Altruisme

Chapitre 13 : Un pas à la fois

Par ledjen

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Le murmure régulier des machines médicales emplissait la pièce, ponctué par les bips cadencés des moniteurs. Les murs, pourtant ternes, semblaient animés par la présence de l’équipe, réunie autour des deux patients qui avaient traversé l’impensable.


Cinq jours s’étaient écoulés depuis la greffe, et les nouvelles étaient encourageantes : le greffon avait pris, les premiers résultats de Steve montraient une stabilisation. Malgré la fatigue visible sur son visage et les douleurs persistantes qui tiraillaient chaque mouvement, Steve s’obstinait à rester assis dans son lit, le dossier légèrement redressé. Ses yeux balayèrent la pièce, s’arrêtant un instant sur Danny, installé dans le fauteuil en face de lui.


Danny paraissait plus alerte qu’il ne l’avait été depuis des jours, mais la lenteur avec laquelle il bougeait trahissait encore les effets de l’intervention. Chaque geste, chaque mouvement semblait étudié, calculé pour éviter d’aggraver la douleur dans son flanc droit. Pourtant, il ne s’éloignait jamais de Steve, gardant une main posée sur l’accoudoir, prête à intervenir si son ami montrait le moindre signe de malaise.


Aujourd’hui était un jour particulier : Danny allait être autorisé à sortir de l’hôpital. Son médecin avait approuvé sa sortie, mais sous réserve d’un protocole médical strict. Ses visites quotidiennes pour des prises de sang, son traitement immunosuppresseur et les consignes de repos allaient occuper ses journées. Cependant, cette nouvelle ne semblait pas lui apporter le réconfort attendu.


Danny leva les yeux vers Steve, son regard lourd de préoccupations. « Tu sais que je déteste l’idée de te laisser là, tout seul. »


Steve lui adressa un sourire fatigué, essayant de paraître rassurant malgré la tension dans ses épaules. « Danny, je suis entre de bonnes mains. Et puis, tu as fait ta part… plus que ta part. Tu mérites de rentrer chez toi, de retrouver Grace. »


La porte s’ouvrit doucement, laissant apparaître Grace, radieuse, suivie de Kono. Cette dernière souriait largement, son regard passant rapidement sur Steve pour évaluer son état. Dès qu’elle fut près du lit, Kono se pencha et déposa un baiser affectueux sur le front de Steve.


« Salut, Super SEAL, » lança-t-elle avec un clin d’œil. « T’as meilleure mine qu’hier. »


Steve esquissa un sourire, bien qu’un peu fatigué. « C’est parce que je savais que vous viendriez. J’ai fait un effort. »


Grace, impatiente, prit place à côté de Steve, ses yeux pétillants d’une émotion sincère. Elle posa une main délicate sur la sienne.


« Salut, oncle Steve, » dit-elle avec enthousiasme. « Tu sais que tu nous as fait super peur ? Mais je suis tellement contente de te voir mieux maintenant. »


Steve serra doucement sa main, ému par l’affection de sa nièce. « Merci, Grace. Désolé de vous avoir inquiétés… encore une fois. Je crois que c’est mon truc. »


Grace fronça les sourcils, affichant une détermination qui semblait disproportionnée pour son jeune âge. « Arrête de dire ça. Ce n’est pas ta faute. » Elle marqua une pause, puis enchaîna sur un ton plus ferme. « On veut juste que tu prennes soin de toi maintenant, d’accord ? »


Steve sourit, un peu gêné, mais il ne répondit pas. Il se contenta de serrer la main de Grace avec une affection évidente. À cet instant, la porte s’ouvrit de nouveau, et Lou et Chin entrèrent ensemble, leurs visages illuminés par un mélange de soulagement et de bonne humeur.


« Alors, c’est ici qu’on fête la sortie de Danny ? » lança Lou, sa voix résonnant dans la chambre avec une chaleur communicative. « Ou c’est juste une réunion de famille clandestine ? »


Danny, qui était assis près de Steve, leva les yeux au ciel, feignant l’exaspération. « Oui, Lou, on fête ma sortie. Mais tu sais, ce n’est pas parce que je sors que je vais arrêter de surveiller ce gars-là. »


Il désigna Steve d’un signe de tête.


Chin croisa les bras, son regard bienveillant se posant tour à tour sur les deux hommes. « Regardez-vous, vous êtes déjà prêts à vous chamailler comme d’habitude. »


Steve répondit d’un ton fatigué, mais amusé : « Surtout Danny, il faut l’avouer... »


Lou hocha la tête, un sourire qui en disait long sur la complicité entre les deux hommes. « Vous êtes vraiment faits d’un autre bois. C’est inspirant. »


Steve haussait légèrement les sourcils, un sourire discret sur les lèvres. « On n’a pas fait ça tout seuls. Vous étiez là. »


Lou s’approcha et posa une main rassurante sur l’épaule de Steve. « Et on sera toujours là, frère. Tu peux compter sur nous. »


Grace, qui observait la scène avec un sourire attendri, se tourna alors vers Danny. « Papa, tu es sûr que tu peux rentrer à la maison aujourd’hui ? Je veux dire… tu as l’air mieux, mais… »


Danny leva une main pour rassurer sa fille. « Je vais bien, Grace. Et puis, ils m’ont donné un tas de règles à suivre. C’est comme si je devais marcher sur des œufs en permanence. »


L’atmosphère était détendue et légère, jusqu'à ce qu'une infirmière entre dans la pièce, portant un dossier sous le bras. Elle sourit chaleureusement, mais son expression redevint sérieuse en s’adressant à Danny.


« M. Williams, je suis venue pour vous donner vos consignes de sortie. »


Elle posa le dossier sur la table et en sortit une série de documents, qu’elle tendit à Danny.


« Vous devrez revenir chaque jour pendant deux semaines pour des analyses de sang et un contrôle de la fonction hépatique. Voici votre liste de médicaments. Vous devrez les prendre à heures fixes pour éviter tout rejet ou infection. Enfin, je ne le dirai jamais assez : reposez-vous. Pas d’efforts physiques, pas de stress. Votre corps a besoin de temps pour récupérer. »


Kono éclata de rire à l’annonce de l’infirmière. « Ça, ça va être drôle à voir. Danny Williams, obéissant à un protocole médical. »


Danny, feignant l’indignation, leva les yeux au ciel. « Très drôle, Kono. Pour ta gouverne, je suis un excellent patient. »


Lou ricana. « Ouais, bien sûr. Je te donne un jour avant de venir ici chaque matin pour vérifier comment va Steve. »


Danny haussait les épaules, un sourire en coin. « Il faudra de toute façon que je vienne tous les jours pendant 15 jours pour des prises de sang, donc je ne serai jamais loin bien longtemps. »


Steve, malgré la fatigue, posa une main légère sur le bras de Danny. « Sérieusement, Danny. Écoute-les. Repose-toi. Je vais bien, et je suis entre de bonnes mains ici. »


L’infirmière, souriante mais sérieuse, intervint doucement. « Il a raison, M. Williams. Steve est entre de bonnes mains et vous, il vous faut du repos pour que votre corps récupère rapidement. En tout cas, vous pouvez vous préparer. Nous avons tout ce qu’il vous faut pour votre sortie. »


Danny acquiesça en silence, mais son regard restait sur Steve, une note d’inquiétude dissimulée sous son sourire. Il se leva lentement, comme s’il hésitait à partir.


« Allez, Grace. On va s’assurer que ton père ne fasse pas de bêtises sur le chemin du retour. » Kono se leva et s’approcha de Grace, l’entraînant vers la porte.


Grace hocha la tête, mais avant de quitter la chambre, elle se tourna une dernière fois vers Steve. « Promets-moi de te reposer, oncle Steve. Je reviendrai te voir bientôt. »


Steve lui adressa un sourire sincère. « Promis. Et toi, veille sur ton père, d’accord ? »


Elle acquiesça, se penchant pour l’embrasser rapidement sur la joue avant de quitter la pièce avec Kono. La porte se referma doucement derrière elles, et un silence apaisant s’installa dans la chambre.


Danny, assis sur le bord du lit de Steve, observait son ami avec une intensité qui ne lui ressemblait pas d’habitude. Les sept derniers jours étaient passés dans un tourbillon d’émotions, de préoccupations et de réconfort. L’opération avait été un succès, mais Danny n’arrivait toujours pas à se défaire de l’impression que la vie de Steve ne tenait qu’à un fil.


Steve, bien que toujours pâle et fatigué, lui adressa un regard attentif, lisant sans doute l’inquiétude sur le visage de son ami. Il savait que Danny était prêt à tout pour lui, qu’il ne voulait pas le laisser seul, qu’il voulait veiller sur lui encore un peu, s’assurer qu’il allait bien.


Danny serra les poings, incapable de dissimuler l'angoisse qui le rongeait. « Steve… J’ai du mal à partir, à te laisser seul ici, après les derniers jours qu’on a traversés. Je sais que je dois penser à ma convalescence, à prendre soin de moi, et Dieu sait que j'y pense… Mais… » Il marqua une pause, cherchant ses mots. « Tu es sûr que ça va aller ? »


Steve lui offrit un sourire fatigué, mais sincère, un sourire qui, malgré sa faiblesse, portait une immense gratitude. « Je comprends, Danny. Et je ne sais même pas comment te remercier pour ce que tu as fait. Tu m'as sauvé la vie, mec. » Il prit une grande inspiration avant de continuer, comme pour se convaincre lui-même. « Je vais aller bien, ok ? Les médecins disent que tout va bien, les voyants sont au vert. Oui, je sais qu’à partir de maintenant, rien ne sera facile. Mais je suis prêt à ce qui m'attend. Et je sais que toi et l’équipe ne serez jamais loin si jamais j’ai besoin. »


Il laissa échapper un petit soupir, ses yeux se voilant un instant de fatigue, mais aussi de reconnaissance. « Et tu sais, Chin a pensé à tout. » Il tendit la main pour saisir le téléphone posé sur son lit, un cadeau de Chin avant son départ. « Il m’a donné un nouveau téléphone. Donc, s’il y a quoi que ce soit, on s’appelle, ok ? »


Danny hocha la tête, un léger soupir de soulagement échappant de ses lèvres. Un poids, bien que léger, semblait se relâcher dans sa poitrine, mais malgré tout, il n’arrivait pas à se débarrasser de cette angoisse qui persistait, cette sensation que tout pouvait basculer à n’importe quel moment.


« T’as raison… » répondit-il, sa voix un peu plus calme. « Mais tu sais que je reviendrai tous les jours, de toute façon ! » Il afficha un sourire qui trahissait toute la détermination qu’il ressentait, cette certitude qui le poussait à vouloir être là, encore et toujours. « Même contre l’avis des médecins. »


Steve se haussait légèrement sur ses oreillers, un sourire plus marqué se dessinant sur ses lèvres. « Ça, je n’en doute pas une seconde. » Il le fixa un instant, ses yeux se posant sur son ami avec une tendresse discrète, avant de reprendre d’un ton un peu plus sérieux, comme s’il passait à la prochaine étape, celle où il devait être fort pour eux deux. « Mais je veux que tu prennes soin de toi, Danny. Que tu récupères rapidement. Il va falloir que quelqu'un prenne les reines du Five-0 pendant que je me remets sur pied, et je veux que ça soit toi. »


Danny ne répondit pas tout de suite, mais il sentit une vague de chaleur traverser sa poitrine. Steve, même à cet instant, malgré la fragilité de sa situation, pensait à l’avenir, pensait à l’équipe, pensait à lui. Un lien indéfectible les unissait, plus fort que tout. Danny savait que c’était lui qui devait reprendre la tête du Five-0, mais au fond de lui, il n’était pas sûr d’en être capable sans Steve à ses côtés.


« Tu veux vraiment ça, hein ? » demanda-t-il en haussant un sourcil, un sourire triste en coin. Il ne pouvait s’empêcher de se sentir à la fois honoré et un peu écrasé par la responsabilité. « Je le ferai bien sûr, maisil faudra que tu presse le pas pour revenir ! Hors de question que je garde ce rôle pendant une durée indéterminée ! »


Steve hocha la tête, semblant satisfait de la réponse de son ami, même si la fatigue semblait de plus en plus pesante. Il avait toujours eu confiance en Danny, et il savait qu'il ferait ce qu'il fallait. « Je sais que tu vas être là. Je sais que tu feras de ton mieux. Mais maintenant… » Il se tut un instant, comme si une pensée importante venait de lui traverser l’esprit. « Je crois que je vais m'assoupir... »


Danny rit doucement, même si une pointe d’émotion se glissait dans ses mots. « T’inquiète pas, vieux. Je vais te laisser tranquille, mais ne t’attends pas à ce que ça dure longtemps. »


Il se leva lentement, un dernier regard plein d’affection posé sur Steve. « Repose-toi, d’accord ? Je serai là demain. Et après. Et tous les jours, comme promis. »


Steve lui sourit, un sourire fatigué mais plein de gratitude. « Je sais."


Danny sourit à son tour, mais il ne put s’empêcher de secouer la tête, amusé malgré la tension qui restait entre eux. Et, avant de quitter la pièce, il se tourna une dernière fois vers lui. « Prends soin de toi. »


Steve répondit d’un signe de tête. « Toujours. »


/


Plus tard dans l’après-midi, la chambre de Steve baignait dans un silence presque pesant. Entre les allées et venues du personnel médical, le calme de la pièce contrastait fortement avec l’effervescence qu’il ressentait intérieurement. Après une longue période d’immobilité forcée, il savait que l’heure de sa première séance de kiné approchait, et malgré toute sa volonté de fer, une certaine appréhension s’insinuait en lui.


La porte s’ouvrit doucement, et Marc, un kinésithérapeute de taille moyenne à l’allure calme et déterminée, entra avec un sourire rassurant. Il portait une tablette et divers instruments qu’il posa soigneusement au pied du lit de Steve.


« Bonjour, Steve. Comment ça va aujourd’hui ? »


Steve hocha légèrement la tête. « Aussi bien qu’on peut l’être… cloué sur ce lit. » Sa voix était faible mais teintée d’une pointe d’humour. Marc sourit, compréhensif.


« C’est ce qu’on va essayer d’améliorer, justement. Après plus d’une semaine sans bouger, il est important de stimuler vos jambes pour éviter une trop grande perte musculaire. Pour l’instant, le haut de votre corps ne doit pas être sollicité, en raison de votre blessure au sternum et de la greffe, mais on va voir ce qu’on peut faire avec les jambes. »


Steve acquiesça, serrant les poings légèrement, conscient de l’effort que cette séance allait demander à son corps épuisé.


Marc s’approcha et souleva délicatement la jambe droite de Steve en la maintenant sous le genou, tout en vérifiant les réactions de son patient. Steve tenta de se détendre, mais à peine le kiné commença-t-il à mobiliser ses muscles qu’une sensation de brûlure envahit ses jambes, comme si chaque mouvement réveillait une douleur lancinante. Son visage se crispa.


« Je sais que ça tire, c’est normal après tant d’immobilité, » expliqua Marc, sa voix douce mais encourageante. « On va y aller doucement, mais il est crucial de les faire travailler un peu chaque jour. »


Le kiné commença à effectuer des mouvements de flexion avec les jambes de Steve, sollicitant les muscles des mollets et des cuisses. Steve serrait les dents, sentant à chaque mouvement une tension difficile à supporter, comme si ses jambes étaient devenues deux poids morts douloureux. Respirer lui demandait déjà un effort, et ces exercices simples le poussaient à la limite de sa tolérance.


« Allez, encore un petit effort, » souffla Marc, tentant de maintenir un rythme lent et progressif. « Je sais que ce n’est pas agréable, mais chaque geste compte pour faciliter la suite de votre rééducation. »


Après plusieurs minutes d’efforts, Marc passa à la jambe gauche. Steve ressentait un mélange de frustration et d’épuisement ; lui, l’homme d’action, le Navy SEAL habitué aux missions les plus périlleuses, se retrouvait incapable de supporter quelques mouvements de kinésithérapie sans se sentir vidé.


« On va essayer de vous redresser un peu sur le lit maintenant, » annonça Marc. « Vous êtes d’accord ? »


Steve inspira profondément, malgré la douleur sourde qui persistait dans sa poitrine. Il hocha la tête, conscient que chaque petit progrès serait crucial. Marc l’aida à soulever lentement son buste, ajustant le lit pour qu’il puisse s’appuyer un peu plus droit.


« Facile, » murmura Steve en essayant de dissimuler sa douleur sous un masque d’assurance. Mais la moindre tension dans ses muscles abdominaux et thoraciques éveillait une douleur cuisante. Son corps tout entier était immobilisé dans une gaine rigide qui limitait ses mouvements, et il ressentait chaque pression dans sa poitrine comme une brûlure.


Marc lui jeta un regard compatissant. « Je sais, mais on va y aller lentement, d’accord ? Si vous ressentez une douleur trop intense, faites-le-moi savoir. »


À mesure que Steve prenait lentement une position plus redressée, une sueur froide perla sur son front. Son corps réagissait à l’effort comme s’il était en pleine mission, mais cette fois, l’adversaire était interne et invisible, ancré dans ses propres os. Malgré ses tentatives pour masquer la douleur, un gémissement lui échappa lorsqu’il se retrouva assis.


« Voilà, c’est bien, Steve, » l’encouragea Marc. « On ne va pas rester trop longtemps comme ça aujourd’hui. L’objectif est simplement de réveiller vos muscles sans brusquer votre corps. »


Steve ferma les yeux un instant, concentré sur sa respiration pour essayer de gérer la douleur, sentant chaque battement de son cœur comme un écho dans son sternum meurtri. Pourtant, au fond de lui, il ressentait une satisfaction de pouvoir enfin quitter la position couchée, même pour quelques instants.


Après quelques exercices d’étirement des jambes et quelques minutes en position assise, Marc l’aida enfin à se rallonger. Steve s’enfonça avec soulagement dans l’oreiller, épuisé mais reconnaissant d’avoir pu bouger un peu. Marc le rassura en lui tapotant l’épaule.


« Bien joué pour aujourd’hui, Steve. Je repasserai demain pour continuer. On prend notre temps, mais on avance. »


Peu de temps après le départ du kiné, la porte s’ouvrit à nouveau. Le Dr Sheridan entra, un sourire franc sur le visage et un dossier en main.


« Comment vous sentez-vous ? » demanda-t-il en refermant la porte derrière lui. Steve, encore essoufflé, esquissa un sourire.


« J’ai connu mieux, mais j’ai survécu. »


Le médecin s’assit près du lit et lui tendit son dossier pour lui montrer des résultats de ses derniers examens.


« Vos résultats sont excellents, » annonça-t-il d’un ton rassurant. « Votre corps réagit bien à la greffe, tous les voyants sont au vert. Vous êtes encore faible, c’est normal, mais la prise du greffon est parfaite. Votre organisme reprend petit à petit des forces. »


Steve hocha la tête, soulagé. Il avait besoin de ces bonnes nouvelles, surtout après l’épreuve de la kiné.


« Il y a quelque chose que je voulais aborder avec vous, » ajouta le Dr Sheridan d’un ton plus sérieux. « Nous avons la possibilité d’avancer la chirurgie de reconstruction du sternum. Elle pourrait avoir lieu après-demain, si vous vous sentez prêt. »


Steve fronça les sourcils, sachant parfaitement que cette intervention serait une étape essentielle mais douloureuse dans son rétablissement.


« Quels sont les risques ? » demanda-t-il.


« Comme toujours, il y a des risques d’infection, de complications respiratoires, et bien sûr, cela augmentera temporairement votre douleur. Mais, à long terme, cette chirurgie sera bénéfique pour stabiliser votre thorax et faciliter votre rééducation. Une fois le sternum renforcé, vous pourrez reprendre une kinésithérapie plus intensive sans risque de déstabiliser votre cage thoracique. »


Steve prit un moment pour assimiler ces informations, se sentant à la fois anxieux et déterminé.


« C’est une étape de plus, mais une étape importante, » ajouta le médecin en posant une main réconfortante sur son bras. « Cela permettra à votre corps de récupérer plus efficacement et d’éviter les douleurs chroniques par la suite. Honnêtement, je ne pensais pas que l'on puisse prévoir cette chirurgie si rapidement. Mais compte tenu de votre état de santé et de votre état physique, je pense que plus nous pouvons la faire rapidement, mieux ça sera pour votre rééducation et votre retour dans la vie active. »


Steve hocha la tête, son esprit déjà résolu.


« Faisons-le. Je veux retrouver la forme le plus vite possible. »


Le Dr Sheridan esquissa un sourire, visiblement satisfait de cette décision.


« Très bien, Steve. Reposez-vous pour l’instant, et continuez à garder ce moral. Je repasserai demain pour les derniers préparatifs. »


Après son départ, Steve ferma les yeux, déterminé à surmonter chaque étape, chaque douleur, pour se remettre debout, peu importe combien de temps cela prendrait.


/


Le lendemain, l’aube était à peine levée lorsque Danny franchit la porte de la chambre de Steve. Il entra sur la pointe des pieds, jetant un coup d’œil à son ami encore alité. Le kiné avait fait de son mieux la veille pour mobiliser ses jambes et l’asseoir sur le lit, mais il ne faisait aucun doute que cette séance avait épuisé Steve, peut-être autant physiquement que moralement.


Steve ouvrit lentement les yeux en entendant les pas de Danny. Malgré sa pâleur et les cernes qui marquaient son visage, un léger sourire éclaira ses traits fatigués.


« Ah, Danny, » murmura-t-il, sa voix légèrement rauque. « T’es en avance. »


Danny haussa les épaules, essayant de masquer son inquiétude derrière son sourire habituel. Il tira une chaise près du lit de Steve, s’installant à côté de lui.


« Tu sais bien que je ne pouvais pas rester loin trop longtemps. Après tout, qui d’autre viendrait te rappeler combien t’es tête brûlée, hein ? Et puis, de toute façon, je suis venu pour ma prise de sang journalière. A priori, tout va bien. Je suis venu en voiture pour te dire ! » Plaisanta-t-il.


Steve secoua doucement la tête, esquissant un sourire. Même dans l’état où il se trouvait, Danny arrivait toujours à lui arracher un sourire. Mais Danny remarqua la raideur dans les mouvements de Steve et la douleur qui persistait dans son regard.


« Comment tu te sens aujourd’hui ? » demanda Danny, son ton plus sérieux.


Steve soupira, cherchant ses mots.


« Ça va… je suppose. Le kiné… » Il hésita, ses yeux se perdant un instant dans le vide. « C’était pas facile hier, mais j’ai tenu bon. Juste… chaque mouvement, chaque tentative de me redresser… c’est comme si mon corps me rappelait à quel point j’ai été amoché. »


Danny hocha la tête, son regard s’adoucissant.


« T’as pas besoin de te forcer, Steve. T’as rien à prouver. »


« Peut-être bien, » répondit Steve, baissant un peu le regard. « Mais si je veux sortir de ce lit, il faut bien que je passe par là. J’ai pas l’intention de rester coincé ici éternellement. »


Danny sentit une pointe de fierté pour son ami, mais aussi une profonde compassion pour l’épreuve qu’il traversait.


Danny hocha la tête, prêt à écouter chaque mot. Steve prit une profonde inspiration, les yeux baissés, comme pour rassembler ses pensées.


« Hier, juste après la séance de kiné, » commença Steve d’une voix basse, « le Dr Sheridan est venu me voir. » Il marqua une pause, serrant légèrement les draps entre ses doigts, comme si revivre cet instant lui coûtait autant que d’endurer la douleur physique. « Il m’a dit que les résultats étaient… bons. Mon corps reprend du poil de la bête, le greffon tient, tous les voyants sont au vert. »


Danny esquissa un sourire de soulagement, hochant la tête pour l’encourager à continuer.


« C’est une bonne nouvelle, ça, » dit-il doucement.


Steve acquiesça, mais il y avait une lueur d’incertitude dans son regard.


« Oui, c’est une bonne nouvelle, mais il m’a aussi parlé de mon sternum. » Steve leva la main vers son thorax, tapotant légèrement la gaine qui maintenait son buste en place. « Il veut avancer la chirurgie de reconstitution, pour qu’on puisse renforcer cette zone et éviter plus de complications. Apparemment, si on ne fait rien, ça pourrait retarder encore plus ma rééducation. »


Danny observa son ami avec attention, devinant le dilemme derrière les mots de Steve.


« Et tu hésites ? »


Steve soupira, baissant à nouveau les yeux. « Ce n’est pas que j’hésite… enfin, si, peut-être un peu. Sheridan a bien expliqué les risques. Une intervention comme ça, c’est pas sans complications, surtout vu mon état. Il y a toujours le risque que le corps réagisse mal, ou que ça… ralentisse la prise du greffon. Et si ça ne se passe pas bien, ça pourrait me clouer ici encore plus longtemps. »


Danny prit une grande inspiration, comprenant enfin toute l’ampleur de ce que Steve traversait. Il se pencha légèrement en avant, posant une main rassurante sur celle de Steve.


« Je comprends, Steve. Mais tu n’as pas à tout gérer tout seul. On est là pour toi. Moi, l’équipe… même le Dr Sheridan, il veut ton bien. Il te conseille ce qu’il y a de mieux pour que tu puisses te remettre sur pied. »


Steve leva les yeux, croisant le regard sincère de Danny. Ses traits se détendirent légèrement.


« Ouais, tu as raison, » murmura-t-il, l’ombre d’un sourire passant sur ses lèvres. « J’ai jamais aimé être sur la touche, encore moins me sentir aussi dépendant. Mais je vais devoir accepter que cette fois, je ne peux pas précipiter les choses. »


Danny acquiesça, ses yeux remplis de compréhension et de soutien.


« Exactement. Prends ton temps, Steve. Tu es un battant, et peu importe combien de temps ça prendra, on sera tous là. »


Ils restèrent en silence quelques instants, partageant cette complicité qui n’avait pas besoin de mots. 




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