Independence Day : Payback

Chapitre 6 : Aller de l'avant

Par DarkSpielberg

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En arrivant devant la maison qui leur avait été attribuée à tous les quatre, Samantha n'en crut pas ses yeux. C’était la réplique exacte de celle qu'ils avaient dû laisser sur Terre.

Elle entra la première. La lumière artificielle se déclencha automatiquement. L'intérieur était également le même que chez elle, mais tout y était mélangé, comme dans un puzzle géant.

Il y avait un canapé sur une table, un réfrigérateur en marche, allongé sur le lit, avec une télé à l'intérieur, et une douche au-dessus des toilettes.

Gaïa s'était visiblement un peu mélangé les pinceaux en analysant leur style de vie.

Félix s'approcha d'une console, non loin de l'entrée, et se mit aussitôt à appuyer sur les différents paramètres à l'écran.

Aussitôt, la configuration des lieux changea.

La cuisine à la place de la chambre, le salon à l'étage nouvellement créé, et une piscine au milieu de la maison.

— Dément ! S'exclama Félix.

Daisy s'approcha de la piscine, dont l'eau était bien claire.

— C'est réel tout ça ? Demanda-t-elle à Sam, à côté d'elle.

— Il n'y a qu'un moyen de le savoir ! Lança une voix dans leur dos.

Bobby courut dans leur direction et bondit dans le bassin, tout habillé, les éclaboussant au passage. Il surgit de l'eau quelques secondes plus tard, extatique.

— Elle est super bonne ! Il faut absolument que vous veniez !

Sam et Daisy se regardèrent. Daisy bondit à son tour, suivie de Sam.

Tous profitèrent et s'amusèrent.

Pour la première fois depuis longtemps, Sam était heureuse.

Félix se rendit dans la pièce qu'il venait de créer. Il n'arrivait pas à le croire. Il était là, devant lui : Son PC gamer ! Il referma la porte derrière lui et s’installa confortablement dans le fauteuil pour ne plus s’en lever de sitôt.

Ginger alla poser sa patte sur le distributeur de croquettes. Il en sorti des hamburgers. Elle fut d’abord déstabilisée, puis finit par les dévorer quand même.



Catherine admirait la vue depuis le balcon. La ville s'étendait à perte de vue, avec toutes ses maisons et tours à l'apparence, à la fois humaine et extraterrestre. Au-dessus d’elle, le soleil déclinait et le ciel se parait de couleurs rosées magnifiques, très semblables à celles d’une fin de journée sur Terre. C'était paisible. Catherine n'avait pas ressenti un tel bien-être depuis longtemps.

— Je pensais que tu ne voulais pas de balcon, dit une voix derrière elle.

Elle se tourna et sourit en voyant David.

— La vue sur le désert était beaucoup moins attirante.

— Tu dis ça à cause des anneaux de cette planète ? Dit-il en montrant l'immense ceinture de glace et de poussière qui gravitait au-dessus de leur tête, tel un arc-en-ciel horizontal.

Elle rit.

— Tout cela est incroyable », dit-elle en perdant encore son regard dans le paysage.

— Ça l'est, dit-il en s’approchant d’elle. Mais Adams a raison : Ce paradis ne durera pas, tant qu'ils seront à notre recherche.

— Je sais. Et je n'oublie pas d'où nous venons. Ni ce que j'ai vu sur cet écran, comme tout le monde. Mais, pour le moment, nous sommes là. Et nous devons profiter de chaque instant qui nous est offert.

Il caressa son visage et plongea son regard dans le sien.

— Je suis bien d’accord.

Ils s'embrassèrent dans le silence de la nuit qui tombait, tandis que la ville s’illuminait comme un sapin de Noël. Ils ne pouvaient rêver meilleur moment.

— David ! T'as pas vu ma brosse à dents ?

Ils s'interrompirent et virent Julius, derrière eux, qui comprit aussitôt qu'il dérangeait.

— Oh ! Pardon ! Ça fait rien ! Dit-il, juste avant de s'éclipser.

David regarda Catherine qui se contenta de rire et l'embrasser de nouveau.



Dylan s'affairait sur son chasseur. En dehors du bouclier, qui avait encaissé la plupart des tirs, l’appareil était en parfait état de marche. Mais quelques pièces, bien éprouvées par la bataille, étaient à recalibrer, ou à changer, par précaution. Ça tombait bien, Dylan avait besoin de se changer les idées.

— Toi non plus t'arrives pas à dormir ?

Il tourna la tête et vit Jake. Il sourit et termina de sceller la pièce qu'il venait d'installer.

— Il est trop tôt pour ça, lui répondit-il.

— Ou trop tard. Je ne sais même pas l'heure qu'il est ici. S'il y a une heure.

Dylan posa l’outil qu’il tenait et s'essuya les mains.

— Tu voulais quelque chose ?

— Je passais juste voir si tu tenais le coup après tout ça. On a du mal à penser à autre chose, Patty et moi.

— J’ai du mal aussi. Mais ça va aller. On va se les faire.

— A condition de trouver le moyen de ne pas tous y rester...

— On a toujours trouvé. On trouvera encore. Faut y croire et surtout ne pas perdre espoir.

— Je sais.

Dylan se tut pendant quelques secondes, pensif, puis dit :

— Quand j'étais avec ma mère et mon chien, dans les rues en ruine de Los Angeles, avec tous ces gens morts ou ensanglantés, j'avais la trouille de ma vie. J’étais sûr que les martiens allaient finir par nous trouver et nous buter aussi. Surtout quand on s’est retrouvé ensuite à El Toro, sans savoir quoi faire, ni où aller. Et puis mon père est arrivé et il nous a sauvés.

Jake eut un regard compatissant pour son ami.

— Il a sauvé tellement plus que vous deux. Sois fier de lui, à jamais.

— Je le suis. Merci, mon pote.

Ils s’étreignirent brièvement, mais avec force. Dylan aperçut d'autres personnes, au loin, venir vers eux.

— Regarde, d'autres insomniaques.

Jake se retourna et vit Patricia, accompagnée de deux autres personnes qu'il connaissait bien : Son ami d'enfance, Charlie, et Rain Lao, la fille du défunt commandant de la base lunaire, dont Charlie était tombé amoureux, il y a deux ans. Depuis, ils s’étaient fiancés, au grand bonheur de Jake, qui considérait Charlie comme son frère.

Il courut vers lui, pour l'étreindre à son tour.

— Je t'ai cherché partout après l’atterrissage. T'étais où ?

— J'étais un peu occupé, dit-il en regardant Rain, qui réprima un rire. Mais toi, t'as mis le temps pour venir me voir. Qu’est-ce qui t’a tant retenu depuis deux ans ?

— J'étais un peu occupé, répondit Jake, trop heureux de pouvoir lui retourner la formule.

Charlie sourit et tapa sur l’épaule de son vieux camarade. Puis Jake salua Rain.

— Je suis content pour vous deux, vraiment. C'est un mec bien.

— Pour le moment, c'en est un, répondit-elle, d'un ton espiègle.

— « Pour le moment » ? » fit remarquer Charlie, d’un air faussement contrarié.

— Alors, comment ça se passe ici ? Demanda Jake.

— Oh, c'est génial ! Répondit Charlie. Ce monde est dingue ! Vous allez tous trop vous plaire ici !

— J'espère bien ! On est censé y rester un moment.

— T'en fais pas. Il y a tout ce que tu veux ici, et tellement plus encore ! C'est vraiment l'endroit parfait pour avoir des enfants !

Jake constata que Charlie n'avait rien perdu de sa subtilité.

— C'est ce que je commençais à me dire, dit Patricia, en échangeant un regard avec son mari qui n'échappa pas à Charlie.

— Si ça vous intéresse, je connais deux, trois endroits romantiques où...

— Ça ira, Charlie. Merci ! L'interrompit Jake, voyant très bien vers où il allait.

— Si on allait dîner ? Proposa Rain.

— Bonne idée, je meurs de faim ! Répondit Patricia.

Jake se retourna.

— Dylan ! Tu viens manger avec nous ?

— Non, merci, j'ai encore du boulot ici.

— T'es sûr ?

Dylan réfléchit à cette opportunité de passer un moment avec ses amis qui lui changerait réellement les idées.

— Ok, je viens !

Il courut rejoindre le groupe qui partait vers la ville.



Brackish Okun était assis à son bureau, chez lui. Il avait encore préféré travailler sur les derniers relevés des tests des armes expérimentales afin de les perfectionner encore et toujours, plutôt que de se reposer, comme l'avait pourtant lourdement recommandé Gaïa.

Mais, cette fois, la fatigue le dominait. Il n’irait pas plus loin dans ses réflexions complexes.

Il referma son carnet de notes, bourré de feuilles de toutes sortes, rajoutées au fur et à mesure de ses trouvailles, posa son stylo et se laissa retomber en arrière, dans son fauteuil.

Son regard se posa sur la photo de Milton Isaacs disposée dans le coin droit de son bureau. Son cher compagnon qui lui avait été enlevé, il y a deux ans déjà.

Il toucha l'écharpe qu'il avait autour du cou, celle tricotée avec amour par Milton et qu'il n'avait jamais quittée depuis. Même si elle était censée être un pull.

Les larmes lui montèrent aux yeux en repensant à tout ce qu'ils avaient vécu ensemble.

Leur amour, d'abord interdit, puis caché, dans la base de la zone 51. Les échanges cryptés, les rendez-vous secrets. Puis il y eut le coma de 20 ans et, à son réveil, Milton était toujours là, à ses côtés. Ils avaient enfin pu se retrouver, le temps de quelques heures, au beau milieu du retour des Récolteurs, qui finirent par les séparer pour de bon.

Le souvenir de cet amour unique ne l'avait jamais abandonné depuis.

— Tu manques tellement, mon lapin, dit-il d'une voix très émue au cadre devant lui.

Quelques instants plus tard, la voix de Gaïa s'adressa à lui, d'une voix plus douce qu'à son habitude. — Professeur, pardonnez-moi de vous interrompre. La cérémonie d'hommage aux victimes de la Terre commencera dans deux heures.

— Très bien, répondit calmement Brackish en se remettant de ses émotions. Merci.

Écoutant la voix de son compagnon dans sa tête, qui était toujours de bon conseil, il décida de mettre ce temps à contribution, pour se reposer enfin, un peu.



Les rues étaient bondées. Tout le monde avait voulu assister à la cérémonie.

Aux quatre coins de la planète, chacun attendait.

En son centre, la foule d'humains et d'extraterrestres était rassemblée en cercle, autour du mémorial bâti par Gaïa, pour l'occasion : Un immense globe doré, aussi haut qu'une arche et qui représentait la Terre, scintillant de plus de 231 millions de petits points de lumière, tels des étoiles. Un pour chaque disparu. Autour du globe, des versions miniaturisées des trois arches et des chasseurs qui n'avaient pas survécu, gravitaient paisiblement, dans l'éternité.

Le président Adams, et tous les autres chefs d'État survivants, se tenaient sous le globe, tout autour. Gaïa était devant, entre la foule et eux.

— Ce soir, nous sommes rassemblés pour saluer la mémoire de ceux qui ont donné leur vie pour rendre l'avenir possible, déclara-t-elle. Tout ce qu'ils ont été et tout ce qu'ils ont fait, ce 2 juillet 2018, ne sera jamais oublié. Tout comme vous, ils sont les parents de notre nouveau destin. Je vous demande à présent d'observer une minute de silence, en leur honneur.


Et ainsi, il n'y eut plus un bruit sur la planète. Il sembla que même les animaux s'étaient tus pour respecter ce moment solennel.


Quand la minute fut écoulée, les chefs d'État réunis autour du globe doré, se prirent par la main.

Le globe s'éleva alors dans les airs, au plus haut, pour être à la vue de tous, sur la planète.

Ses 231 millions de petits points se mirent à briller plus intensément, jusqu’à ne plus former qu’un seul éclat de lumière vive, qui changea la Terre en soleil, illuminant la nuit, sous les applaudissements de la foule.


Gaïa céda ensuite la place à Joshua Adams, qui prit la parole.

— Ce soir, nous honorons nos morts, mais nous honorons aussi la vie et l'espoir que les nôtres nous ont offert par leur sacrifice, qui ne sera ni vain, ni oublié. Ils nous ont appris à ne jamais renoncer à nous battre jusqu'à la dernière seconde, pour tout ce qui nous est le plus cher, tout ce en quoi nous croyons, ou, simplement, pour que notre prochain puisse encore voir le soleil se lever le lendemain. Nous ne gagnerons pas par le nombre. Pas plus que nous ne gagnerons par les armes, ou par une stratégie miraculeuse. Nous gagnerons grâce à ce qui fait de nous des humains : Notre capacité à nous unir, malgré tout ce qui peut nous différencier ou nous opposer, contre le pire. Notre capacité à repousser une fin, qui semble inéluctable, grâce à la force combinée de notre courage, de notre intelligence et de notre cœur. C'est notre lumière face aux ténèbres. Cessez de vous battre pour votre prochain et elle s'éteindra. Cette lumière, vous la portez tous en vous, d'où que vous veniez. Quelle que soit votre couleur de peau, votre langue, votre planète, votre religion, nous sommes tous Humains aujourd'hui. Nous sommes un seul et même peuple. Des frères et sœurs de toute la Galaxie, unis contre la menace de notre anéantissement. Ce n'est qu'ensemble que nous gagnerons cette ultime bataille pour la vie. Alors, maintenant, préparons-nous et tâchons d'en finir avec eux, une bonne fois pour toutes !


Les applaudissements et acclamations fusèrent de partout.

Adams resta quelques secondes devant le peuple acquis à sa cause, puis il les salua, d’une inclinaison de la tête, avant de céder humblement la place à l'intervenant suivant pour se rendre auprès de David.


— Beau discours, monsieur le président. Très inspirant.

— Merci, David.

— Je dois malheureusement vous exprimer mon désaccord sur un point. Aussi poétique que cela puisse être, il faudra bien plus qu'une lumière intérieure et du cœur pour reprendre l'avantage et en finir pour de bon.

— Ne sous-estimez pas ces gars. Ils sont capables de toutes les prouesses.

— Je ne les sous-estime pas. Je suis pragmatique.

— Mais moi aussi. Je suis un militaire, rappelez-vous. Je suis juste un peu plus optimiste.

— Avez-vous au moins une idée de la manière de les vaincre ?

— À vrai dire, j'espérais que vous en auriez une. C'est vous le directeur de la Défense Spatiale, après tout.

— Terrienne… Je ne suis plus vraiment dans mon élément, ici.

— Pas plus que je ne suis dans le mien à présent. Je ne suis plus le président des États-Unis d'Amérique. Nous sommes tous de simples êtres vivants qui tentent d'échapper à leur annihilation, et toute suggestion est la bienvenue.

Réfléchissant, activement, à un début de solution pertinent, David perdit son regard dans la foule devant lui. Il en vit émerger Okun, qui les rejoignit.

— Excusez-moi du retard, j’ai tellement à faire ! J'ai manqué quelque chose ? 

Le début de solution semblait s’être imposé de lui-même.

— Professeur, à quoi ont, concrètement, abouti vos recherches intensivement menées depuis deux ans ? Demanda David.

— À tout ce qu'il faut pour leur rendre la monnaie de leur pièce et leur botter le cul hors de l'univers ! Comme vous me l'aviez demandé. Pourquoi ?

David et Adam s'échangèrent un regard complice.

— Le plus simple serait que je vous montre, dit le professeur. Suivez-moi !



Quand la cérémonie fut achevée et que la foule fut dispersée, Dylan se rendit devant le mémorial, désormais redescendu au sol.

Il regarda chaque point scintillant, représentant chaque âme disparue, en s'attardant sur les chasseurs gravitant autour. Il avait connu chacun des hommes et chacune des femmes à leur bord. Il les avait personnellement formés et aidés à se perfectionner, leur faisant oublier leurs peurs et leurs traumatismes de 2016.

Aujourd'hui, il ne restait plus qu'une soixantaine de pilotes, face à des milliers d'ennemis.

Malgré le discours salutaire du président, Dylan ne pouvait s'empêcher de se demander comment ils allaient bien pouvoir y arriver. Il devait bien se l'avouer : Il avait peur. Peur d'échouer, de mourir, de condamner tout le monde à l'extermination.

Il se demanda si son père avait eu peur aussi. En tout cas, Steven n'avait jamais rien laissé paraître. Son courage et sa force de caractère, en toutes circonstances, l’avaient toujours impressionné. C'était son héros.

Il pensa fort à lui et à sa mère. Ils lui manquaient tellement. Il espérait pouvoir être aussi fort qu'eux afin de permettre la victoire finale, en sauvant le maximum de vies.

Heureusement, il savait qu'il n'était pas seul. Il pouvait toujours compter sur Patricia et Jake.

Adams avait raison : Ce n'est qu'ensemble qu'ils y arriveraient.

Il se recula du mémorial, se redressa et fit un salut militaire respectueux.

Pas de larmes, pas de chagrin.

Juste la résolution et l'espoir.



Jake attendait, dehors, contre un mur, les mains dans les poches.

Des bruits de pas lui firent tourner le regard.

Il croisa celui de Dylan qui marchait au loin pour rentrer chez lui.

Jake comprit qu'il revenait du mémorial. Il ne dit rien et se contenta de lui adresser un salut amical de la tête, que Dylan lui rendit, avant de reprendre son chemin.

Quelques secondes plus tard, la porte d'entrée s'ouvrit et Patricia en sortit.

— Oh ! Toujours là ? Fit-elle, faussement surprise.

— Charlie est à la bourre.

— C'est bien ce qu'il me semblait. Fidèle à lui-même…

— Qu'est-ce que tu fais là ?

— Je venais te chercher… Je me suis dit que, vu que je commençais à m'ennuyer toute seule et que, si tu étais là aussi, tout seul, on pourrait remédier, ensemble, à cet ennui…

Jake sourit en réalisant ce qu’elle suggérait.

— Mais… si Charlie s'amène ?

— Eh bien, il attendra son tour… Répondit-elle, d’une voix douce, en lui déposant un doux baiser, avant de rentrer dans la maison.

Sans attendre plus longtemps, il la suivit à l'intérieur, en prenant soin de bien refermer la porte derrière lui.







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