Freak !

Chapitre 1 : Freak !

Par SkootieAalin

Publié sur Fanfictions.fr.
Voir les autres chapitres.


“Hermione ! Ouvre cette porte ! Je t’en supplie, Ouvre !” hurla son père en secouant le bouton de la porte de la chambre ravagée par le désespoir de sa fille. 

Il avait rejoint la maison, catastrophé par l’appel de Miss Spencer. Hermione n’était pas à l’école, elle était repartie en ignorant sa maîtresse et semant semble-t-il le jardinier.

Il l’entendait gémir, se lamenter, une plainte en parfaite dissonance avec les photos suspendues sur les murs de l’escalier où elle arbore un large sourire enchanteur.

 

Dans sa chambre, Hermione sanglotait… Quel sens donner à son univers autrefois rassurant ? Quelques mètres carrés, un lit, un large bureau aux tiroirs débordant de crayons de couleurs, de feutres, de cahiers. Puis ses grandes étagères avec dessus soigneusement rangés ses nombreuses collections de livres hétéroclites aux couvertures colorées - traitant aussi bien de littérature, de colonisation et d’esclavage, de courants artistiques que d’artisanat, d’arts appliqués ou de mathématiques modernes. Une vitrine débordait d’elle entourés de diplômes et de trophées d’élève exceptionnel, à quoi bon tout cela quand on passe son temps libre seule. Les quelques amies qu’elle avait réussi à inviter chez elle s’étaient lassées de la voir toujours gagner à ses jeux de réflexion ou proposer de trouver des moyens d’aider les pauvres. D’ailleurs elle n’avait pas été conviée par Miranda Sinclair à sa dernière soirée pyjama ; et les autres filles de la classe ne se battaient pas pour compter Hermione parmi leurs convives. 

« Tu comprends Granger, tu ne sais pas t’amuser, il faut toujours que tu aies raison sur tout avec tes discussions insupportables. Et puis tes cadeaux sont nuls ! Franchement qui se réjouit d’avoir un bouquin sur Les chevaliers paysans de l'an mil au lac de Paladru, il n’y a pas d’images, même maman a trouvé ça bizarre » lui avait expliqué Poppy Wheeler. 

 

Pourquoi sa chevelure n’était qu’un épouvantable feuillage à tailler ? Pourquoi fallait-il qu’elle ait des dents à donner l’impression qu’elle eut deux icebergs qui émergeaient de sa bouche, dixit Jimmy Paterson ? Elle était un monstre. Un monstre qui n’en finissait pas de grandir n’importe comment, d’abord les mains puis les pieds, sans parler de la tête ou des jambes. Une métamorphose qui n’avait pas échappé aux yeux de cet oncle si vulgaire. Ses propos déplacés résonnaient encore dans sa tête comme un marteau-piqueur. Que pouvait-elle contre ces situations, sinon les accepter et les endurer. Sourire et oublier. 

 

Pourtant, il y a bien des cauchemars auxquels on ne peut se soustraire. Jimmy Paterson était un cauchemar, ce qu’elle lui avait fait subir était un cauchemar, les regards effrayés et médusés de la foule ce jour-là en étaient un autre, tout aussi effrayant. Pourquoi fallait-il que ça lui arrive ? Qu’avait-elle de si particulier ? Son esprit si cartésien refusait en bloc une explication qui semblait trop évidente. Ce trait de lumière qui avait foudroyé Jimmy était pourtant bien sorti de ses mains à elle. Des mains pourtant inoffensives, un outil qu’elle utilisait pour rédiger ses devoirs, tricoter des objets en point mousse en compagnie de sa grand-mère, entretenir les massifs de roses et de pivoines avec sa mère ou enchaîner des parties de Cribbage avec son père. Jamais elle n’avait fait autre chose que le bien. 

 

Ce jour-là, dans cette rame de métro bondée d’étudiants, de travailleurs ou de touristes, elle se retrouva par un pénible hasard en face de ce petit cafard de Jimmy Patterson. Il ressemblait à un ange tout blond, ses yeux clairs expressifs le rendaient aussi malicieux qu’ingénu. Il incarnait à la perfection le petit garçon que chaque grand-mère, d’Hastings à Ullapool, rêvait de gâter. 

Les mains d’Hermione s’étaient animées seules, détachées de toute volonté, désincarnées, pour prendre une vie. Elle avait tant prié pour ce moment, le regarder froidement endurer ce qu’elle éprouvait trop souvent à cause de sa méchanceté gratuite, son arrogance et sa volonté de lui rendre ses journées plus abominables encore. 

Toutefois dans le labyrinthe du Circle Line, entre Baker Street et Edgware, il avait été trop loin. Si habituellement, elle parvenait non sans mal à digérer ses avanies, l’offense qu’il fit à sa famille, à ce qu’elle avait de plus cher, brisa un verrou en elle. Pour la première fois de sa vie, elle se laissa envahir par la colère, une colère abominable qu’elle laissa échapper comme un molosse, un cerbère à la gueule béante, les crocs luisants de salive et de haine.

 

Ainsi, ses mains soudainement brûlantes s’engourdirent puis lâchèrent brusquement un essaim inquiétant d’insectes aux reflets saphir. Ils percutèrent dans une stridulation infernale Jimmy en pleine poitrine, le projetant ainsi à l’autre bout du wagon, brisant la vitre que son corps éteint percuta violemment. Les coléoptères se rependirent sur son visage et s’emmêlèrent dans ses cheveux. Sa peau se couvrit rapidement de vésicule rougeâtre, tandis qu’une tache sombre apparue sur l’une des jambes de son jean. Hermione regarda abasourdi les autres passagers se précipiter sur Jimmy pour le réanimer au milieu de la vermine grouillante et des morceaux de vitre brisée. Une vieille femme portant une veste de chasse huilée cria, affolée. Elle pointa son doigt tremblant vers elle, laissant tomber ainsi son cabas, sa laitue, son cheddar, et son cottage pie en conserve sur le sol crasseux de la rame. Le mot qu’elle hurla, les yeux révulsés par la peur, marqua l’esprit d’Hermione d’une empreinte glaciale, « Freak ! » Un monstre ! Elle était un monstre !

 

Eclipsée par ces évènements incompréhensibles, sa raison bascula dans les ténèbres. Un instinct de survie ancestral se réveilla alors en elle. Dès l’ouverture des portes, il lui ordonna de fuir, fuir ce wagon, fuir le corps de Jimmy, fuir la foule et se cacher. Fuir sans regarder en arrière, fuir, fuir ! Bousculant des badauds pressés, trébuchant sur le sol ou les marches, elle courut encore et encore, perdant son souffle, le cœur palpitant et cognant, elle fonça dans les couloirs du métro. « Run away, turn away, run away, turn away, run away », Small town boy tournait en boucle dans sa tête. Un groupe de personnes à l’accoutrement extravagant et démodé se précipita à l’opposé des baguettes à la main, hurlant des phrases en latin. Elle espérait échapper à l’emprise cette chose, cette chose qui la suivait, cette chose qui se reflétait dans chaque vitrine, cette chose monstrueuse qui lui collait à la peau, la piégeant comme un papillon dans une toile d’araignée. Cette chose qui allait la dévorer. Emergeant enfin dans une rue, au hasard des couloirs et des escalators, Hermione croisa la trajectoire d’une chouette lapone et la percuta. Elle s’étala brutalement sur le goudron sale et humide d’un trottoir devant une boutique spécialisée dans la vente de vêtements et d’accessoires de mode vintage et défraîchis. Un jeune homme portant une veste de fanfare bleu clair qui discutait sur le seuil l’aida à se relever. Il ne saisit par les phrases qu’Hermione marmonnait, il s’agissait d’une phrase rituelle qu’elle se récitait lors d’une situation de stress intense, quand elle n’était plus en mesure de contrôler son environnement proche. Désorientée, elle répondit brièvement à ses questions, en surveillant la rue et le quartier inconnu où elle avait échoué, mais en dehors d’un chat aux rayures argentées assis sur le toit d’une vieille Austin, rien ne paraissait alarmant. Elle reprit son chemin sans remercier l’inconnu. Le ciel s’assombrissait, des nuages au lavis grisâtre annonçaient une fin de journée pluvieuse.

 

Arrivée chez elle, étonnée de ne pas voir un bobby en faction devant la maison, elle s’éclipsa discrètement dans sa chambre, elle ne voulait pas croiser ses parents, de peur qu’ils la harcèlent de questions. Elle attendrait que la police vienne la chercher pour affronter seule un interrogatoire préliminaire avant d’être emmenée dans un fourgon aux gyrophares éblouissants, devant ses parents en larmes et le regard inquisiteur des voisins, leurs nez collés aux fenêtres, pestant contre cette jeunesse qui tourne bien mal. Elle espérait juste qu’il lui serait autorisé à être emprisonnée avec quelques-uns de ses livres préférés. Elle se donna le temps de ranger quelques affaires dans son sac de voyage pour éviter d’avoir trop froid dans sa cellule à Scotland Yard.

Aucun casque bombé ni veste bleue ne se présentèrent. Ses parents ne posèrent aucune question, son père, qu’un jeune patient avait de nouveau mordu, regagna le domicile bien trop tard pour le moindre échange et sa mère avait passé la soirée avec ses amies d’une association de charité.

 

Les rayons de soleil baignaient la chambre d’Hermione d’une lumière douce et révélaient les magnifiques reflets cuivrés de son épaisse chevelure embroussaillée, mais peu lui importait. Comme la police allait très probablement la mettre à l’écrou dans la journée, elle avait décidé de mettre de l’ordre dans ses affaires au préalable. Elle réfléchit durant la nuit aux priorités qui s’imposaient en commençant par remettre à Miss Rigby sa carte de membre émérite du club de lecture, celle du labo des maths, les clefs du bureau de l’asso des arts appliqués - dont elle est la présidente pour quelques heures encore. Puis elle rapporterait les quelques livres qui ne quittaient jamais sa table de nuit, en espérant en trouver des semblables en prison, notamment sur la runologie. Elle adorait les langues médiévales et se passionnait par des analyses linguistiques, même si Lauren Palmer trouvait que ça ressemblait à des dessins de bébé. Assise à son bureau, elle relisait les yeux embrumés de fatigue une lettre destinée à Miss Spencer, elle souhaitait la remercier sincèrement de son engagement auprès d’elle, et de ses nombreux encouragements.

 

En quittant sa maison de briques rouges, Hermione, chargée plus qu’à son habitude, se remémorait la liste des affaires à mener à bien avant son départ, cela lui permettait de gérer son stress au mieux et de ne pas penser à l’inévitable. Son sac contenait des vêtements de rechange afin de ne pas porter lors de son arrestation l’uniforme de son école : gilet bleu nuit avec son étoile à cinq branches stylisée et brodée sur le côté, jupe plissée de même couleur et chemisier jaune d’or. Elle était trop loyale pour renvoyer aux Londoniens une image déplorable son établissement. Des filles devant elle chantaient sans aucune discrétion une chanson des New Kids On The Block - des bellâtres sans talents selon elle. Dans le genre pop, elle préférait de très loin Prince, même si elle trouvait son déhanchement un peu osé, mais surtout The Bangles, un groupe composé de femmes avec un look magique. Elle chantonnait Walk like an egyptian en revoyant les images du clip vidéo quand une voix moqueuse et flûtée à dessein l’interpella. « Alors Granger-qui-sait-tout, toujours aussi moche ? »

 

Jimmy Paterson. 

 

Le même Jimmy Paterson qu’elle avait projeté au travers d’une rame de métro paradait derrière elle, fier, arrogant et, comme à son habitude il imitait le lapin en jouant avec sa bouche et ses doigts. « Ils attendent quoi tes parents pour t’arracher tes dents de poney ? Que tu sois seule dans la vie ? souffla-t-il en s’assurant qu’un adulte ne fut pas dans les parages. « C’est bon alors, ils peuvent commencer à te charcuter ! Il rit, fier de sa blague.

Tu ne réponds pas ? Hé ! Granger-qui-sait-rien ! 

 

Hermione ne pouvait pas répondre. Une sensation d’étouffement brutale entravait sa respiration, comme si les lianes d’une plante infernale écrasaient sa cage thoracique. Une respiration saccadée, un afflux désordonné d’air lui fit perdre ses repères: la rue, les maisons, les lampadaires et une cabine téléphonique tanguaient tout autour d’elle. Des picotements s’ensuivirent, ses oreilles bourdonnèrent. Elle se déroba avant qu’une nouvelle catastrophe ne se déchaîne. En vain, Miss Spencer l’appela depuis la cour de l’école, elle avait assisté de loin à l’offensive de Jimmy Paterson et il ne fallait pas se nommer Alan Turing pour saisir que cette fois il avait été trop loin.

 

Hermione se réfugia dans la salle de bains, ses parents se trouvaient déjà sur le chemin de leur cabinet dentaire quand elle rentra au 9 Heathgate de Hampstead Garden Suburb, tremblante et dégoulinante de sueur, elle se sentait sale, ses vêtements collaient à sa peau. Elle resta longtemps accroupie sous la douche, serrant fort ses jambes contre sa poitrine. L’eau surgissait du pommeau en pression et cinglait le haut de son corps, mais les effets escomptés tardèrent à se manifester bien que les nausées et les vertiges aient disparu. Hermione ferma finalement les robinets puis quitta la salle de bains, laissant son uniforme traîner dans une flaque sur le sol, rassurée de ne pas retrouver une image qu’elle ne reconnaissait plus sur les miroirs recouverts de buée, 

 

Non, c’était trop. Une boule cachée au fond de son estomac la maintenait obscurément dans une mélancolie lancinante qu’elle ne pouvait pas contrôler. Elle savait qu’elle sombrait mais elle s’en fichait éperdument. Elle se trouvait fade, sans substance, tout comme sa vie d’ailleurs. Il lui était si agréable de se laisser porter par le courant sans réfléchir et fermer les yeux sur tout. Elle soupira en oubliant le monde. La planète pouvait tourner sans elle, cela lui était désormais égal. Rentrer dans le troupeau comme une brebis égarée et laisser les autres penser pour elle.

 

Comment, nom d’un chien, Jimmy Paterson pouvait se trouver à nouveau dans la rue aussi fringant qu’un taon sur l’échine d’un Shetland ?

 

Allongée sur le plaid en patchwork, un cadeau de sa grand-mère, Hermione fixait le plafond de sa chambre, ses pensées tournaient à vide. Le papier peint, passablement défraîchi, relique d’une lointaine époque où elle voulait devenir la reine Boudicca et vétérinaire à la fois, lui rappelait sans cesse qu’elle quittait la période bénie de l’enfance, inexorablement. Elle se leva péniblement en grattant son extraordinaire chevelure entremêlée. L’une de ses particularités physiques à qui elle devait de nombreuses remarques cuisantes que redondantes. 

Elle n’avait pas envie de s’évader dans l’un de ses nombreux romans qui débordaient de ses étagères. Elle ressentait l’envie de partir définitivement, refusant d’être une victime à perpétuité.

 

Cette idée germait insidieusement dans son esprit tourmenté. Elle grossissait comme ses nuages lourds avant l’orage, d’un noir d’encre, gonflé de tristesse et de rancœur. Le ciel, tourmenté par les nuées violentes et humides disparaissait sous les roulements de tambours du tonnerre.

 

Hermione pleurait. Des sanglots de colère et de tristesse se déversaient sur ses joues brûlantes, comme des vagues sur une plage de sable noir, ils emportèrent sa misère, ses peurs et ses incompréhensions.

Calmée, épuisée, elle se frotta les yeux, secouée encore par quelques chagrins en réminiscence. Son esprit en profita pour prendre congé et flotta avec elle dans les limbes traînant derrière lui comme une vieille locomotive à vapeur ses livres, ses disques vinyles, ses trophées. La longue procession onirique vida les étagères et les tiroirs, retira les punaises colorées des murs et du tableau d’affichage. Une cohorte éclectique flottait, mue par un imperceptible courant, autour du lit qui lui-même semblait vouloir participer à cette muette assemblée fabuleuse. Elle se composait, entre autres, d’une cabine téléphonique rouge tirelire en porcelaine, d’une fourmilière artificielle vide, de livres, de vêtements, de gomme Strawberry Charlotte parfumée, un koi nobori rouge et jaune, des souvenirs divers rapportés de vacances, d’une peluche de Paddington ou d’une collection de feutres.

Le fracas fut si effroyable et intense qu’Hermione hurla à plein poumon, presque assommée quand sa tirelire se brisa sur sa tête, accompagnée de la chute des objets en errance. Le claquement de la porte d’entrée avait semble-t-il rompu le charme d’un drôle de rêve. Son père monta les marches quatre à quatre en hurlant le nom de la fille qu’il pensait si bien connaître.

 

Assise au milieu de débris variés de plastique ou de verre, des pages pliées ou déchirées, de vêtements étalés Hermione lui demanda de la laisser tranquille. Les cheveux mouillés par tant de larmes se collaient à nouveau sur son visage. 

« Je n’ai rien, je veux être seule, pour toute la vie, je serai seule, laisse-moi papa ! »

Elle resta tout aussi sourde aux appels plus doux de Mrs Granger, bien qu’elle ne rêvât de rien d’autre en ce moment des bras rassurant de ses parents.

 

Plus tard en début de soirée, Hermione, bien que terriblement abattue et de nouveau désorientée, perçu des voix dans le salon, ses parents échangeaient avec quelqu’un. Le ton de leur voix qu’elle percevait l’intrigua, cela ne ressemblait pas à une conversion dont la finalité serait le cliquetis froid d’une paire de menottes autour de ses poignets. Mais peu lui importait, il était temps pour elle de partir à tout jamais ; sur le sol, la reproduction d’un tableau de John Everett Millais acheté au National Gallery of British Art lui donna une idée macabre.

On frappa à la porte de nouveau, avec moins d’émotion dans le geste cette fois. Hermione ne répondit plus, elle avait besoin de se concentrer pour parvenir à imaginer un plan avant que son esprit ne la trahisse définitivement. 

Malgré la clef doublement tournée dans la serrure, la porte s’ouvrit lentement. Un vieil homme d’une extraordinaire petite taille, vêtu de vêtements dépareillés qu’elle aurait qualifié de loufoques dans un contexte différent, se tenait sur le seuil. Drôle de policier se dit-elle, il devait être une sorte de juge pour enfant, il semblait bien vieux pour cette fonction, et ses épais cheveux blancs flottant avaient besoin d’un très sérieux coup de peigne. Cette idée la fit sourire intérieurement. 

Il observa longuement au travers de ses fines lunettes, Hermione, puis la chambre, enfin ce qui selon lui ressemblait à une chambre de jeune fille avant qu’un marécage portable n’ait été jeté par un des frères Weasley. Son regard se chargea de compassion et de tendresse mêlée. Il sortit une sorte de petit bâton qu’il agita en prononçant un mot en latin puis étrangement les objets brisés ou déchirés qui reposaient sur le sol s’animèrent dans une hypnotique et prodigieuse farandole, roulant, volant, sautillant pour retrouver leur aspect et place d’origine. Mrs et Mr Granger demeurèrent à leur place, sans bouger, incapable d’assimiler la réalité de cet étrange ballet. 

 

Le petit juge satisfait prit place non sans mal (Mr Granger hésita à l’aider de peur de l'offenser) dans le vieux mais si confortable fauteuil crapaud orange-potiron. Amusé par son entrée en matière, il regardait Hermione avec un sourire malicieux.

 

« Miss Granger, séchez vos larmes, dit-il d’une voix pointue et affectueuse. Nous allons avoir une discussion sur votre avenir. Je peux affirmer qu’il ne s’agira pas de vous incarcérer à la Tour de Londres, nous ne l’utilisons plus depuis longtemps. 

Vous n’êtes, ni un monstre, ni une aliénée, mais, d’après nos observations, une jeune fille talentueuse et … prometteuse, expliqua-t-il, enjoué.

Je m’appelle Filius Flitwick et je suis professeur, ajouta-t-il, professeur de sortilèges dans une très vieille et très honorable école, je suis venu vous remettre votre lettre d’admission. Habituellement, nous l’apportons aux nouveaux élèves bien plus tard dans l’année, mais il nous a semblé qu’au regard de votre situation actuelle, il devenait évident de vous la donner dans les meilleurs délais. Vous rencontrerez bien d’autres Jimmy Paterson dans votre vie, je peux vous l’assurer.”

 

Il s'interrompit et fit apparaître un service à thé accompagné de shortbread en forme de scottish-terrier qu’il proposa à la petite assemblée puis poursuivit une tasse à la main.

 

“J’allais oublier, dit-il en regardant intensément chaque membre de la famille Granger, je dois vous préciser qu’il s’agit bien entendu d’une école de magie, mais vous êtes assez futée pour l’avoir compris depuis peu.”

 

“Vous êtes une sorcière Miss Granger…”

 

Hermione, les yeux secs, et interloquée, digéra les informations avec appréhension, avant de prendre l’enveloppe, qu’elle décacheta avec soin. Elle découvrit, une liste d’objets insolites, un billet de train plutôt curieux, puis une feuille de parchemin qu’elle effleura minutieusement afin d’en apprécier davantage la qualité de son grain. 

 

Tout paraissait si limpide et apaisé à présent.

 

Le message allait bouleverser sa vie et bien plus encore…





Publié sur Fanfictions.fr.
Voir les autres chapitres.

Les univers et personnages des différentes oeuvres sont la propriété de leurs créateurset producteurs respectifs.
Ils sont utilisés ici uniquement à des fins de divertissement etles auteurs des fanfictions n'en retirent aucun profit.

2026 © Fanfiction.fr - Tous droits réservés