons pas plus loin, il vaut mieux ne pas se perdre.
Une porte s’ouvrit devant eux, des voix se firent entendre.
Indy entraîna Sophia derrière un tas de caisses disposées sur le côté.
Un groupe de soldats fit irruption guidé par Stratner, deux d’entre eux tenaient Henry.
- Père !
- Indy je t’en prie !
Le groupe passa devant eux et disparut dans la galerie.
- Viens, dit Indy.
Ils suivirent discrètement le groupe qui passa dans une salle gardée par deux soldats. Indy se plaça dans l’ombre et les appela.
- Mais à quoi joue-tu ?
- Tu va voir.
Ils arrivèrent, mitraillettes à la main, il surgit alors pour leur décrocher un coup de poing à chacun et les assommer l’un contre l’autre, ils s’effondrèrent par terre complètement sonnés.
- La voie est libre.
Ils s’approchèrent de la porte et écoutèrent.
- …perspectives sont favorables, nous avons trouvé le manuscrit, trouver les ossements sera un jeu d’enfant étant donné que nous savons où aller.
- Bien, j’envoie Kurt sur place, dîtes lui que je viendrais les récupérer à Shanghai dans six jours.
- Sans vous offenser Herr Stratner, j’ai un doute quant à la loyauté de l’Untersturmfuhrer.
- Pourquoi ? Il fait son travail bien mieux que vous ne le faites.
L’officier se tut.
- Quant à toi, dit Stratner en se tournant vers Henry, si tu veux revoir ton fils je te conseille d’être un peu plus coopératif.
- Va au diable !
Stratner sourit, se retourna, et le frappa.
- J’ai hâte que ton fils soit mort pour pouvoir t’exécuter de mes mains.
- Parce que tu ne peux pas le faire avant ?
- J’attends qu’il vienne jusqu’à moi, il le fera, pour te récupérer toi et les reliques, et alors, tous les deux, vous connaîtrez les plus grandes souffrances de ce monde.
- Chouette programme, j’ai hâte d’y être.
Indy entendit des bruits de pas dans sa direction.
- Vite !
Ils plongèrent derrière les caisses, les nazis sortirent et disparurent dans les galeries, par chance ils n’avaient pas vu le corps des deux hommes au sol près de la porte.
- C’est bon, viens.
Par chance la porte de la salle avait été laissée ouverte, ils entrèrent. Il s’agissait d’une petite salle carrée comportant uniquement un grand bureau de métal et des cartes sur les murs, ainsi qu’un portrait d’Hitler. C’était le bureau de Stratner sans aucun doute.
Indy regarda sur le bureau, il vit un vieux parchemin tout rapiécé.
- Le manuscrit !
Il le prit doucement et le déplia, il était écrit en grec ancien, pas le temps de traduire ça maintenant. Il vit également des dessins représentant des planètes et des constellations. Il s’apprêta à le ranger dans la poche intérieure de sa veste lorsque son regard se posa sur la carte de la table qui était sous le manuscrit . Un cercle rouge entourait un coin reculé de la Chine et le port d’Hong Kong, une route avait été tracée en rouge.
- C’est à cet endroit que se trouve les ossements du sorcier.
Il s’apprêta à prendre la carte lorsque la porte s’ouvrit. Stratner apparut.
- Jones ?
Indy grimaça.
- Gardes !!
Les soldats entrèrent immédiatement et le mirent en joue avec Sophia.
- Donnez-moi le manuscrit.
Indy le lui jeta.
- Je suis venu pour mon père.
- Vous avez eu bien tort. Attachez-les et emmenez-les dans leur cellule.
Les homme s’avancèrent, l’alarme se déclencha alors. N’hésitant pas à profiter de l’effet de surprise, Indy frappa le plus proche et lui prit son arme. Il balaya la salle d’une rafale et emmena Sophia, avant de quitter la pièce en poussant Stratner par terre, ce dernier tira dans sa direction sans l’atteindre, il était furieux, et endolori.
Dans les galeries ils virent bientôt déferler une horde d’indigènes, les Palabam ! Ils se battaient avec courage et honneur mais ils ne faisaient pas vraiment le poids face à aux mitraillettes des nazis. Indy décida de les aider en abattant tous les soldats grâce à plusieurs rafales bien ajustées. Ak’Nesab, le chef des Palabam, arriva vers Indy.
- Mon ami, je suis content de vous revoir.
- Je croyais que vous ne cherchiez pas à combattre.
- Il y a parfois des exceptions.
- Je voudrais bien savoir lesquelles !
- L’amitié.
D’autres soldats arrivèrent.
- On parlera amitié plus tard.
- Nous vous dégageons le chemin jusqu’à dehors, fuyez.
- Et vous ?
- Nous nous battrons jusqu’à ce qu’il y ai un vainqueur et un perdant.
Indy lui tapa l’épaule et emmena Sophia vers la sortie. Un groupe de quatre soldats lui fit face, courant vers l’entrée. Chacun porta la main à son arme mais le leader des soldats fut tué le premier, non par Indy, mais par une lance venant d’Ak’ Nesab. Indy tua les autres d’une rafale, il jeta l’arme déchargée et fit un dernier signe à son ami avant de se ruer hors du tunnel.
- Jamais le temps de se reposer dans ce pays !
Les soldats couraient dans tous les sens. L’un d’eux repéra Indy et alerta les autres, ils l’encerclèrent avant qu’il n’ai pû trouver une échappatoire et pointèrent leurs armes.
Des hurlements se firent entendre du tunnel, Indy sourit et roula sur le côté, tous les Palabam chargèrent sur les nazis, les renversant par surprise.
- Sophia, démarre un de ces avions, je vais les aider un peu.
Elle courut, il prit son revolver, le chargea « Mieux vaut éviter les surprises » pensa t’il, et commença sa chasse. Il abattit quatre hommes, dans la mêlée il vit Damon, le jeune homme lui fit signe, Indy vit un soldat surgir derrière lui, il l’abattit mais il avait déjà tiré. Damon s’effondra, Indy courut vers lui.
- Fuyez, mon destin est accompli.
- Non tu va t’en tirer !
- J’aurai voulu avoir un père comme toi.
Il partit.
Les autres se faisaient eux aussi massacrer, les nazis étaient en train de gagner la bataille. Indy entendit alors des moteurs démarrer, il tourna la tête et repéra le Messerschmitt contenant Sophia, il alla vers lui.
- Bravo Sophia, maintenant passe-moi les commandes.
Il tourna l’avion vers la bataille et hurla aux Palabam de s’éloigner dans leur langue.
Dès que ce fut fait, il ouvrit le feu avec les mitrailleuses de l’appareil. Ils succombèrent tous sans exception. Les Palabam hurlèrent de joie et acclamèrent Indy.
Il positionna l’avion en ligne droite sur la « piste d’envol », poussa les moteurs et décolla. L’appareil s’éleva gracieusement dans les airs.
- Tu ne fais pas les choses à moitié !
- Oh arrête un peu tu veux !
- Tu sais piloter cet engin au moins ?
- Je sais le piloter, mais je sais moins le faire atterrir.
- Ça veut dire quoi ça ?
- Rien, fais moi confiance.
- Généralement quand je te fais confiance il arrive un malheur dans les secondes qui viennent.
- Nous allons atterrir à Johannesburg pour partir à Hong Kong le plus vite possible.
- Si tout va bien.
- Ça ira.
- Je te rappelle aimablement que nos chers amis ont en leur actuelle possession une splendide lance du destin avec un mode d’emploi détaillé et ton père comme garantie de fonctionnement.
- Je sais.
Des bruits de moteurs rugirent derrière eux, ils se retournèrent et virent cinq appareils leur arriver dessus.
- Qu’est ce que je te disais. Dit Sophia.
- Zut, ils sont nombreux.
- Sans blague !
- Je ne compte pas me battre avec ces trucs, il faut le semer.
- Semer cinq avions ?
Indy poussa les moteurs, les avions ouvrirent le feu.
- Pas bon.
Il releva le nez de l’appareil pour monter au-dessus des nuages, le soleil était à son plus haut fixe.
- Redescends Indy le soleil m’aveugle complètement !
- C’est ça l’idée.
Les autres surgirent juste derrière lui, avant qu’ils n’aient pu ouvrir le feu, il fit plonger l’avion sous les nuages, laissant celui qui le précédait face au soleil, aveuglant complètement son pilote, de ce fait il ralentit et percuta l’autre appareil derrière lui. Les deux avions explosèrent dans une nuée de flammes et de débris.
- Bien joué !
- Du calme, il en reste encore trois.
A peine fut-il redescendu sous la couche nuageuse que plusieurs rafales s’abattirent vers eux.
- Les voilà !
Les trois appareils se séparèrent.
- Occupe toi de la mitrailleuse, ordonna Indy.
Sophia regarda l’arme avec perplexité.
- Et comment ça marche cet engin ?
- Vise et tire !
- O.k
Les avions arrivèrent.
- Tire !
Elle tira. Rien ne partit. Les autres ouvrirent le feu, la coque de l’avion fut perforée à quelques endroits.
- Sophia !
- J’ai fait ce que tu a dit !
- Arme la mitrailleuse ! Tire le chargeur vers toi et dégomme ces trucs !
Elle fit ce qu’il dit et visa l’avion le plus proche qui fonçait sur eux. Elle ouvrit le feu, il explosa majestueusement.
- Comme ça ?
- Bravo fillette ! Plus que deux !
Elle visa le second et enclencha le tir, elle ne lâcha pas l’appareil jusqu’à ce que son cockpit explose suivi rapidement par le reste de sa structure. Le dernier avion était déchaîné, il virevoltait dans tous les sens pour esquiver les tirs. Il ouvrit le feu, se stabilisant quelques secondes, ce qui fut amplement suffisant à Sophia pour répliquer et le désintégrer.
- Qui tu appelle fillette ?
Indy sourit et se figea presque au même instant. Les cadrans du tableau de bord étaient devenus fou.
- Mais qu’est-ce que…
Il se retourna et comprit : l’empennage avait été désintégré.
- Tu devrais faire plus attention quand tu tire !
- Eh ! Ce n’est pas moi o.k ?
- Il va falloir se poser.
- Je croyais que tu ne savais pas.
- J’ai dit que je savais moins faire atterrir un avion que le piloter, nuance.
Il regarda la surface.
- Il y a un village en-dessous, accroche-toi.
Il engagea la descente, l’appareil ne partait pas tout droit.
- Je perds le contrôle !
Il chutait en piqué ! Indy redressa l’avion de justesse avant qu’il ne s’écrase sur le sol, l’appareil heurta brutalement la terre et roula diagonalement à toute vitesse.
- Freine !!
- Je ne peux pas !!
L’avion ralentit peu à peu pour s’immobiliser finalement dans une station-service.
Le pompiste était estomaqué.
- Eh bien quoi ? Fit Indy, faites le plein !