Le soleil brillait sur Venise, une belle journée avait commencée. Indy et Henry marchaient dans les rues.
- Alors, dit Henry. Sais-tu où nous devons chercher ?
- La fresque montrait la ville, mais ce n’est qu’un indice.
- Un indice qui nous mènera à un autre indice et ainsi de suite, cela commence à être agaçant à la longue, c’est une chance que je sois patient.
Indy vit un groupe de jeunes italiennes devant lui, elles lui sourirent puis éclatèrent de rire. Il tourna la tête et vit que son père leur faisait un signe de la main.
Indy se contenta de soupirer.
Ils arrivèrent à une vaste place avec un restaurant installé face à une église romaine très ancienne. Indy et Henry la connaissait bien. Il s’agissait de la bibliothèque à l’intérieur de laquelle se trouvait le souterrain menant à la tombe de l’un des derniers chevaliers du Graal, Henry y avait disparu avant d’avoir pu découvrir le souterrain.
- Nous devrions trouver quelque chose dans cette bibliothèque, venez.
En entrant, Indy remarqua deux choses : rien n’avait changé, tout était à la même place, et, le vieux bibliothécaire avait été remplacé par une jeune femme blonde très séduisante. Il alla la voir pour lui demander où se trouvait les livres d’histoire, la jeune italienne répondit avec un sourire que Indy lui renvoya.
- Au fond à gauche père.
Ils passèrent par un emplacement avec des vitraux et des colonnes chiffrés. Le sol portait un X gravé.
- C’est içi que se trouve le passage vers la tombe de Sir Richard père.
- J’aurais tant aimé voir ça.
- Il y a avait des rats.
- Oui, je sais, mais de toutes façons, il y a d’autres trésors.
Ils arrivèrent au rayon indiqué et cherchèrent dans les ouvrages ce qui les intéressait.
- J’ai trouvé ! S’exclama Henry en tendant un gros livre vert. Ce livre raconte toute l’histoire de Venise.
Il le posa sur une table, l’ouvrit et lut.
- La ville a résisté à de nombreux assauts carolingiens et a ensuite faite une alliance très profitable avec les byzantins, mais cette alliance s’est rompue au XIIéme siècle. Il en suit une sombre période de guerre, de famine et de peste noire. En 1797, la ville appartient aux Habsbourg avant d’être rattachée au royaume d’Italie en 1805. Mais elle reste sous domination autrichienne jusqu’en 1866 ou une guerre scelle le rattachement de la ville à l’Italie.
- Les Habsbourg comptaient s’emparer de la lance.
- C’est une affaire de famille apparemment…tiens…mais qu’est-ce que c’est ?
- Quoi ?
- Je jurerais avoir vu cette peinture quelque part.
Indy se pencha et regarda la gravure.
- Père, c’est la fresque de Mantegna !
- C’est étrange, il y a quelque chose de différent, des détails ont été rajoutés.
- Un seul…ce palais.
- C’est le palais des Dosges.
- Alors nous savons où aller.
Ils quittèrent la bibliothèque pour embarquer dans la première gondole venue.
- La Cité des Dosges possède un art unique, l’alliance d plusieurs styles à travers les siècles.
- Je suppose que le plus influent est le style italien.
- Faux, byzantin, Venise était plus turque qu’italienne en ce temps là.
- Cela ne fait que confirmer les écrits de Barberousse, le dernier fragment est en Turquie.
- Oui, à moins d’une surprise.
Henry regarda son fils.
- Ça va aller ?
- C’est bien la première fois que vous me posez cette question.
- Eh bien alors réponds-y !
- Je ne suis pas habitué à me trouver dans une gondole avec mon père et un homme qui chante comme un rossignol.
Henry se retourna pour voir le rameur.
- Il est plus barbant qu’autre chose.
- Je suis mort de fatigue, pas vous ?
- Eh bien, à vrai dire on ne peut pas être mort en étant fatigué, mais, oui, je le suis en quelques sorte.
Ils arrivèrent au quai. Immédiatement ils allèrent vers la place Saint-Marc.
Les pigeons volaient et roucoulaient de partout. Henry alla s’asseoir sur le banc le plus proche, Indy, lui, contemplait le palais.
- Très byzantin en effet, la forme de la rotonde évoque vaguement Sainte-Sophie à Istanbul.
- Cette basilique a été fondée en 529, rebâtie en 828, incendiée en 976. Rebâtie de 1063 à 1073 sur un plan en croix grecque dont les bras et la croisée sont surmonté de coupoles. Au 13éme siècle, le palais a été réorganisé pour être perpendiculaire au canal Saint Martin.
- Et à l’intérieur ?
- Il y a des fresques, des mosaïques, des tableaux…de l’art en somme.
- De l’art ?
- Nous sommes en Italie, ici l’art est roi !
- Je ne comprends rien à l’art.
- Moi non plus je te rassure.
- Cela m’étonne de vous.
- Je n’admire que les œuvres qui sont en rapport avec ce que je recherche.
- Encore un point que nous avons en commun.
Ils entrèrent.
L’intérieur était rempli d’œuvres d’art en tous genres : tableaux, sculptures…toutes les formes et tous les styles d’art étaient présent. Indy exprima un râle de dégoût.
- Je sais, dit Henry. C’est impressionnant, une si grande variété de styles artistiques.
- C’est horrible.
- regarde ce tableau, dit Henry en montrant un tableau représentant un guerrier solitaire près d’Indy, je suis sûr que tu peux me dire d’où il vient.
- Byzance.
- Exactement, comme la plupart des œuvres qui sont ici. Avec le temps, le byzantinisme s’est mélangé à l’art gothique, cela a énormément influencé les jeux d’ombres et de lumière. Il y avait autrefois de très belles fresques, mais toutes ont été remplacées par de grands tableaux lors de la rénovation du palais.
- Il faut avoir le cœur bien accroché pour voir cela.
- Et la tête. Ouvre l’œil, notre fragment est ici.
- Où ça ? Dans un tableau ?
- Non, mais peut être derrière.
Ils passèrent en revue toutes les œuvres présentes : Dalle Masegne, Santi Giovanni e Paolo, Veneziano, Da Fabriano, Crivali, Mantegna, Bellini, San Grioble, Carpaccio.
Toutes les œuvres de ces artistes montraient un personnage de la bible, Jésus et Marie revenaient souvent.
- Père, venez voir.
Henry rejoignit son fils et regarda ce qu’il regardait.
- C’est une fresque de Giotto, sauf qu’elle est sur une toile.
- Elle représente une bataille. Plutôt étrange quand on voit les autres œuvres.
- C’est la bataille entre Barberousse et les Lombards, si l’on en croit les drapeaux.
Indy prit son canif.
- Non…Junior.
- Indiana.
Il plongea le canif dans la toile et l’éventra, révélant un mur d’où plusieurs briques dépassaient.
- Eurêka ! Dit Indy joyeusement devant son père à l’air abattu.
Il dégagea quelques briques, toutes les autres ne tardèrent pas à s’écrouler, révélant un passage poussiéreux. La lumière du soleil filtrait.
- C’est une salle secrète, elle contient sûrement quelque chose d’important pour avoir été ainsi dissimulée.
Ils entrèrent. La salle était assez grande, mais elle ne contenait rien d’autre qu’une cheminée.
- Pas d’autre issue ? Dit Indy.
Henry alla sous la cheminée, il regarda le haut.
- Il faudrait un bon ramonage ici.
Une brusque nuée de pigeons lui tomba alors dessus. Les oiseaux s’affolèrent dans toute la pièce avant de disparaître par le toit.
- J’ai horreur quand ça se passe comme cela, dit Henry en s’essuyant. Il regarda à nouveau le haut de la cheminée.
- Junior…il y a des barreaux…une échelle !
Indy alla vérifier, il sourit en voyant l’échelle.
- Père, vous êtes un génie.
- Comme le disait Charles IV…
- Plus tard, montez.
- Euh…oui.
Ils atteignirent une salle éclairée ne contenant qu’un coffre. Ils se regardèrent, Indy alla ouvrir le coffre. Il ne contenait que quelques tableaux.
- Léonard de Vinci ? Fit-il.
Il posa les tableaux par terre. Au fond du coffre il trouva un objet recouvert par une toile blanche. Il le sortit délicatement et le déballa. Il le regarda attentivement…le faux fer de lance. Il le scinda et trouva la partie inférieure de la véritable lance.
Henry sourit.
- Plus qu’un, fit Indy.
- Istanbul.
Indy regarda le fragment et acquiesça.
- Istanbul.