Après avoir atterri au Caire, ils prirent le train jusqu’à Alexandrie, vielle au cœur du désert et jouxtant le Nil. Ils avançaient lentement dans les rues animées.
- L’Orient ne m’a pas manqué, dit Sophia.
- Ferais-tu allusion à notre dernière escapade à Alger ?
- Oui, et plus précisément de ce fameux jour ou j’ai faillie être embrochée par ta faute.
- C’était pour la bonne cause.
- Pour la bonne cause ? Ça t’arrive de te soucier des autres par moments ?
- C’est ce que je fais maintenant, j’ai changé.
- Non Indy, tu es resté le même vaurien chasseur de trésors.
- Vaurien moi ?
- Parfaitement.
- Moi au moins je n’ai pas disparu sans prévenir après être revenu de l’Atlantide.
- Tu sais très bien pourquoi je suis partie.
- Et je n’en crois pas un mot.
- Je n’y suis pour rien si tu a l’esprit lent.
- Il est peut être lent mais au moins il fonctionne.
- Belle répartie Jones. Maintenant arrête, je me sens déjà bien assez ridicule comme ça.
- Tu a vue ton père avant de partir ?
- Oui, il sait où je suis. Il compte même bâtir des installations pétrolifères ici.
- Quelle horreur.
- Ton père semble l’apprécier.
- Normal, ils sont de la même génération. Dis-moi, pourquoi t’es tu tournée vers l’archéologie ? Tu aurais pû continuer l’œuvre de ton père.
- Parce que j’ai eu le choix tout simplement, les racines de ma famille sont plantées dans l’aristocratie, il faut bien faire du changement de temps en temps.
- Ton père n’a pas dû apprécier.
- Non, il m’en a voulu de nombreuses années avant d’accepter ce choix.
- Voilà un nouveau point que nous avons en commun.
- Mon père est tout ce qu’il me reste depuis la mort de ma mère.
- Accident de voiture si je me souviens bien.
- Oui, il y a de cela vingt deux ans.
- Et elle te manque.
- Affreusement.
Ils discutèrent encore un certain temps avant de parler de la ville.
- C’est le port principal de l’Égypte, dit Indy. Elle a été bâtie en 322 avant Jésus Christ. A la base, elle servait à protéger les autochtones, les immigrés grecs et les juifs. Plus tard elle devint un centre économique et maritime des plus renommé de l’antiquité. De -331 à -32, Alexandrie était une ville Gréco-romaine puis romaine jusqu’en 325. A maintes reprises elle fut pillée et brûlée par les multiples empereurs romains. Les Chrétiens y furent persécutés jusqu’à ce que la ville passe sous la domination de Byzance où elle reçut le titre de capitale de la chrétienté avec Constantinople. Ce changement de religion eut pour conséquence la destruction des monuments païens. La ville fut ensuite occupée par les Perses, les Arabes, les Turcs, les Français et les britanniques.
- Tu es un vrai puits de science.
- Je lis beaucoup.
- Et tu retiens tout ?
- Juste le plus important.
- C’est à dire tout je suppose ?
- Exactement.
Ils arrivèrent sur une grande place où des gens étaient assis sur des bancs tout autour.
- Nous sommes là où s’élevait autrefois la grande bibliothèque.
- Si elle a bien existé.
- Il faut croire à l’incroyable.
- Bon alors que fais t’on ?
- Si comme je le pense, la bibliothèque est souterraine, il faut trouver l’accès qui y mène.
- Et comment ?
Indy regarda le sol, il se dirigea vers la bouche d’égout la plus proche.
- Par là.
- C’est une blague j’espère ?
- Non, tu a peur ?
- Je ne suis pas habituée à me promener dans les égouts.
- Alors c’est l’occasion de le faire.
Il souleva la bouche après avoir regardé autour de lui, les gens l’observaient bizarrement.
- Allez.
Indy descendit par l’échelle, Sophia attendit.
- Superbe, vraiment superbe.
Et elle descendit à son tour.
Les égouts étaient semblables à ceux des autres villes : grands, humides, sombres et extrêmement nauséabonds, des insectes grouillaient sur le murs.
- Oh ! Je hais ces bestioles ! S’exclama Sophia.
- Ils ne vont pas te manger.
D’autres rampaient sur le rebord qui s’arrêtait un peu plus loin.
- Pas le choix, il va falloir se mouiller.
Indy prit pied dans l’eau et avança.
- Comment peux tu supporter de te trouver dans des endroits pareils ?
- Le métier l’impose.
Il continua d’avancer et disparut brusquement sous l’eau.
- Jones ? Jones !
Il réapparut quelques secondes plus tard.
- Ne me refais jamais ça !
- Il y a un trou là-dessous, une sorte de conduit sous-marin.
- Et je suppose qu’il faut aller par là ?
- Ca ne coûte rien d‘aller voir.
Indy prit sa respiration et plongea, Sophia fit de même après avoir soupirée. Ils allèrent au fond du canal et entrèrent dans le conduit en question qui était en pierre. De vertical il passa à horizontal pour revenir à vertical. Ils émergèrent dans une petite salle obscure.
- Intéressant, dit Indy.
- Lugubre.
Ils traversèrent un sas et arrivèrent dans une autre salle, toute aussi sombre.
- Oh zut ! J’avais oublié, mon briquet est à sec.
- Du calme, j’ai le mien.
Une faible lumière éclaira la salle.
- Tu fume, toi ?
- Non, c’est juste pour faire croire.
Indy secoua la tête et regarda la salle, il y avait des étagères remplies de livres à perte de vue.
- La voilà, la grande bibliothèque d’Alexandre le grand. Elle contient 700 000 ouvrages.
- L’histoire dit pourtant qu’elle a été incendiée trois fois de suite.
- Il devait s’agir d’autre chose, peut-être un leurre. Te rends tu compte ? Les secrets des anciens enfin à notre portée !
- Indy, nous ne sommes pas ici pour cette bibliothèque, mais pour ce qu’elle contient.
- Où chercher ? C’est immense !
- Le code de classification m’est inconnu, ce n’est pas par ordre alphabétique.
- Peu importe, sans le livre des codes nous n’irons pas bien loin.
Ils cherchèrent dans toute la bibliothèque.
- J’ai trouvé l’équivalent de l’énergie atomique, les secrets de l’espace temps, mais aucun manuscrit parlant de la lance du destin.
Sophia regardait le rayon ne face d’elle.
Livre de Thot, livre de Seth, et ça c’est quoi ?
Elle retira un vieux parchemin tout rapiécé contenant des hiéroglyphes.
« Cherchez Hermocrate et vous trouverez la Cité des Dieux ». Non ce n’est pas ça.
- Regarde, le livre des morts.
- Oui c’est passionnant Indy, tu ferais mieux de chercher.
Il feuilleta le livre, une clé tomba à ses pieds.
Il la ramassa et la regarda.
- Indy, viens voir !
Il alla auprès de Sophia.
- En dégageant ces livres j’ai trouvé ça.
Il vit une serrure en bronze contre le mur. Sans réfléchir trop longtemps il mit la clé à l’intérieur. Elle rentra parfaitement. Mais rien ne se déclencha.
- Je crois que…
Le sol s’ouvrit sous leurs pieds, ils firent une courte chute qui se termina dans un bassin d’eau.
Sophia secoua la tête et écarquilla les yeux, ce qu’elle voyait devant elle était bien réel. Un phare. Pas n’importe lequel, le premier, celui de l’île de Pharos.
- Nom de Dieu ! S’exclama Indy en le voyant.
- C’est bien ce que je crois ?
Ils atteignirent le rebord et entrèrent à l’intérieur, il y avait trois étages, un carré, un octogonal et un cylindrique pour une hauteur totale de 135 mètres.
- Il avait été détruit par un séisme.
- Les légendes sont fausses parfois.
Ils montèrent jusqu’au sommet.
- Peut être qu’il y a eu un séisme, et il l’a enfoui avec la bibliothèque.
- Enfoui mais pas détruit.
- Ou alors ce phare est une copie de l’original.
- Dans ce cas pourquoi s’embêter à créer une copie ?
Indy regarda la lentille et la tourna. Quelque chose tomba, une petite boite. Il la ramassa.
- C’était caché dans la lentille.
Il l’ouvrit et en sortit un parchemin.
- C’est ça ? Demanda Sophia intriguée.
- « Suit le fleuve du désert menant à Siouah, à sa fin se trouve le secret. »
- Le Nil.
- Pas forcément, il y a d’autres fleuves en Égypte, donc autant de chances de créer des fausses pistes.
Ils furent interrompus dans leur réflexion par des voix venant du bas. Des voix allemandes.
- Sortons vite d’ici.
- Et comment ? En sautant ?
Ils montaient. Indy vit Valonius, mais pas Stratner ni son père. Il chercha ensuite un moyen de quitter ce phare maudit, la seule solution était de sauter, il chercha un point d’appui pour son fouet. Il remarqua un groupe de stalagmites accrochées au plafond en face de lui, ce plafond était plus bas que le sommet du phare, en pente, ce qui permettait une accroche horizontale du fouet.
- Recule Sophia.
Il lança son fouet. Sophia recula un peu trop et percuta la lentille qui se renversa alors pour se briser par terre. Les nazis levèrent la tête et ouvrirent le feu.
- Viens vite !
Elle s’agrippa à Indy et ensemble, ils s’élancèrent pour aller droit vers un mur de roche.
- Lâche tout !
Ils se décrochèrent et s’agrippèrent au mur avant de glisser. Leur chute fut assouplie par le multiples accroches qu’ils prenaient mais au final, ils retombèrent lourdement sur le sol.
Les nazis arrivaient droit sur eux, Indy vit une échelle menant vers la surface à quelques mètres derrière eux. Il prit son revolver.
- Sophia, sort, je vais les occuper.
- Non, je reste avec toi.
- Sors je te dis.
Il tira pour abattre un nazi qui lui avait bondi dessus, il en tua un autre de justesse. Une rafale de mitraillette éclata brusquement, tous les nazis sur place furent balayés. Indy se retourna et vit Sophia avec l’arme à la main.
- Comment as-tu fait ça ?
- J’ai apprise en te regardant.
D’autres arrivaient.
- Allez !
Ils grimpèrent vite à l’échelle et se hissèrent vers la sortie. Ils déboulèrent en pleine rue marchande. Indy referma vite la grille et courut en entraînant Sophia à travers les souks.