Les Chroniques de Methos

Chapitre 5 : Partie I: Le dernier chevalier - Chapitre 5: Impromptu

3161 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 21/02/2021 18:11

Avril 2002, Paris, France

           Les jours puis les semaines passèrent. Bien qu'occupée à faire la promotion de son livre et à organiser sa prochaine expédition en Éthiopie, Émilie avait l'impression de vivre dans un rêve, et Adam y était pour beaucoup.

           Une fois passé le premier choc, elle éprouvait le plus grand plaisir à lui poser toutes sortes de questions sur les diverses époques auxquelles il avait vécu et l'Immortel se faisait toujours une joie d'y répondre. La jeune femme apprit ainsi que Louis XIV avait bel et bien fait emprisonner son frère trois jours à la Bastille pour une histoire de robe et que contrairement à l'idée reçue, Pépin le Bref était ainsi nommé non pas en raison de sa taille, mais de son attitude laconique.

          Les deux tourtereaux passaient également beaucoup de leur temps libre au Blues Bar, où ils retrouvaient les trois amis de l'Immortel. L'anthropologue ne se rappelait pas s'être jamais autant amusée et pour la première fois, elle avait trouvé une confidente en la personne d'Amanda.

           Car il restait de nombreuses questions suspendues à ses lèvres sans que la jeune femme n'ose les prononcer devant son compagnon :

-Je me demandais... commença-t-elle prudemment un jour alors qu'elles prenaient un café non loin de la Tour Eiffel, combien d'enfants tu avais eu au cours des siècles ?

-J'ai eu un fils adoptif, Kenneth, répondit l'Immortelle, le regard lointain. Il avait dix ans lorsqu'il est devenu Immortel, alors je l'ai pris sous mon aile. Mais quand il a essayé de tuer Mac, j'ai malheureusement dû le rayer de mon testament.

-Et combien d'enfants as-tu mis au monde ? questionna encore l'anthropologue.

-Aucun, trancha Amanda, comme si elle venait de reprendre ses esprits.

-Pas un seul ? s'étonna l'anthropologue. Mais les méthodes de contraception...

-C'est l'inconvénient d'être Immortelle, expliqua Amanda sur le ton de la confidence. Nous ne pouvons pas concevoir.

Émilie étouffa une exclamation de surprise et détourna le regard.

-Il ne faut pas que ça te mette mal à l'aise, insista l'Immortelle. En plus de mille ans, j'ai fini par me faire à cette idée.

Émilie esquissa un sourire gêné, les yeux toujours baissés sur sa tasse à moitié vide.

-Oh, fit Amanda, qui venait de comprendre. Tu penses à Adam, c'est ça ?

L'anthropologue hocha la tête, les joues tellement brûlantes qu'on aurait pu y faire cuir des œufs.

-D'un côté, je trouve ça bien qu'il n'ait pas des centaines de descendants disséminés partout dans le monde, avoua-t-elle, honteuse. Mais d'un autre côté, ça veut dire que...

Elle s'interrompit, la gorge trop nouée pour parler.

-Que vous ne pourrez jamais avoir d'enfant ensemble ? termina Amanda d'un ton compatissant. C'est si sérieux que ça entre vous ?

-Non ! s'exclama Émilie d'une voix un peu plus forte et aiguë qu'elle ne l'aurait voulu. Mais...

-Ça pourrait le devenir ? devina l'Immortelle. Émilie, ajouta-t-elle d'une voix douce, tu ne devrais commencer à te poser ces questions que lorsqu'elles seront vraiment d'actualité. Tu pars en Éthiopie dans trois mois, tu n'as pas le temps pour avoir un bébé.

-Tu as raison, approuva la jeune femme. C'est stupide.

-Ce n'est pas stupide, la rassura Amanda. Au contraire, c'est naturel. Tu ne peux rien faire contre l'instinct maternel.

-Et toi, comment tu fais ? questionna l'anthropologue.

-Eh bien, pour être honnête, j'évite d'y penser, confia l'Immortelle en haussant les épaules.

Il y eut un moment de silence pendant lequel Émilie se maudit intérieurement d'avoir évoqué le sujet.

-Au fait, reprit Amanda d'un ton joyeux, c'est soirée karaoké ce soir au Blues Bar. Ça fait des mois que j'essaie de convaincre Joe !

Elle affichait cet air enfantin qui semblait ensoleiller la pièce.

-Allez ! encouragea-t-elle. On va bien s'amuser !

Comprenant que l'Immortelle n'accepterait aucun refus, l'anthropologue finit par capituler.

 

           Les deux femmes rejoignirent leurs hommes, qui tenaient compagnie à Joe au Blues Bar. De toute évidence, le tenancier se demandait encore ce qui l'avait pris de céder aux caprices d'Amanda.

-Le karaoké, c'est tellement ringard ! maugréait-il.

Mais contre toute attente, la salle se remplit aussi rapidement que les soirs de concerts, et Joe dut admettre qu'Amanda avait raison. Émilie consulta la liste de titres et un large sourire apparut sur son visage.

-Je reviens tout de suite, glissa-t-elle à l'oreille d'Adam.

-Ne me dis pas que tu veux chanter quelque chose ? s'amusa-t-il.

Sans lui donner de réponse, elle se dirigea vers le DJ et quelques minutes plus tard, elle fut appelée à monter sur scène.

           

« J'aimerais tant être au pluriel

Quand mon singulier me rogne les ailes

Être une star en restant anonyme

Vivre à la campagne mais en centre-ville

Effacer mes solitudes

Oui mais sans famille et sans habitude

Blanche princesse, entraîneuse à Bangkok

Sage philosophe et puis chanteur de rock

Brûler mes nuits, noyer mes jours

Être fidèle à des milliers d'amours. »[1]

 

           La jeune femme avait une voix agréable bien que peu puissante, et elle chantait juste. Elle connaissait la chanson par cœur et n'avait pas besoin de lire le prompteur. Adam se sentit rapidement visé par les paroles, mais il comprit rapidement qu'Émilie parlait autant d'elle que de lui :

 

« Vivre sa vie, rien que sa vie

Crever d'envie, un petit tour et fini

Ça fait trop mal, c'est pas moral

Vivre même à demi, tant pis, mais vivre cent vies ! »[1]

 

           Épatés par sa performance, Amanda et Mac lui lançaient des sifflements d'encouragement tandis que Joe l'observait d'un air appréciateur. Lorsque le morceau arriva à sa fin, Émilie descendit de scène sous les applaudissements.

-Je ne savais pas que tu savais chanter comme ça ! s'écria Adam, le regard brillant de fierté.

-Je t'ai dit que ce qui me manque le plus en expédition, c'est la musique, rappela-t-elle en s'asseyant à leur table. Même avec une valise remplie de piles, je ne peux pas apporter de baladeur avec moi dans la brousse. Alors je chante à la place.

Elle but une gorgée de panaché pour se désaltérer.

-En général, les gens aiment bien quand je chante, reprit-elle. Surtout les enfants.

À ces mots, son regard croisa alors celui d'Amanda. Leur conversation de l'après-midi pesait encore comme un poids dans sa poitrine. L'Immortelle avait raison, pourtant : elle n'avait pas de place dans sa vie pour un bébé.

           « Parce que c'est toi je voudrais un jour un enfant, et non pas parce que c'est le moment »[2], avait chanté Axelle Red. Émilie savait à présent ce que la chanteuse belge avait voulu dire.

-Je reviens tout de suite, dit-elle en se levant.

Elle prit alors la direction des toilettes, bien qu'elle n'ait pas d'envie pressante. Pour la première fois depuis qu'elle avait rencontré Adam, elle avait envie d'être seule.

-Je crois bien que j'ai fait une bêtise, lâcha Amanda d'un air coupable dès que la jeune femme fut hors de vue.

Les trois hommes la dévisagèrent avec méfiance.

-J'ai... J'ai dit à Émilie que les Immortels ne pouvaient pas avoir d'enfants, expliqua-t-elle d'une voix hésitante. Je crois qu'elle a du mal à l'encaisser...

Le visage de Methos s'était décomposé. Son regard n'avait plus rien de pétillant, au contraire, il semblait lancer des éclairs.

-C'est elle qui a commencé ! se défendit Amanda en se tortillant sur son siège, mal à l'aise. Elle m'a demandé combien d'enfants j'avais déjà eu et je lui ai expliqué que je ne pouvais pas en avoir, comme tous les autres Immortels. Je ne m'attendais pas à ce que ça la touche à ce point, ajouta-t-elle avec sincérité. Je croyais qu'elle était le genre d'aventurières qui ne veulent pas s'encombrer d'une famille. En plus, tu as dit que tu ne voyais pas l'intérêt d'avoir des enfants... Je trouvais que vous alliez plutôt bien ensemble, du coup...

Ne pouvant en entendre davantage, Methos se leva et prit à son tour la direction des commodités. Il ne pouvait pas entrer dans les toilettes des dames, mais attendit patiemment que la jeune femme en ressorte. L'apercevant adossé au mur en face de la porte, elle lui adressa un sourire et s'avança vers lui.

-Est-ce que ça va ? demanda-t-il d'un air inquiet.

-Bien sûr ! répondit-elle.

Elle se hissa alors sur la pointe des pieds et l'embrassa.

-Et toi, tu chantes quelque chose ? questionna-t-elle tandis qu'ils regagnaient la salle main dans la main.

-Oh non, soupira-t-il. Si tu ne veux pas qu'il pleuve demain, il vaut mieux que je m'abstienne !

 

***

 

Avril 2002, eaux territoriales françaises

           Au même instant, accoudé au bastingage du ferry, le jeune homme du monastère regardait la côte normande se rapprocher tandis que le jour déclinait à l'horizon. Il y avait de nombreux siècles qu'il n'avait plus pris le bateau, ni n'était monté à cheval. En fait, cela faisait près de mille cinq cent ans qu'il n'avait pas quitté l'abbaye de Downside. En sécurité sur le sol sacré, il avait vécu parmi les bénédictins. Ils avaient gardé son secret, sachant qu'il devrait un jour, tôt ou tard, affronter sa destinée.

        Dans les quelques semaines écoulées depuis son départ, l'homme n'avait réussi à glaner que de vagues indications pour poursuivre sa quête, mais il était pratiquement certain qu'elles étaient fondées. L'abbé avait raison, cependant : le monde avait beaucoup changé, et il avait déjà rencontré beaucoup de difficultés pour arriver jusque sur ce bateau. Tout avait été tellement plus simple, à son époque ! Quant à celui qu'il cherchait, il était peut-être parti depuis bien longtemps, mais il lui fallait bien commencer quelque part.

 

***

 

Avril 2002, Paris, France           

           Deux jours passèrent sans que Methos ne puisse constater le moindre changement dans le comportement d'Émilie. Il avait craint que la révélation de sa stérilité puisse avoir une influence néfaste sur la manière dont elle le percevait. Si c'était le cas, elle n'en laissait rien paraître. Loin d'avoir oublié, l'anthropologue avait simplement décidé d'écouter le conseil d'Amanda et de se concentrer sur l'instant présent.

           « Suspendu dans l'air du temps, il ne dispose simplement que d'un très court moment sur terre. L'instant présent a des œillères »[3], avait chanté Aznavour.

           Et la préoccupation première d'Émilie, à ce moment précis de son existence, c'était le séminaire sur l'anthropologie de terrain qu'elle devait tenir à l'Université de Nanterre, le lendemain.

-Tu vas très bien t'en sortir, ne cessait de lui répéter Methos d'un ton encourageant.

Ils étaient assis à la table du petit déjeuner dans l'appartement de l'Immortel. Lui aussi vivait dans un studio d'une seule pièce, mais le sien était beaucoup plus spacieux et lumineux que celui de l'anthropologue, et au moins, il pouvait se tenir debout sans se cogner la tête contre le plafond.

-Il ne faut pas que je me plante devant Antoine, ruminait la jeune femme en beurrant sa tartine d'un geste énergique.

-Ce qu'il pense de toi est si important que ça ? s'étonna l'Immortel, quelque peu vexé.

-Oui, avoua Émilie d'un ton rageur. Je veux qu'il se morde les doigts de m'avoir laissée partir.

-Et si ça marche, qu'est-ce que tu fais ? questionna Methos d'un air féroce. Tu le reprends ?

-Bien sûr que non ! s'exclama l'anthropologue.

-Donc, récapitula Methos, si je comprends bien, tu veux juste qu'il souffre par pur esprit de vengeance ?

-Euh... hésita la jeune femme. Oui.

L'Immortel éclata de rire et la dévisagea d'un air plus amoureux que jamais.

-Rappelle-moi de ne jamais te décevoir.

Il lui prit la main quelques minutes, puis la jeune femme se dégagea de son étreinte.

-Il faut que j'y aille, dit-elle en se levant. J'ai rendez-vous à l'ambassade d'Éthiopie avec le sous-secrétaire d'État aux Affaires Étrangères.

-Tu en connais, des gens importants, la taquina Methos.

-Ce n'est pas moi qui ai changé les couches de Jésus, souligna-t-elle avec un sourire malicieux.

Elle attrapa sa sacoche et son manteau, puis l'embrassa.

-À plus tard ! lança-t-elle avant de sortir de l'appartement.

 

***

 

           L'homme du monastère était finalement arrivé jusqu'à Paris, où il espérait trouver des réponses à ses questions. L'une de ses sources entretenait une correspondance avec un professeur d'Histoire de l'Université de Nanterre, et l'homme décida de commencer par là. Le professeur l'écouta parler, les sourcils froncés par la concentration, les index joints posés sur les lèvres.

-Je suis loin d'être un expert dans ce domaine, dit-il finalement. Mais votre idée me rappelle la théorie qu'avait détaillé l'un de mes anciens étudiants dans l'un de ses devoirs. Par un heureux hasard, il se trouve qu'il s'est fait un métier de conseiller les écrivains tels que vous, et j'ai même ses coordonnées. Attendez un peu...

Il feuilleta son répertoire – un épais carnet d'adresses relié de cuir noir – puis poussa une exclamation de triomphe contenu lorsqu'il trouva le nom qu'il cherchait.

-Je vais l'appeler pour vous, proposa-t-il.

L'homme hocha la tête et attendit. Le professeur discuta un moment avec son ancien étudiant tout en fouillant une liasse de papiers. Il en tira un de la pile – une brochure pour un quelconque séminaire d'anthropologie – et griffonna quelque chose au dos avant de raccrocher.

-Vous avez rendez-vous cet après-midi à quinze heures à cette adresse, déclara le professeur en lui tendant le morceau de papier.

-Merci, dit l'homme un ton appréciateur. Comment se nomme ce brave homme ?

Le professeur esquissa un sourire. L'homme s'immergeait déjà dans l'époque de son roman, pensa-t-il, même jusque dans ses phrases.

-Pierson, répondit enfin le professeur. Adam Pierson.

 

***

 

           La quiche lorraine était d'une qualité passable mais il n'y avait pas d'autre boulangerie à proximité des Archives de la Ville de Paris. Mastiquant la dernière bouchée, Methos regarda sa montre, se demandant s'il valait la peine de se replonger dans les volumes poussiéreux avant de devoir interrompre à nouveau ses recherches.

           Il avait rendez-vous à quinze heures avec un client potentiel envoyé par son ancien professeur d'Histoire, et d'après ce que l'académicien en avait dit, l'homme avait une idée assez proche de celle qu'il avait développée dans l'une de ses dissertations, des années auparavant. Bien sûr, ce que le professeur avait pris pour une simple théorie était en fait un lambeau de sa propre expérience, et Methos avait l'agréable sentiment que ce romancier-là prendrait peut-être la peine de tenir compte de ses suggestions.

           Jugeant que les archives pouvaient attendre, Methos regagna son véhicule et emprunta le boulevard périphérique encombré à cet moment de la journée. Une heure plus tard, il garait sa voiture dans l'arrière-cour du Blues Bar. À peine avait-il posé le pied à terre qu'il ressentit la présence d'un Immortel à proximité.

-Mac ? appela-t-il en scrutant les alentours. Amanda ?

Il entendit soudain un bruit derrière lui et se retourna brusquement. Vêtu de jeans usés, l'homme qui venait d'apparaître dans son champ de vision avait l'air d'avoir tout juste une vingtaine d'années, son visage imberbe éclairé par d'étonnants yeux bleus. Instinctivement, Methos posa la main sur la garde de son épée, et l'homme en fit de même.

-Me reconnais-tu ? demanda l'intrus en s'approchant de quelques pas.

-Difficile dans cet accoutrement, répondit Methos avec sarcasme, mais oui, je te reconnais. Tu es là pour te venger ?

-J'admets que c'est tentant, avoua le jeune homme avec un regard féroce. Mais non.

Il lâcha la poignée de son épée et s'approcha davantage.

-Je suis venu quérir ton assistance, ajouta-t-il.

Bien que toujours méfiant, Methos retira à son tour ses doigts de sa garde et dévisagea le nouveau venu.

-Viens, dit-il finalement, allons boire un verre.

Il ouvrit la porte de service et fit signe à l'homme d'entrer. Aussitôt, ils ressentirent la présence de MacLeod et Amanda.

-Tu n'as rien à craindre, précisa Methos, ce sont des amis.

De toute évidence, l'homme ne semblait pas entièrement convaincu. Ils avancèrent cependant en direction du comptoir, où Joe, Mac et Amanda étaient assis, et Methos fit les présentations. Quelques minutes plus tard, Émilie entra à son tour, l'air frustrée.

-Je déteste les bureaucrates, houspilla-t-elle en avançant vers le bar. À ce rythme-là, le peuple des Mursi aura eu le temps de s'éteindre trois fois de suite avant qu'on ne me laisse les approcher !

Elle adressa cependant un large sourire à Methos et se hissa sur la pointe des pieds pour l'embrasser avant de se retourner vers le seul visage qui lui était inconnu.

-Et voici Émilie, conclut Methos à l'attention de son invité.

-Cela fait bien longtemps qu'il m'ait été donné de voir une aussi charmante demoiselle, affirma le jeune homme en lui prenant la main.

Stupéfaite, l'anthropologue le laissa s'incliner et lui faire un baise-main puis échangea un regard effaré avec Methos.

-Émilie, reprit ce dernier, je te présente le Roi Arthur.


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[1] Jean-Jacques Goldman Vivre cent vies (1990)

[2] Axelle Red Parce que c'est toi (1999)

[3] Charles Aznavour L'instant présent (1971)


Pour la petite histoire, c'est la chanson de Frederics-Goldman-Jones qui m'a donné envie d'écrire sur les Immortels, je trouve qu'elle correspond parfaitement. 

Merci de m'avoir lu, n'hésitez pas à laisser un commentaire !

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