Les Chroniques de Dracaena et Harry - I. La chute des Gémaux

Chapitre 3 : En chien de faïence

Par j.l.m_lay-soiseault

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Septembre était passé dans la sueur des étudiants, qui avaient réappris à user le parchemin avec leur plume, et dans l’attente du match inaugural de la saison de Quidditch. Ainsi, lorsque le coq en bronze sonna, Castor était déjà réveillé et en uniforme. La boule au ventre des premières fois, qu’aucune séance d’entraînement n’avait pu effacer.

Améthyste l’accueillit en bas des marches, arborant un pull rouge et or qu’elle avait confectionné elle-même, et laissant une épaisse trace de maquillage sur le nez de Castor après l’avoir embrassé avec enthousiasme.

— Je suis trop fière de toi ! C’est ton premier match ! lança-t-elle, plus débordante qu’à son habitude.

En l’entendant, Castor se demanda si elle n’avait pas été métamorphosée en souris par le professeur Finnigan.

Madame Weasley l’attendait en bas des escaliers. Après lui avoir retiré un point pour son visage encore couvert de maquillage, elle lui donna les instructions de base pour le premier match.

— Potter, votre père était le meilleur attrapeur que cette école ait connu. Soyez à la hauteur. Vous avez votre balai ?

Castor acquiesça.

— Il est dans le vestiaire, avec ceux des autres.

— C’est l’Ashworth qui traînait près des douches ?

— Non, absolument pas, j’ai un Sabato 26, vous savez, de chez Matelli.

Le regard de Weasley demeurait strict ; elle répondit avec dédain :

— On avait eu des Matelli quand j’étais aux Harpies… Certains les trouvaient époustouflants. Pas moi. Filez.

La Grande Salle était encore vide ; quelques grappes d’étudiants aux couleurs des équipes étaient éparpillées. Castor, accompagné d’Améthyste et de Percival, s’avança vers l’un de ces groupes, en jersey noir, rassemblé autour d’une pâle figure familière.

— Pollux ! Tu as encore laissé traîner ton balai près des douches.

— Qu’est-ce que ça peut te faire ? rétorqua le frère, surpris dans son badinage.

— Si Weasley ne le brise pas en deux, c’est moi qui m’en chargerai.

— Si seulement tu en avais la force.

Les deux frères se fixaient en chiens de faïence, se toisant avec une haine à peine contenue.

Castor brisa le silence.

— Approche-toi encore une fois d’Améthyste, et tu verras si j’en ai la force.

Il s’éloigna avec ses amis. Ceux-ci savaient qu’il valait mieux se tenir à distance lorsque les frères Potter étaient en vue l’un de l’autre.

Ils n’avaient pas fait dix pas que Pollux lança, un peu trop fort :

— Qu’est-ce que j’en ai à faire, de ta Sang-de-Bourbe de copine ?

Un murmure se répandit dans la salle.

— Alors tu parles comme eux, maintenant ? articula Castor. Pas étonnant.

— Qu’est-ce que tu vas faire ? En parler à Papa ?

— Peut-être…

— Je ne savais pas que tu étais devenu un fayot.

Castor allait répondre quand Percival le retint : il venait d’apercevoir la professeure Weasley derrière eux, qui n’attendait qu’une bonne raison de les radier de leurs équipes.

Mais aucune raison ne vint, grâce à Percival. Et deux étudiants munis de leurs posters de l’équipe des Harpies de Holyhead et d’une plume lui firent oublier l’existence des jumeaux jusqu’au match.




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