Independence Day : Payback

Chapitre 2 : Une journée presque banale

Par DarkSpielberg

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Dans la petite ville de Rachel, au Nevada, David Levinson se réveillait, alerté par la sonnerie de son maudit réveil, qu'il éteignit aussitôt.

Et, comme chaque jour depuis deux ans, il ne se réveillait plus seul.

A ses côtés, Catherine Marceaux, la psychiatre Française qui avait autrefois partagé une aventure avec lui, et qui en partageait à présent une autre (bien plus prometteuse), émergea en grommelant.

— J'étais en train de faire un super rêve, dit-elle.

— Je ne devais pas en être, alors.

— Tu es bête, lança-t-elle en riant.

Il l'embrassa, tandis qu'elle gardait les yeux fermés. Elle ressentit un frisson de plaisir qui la fit sourire et se sentir bien.

— Tu es prête à retrouver ton père ce soir ? Demanda-t-elle.

— J'aurais peut-être encore besoin d'une séance, Docteur.

Elle rit encore.

— Reconnais que vos relations se sont énormément apaisées depuis que je suis revenue dans ta vie. — C'est vrai et ce n'était pas une mince affaire. Mais tu as accompli un autre miracle.

— Lequel ?

— Tu m'as appris à ralentir et à profiter de l'instant présent. Moi, le nerd hyperactif… Qui va être en retard au boulot s'il continue à jouer les Roméo ! Conclut-il en voyant l'heure.

Il se leva pour se diriger vers la salle de bain. Catherine s’amusa intérieurement de cette énième phrase incohérente qu’il venait de prononcer, puis rabattit le drap sur elle, pour se rendormir.

Une fois préparé, David descendit rejoindre la cuisine ouverte sur la salle à manger, afin de préparer le petit déjeuner.

Il saisit la télécommande pour allumer la télévision. N’importe quel modèle actuel se déclenchait à la voix, ou à la détection de présence, mais David préférait garder le contrôle autant que possible.

Tandis qu'il se préparait un jus d'orange bien frais, il regarda les informations.

« Les préparatifs pour la cérémonie du 4 juillet sont fin prêts. Après les ultimes répétitions aériennes de ce matin, le public pourra commencer à arriver et prendre place pour ce qui s'annonce, déjà, comme un événement hors du commun ! En effet, le président Joshua Adams, a choisi de mettre en avant les nations terrestres et extraterrestres, pour les remercier de leurs efforts durant ces deux dernières années, afin que les Arches Exodus soient bâties en un temps record et permettent d’évacuer l'ensemble de la population. Adams, élu en novembre dernier sur son programme d'évacuation interstellaire, s'apprête donc à donner le coup d'envoi de l'ultime Jour de l'Indépendance Américaine, en tout cas sur Terre ! »

David avala d'un trait son verre de jus d'orange.

Il devait bien admettre qu'Adams avait admirablement bien géré la situation et tenu compte de ses conseils. Comme il lui avait dit en face, juste après la mort de la Reine, dans la Zone 51 : La planète ne survivrait pas à une autre attaque. Les forces de défense terrestres étaient, à présent, largement insuffisantes en nombre et le forage créé par le vaisseau-mère de 2016 avait presque atteint le noyau de la Terre. La seule chance de survie résidait à présent dans l'évacuation.

David ne pouvait que se réjouir que la majorité des Américains aient portés leur vote sur Adams, plutôt que sur son adversaire qui voulait que tout le monde reste sur Terre et attende donc, bien sagement, de se faire éliminer pour de bon. Comme quoi, l’Être Humain est encore capable de bon sens…

Le téléphone de David se mit à sonner dans sa poche. Il le sortit et en regarda l'écran : C'était Julius, son père.

— Salut, papa.

— David ! Content de savoir que tu as réappris à répondre au téléphone !

— Tu sais bien que j'ai mon propre rythme… Qu'est-ce qui t'amène ?

— Oh, rien de particulier, je voulais juste prendre des nouvelles de mon fiston.

— Arrête, tu n'appelles jamais par hasard.

— Mais si, je t'assure !

— Papa…

— Bon… Depuis le départ des petits Blackwell de la maison, il y a deux semaines, j'ai le cafard tout seul ici, à Pahrump.

— Tu sais que c'est mieux comme ça. Et puis Sam veille sur eux.

— Je sais, je sais. Mais c'est dur, ils mettaient de la vie. Bref, assez parlé de moi. Comment ça se passe avec Catherine ?

— Pas de changement. Ça se passe bien. Ça se passe même très bien.

— Parfait !

— Pour tout te dire, papa, j'envisage de la demander en mariage.

— En mariage ? David ! Mais c'est une excellente chose ! Vas-y, mon fils, fonce !

— Merci, papa. Tu sais, j'ai mis le temps à me remettre du décès de Constance. Mais, maintenant, je sens que…

Il vit Catherine descendre les marches, quelques mètres plus loin.

— … Je dois raccrocher ! À ce soir, papa.

— David ? Mais que… Répondit la voix de Julius, dans l’incompréhension.

David raccrocha et regarda Catherine avec un sourire affectueux, qu'elle lui rendit aussitôt.


Ginger, le petit Terrier téméraire, bondit sur le lit de Samantha pour la réveiller.

Ce qui fut un grand succès, une fois de plus. La jeune femme grommela et ouvrit les yeux sur son réveil, qui n'avait visiblement pas sonné à l'heure prévue.

Elle bondit hors du lit pour se préparer à toute vitesse, puis débarqua en trombe dans le couloir, pour aller réveiller sa petite sœur.

— Debout, Daisy, on est à la bourre !

— Mmmm... TU es à la bourre !

— Grouille ! Dit Sam en arrachant la couverture pour forcer Daisy à se lever.

Elle se rendit ensuite dans la chambre de son petit frère, Félix, plongé en pleine partie de jeu en ligne.

— T'es sérieux là ?

— Ben quoi ? Je t'attendais !

— T'aurais pu me réveiller !

— Et perdre la première place ?? Tu rêves !

Elle soupira et descendit à la cuisine pour se préparer quelque chose en vitesse.

Il ne restait qu'une canette de Coca et des restes du repas de la veille au réfrigérateur.

Félix avait encore oublié de faire les courses… Et elle aussi.

Elle regrettait vraiment que Bobby soit parti rejoindre l'armée. Il avait l'autorité nécessaire pour gérer plus efficacement Félix et Daisy. Mais elle parvenait quand même à s’en sortir, en y laissant juste davantage ses nerfs.

Samantha ouvrit la canette de Coca et la porta à ses lèvres. Avant d'avoir pu boire la moindre gorgée, on sonna à la porte. Elle ragea intérieurement, rejoignit l'entrée et vit Daisy, avec son sac de collégienne à la main, ouvrir la porte derrière laquelle se trouvait le grand type désarticulé qu’elle avait aperçu de loin, depuis un bus scolaire conduit par Julius, en plein désert du Nevada, deux ans auparavant.

— Bonjour, Monsieur Levinson ! Lança joyeusement Daisy.


Ils s'installèrent dans la Tesla Y garée devant la maison. David se plaça à côté de Sam, qui conduisait.

— Merci de me dépanner, dit-il. D'habitude, c’est Catherine qui m’amène, mais elle a un congrès aujourd'hui.

— Pas de problème. Entre voisins, on s'entraide. Et puis, c'est toujours un immense privilège que d'être le chauffeur du Directeur David Levinson de la Défense Spatiale Terrienne !

— … Qui n'a toujours pas son permis…

— Daisy ! Fulmina Sam.

— Oui, eh bien, on peut sauver la planète deux fois et avoir peur de conduire, répondit David, visiblement gêné.

Ils déposèrent Daisy au collège, qui les salua de la main, et reprirent la route.

— Comment va Julius ? Demanda Sam.

— On a parlé ce matin. Vous lui manquez terriblement.

— Oh, il me manque aussi. La maison est géniale, mais, sans lui, ce n'est pas pareil.

— Il pense à vous tous les jours. J'en suis presque jaloux…

— Il a été si gentil de nous recueillir jusqu'à ce que la situation s'améliore. C'est le grand-père que j'aurais toujours voulu avoir.

— Je sais, et ça le touche beaucoup. Il sait ce que ça fait de perdre quelqu'un de très proche. Quand ma mère est morte, il est resté inconsolable pendant un long moment. Et pourtant, il a tenu bon. Pour moi.

— Comme j'ai tenu bon pour Daisy, Félix et Bobby à la disparition des parents.

— Il seraient fiers de toi. Comme l’est Julius et comme je le suis.

Il vit qu'elle avait les larmes aux yeux.

— Je suis heureuse de vous avoir, dit-elle, d’une voix émue.


Jake et Patricia arrivèrent en vue de la base aérienne Biddle, située au nord de Philadelphie.

Chacun se posa, en douceur, sur la piste d'atterrissage attribuée, puis coupa ses moteurs et retira son casque avant de s'extirper de son aéronef et descendre la rampe menant au sol.

— Encore une journée bien remplie ! Ou une matinée ? Je suis perdu avec ces fuseaux horaires.

— Il est midi, Einstein. L'heure de déjeuner et aussi de prendre ma revanche contre toi !

— Mais je sais, je te faisais marcher. En fait, j’ai fait en sorte de nous laisser tout l’après-midi de libre, juste pour te laisser un tas de chances et je suis même pas sûr que ça suffise !

Elle lui tapa l'épaule, il rit et elle aussi.

En approchant des bâtiments de la base, Jake remarqua une silhouette familière qui semblait les attendre.

— Dylan ! S'exclama-t-il.

Ils coururent saluer leur camarade.

— Ça fait plaisir de te voir !

— Ouais, moi aussi !

— Je croyais que t'étais pris dans les préparatifs de la cérémonie, dit Patricia.

— Ben j'ai dit que j'étais pris ce soir. Là, j'ai un peu de temps avant d’y aller. Du coup, je me suis dit que j'allais venir jouer les trouble-fête.

— En fait, je crois que tu vas surtout jouer les soutiens. Elle va en avoir besoin.

— Soutien pour quoi ?

— Il m'a battu de trois points au flipper, l'autre soir, à Nairobi. Je tiens à récupérer mon titre !

— T'as osé faire ça ? Mec ! Tu vas te dérouiller ! Je te le dis, la reine alien, c'était que dalle à côté !


Ils passèrent, tous les trois, l'heure du déjeuner au bar du coin, heureux de célébrer leurs trop brèves retrouvailles. Même si, à la surprise générale, ce fut Dylan qui battit ses camarades aux fléchettes, à défaut d’avoir un flipper sous la main. Beau joueur, il paya sa tournée aux autres.

Ils rentrèrent à la base ensuite.

— Allez, je vous laisse, la cérémonie ne va pas se faire toute seule. Profitez de votre perm, on se retrouve à Washington demain !

— Bye, Dylan ! Saluèrent Jake et Patricia.

De dos, Dylan les salua de la main en s'éloignant, au loin, vers son appareil.

— Que va-t-on bien pouvoir faire de toutes ces heures de libres ? Demanda Jake d'un ton très sous-entendu.

— J'ai ma petite idée… Suis-moi... Lui intima Patricia.


Elle s'affala sur le lit de la chambre.

— Sérieux ? Tu vas pioncer ? Dit Jake, déçu.

— On a traversé six fuseaux horaires, Jake, je suis crevé.

Il soupira trop peu discrètement et s'allongea à côté d'elle, regardant en l'air.

— Elle est encore loin la vie dont on avait rêvé. Passer chaque jour à la maison en élevant nos enfants…

— On a la maison, ça fait la moitié du chemin.

— C’est vrai qu’elle est pas si mal en fin de compte.

— Tu vois, t’as eu raison de te fier à moi…

— Ça t’embête pas plus que ça de rentrer au minimum un jour par mois ? De toujours être ailleurs ?

Patricia se tourna vers lui.

— Je suis là où je veux être, Jake, avec toi, et c'est tout ce qui compte.

Il sourit et l'embrassa tendrement.

— Par contre… Pour les enfants, ça va demander du temps et des efforts… Poursuivit-elle en se pinçant les lèvres.

Jake reçut le message cinq sur cinq.

— Ça tombe bien : Du temps, on en a tant qu’on veut !

Ils rirent et s'enlacèrent pour partager leur amour, plus intensément encore.


Les portes de la zone réservée au personnel de niveau 5 s'ouvrirent et David entra dans le long couloir. Il salua ses subordonnés, qu'il croisa en chemin, puis son assistante, Jessica, et rejoignit enfin son bureau, pour se laisser tomber dans son fauteuil.

Comme il détestait cet endroit ! La vie de bureau n'avait jamais été faite pour lui. Elle lui rappelait son passé de technicien du câble, sous les ordres de Marty, l’hypocondriaque (Dont il avait dû indirectement hériter de son hyperactivité). Il s’était passé tellement de choses depuis ! Le technicien était devenu le directeur de la Défense Spatiale Terrienne chargé, ni plus, ni moins, de la sauvegarde de l’Humanité. Ce qui, ironiquement, était une mission qui lui convenait très bien, étant donné qu’il aimait réfléchir vite et anticiper. La vie avait toujours été, pour lui, une partie d'échecs permanente.

Sa ligne interne sonna. Il répondit.

— Dîtes-moi que vous avez de bonnes nouvelles à m’annoncer, Jessica.

— J'ai le docteur Okun en ligne pour vous.

David grommela.

— Affichez-le ici, merci.

L'image du scientifique excentrique apparut sur un grand écran de l'autre côté de la pièce. Malgré le fait qu’il se trouvait à des milliards d’années-lumière, la transmission était excellente. La technologie de la sphère extraterrestre était vraiment hors du commun.

— Salut Brackish. Comment ça avance ?

— À merveille ! Nous avons fait des progrès spectaculaires sur la portabilité de l'atome en fusion ! Il me tarde vraiment de procéder aux essais !

— Attention tout de même, ce serait bête qu'ils annulent toute cette opération juste à cause d'un petit holocauste nucléaire…

— Oh ne vous inquiétez pas pour ça ! Je suis le plus qualifié pour ce genre de chose ! Mon Doctorat en atteste, avec mention, qui plus est… Honorable… Bref, nous avons tout un arsenal fin prêt ici et qui n'attend plus que vous !

— Excellent travail. Le président sera ravi. Continuez comme ça.

— Vous arrivez tous bientôt à ce qu’on dit ?

— Dans environ six semaines.

— Nous avons tous hâte de vous revoir ici ! Ou de vous voir. Tout le monde est prêt ! On n'attend plus que vous pour aller leur botter le cul !!


À un étage inférieur de l'immense complexe, situé dans la zone 51, Samantha était à son poste et étudiait les relevés des balises de surveillance disposées autour de la Terre et des planètes voisines.

Ces balises avaient été réalisées grâce à la technologie de la sphère extraterrestre. Leur flux de données était consultable directement depuis la Terre. Plus besoin d’établir des avant-postes Humains pour étudier et transmettre les données. Ce qui représentait un gain de temps, de moyens et d’hommes considérable, dans un moment où ces ressources, vitales pour l’avenir de l’Humanité, étaient redirigées pleinement vers le plan d’évacuation global.

Samantha était les yeux et les oreilles de la planète à elle seule. Elle était censée repérer le moindre signe du retour des envahisseurs. Dans les faits, elle passait surtout son temps à traiter les innombrables faux positifs relevés par les balises. L’équivalent du chat qui passe devant la caméra du jardin réglée en mode hypersensible, mais à l’échelle du système solaire entier.

Elle devait ce poste à David, qui avait placé toute sa confiance en elle, la prévenant bien que ce travail ne serait excitant qu’une journée sur toutes les autres, mais que ce serait la journée la plus décisive pour l’avenir de l’Humanité. Pas de pression !

En tous cas, cette journée était aussi banale et ennuyeuse que les autres. Du moins, jusqu’à ce qu’un signal d’alerte n’apparaisse sur l’écran devant elle pour attirer son attention.

Une balise avait brusquement cessé d’émettre sur Hyperion, l'une des lunes de Saturne.

En consultant attentivement les relevés antérieurs de la balise, Sam comprit rapidement qu'il ne s'agissait pas d'une panne ordinaire, logicielle ou mécanique. La balise semblait avoir été brusquement arrachée du sol par un phénomène atmosphérique anormal de très haute intensité.

Son écran afficha, soudain, une autre perte de signal, en provenance de Mimas, la lune voisine. Là aussi liée à un phénomène atmosphérique. Ça ne pouvait pas être une coïncidence.

Anticipant une éventuelle troisième déconnexion dans le secteur, elle chercha à consulter le flux de la balise sur Rhéa. Mais elle se rappela que Rhéa n’existait plus. L'avant-poste avait été détruit par le vaisseau-mère extraterrestre, qui avait surgi d'un trou de ver, pile à cet endroit, en 2016.

Le souvenir de ce dernier élément déclencha en elle un très mauvais pressentiment.

Elle se connecta à la balise suivante, positionnée sur Iapetus, et en afficha le flux en direct.

Ce qu'elle vit bloqua net sa respiration.

Elle bondit immédiatement hors de sa chaise pour aller interpeller sa supérieure.


David se trouvait face à une page blanche ouverte sur son ordinateur, essayant, en vain, de trouver les mots du discours qu'il aurait à prononcer, devant tout le monde, le 4 juillet.

Lui qui avait pu identifier le signal des envahisseurs venus d’un autre monde et le retourner contre eux, avec un virus de son invention, se retrouvait tétanisé par une injonction bureaucratique.

Son assistante fit brusquement irruption dans son bureau, à son très grand étonnement.

Il vit tout de suite qu’elle avait l’air angoissée.

— Jessica ? Quelque chose ne va pas ?

— Monsieur, vous… Vous devez voir ça !

Elle connecta, sur l'écran géant, la clé de données que lui avait remise la supérieure de Samantha et une image familière, dont se serait bien passé David, apparut.

L'image du vaisseau-mère monumental qui avait presque failli anéantir la Terre, deux ans auparavant.

Il sortait d’un trou de ver qui aspirait tout autour de lui et avançait, lentement, vers les planètes voisines.

Vers eux.

L’image se dégrada rapidement ensuite. La balise de surveillance fut arrachée du sol et engloutie, en même temps que l’ensemble de la lune de Saturne, par le trou de ver qui s’était considérablement agrandi pour laisser sortir l’immense vaisseau hostile.

Le signal fut perdu.

David déglutit.





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