Le lendemain, il se rendit comme prévu chez Marcus.
Le conservateur de l’un des plus importants musées de New York se gardait bien de montrer sa fortune. Il habitait une maison simple comme celle d’Indy et d’Henry.
Indy frappa à la porte et attendit. Rien. Il refrappa, Marcus était sans doute encore endormi, après tout, son intelligence n’avait d’égal que sa paresse.. Indy regarda par les fenêtres, il ne le vit pas. Il frappa à nouveau en appelant. Mais que faisait-il ? Indy entreprit de tourner la poignée. La porte s’ouvrit. Étrange, pour un froussard comme Marcus. Indy entra. Il vit alors que tout était sans dessus-dessous, les appareils renversés, des feuilles éparpillées sur le sol. La maison avait été fouillée, ou bien Marcus s’était battu. Mais pourquoi ? Et surtout, contre qui ?
- Marcus ?
Indy monta à l’étage, même désordre. Il entra dans la chambre. Son regard traversa la pièce de haut en bas et s’arrêta sur le parquet. Il y avait une tâche de sang, elle continuait en fine traînée.
- Non !
Le pire était arrivé.
La police ne tarda pas à arriver sur les lieux. Le Shérif avait immédiatement lancé un appel pour retrouver le corps de Marcus, ce fut vite fait.
Le corps avait été retrouvé dans une ruelle, quelques mètres plus loin, Indy ne souhaitait pas le voir, il était déjà trop sous le choc, abattu par la mort de son ami.
- Professeur Jones ? Demanda le Shérif.
Indy releva lentement la tête.
- Oui ?
- Nous avons trouvé ceci dans une poche de sa veste, c’est adressé à votre nom.
Il tendit une lettre. Indy la prit lentement, la déplia, et lut :
« Indy,
Vas aux têtes de lions, suit le chemin des soleils et arrête-toi à la croix. »
MARCUS
Ca n’avait aucun sens ! Et Indy n’avait pas du tout envie de réfléchir pour le moment.
- Vous feriez mieux de rentrer chez vous, dit le Shérif.
- Bien. Merci pour votre aide.
Indy quitta la demeure et alla lentement rejoindre son coupé Ford. Il ouvrit la portière et tourna la tête vers la maison une ultime fois.
- Adieu Marcus.
Il partit immédiatement chez son père pour annoncer la sinistre nouvelle.
- Je… je ne peux pas y croire ! C’est impossible !
- Si père…c’est arrivé.
- Marcus…ce pauvre Marcus. Il n’a jamais rien fait à personne ! Qui a bien pû faire une chose pareille ?
- Je l’ignore totalement, mais je vous jure que je le saurai.
- Ne jure pas ! Ne jure jamais !
Henry s’asseya.
- Décidément les temps sont devenus bien sombres, dit-il.
- Vous pouvez le dire, d’abord Kurt, maintenant Marcus…mais attendez…c’est Stratner.
- Stratner ? Encore lui ?
- Il avait promis de me faire payer si je ne restai pas en dehors de ses affaires.
- Apparemment il a tenu parole !
- Père vous êtes en danger ici.
- Dans quoi t’es tu encore mis Junior ?
- Écoutez, vous devez venir avec moi.
- Je n’irai nulle part !
- Ne discutez pas !
- Junior ! Je suis ton père ! C’est à toi de m’écouter !
Indy revint tout de suite à sa place.
- Oui père.
- Si Stratner sait où je suis, ses hommes me suivront à la trace, où que je soit.
- C’est vrai, vous avez raison.
- Tu ferais mieux de chercher si Marcus n’a rien laissé qui pourrait nous aider à comprendre les circonstances de sa mort.
- Attendez…
Indy sortit la lettre.
- Il a écrit ceci à mon attention, mais ça n’a pas le moindre sens.
- Ca m’étonnerai, montre-moi ça.
Il donna la lettre.
- C’est enfantin !
- Enfantin ?
- Les têtes de lions, il m’en parlait à chaque fois. C’est son musée !
- Alors il faut y aller, venez père.
- Mais j’ai du travail !
- Allons, venez père !
- Bon, d’accord, d’accord !
Henry attrapa son chapeau.
- Mais surtout, conduis prudemment !
La voiture freina brusquement devant le musée.
- Tu va te tuer un jour avec cet engin !
- Dépêchez-vous père !
Ils entrèrent dans le musée, le gardien les arrêta.
- Je regrette professeur Jones mais…
- Nous n’en avons pas pour longtemps.
Indy relut la lettre.
- Le chemin des soleils…les Mayas.
Il entra dans la galerie Maya, remplie d’objets à l’effigie du soleil.
- La croix…la croix…quelle croix ?
- Le christianisme ! Dit Henry.
- Non, il n’y a pas de salle pour ça. La croix…
Il travers ales galeries en cherchant du regard. Et il trouva.
La croix de Coronado. Son premier trésor, sa première quête. Il appella le garde.
- Ouvrez cette vitrine.
- Je suis désolé mais…
- Faites ce que je vous dis !
Il ouvrit, Indy prit la croix et trouva un papier plié en dessous.
- Euréka ! S’exclama Henry.
Indy déplia le papier et lut :
« Je lègue mon musée à Sophia Hapgood, 8 Lincoln Street, San Francisco »
MARCUS. C. BRODY
C’était là l’unique testament de Marcus Brody.
- Sophia Hapgood, je ne pensais pas réentendre ce nom de sitôt.
Indy était revenu chez lui avec Henry, ils discutaient tranquillement assis dans le canapé du salon.
- C’est bien elle qui t’a accompagné dans ta quête de l’Atlantide ?
- Oui, après quoi nos chemins se sont séparés. Elle a due reprendre ses activités de médium.
- Encore une à qui tu a brisé le cœur !
- Pas exactement.
- En tous cas Marcus l’aimait suffisamment pour lui confier le musée, il devait vraiment avoir une grande confiance en elle.
- C’est étrange, il n’a jamais parlé d’elle pourtant, mais il n’est pas impossible qu’elle l’ai rencontré après notre aventure dans la cité perdue des Atlantes.
- Il y a des artefacts au musée.
- C’est moi qui les ai rapportés. Mais…maintenant que vous le dîtes, il y en a certains que je ne me rappelle pas avoir amené.
Henry inclina la tête en souriant, comme pour dire « tu vois ! ».
- Je dois aller la voir pour l’informer de tout ça.
- Tu a confiance en elle ?
- Sophia est la seule femme en qui j’ai réellement confiance.
Leur conversation fut brusquement interrompue quand quelqu’un frappa à la porte.
Indy se leva de son canapé et alla ouvrir, il vit deux hommes dans l’encadrure : un gros moustachu habillé d’un costume bleu et un grand maigre vêtu de gris, le genre de types qu’on ne voit que dans les films. Pourtant, Indy était sûr de les avoir déjà vu quelque part.
- Professeur Jones ? Demanda le gros.
- Oui ?
- Floyd Thomson et Harry Roselgan, services secrets de l’armée.
- C’est une blague ?
- Pas du tout professeur, nous avons besoin de votre aide.
- Nous ne nous sommes pas déjà rencontrés ?
- Peut être. Vous rappelez vous l’affaire de l’Arche d’Alliance ?
Indy frémit rien qu’en repensant à l’arche et à son terrible pouvoir, il se rappella aussi les deux hommes, c’était eux qui l’avait engagé pour retrouver l’Arche, neuf ans auparavant.
- Bien sûr, entrez je vous en prie.
- Merci.
Les deux hommes entrèrent, Henry se leva pour les saluer.
- Bonjour messieurs.
- Bonjour, vous devez être le professeur Henry Jones senior ?
- Mais oui, de quoi s’agit-il ?
- Asseyez-vous nous allons vous expliquer.
- Nous n’allons pas ressasser le bon vieux temps je suppose ? Demanda Indy en s’asseyant.
- Pas du tout. Professeur Jones, que savez-vous au sujet de la lance du destin ?
Henry et Indy se regardèrent, Indy retourna lentement la tête et dit :
- Il s’agit d’une lance fabriquée par Phinée, un roi devin de Thrace qui était aveugle et…
- Attendez, dit le gros. Il a fabriqué cette lance alors qu’il était aveugle ?
- C’est une légende, Phinée est censé avoir aidé les Argonautes à trouver la toison d’or en leur indiquant la route de Colchide après que ces derniers l’ait libéré des Harpyes.
- Attendez, dit le maigre. Vous êtes en train de dire que les Argonautes, Jason, les Harpyes, les cyclopes tout ça…tout ça est vrai ?
- Bien sûr, sinon je n’aurai pas récupéré la toison d’or il y trois ans.
- Vous l’avez récupéré ? Dit le maigre en écarquillant les yeux
- Ce n’est pas le sujet de notre discussion, interrompit le gros.
- C‘est vrai, reprit le maigre. Revenons à notre lance.
- Les grecs remportèrent de nombreuses batailles jusqu’à ce que finalement, ils la perdent au profit des Romains. Elle passa alors dans les mains de l’Empereur Tibère. Mais ayant déjà un puissant empire, il préféra envoyer la lance à Ponce Pilate en Judée pour l’aider à repousser les barbares. Seulement, Pilate refusa de se servir de la lance, craignant son pouvoir. Il la confia à Hérode Antipas avec d’autres trésors en échange d’hommes d’armée. Entre les mains d’Hérode, la lance devint un puissant symbole de pouvoir et de royauté. Lorsqu’il réentendit parler du roi des Juifs pour apprendre qu’il allait être crucifié, Hérode confia la lance au chef d’une légion de soldats romains nommé Longinus. Il le chargea d’achever le fils de l’Homme qui lui avait jadis échappé. Longinus accomplit la sombre besogne Au lieu de briser les jambes de Jésus Christ, il perça son flanc de la lance d’où aurait jailli du sang et de l’eau. Les gouttes de sang sur la lance l’aurait investie depuis de plusieurs pouvoirs légendaires.
- Quel genre de pouvoirs ? Demanda le maigrichon.
- Le pouvoir de rendre le porteur de la lance invincible et victorieux à chaque bataille.
- Et selon les divers écrits réalisés depuis, reprit Henry, le désastre qui aurait suivi la crucifixion aurait été causé par le pouvoir de la lance. Après cela, Longinus aurait été effrayé du pouvoir de la lance et l’aurait confiée à Saint Pierre. Après quoi sans savoir pourquoi ni comment, elle serait passée entre les mains des plus grands chefs d’armée de l’histoire, jusqu’à ce qu’elle soit perdue, à tout jamais.
- Erreur professeur Jones, elle a été retrouvée.
- Vraiment ? Où ? Dit Henry en bondissant de son fauteuil.
- A Nuremberg, en Allemagne, entre les mains des nazis.
Henry se rassit comme si il venait de recevoir un choc terrible.
- En Allemagne ? Mais comment a t’elle pû atterrir là-bas ? Demanda Indy.
- La lance est passée dans les mains des Habsbourg il y a des siècles de cela, après quoi Hitler en a pris possession lors de l’annexion de l’Autriche.
- Alors pourquoi ne s’en est-il pas encore servi ?
- Nous l’ignorons, et c’est bien là qu’est le danger, surtout qu’à présent il est en train de perdre la guerre. La lance représente désormais pour lui l’unique moyen de garder son empire.
- Et que venons nous faire là-dedans au juste ? Demanda Indy.
- Nous voulons que vous rameniez la lance ici, en sécurité.
- J’en étais sûr ! Et vous croyez que je vais accepter après ce que vous avez fait de l’Arche d’Alliance.
- L’Arche est en sécurité. Écoutez, vous êtes l’homme le plus compétent pour ce genre de mission. Voulez-vous nous aider oui ou non ? Demanda le gros.
- Voulez-vous voir ce monde anéanti par la seule folie d’un homme ?
Indy réfléchit quelques instants.
- Très bien. J’accepte.
- Parfait. Votre père pourra vous accompagner si il le souhaite et…
- Attendez, que ferez-vous de la lance quand vous l’aurez ?
- Nous ferons comme pour l’Arche, bonsoir messieurs, et bonne chance, le monde entier compte sur vous.
Ils partirent. Indy resta pensif. Henry posa sa main sur son épaule.
- Eh bien mon fils, nous revoilà partis à l’aventure.
- On dirait bien en effet. Préparez vos bagages, nous partons demain pour San Francisco.
- San Francisco ? Mais la lance est à Nuremberg !
- Il faut d’abord que j’aille voir Sophia, elle nous sera plus qu’utile, j’en suis sûr.