Le silence régnait dans la salle du trône.
Les écrans s’étaient éteints.
La perte de contrôle de l’impératrice avait entraîné un black-out sur toute la planète.
David s’approcha de la console de commande massive située au centre de la salle. Elle n'était pas prévue pour un humain d'un mètre quatre-vingt-quatorze. Uniquement pour une impératrice de cent mètres. Heureusement, il n'avait pas à réfléchir à la manière de résoudre ce problème morphologique. Il se contenta de scanner la console, qui s'activa d'elle-même, quelques secondes plus tard, avec un petit bouton qui clignotait d’une lumière blanche dans un coin. David appuya dessus et un hologramme miniature de Gaïa apparut.
— Vous êtes allé plus loin qu'aucune autre espèce avant vous. Félicitations.
David fut soulagé de la revoir.
— Vous avez eu raison de parier sur nous on dirait, lui répondit-il.
— Vous devez agir rapidement. Je vais envoyer le signal de rappel d’urgence à l'ensemble des vaisseaux-mères. Repartez à bord du destructeur de villes et attendez leur arrivée.
— Mais comment l'utiliserons-nous ? Il n'a plus d'énergie pour fonctionner ; comme tout ce qui se trouve sur cette planète depuis que l'impératrice a été neutralisée.
— Ce terminal l'animera, comme il a ranimé cette console, grâce au signal de contrôle hérité de la reine Terrestre qu’il contient.
— Ravi d’avoir pu vous aider à l’obtenir. Elle aura au moins fait ça de bien dans sa vie, sans le vouloir.
— Partez maintenant. Même si leur vitesse de déplacement interstellaire est inférieure à la mienne, ils seront là dans très peu de temps.
David emmena Dikembe, Bobby et E’mric’h avec lui, hors de la salle et tous les accès furent verrouillés derrière eux, tandis que la console composa et envoya d’elle-même son message.
Tous les vaisseaux-mères le reçurent sur leur fréquence prioritaire et chacune des 4 reines lut, dans sa langue : « Notre impératrice est morte. Toutes les reines doivent se rassembler sur la planète-mère immédiatement pour transfert d'autorité et désignation de l'Héritière. »
Sans attendre, chaque reine transmit le même ordre à son équipage et les quatre vaisseaux dispersés dans l’univers cessèrent leurs invasions respectives pour converger vers leur monde natal.
En traversant les couloirs lugubres de la ruche, David et les siens croisèrent des Récolteurs prostrés au sol sans pouvoir bouger, ni parler. Ils étaient dans le même état catatonique que leur impératrice.
Quand ils ressortirent à l'air libre, qui était lourd et âpre, ils en virent des dizaines d'autres, éparpillés dans tous les coins, tandis que des ingénieurs Édeniens finissaient d'installer le piège à reines, à l’aide d’un de ces remorqueurs spatiaux qui avaient la forme d’une grenouille.
Ce piège avait la forme d’une sphère de métal, similaire à Gaïa, mais noire, striée et plus imposante. David s'approcha des ingénieurs.
— Il faut partir. Vous avez terminé ?
— Oui, monsieur. Le dispositif est prêt. Il se déclenchera au signal du président Adams.
— Attendez, fit Bobby, c'est censé marcher comment ce truc-là, au juste ?
— Cette sphère projette un puissant champ de confinement qui maintiendra les reines regroupées dans la zone de la ruche centrale, jusqu'à ce que le canon du destructeur de villes ne les achèvent.
— Ce n'est pas discret vraiment, fit remarquer E’mric’h.
— N'ayez crainte, rassura l'ingénieur. Le dispositif restera caché jusqu'à son activation.
D'une commande, l'engin s'enfonça sous terre et disparut.
— Il faut reconnaître que c'est bien plus pratique que les générateurs mobiles que nous avions dépêchés en urgence à la zone 51, dit David. Bon, allez, vite, partons d'ici.
— On vous dépose ? Proposa l'autre ingénieur, aux commandes du transporteur.
— Bonne idée ! Lui répondit David. Ces engins sont tellement plus agréables en vol que les chasseurs !
Ils embarquèrent tous dans le véhicule de manutention qui décolla immédiatement pour traverser le ciel et rejoindre l’un des nombreux hangars du destructeur de villes.
Les derniers chasseurs atterrissaient et les pilotes quittaient leur cockpit pour rejoindre l'atrium où attendait Adams, impatient d'en finir, comme tous ceux qui étaient là, avec lui.
Quand David et ses hommes apparurent, ils furent aussitôt applaudis et acclamés.
Une fois arrivés devant Adams, celui-ci les salua militairement et serra la main de David.
— Bien joué, David !
— Monsieur le président.
Il s'adressa ensuite à tous les hommes et femmes qui s’étaient regroupés autour de lui.
— Félicitations à tous, pour votre courage et notre victoire. Ce que nous avons accompli aujourd'hui sera dans les mémoires de vos enfants et des nombreuses générations qui les suivront. Ce soir, nous retournerons sur Éden et vous retrouverez vos familles, en héros. Mais, avant cela, terminons le travail !
Il fut copieusement acclamé mais ne chercha pas à savourer cet instant. Il ne désirait pas la gloire, juste attribuer, à tous, le mérite qui leur revenait.
Il emprunta le monorail du vaisseau, avec David, jusqu'au poste de pilotage.
— Il n'y a plus qu'à trouver le moyen de le faire redémarrer, dit-il une fois devant la console. Vous n'avez pas la clé de contact sur vous, par hasard ?
— Eh bien, à dire vrai, pas exactement, mais...
Il brandit son terminal portable et le dirigea vers la console inerte, qui s'alluma ensuite, à la grande surprise d'Adams.
— Mais qu'est-ce que c'est que ce truc ? Demanda le président, intrigué.
— Le meilleur couteau suisse de toute la galaxie. Vous savez piloter cet engin ?
— Eh bien… Oui. Il se trouve que j’ai eu à en sortir un de l’océan Atlantique en urgence, au lendemain de votre attaque contre le vaisseau-mère, en 96.
— Les grands esprits se rencontrent... Les commandes sont à vous !
Adams s’installa sur le siège central, tapota sur l’écran devant lui et prit les commandes en mains.
Les moteurs se mirent en marche et le destructeur de villes quitta le sol noir de la planète en repliant ses pieds d'ancrage. Il s'éleva haut dans le ciel, au-dessus de la cité des Récolteurs et de la ruche centrale.
— Là-bas, dit David en désignant une cellule orageuse, dirigez-vous vers ces nuages, ils nous dissimuleront parfaitement.
— Leurs vaisseaux ne vont pas nous tomber dessus en passant ?
— Pas si on dissimule notre signature radar et thermique. En outre, l'instabilité météo extrême de cette zone les contraindra à emprunter un autre itinéraire.
— Et nous alors ? On ne va pas griller sur place avec tous ces éclairs ?
— Les boucliers en absorberont l’énergie électrique. Ils ne représentent un danger que pour les chasseurs, qui n’en possèdent pas un de puissance suffisante.
— On aurait dû penser à l’impulsion électro-magnétique, pensa Adams.
— Ils sont trop nombreux pour ça.
— Votre optimisme vous perdra, David.
L’immense soucoupe entra dans l’épaisse couche de nuages gris orageux parcourue d’intenses éclairs. Elle se stabilisa et attendit, comme tout le monde à son bord, jusqu’à ce qu’Adams voit apparaître, sur l’écran devant lui, ce qu’il espérait et redoutait tant à la fois.
— Vaisseaux-mères en approche, annonça-t-il.
Au-dessus d'eux, dans l'espace de la planète, les quatre vaisseaux, surdimensionnés quittaient leurs trous de vers interstellaires, les uns après les autres. Chacun de ces vaisseaux était différent des autres, que ce soit en dimensions ou en apparence. Toutefois, il en était un que Dylan, Jake, Patricia et tous leurs semblables, reconnurent immédiatement. Car c'était celui qui avait détruit la Terre.
Il avançait en tête des autres, c'était le plus massif de tous. Plus massif encore que la dernière fois où ils l'avaient vu. Il avait su mettre à profit l'énergie du noyau terrestre pour transformer radicalement son équipement ; avec un bouclier renforcé et, surtout, un canon principal fortement amélioré qui irait au cœur des planètes visées en moins d'une minute, sans avoir besoin de s’amarrer à leur surface désormais. L'engin de destruction ultime, qui ne laisserait aucune chance d'en réchapper.
Les trois autres vaisseaux étaient plus « petits ». Visiblement plus anciens, mais d'une apparence non moins redoutable.
À bord du destructeur de villes caché, tout le monde retenait son souffle.
— J'espère que votre plan va marcher, David, dit Adams. Nous ne pourrons jamais passer à travers ça pour nous échapper, en cas d’échec.
David ne répondit rien. Il était bien d’accord avec lui.
Bientôt, chaque vaisseau-mère éjecta une capsule circulaire qui était escortée d’une centaine de chasseurs et autres véhicules. Ces capsules ressemblaient à un minidestructeur de villes. David en avait déjà vu une similaire, dans la zone 51.
C’étaient les navettes personnelles des reines, en approche de la surface.
Les quatre disques de 10 kilomètres de diamètre chacun descendirent vers le sol sans vie de leur monde. Ils se posèrent autour de la ruche centrale, lieu décisif où se jouerait l'avenir de leur peuple.
Dans le ciel, les chasseurs, de modèle et d’apparence différents, en fonction de leur appartenance, défilaient en formation, en guise de démonstration de force de chacune des colonies.
Au sol, les transports de troupes déchargeaient les soldats qui allèrent se mettre en rang près de la navette de leur reine respective, prêts à l'accueillir et à suivre ses ordres.
Une ouverture apparut sous chacun des disques royaux. Il n’en émergea pas un rayon laser, mais les quatre reines, qui rejoignirent le sol d’un saut, grâce à leur armure qui décuplait leurs capacités.
Elles étaient toutes similaires en taille, mais différentes en apparence, avec des ornements sur leur armure et des peintures tribales, héritage des nombreuses guerres passées qui traduisait leur expérience au combat.
Elles se rejoignirent au carrefour central, devant la grande ruche qui les dominait de sa hauteur.
En regardant autour d'elles, elles virent les Récolteurs au sol, dans leur état catatonique, preuve de la mort soudaine et brutale de leur impératrice, dont elles ne sentaient plus la présence et le contrôle. Elles étaient libres. Libres de décider de la suite, en désignant celle d'entre elles qui serait la plus forte et les dominerait toutes.
Depuis le poste de pilotage du destructeur de villes, David les observait et cherchait à comprendre.
Quand il vit les reines commencer à s’agiter pour réagir à l'absence de l’impératrice qui les avait toujours contrôlées, il comprit qu'il avait oublié un élément capital, pourtant terriblement logique :
Chez les Récolteurs, il n’y avait jamais d’élection. Il n’y avait qu’un combat à mort.
Devant la ruche centrale monumentale, les quatre reines se fixaient du regard, dans une ambiance électrique. Elles se jaugeaient et s'affrontaient mentalement, se préparant à riposter à celle qui oserait lancer la première attaque.
Elle arriva bien plus vite que trois d'entre elles le pensaient, lorsque la quatrième sauta sur l'une de ses sœurs, la projetant violemment contre le sol. Elles se débattirent vigoureusement sous le regard des deux autres et de tous les soldats en cercle. Les tentacules claquaient dans tous les sens, cherchant à lacérer, sans ménagement, le moindre bout de chair biomécanique à leur portée.
La reine attaquée profita bientôt d'une tentative ratée de l'attraper pour esquiver et saisir son ennemie à son tour, avec succès. Elle enchaîna alors les coups de griffes et de tentacules, épuisant son adversaire, jusqu'à la projeter contre le sol où elle alla se fracasser lourdement sur le dos, sans parvenir à se relever ensuite.
Sans un regard, ni un geste de pitié, la reine victorieuse alla achever la perdante en transperçant le dos de son armure de l’une de ses grandes pattes pointues, l’atteignant à l’intérieur et la tuant sur le coup.
Le silence se fit, rapidement brisé par le cri victorieux de la reine, certaine de devenir la nouvelle impératrice, de fait.
Ce qui serait sûrement arrivé si l'impératrice mourante l'avait vu combattre.
Mais, ici, c'était uniquement à la libre appréciation des deux autres reines en présence et elles n'étaient certainement pas de cet avis.
La reine triomphante poussa un cri de ralliement pour que les deux autres se soumettent à elle.
Elles y répondirent par un cri de défi. Rejetant net son « offre ».
Les troupes, tout autour, s'agitèrent et se firent face.
Désemparée par cette réaction inattendue, la reine hurla son ultimatum aux autres, qui l'ignorèrent. Et ce qui devait arriver arriva.
La reine dominante ordonna à ses troupes d'attaquer et les deux autres en firent immédiatement de même.
En quelques secondes, toute la zone se transforma en un vaste champ de bataille fratricide. Chaque soldat saisissant et lacérant les siens ou tirant dans le tas, sans distinction, tandis que les reines s'affrontaient pour qu'il n'en reste plus qu'une.
Dans les airs, les chasseurs se poursuivaient et s'abattaient de partout, illuminant le ciel sombre de leurs tirs laser verts.
Dans l'espace, deux des vaisseaux-mères les plus anciens se visèrent mutuellement avec leur canon principal respectif et firent feu. Le tir de l'un fut bloqué par des chasseurs venus se sacrifier pour protéger l’autre, dont le tir atteignit sa cible, illuminant son bouclier tout en en réduisant drastiquement la puissance.
Le troisième cherchait à atteindre le plus massif d'entre eux, en vain. Chaque tentative échouait à cause de ses améliorations récentes qui le rendaient invulnérable. En représailles, il visa le vaisseau-mère de la reine défaite qui était complètement désorganisé et ouvrit le feu, le pulvérisant dans une explosion visible depuis la surface.
— Je n’arrive pas à le croire, ils sont en train de s’entre-tuer pour le pouvoir, dit David.
— Tant mieux pour nous ! Réagit Adams. Nous n’aurons plus qu’à piéger celle qui restera, ou bien, on dégommera le tout.
Leur bon espoir inattendu fut cependant de courte durée lorsqu'ils virent des chasseurs s'affronter au-dessus de la ruche centrale et abattre une canonnière qui plongea droit sur le monument insectoïde. Sous leur regard horrifié, le vaisseau lourd perfora la structure, pourtant épaisse et alla terminer sa course quelques étages au-dessus de la salle du trône, entraînant plusieurs piliers dans sa chute et l’instabilité de toute la ruche. Très vite, des étages entiers s’effondrèrent, les uns sur les autres et une partie du plafond de la grande salle vint s'écraser sur le dispositif expérimental de blocage électro-télépathique actif, le mettant en pièces.
David et Adams échangèrent un regard, comprenant que rien de bon n'allait arriver après cela.
L'impératrice reprit lentement ses esprits, enfin débarrassée de cette infâme prison mentale.
Les reines et leurs troupes cessèrent immédiatement le combat, ayant instantanément senti sa présence bien vivante. Tous se tournèrent en direction de la ruche centrale qui menaçait à présent de s'effondrer à tout instant.
L'impératrice s’était remise debout. Elle leva la tête et vit le reste du plafond de la salle commencer à se fissurer de partout. Puis elle baissa son regard vers l'appareil en miettes éparpillé au sol parmi les débris. Elle eut alors en tête l’image des intrus qui avaient provoqué tout ça. Ceux qui avaient osé la défier, sur son propre sol. Et ils étaient encore là, quelque part, en ce moment même.
Alors, elle poussa un cri de colère puissant pour libérer toute sa rage, avant de fuir la salle, qui s'écroula derrière elle.
Quelques instants plus tard, la ruche géante s'effondra sur elle-même dans un vacarme assourdissant, en faisant trembler toute la surface de la zone.
Dans le silence qui suivit, aucun Récolteur n'avait bougé de sa position. Ils étaient toujours là, à regarder les décombres noyés dans la poussière qui s'échappait lentement.
Devant ce spectacle de ruines, tout le monde hurla de joie à bord du destructeur de villes, persuadé d'en avoir terminé avec celle qui dirigeait tous les siens.
— David... L'impératrice ! Est-ce que c'est fini ? Demanda Adams.
— Si c'était le cas, nous l'aurions su immédiatement... Répondit David, plus que sceptique.
Ils se tournèrent de nouveau vers les écrans.
Au sol, la terre trembla de nouveau. Les décombres de la ruche s'agitèrent, se dispersèrent, puis se soulevèrent. L'impératrice en jaillit. Elle avait revêtue sa combinaison biomécanique, dont le bouclier l'avait protégée de l'effondrement.
David eut un très mauvais pressentiment en la voyant ainsi.
— Maman est très en colère.
Adams comprit qu’il n’y avait plus une seconde à perdre. Il contacta immédiatement l'ingénieur chargé de contrôler le piège posé au sol.
— C’est le moment ! Activez le champ de confinement !
L'impératrice s'était approchée de ses semblables, qui s'étaient aussitôt ralliés à elle, repassant sous son contrôle. À quelques mètres, le globe noir strié émergea de la surface noire, à la surprise de toutes. Il s'activa sous leurs yeux et projeta un épais dôme bleu tout autour, les coupant des soldats et des chasseurs, dont les derniers, également retenus prisonniers à l'intérieur, finirent par percuter le dôme et exploser en débris.
La réaction immédiate des reines et de l'impératrice fut d'attaquer la sphère d'énergie de toute leur force, tandis que les soldats ouvraient le feu sur le dôme depuis l’extérieur. Mais rien n'y faisait et ni le dôme, ni son générateur, ne présentèrent le moindre signe d'affaiblissement.
— Cette fois, on va en finir ! Dit fièrement Adams.
Le destructeur de villes quitta sa cachette de nuages pour descendre sur les dirigeantes piégées.
Quand l'impératrice vit le vaisseau émerger, elle fut d'abord surprise.
Adams activa la commande de déploiement de l’arme principale.
Les panneaux du ventre de l’immense disque noir s'ouvrirent lentement, laissant apparaître l’impressionnant canon annihilateur.
Ayant compris ce qui les attendait et la raison de tout ceci, les reines devinrent terrorisées, même sous l'emprise de l'impératrice, qui devait l'être aussi.
Le destructeur de villes était à présent au-dessus de leurs têtes.
Les milliers de soldats Récolteurs autour du dôme assistaient à la scène, impuissants.
Le canon était en place, pleinement déployé et prêt à faire feu.
Adams posa la main au-dessus de la commande de tir…
— Retour à l’envoyeur !
… Et appuya.
Les huit extrémités du canon émirent les faisceaux de leur énergie bleutée destructrice qui se rejoignirent et se concentrèrent en son centre.
L'impératrice fixa le canon intensément de son regard, comme si elle se concentrait de toutes ses forces également.
À bord, il y eut comme un soubresaut et brusquement, le rayon, qui était prêt à jaillir, s'évapora totalement, tandis que le canon se replia à l'intérieur du destructeur.
— Mais qu'est-ce que…
Les moteurs s'agitèrent et les commandes face à Adams s'enclenchèrent d'elles-mêmes.
Le vaisseau se mit à reculer en virant de bord pour suivre un nouveau cap choisi par son nouveau pilote : l'impératrice elle-même.