La jeep s’arrêta devant un grand building, Indy fit une moue dégoûtée en descendant du véhicule, il n’aimait pas ces constructions destinée à égaler les hommes auprès des dieux, néanmoins d’un autre côté, il était fasciné.
- C’est ici que travaille ton père ?
- Oui, c’est ici qu’il dirige son entreprise.
- Dirige une entreprise ? Je croyais qu’il était professeur d’histoire.
- …c’est à peu près la même chose non ?
- Je vois.
Ils entrèrent, le réceptionniste fit un grand sourire.
- Bonjour Miss Hapgood.
- Bonjour Harry, nous venons voir mon père.
- Il est là-haut, vous pouvez y aller.
- Merci. Venez.
L’architecture était très moderne, c’était horrible pour un archéologue.
Ils rejoignirent l’ascenseur.
- On ne peut pas plutôt prendre l’escalier ? Je déteste ces engins, dit Indy.
- Oui, moi aussi, dit Henry.
Sophia se contenta de soupirer en levant les yeux au ciel.
Ils allèrent 43 étages plus haut. Les portes de l’ascenseur s’ouvrirent sur une vaste pièce avec une baie vitrée comportant en son centre un bassin d’eau. Des tableaux ornaient les murs.
- Eh bien, il ne doit pas être malheureux, dit Henry.
Un homme apparut alors, grand, cheveux gris, visage carré, la cinquantaine environ. Il portait un smoking et tenait un verre de whisky à la main.
- Sophia ! S’exclama t’il en allant la prendre dans ses bras.
- Bonjour père. Je suis contente de te revoir.
- Mais moi aussi bien sûr. Et qui sont tes amis.
- Père, je te présente le professeur Indiana Jones et son père Henry.
- Indiana Jones ! Sophia m’a beaucoup parlé de vous.
- En bien j’espère.
Il y eut un silence puis monsieur Hapgood reprit :
- Je suis Lawrence Hapgood, que puis-je faire pour vous ?
- Eh bien…
- Oh ! Un Ming du quatorzième ! S’exclama Henry.
- Mais oui, dit Lawrence. Je vois que vous avez l’œil pour ce qui est des antiquités.
- Et comment !
- Henry Jones hein ? N’est-ce pas vous qui avez écrit ce livre sur le Grâal ?
- Si, exact.
- Ce fut passionnant à lire…whisky ? Dit-il en élevant son verre vide.
- Non merci, dirent en chœur les Jones.
- Père si nous sommes venus te voir c’est pour te parler de la lance du destin.
- La lance du destin ? Alors là je suis votre homme, que voulez-vous savoir ?
- Eh bien en fait, ils savent où elle se trouve.
- Vraiment ? Où ?
- En Allemagne, répondit Indy.
- En Allemagne ? Mais c’est impossible ! La lance est quelque part en Arménie, près d’Etchmiadzine précisément selon mes recherches, à condition qu’il s’agisse de la véritable lance.
- Vous aussi vous pensez qu’il y en a plusieurs ? demanda Henry.
- Eh bien, il y a aujourd’hui deux reliques qui passent pour la Sainte Lance : celle de Saint Pierre de Rome au Vatican et celle d’Etchmiadzine en Arménie, bien sûr il y a d’autres lances probables, comme celle de Jérusalem, d’Antioche, de Paris et j’en passe…parmi toutes se trouve la seule et unique lance du destin, mais laquelle ?
- Pourquoi pensez-vous que c’est l’Arménienne ? Demanda Indy.
- Elle a été rapportée par l’apôtre Thadée et gardée dans un monastère jusqu’à ce que les Russes s’en emparent en 1805. Là elle partit en Géorgie où elle serait encore cachée, mais on dit qu’elle fut secrètement transportée en Arménie, sans savoir pourquoi. Ce qui est étrange c’est que le fer de lance est byzantin, mais bien sûr, ce ne sont que des hypothèses !
- Et pour la lance de Saint Pierre de Rome ?
- Elle se serait transmise de pape en pape, Urbain 8 aurait aménagé une salle secrète au 18éme siècle sous la basilique où il aurait entreposé la lance parmi d’autres objets légendaires.
- Et pour les autres lances ?
- Ce serait trop long de vous raconter toutes ces histoires professeur Jones, sachez juste que les gens de l’époque étaient très rusés pour inventer des histoires.
- Où pour fabriquer toutes ces copies et les faire passer pour la véritable lance, dit Indy.
- Exact. Mais vous dîtes qu’elle serait en Allemagne ?
- Oui, les nazis l’ont trouvée.
- C’est une catastrophe ! Vous devez absolument la reprendre !
- C’est bien ce que nous comptons faire, pouvez-vous nous apprendre quelque chose ?
- Eh bien, pour activer le pouvoir de la lance, il faut deux choses : un sorcier, et une incantation. Sans cela la lance reste une lance. Je doute cependant qu’il soit possible de trouver ces deux choses de nos jours.
- Les sorciers existent encore, mais pour cette incantation…
- Je ne sais même pas de quoi il s’agit au juste.
- Il n’y a pas vraiment de quoi s’inquiéter alors ? Demanda Henry.
- Les nazis sont forts, ils ont trouvé l’Arche d’Alliance, l’Atlantide et le Grâal, ils peuvent très bien avoir trouvé ces deux choses.
- L’Arche d’Alliance, l’Atlantide et le Grâal ? Tout est vrai alors !
- Avez-vous quelqu’un qui pourrait nous aider ?
- J’ai un collègue à Paris, il se nomme Alain Trottier.
- Trottier ? Dit Indy surpris.
- Vous le connaissez ?
- Il nous a aidé Sophia et moi quand nous cherchions l’Atlantide.
- Lui est convaincu que la lance se trouve en France, si vous avez le temps, allez donc le voir.
- Plus tard les vacances, il y a plus urgent, dit Indy.
- Je ne peux hélas vous être plus utile professeur Jones, je n’ai jamais entendu dire que la lance se trouvait en Empire Germanique.
- Personne d’ailleurs, dit Indy.
- Bien à présent vous m’excuserez, dit Lawrence en se levant, mais, j’ai beaucoup de travail.
- Bien sûr. Merci pour votre aide.
- Ce fut un honneur pour moi que de vous rencontrer. Je dois avouer que j’ai à présent une toute autre image de vous, je comprends que Sophia n’ai pas voulu s’attacher.
- Comment cela ?
- L’aventure compte bien plus à vos yeux que toute autre chose.
- Vous avez remarqué aussi ? Dit Henry.
- C’est une bonne chose, mais la famille doit toujours passer en premier, ne l’oubliez jamais.
- Tu entends Junior ?
- Je le sais, mais vous père ?
- Oh arrêtez vous deux ! Dit Sophia.
- Votre fille a bien changée en tous cas, dit Indy.
- Je vous le dois en partie professeur.
- Vous ne regrettez pas l’ancienne Sophia ?
- Moi non, mais je suis sûr que vous oui.
Indy et Henry raccompagnèrent Sophia jusque chez elle.
- Où comptez-vous dormir ? Demanda t’elle.
- Nous trouverons bien un hôtel.
- Ne vous embêtez pas, venez chez moi.
- Oh non, nous ne voudrions pas…
- Allez Jones, n’essaye pas d’être modeste, ça ne te va pas du tout.
Indy fit un rictus gêné.
- D’accord.
Ils entrèrent.
- Au fait, comment saviez-vous où j’étais ?
- Eh bien, nous sommes venus ici, la porte était restée ouverte.
- Espèce de…tu a de la chance que je n’étais pas là, sinon…
- Eh ! Je ne t’ai rien pris, j’ai juste regardé la carte et la lettre dans ton salon.
- Bon, ça ira.
- Pourquoi cette photo de moi ?
Elle ne répondit rien.
- Installez vous je vais préparer le dîner.
- Je vais le faire, dit Indy.
- Toi ? Tu n’y connais rien en cuisine.
- Ca c’est bien vrai ! Confirma Henry.
- Je vais le faire, dit Sophia.
Elle s’éloigna.
- Ne me rendez pas ridicule davantage père.
Le dîner fut préparé en une dizaine de minutes, le plus simple des repas : fruits et légumes dans une belle disposition.
Au cours du repas, Sophia évoqua son père et des souvenirs d’enfance, tout le monde riait bien.
- Et je suis tombé de la balançoire. Oui vraiment, c’était très drôle !
- Père n’a jamais voulu que je fasse de la balançoire, dit Indy.
- Je ne voulais pas que tu te fasse mal.
- J’enviais tellement les autres gamins de mon âge.
- Tu n’allais jamais jouer avec eux, tu préférais passer tes journées avec le chien. Au fait, je n’ai jamais compris pourquoi tu tiens tellement à t’appeler comme lui ?
- Je l’aimais beaucoup.
- Plus que ton père apparemment.
- Père, si je…
- Messieurs ! Interrompit Sophia.
- Pardonnez-moi, dit Indy avant de quitter la table.
- je ne le comprendrais jamais, dit Henry.
- Ce n’est pas de votre faute.
- Si, justement.
La soirée tourna court, tout le monde étant très fatigué.
- Où dormirons-nous ? Demanda Indy.
- Vous n’aurez qu’à dormir dans ma chambre, j’irais sur le canapé.
- Pardon ? Moi ? Dormir avec père ?
- Allons Junior, c’est la guerre !
Indy grimaça, Henry s’assit sur le lit.
- Je prends le canapé, dit Indy.
- Non, tu es mon invité, et si tu ne veux pas m’offenser tu ira dormir là où je te le dirai.
- Mais…
- Non non non. Bonsoir.
- Sophia !
- Junior ! Viens vite j’ai besoin de toi !
Indy soupira et se retourna.
- J’arrive père.
Il aida son père à se déshabiller.
- Pardonnez-moi pour tout à l’heure.
- Je ne t’en veux pas.
- Merci.
- Je te comprends, Indiana.
Indy regarda son père dans les yeux, les deux hommes sourirent.
Indy se tourna dans le lit une fois de plus, il ne trouvait pas le sommeil. L’espace était très étroit. Et Henry qui ronflait ! C’en fut trop. Il se leva et rejoignit le salon. Au passage il remarqua Sophia allongée dans le canapé, sa chevelure rousse magnifiquement étendue sur l’accoudoir. Il la regardait avec désir. Il n’était vraiment pas resté insensible à son égard, mais elle ?
Il passa doucement devant elle.
- Toi non plus tu n’arrive pas à dormir ? Entendit-il d’une voix douce.
Il se raffermit.
- Non.
- Il fera jour dans à peu près cinq heures, d’ici là, tu a le temps d’y arriver.
- Je ne sais pas, père ronfle si fort !
- Viens plus près.
Il s’approcha d’elle et s‘agenouilla près de son visage.
- Indy, je ne te l’ai pas dit avant mais…je suis contente de te revoir.
- Vraiment ?
- Oui.
Il approcha son visage du sien, mais elle le repoussa en souriant puis en riant.
- Va t’en.
Il fit un air déçu.
- Allez va t’en.
A contrecœur il tourna les talons pour aller retrouver la chambre…et son père.