Marie sort le sac de son père et en tire le fameux livre : « Le Vilain Petit Canard ». Il porte une pastille rouge. Elle le lit et le relit sans relâche. Elle sait que son père y a laissé un indice spécialement pour elle, mais lequel ?
Des jours, des semaines, puis des mois s'écoulent. À force d'analyser les notes, elle finit par décoder un nom : Daniel Williams. Le livre indique clairement qu'il s'agit d'un flic du New Jersey. Discrètement, sans éveiller les soupçons, elle se met à sa recherche. Ne le trouvant pas dans son propre commissariat, elle s'infiltre dans les dossiers du personnel et les archives du State Police... mais la réalité la rattrape. Il y a plusieurs « Daniel Williams » enregistrés.
Marie s’effondre.
« Cinq... souffle-t-elle, les larmes aux yeux. Il y en a cinq... »
En rentrant chez elle le soir même, elle trouve Benjamin en train de lui préparer un bon repas.
« Chérie, qu’est-ce qui se passe ? demande-t-il en voyant son visage défait.
- Il va falloir que tu sois patient, mon cœur... Il faut que je voyage. Seule.
- Tu as trouvé quelque chose ?
- Oui, mais ils sont cinq ! Je ne sais pas lequel choisir, je ne comprends rien à ces fichus livres ! éclate-t-elle en sanglots. »
Le lendemain, elle prend son tout premier avion. Elle commence sa traque : Venise, puis l’Allemagne, le Danemark... Et enfin, Hawaï.
En posant le pied sur l'île, ses yeux s'émerveillent malgré l'épuisement. Elle se dit qu’elle aurait dû commencer sa recherche ici depuis le début. Après une nuit récupératrice à l’hôtel, elle se rend dès le lendemain matin au quartier général de la police où elle rencontre le sergent Duke Lukela. Elle se présente sous le nom de Marie Hanse, policière du New-Jersey, à la recherche d’un certain inspecteur Daniel Williams.
Duke lui explique gentiment que Daniel travaille sur l’île depuis presque deux ans maintenant. Il est actuellement en mission sur le terrain, mais il propose à Marie de l'attendre directement dans les bureaux du Five-0. Il l’accompagne jusqu'à l'accès sécurisé et la laisse s'installer.
Marie observe avec fascination cette magnifique salle de contrôle. Curieuse, elle s'avance vers les bureaux en verre et commence à observer discrètement les affaires personnelles de chaque membre de l'équipe. En observant l'un des bureaux, visiblement encombré et unique, un sourire éclaire son visage. Elle en est désormais certaine : elle a trouvé « Le Vilain Petit Canard ».
Des années plus tôt...
« Et ce vilain petit canard... Quel nom tu lui donnes déjà, ma puce ? demande son père en feuilletant l'album illustré.
- Euh... réfléchit la petite Marie. C’est une fille ou un garçon, le canard ?
- Un garçon.
- Euh... Jason !
- D’accord, je note Jason. Alors, je reprends : ce vilain petit canard, blond aux yeux bleus, est apparu dans la mare. L’énorme canard noir n’était pas du tout content qu’un Jerseyen vienne l’embêter... »
Soudain, un bruit de pas lourds et de culasses armées l'arrache à ses souvenirs.
Marie quitte précipitamment le bureau pour retourner dans la pièce principale. Ce n'est pas Danny. En face d'elle surgissent des hommes lourdement armés, prêts à faire feu. Elle se jette au sol pour se cacher alors qu'une fusillade éclatante explose dans le QG.
Dans le chaos, une balle la percute de plein fouet au bas du ventre.
Effondrée derrière la table tactile, la douleur la submerge. D'autres détonations retentissent au loin, suivies par le bruit caractéristique d'armes de gros calibre. Une voix puissante et autoritaire hurle à travers le hall :
« 5-0 ! Lâchez vos armes et sortez de là tout de suite ! »
C'est Steve.
De sa main couverte de sang, Marie parvient à faire glisser sa plaque de police du New-Jersey sur le sol en verre, dans la direction de la voix. En voyant le badge ensanglanté, Steve ordonne la couverture à ses coéquipiers et s'avance vivement vers elle.
« Ne bougez pas ! restez au sol !
- Vous n’êtes pas... le vilain petit canard, vous... murmure Marie, la vue troublée, à la limite de l'évanouissement.
- Restez avec moi ! lui ordonne Steve en lui tapotant doucement les joues pour la maintenir consciente. »
C'est alors que les trois autres membres de l'équipe débarquent à leur tour, armes baissées. Marie pose son regard sur l'un d'eux et reconnaît immédiatement les traits blonds et le regard bleu.
« C’est vous... le vilain petit canard, croasse-t-elle dans un souffle. »
Elle tend le bras et fait glisser une petite clé dorée au sol, droit vers ses chaussures.
« Pourquoi vous êtes parti si loin... ? demande-t-elle, une larme coulant sur sa joue avant d'être engloutie par le noir complet. »
Stupéfaits, Steve, Chin et Kono se tournent vers Danny. Ce dernier fixe la jeune fille, totalement sous le choc et sans voix. Il ne la connaît absolument pas.
Pendant que Danny accompagne les secours pour emmener Marie aux urgences, Chin et Kono utilisent la clé ramassée au sol pour aller fouiller sa chambre d'hôtel.
Un peu plus tard, Danny revient de l'hôpital et retrouve l'équipe au QG du 5-0.
« On ne sait pas encore si elle va s’en sortir, annonce Danny, la mine sombre, en pénétrant dans la salle. Vous avez trouvé quelque chose ?
- On ne peut pas se servir de la table informatique, elle est bousillée, répond Chin. Mais grâce à la clé qu'elle a faite glisser, on est allés à son hôtel. On n’a rien trouvé d’autre que ce gros sac. »
Il pose le sac usé sur la table criblée de balles. Kono s'avance alors et lui tend un livre qu'elle a trouvé à l’intérieur :
« Et on a trouvé ce livre.
- Le Vilain Petit Canard... lit Danny à haute voix, les sourcils froncés.
- Ça te dit quelque chose, Danny ? demande Steve en le fixant attentivement.
- Non. Rien du tout. »