Pour une fois, les plans eugénieux et herculesques se déroulaient sans accroc. La véritable baguette de Sigrid avait été apportée à Gervais Delacour avec les instructions adéquates et les impératifs de délai. La copie avait fait illusion toute la journée du vendredi sans que Hercule ou Eugénie n’aient besoin de suppléer aux lacunes magiques de Sigrid.
Le soir, avant le repas, l’original était de retour avec un rouleau signé du maître des meubles et des constructions ensorcelées précisant que l’argent avait été encaissé et que les travaux débutaient dès le lundi 21 janvier. Le trio envoya un message au 4e membre de l’Ordre Gerbera pour lui annoncer la nouvelle sous une forme codée. Ils apprirent en retour que Umbeijo avait aussi été initiée au Gemino par Alonzo, peu avant son agression. Elle les félicitait pour leur succès. Son écriture était différente et s’expliquait, à coup sûr, par une aide médicale pour la rédaction. Cette assistance n’augurait rien de bon.
Le samedi, les enfants étaient allés une fois de plus en forêt pour procéder au nettoyage des chemins et des bosquets. Ils en avaient profité pour éclaircir une autre branche majeure sur le futur emplacement de la cabane. Le concierge, satisfait de leurs progrès, leur avait fichu la paix le dimanche suivant.
La nouvelle de l’absence soudaine de Mysterio Flamingo avait fait le tour de l’école. Aux demandes d’explications réclamées par les élèves, Armand avait répondu par un silence absolu et dispensé des consignes en ce sens auprès du corps professoral. Il avait laissé les enfants développer élucubrations et théories sur la disparition du référent ibérique. Néanmoins, le trio Gerbera, à la mémoire altérée, avait connu un rafraîchissement grâce à une longue missive d’Umbeijo.
Désormais, Sigrid, Eugénie et Hercule débattaient pour savoir qui, des professeurs en exercice, hériterait du poste de référent vacant et qui obtiendrait les enseignements de métamorphose et de transformation. Une semaine sans le moindre cours se déroula et le vendredi 25 janvier 1918, lors du repas de midi, Armand réclama le silence pour discourir :
— Mes chers enfants, votre attention s’il vous plaît. J’ai deux annonces à vous faire. Allez, disons trois pour faire plaisir à monsieur Racine qui aime la précision. D’abord, je vais vous donner des nouvelles de votre professeure d’Arts Divinatoires. La santé de Claire, très précaire, l’empêchera d’exercer et de revenir parmi nous avant de très nombreuses semaines. Le Ministère de la Magie va détacher une personne à partir de lundi. Je n’en sais pas plus pour l’instant. Ensuite, concernant les cours de métamorphose et de transformation, c’est Sean Mc Flurry, votre professeur d’anglais, qui s’en chargera. Bien qu’il ne soit pas Animagus, il a obtenu des notes optimales dans ces matières à Poudlard et possède toutes les compétences requises. Il assurera ces enseignements jusqu’à la fin de l’année et sera reconduit l’année prochaine s’il est satisfait de cet arrangement. Enfin, nous avons longuement réfléchi au poste de référent Aloysia. Comme vous le savez, il est de coutume que le référent d’un Ordre en soi lui-même issu. Eh bien… cette fois-ci… nous avons encore respecté la tradition ! J’ai donc l’honneur de vous annoncer que Wilfried Laflèche…
Un tonnerre d’applaudissements et de hourras empêcha le directeur de terminer sa phrase. Il s’y attendait un peu. Il invita le nouveau référent à monter sur la table des professeurs et à connaître son heure de gloire. Tous les élèves, tous ordres confondus, l’ovationnèrent. Hercule fut tout aussi enthousiaste que les autres. Il se pencha vers Eugénie et Sigrid :
— C’est mérité. Monsieur Laflèche a toutes les capacités et le dynamisme requis.
— Oui, c’est une excellente nomination, ajouta Sigrid, souriante.
— Quidditch obligatoire ! cria Eugénie. Le Quidditch ! Le Quidditch ! Le Quidditch !
Bientôt, la liesse fut telle que tout le monde en oublia l’existence et la disparition de Mysterio Flamingo. Le week-end suivant, Edgar, la harpie féroce, livra un courrier au contenu insensé.
Le stade était plein à craquer, comme jamais. Des familles entières avaient fait le déplacement pour venir voir l’affrontement. Lorsqu’un Sonorus amplifia la voix du commentateur, le silence s’imposa dans le Stadium. L’ordre Urtica s’était scindé en deux groupes, répartis dans les camps des opposants du jour. Le public avait le visage peint en bleu ou en rouge.
En dépit de leur appartenance à Aloysia, Eugénie et Sigrid avaient dissimulé leurs traits sous des kilos de purée azur, concoctée en cours de potions avec Ambroisine Fordecafé. Hercule avait accepté de recevoir une dose de maquillage pour soutenir Lonicera. Sa principale inquiétude tournait autour de la manière de retirer cette peinture sans salir ses effets personnels et sans qu’il n’en demeurât une trace.
— … arbitre de la rencontre, le nouveau référent d’Aloysia, Wilfried Laflèche !
Il pénétra dans le stade en exécutant une quantité faramineuse de cabrioles et de virages serrés sur son balai repeint en rouge pour l’occasion. Naturellement, tout le monde se demandait si l’arbitre, partie prenante et d’un naturel enthousiaste, ferait preuve d’impartialité dans un match impliquant son ordre.
— … et voici l’équipe d’Aloysia qui fait son apparition.
À l’énoncé de leurs noms, les joueurs firent leur entrée dans les airs, vêtus de leur tenue écarlate. Ils levaient le poing en l’air en signe de victoire assurée.
— … Germain Delatour dans les buts, Yves Troplein et le capitaine Henri Mondague aux rôles de batteurs, le trio Félix Declercq, Karl Moser et Marcello Di Maggio à la poursuite. Et pour capturer le Vif d’or, la seule fille de l’équipe, le prodige volant… Luisa Fellini !
L’identité de l’attrapeuse confirmée, Eugénie s’exclama :
— Ça se complique pour Lonicera ! Fellini peut faire basculer la rencontre à elle seule ! Si jamais le Vif d’or se montre trop tôt, le match est plié.
— … au tour de Lonicera d’entrer en piste ! Le capitaine Louis Delplanque est le nouvel attrapeur !
Sigrid plongea la tête dans ses mains. Delplanque était un batteur correct, un poursuiveur honnête mais avec le poste d’attrapeur, c’était l’inconnue totale. De plus, s’il s’attribuait ce rôle, cela signifiait qu’Umbeijo n’avait pas récupéré ses facultés physiques. Vu ce que Flamingo s’était acharné à lui causer comme dommages, ce n’était pas une surprise. Eugénie était proche de la décomposition, voyant déjà les moqueries de ses pairs pour son soutien effronté à Lonicera.
— … Bruno Cervantes, gardien de but.
— Au moins, Cervantes ne va pas leur faciliter la tâche, trancha la petite frisée.
Elle était lucide. Bruno, un Espagnol de quatrième année, copain avec Joachim Alonzo, était un élève brillant dans tous les domaines. Ce n’était pas un Legilimens naturel, selon ses dires mais d’après ses camarades, ses « intuitions » s’apparentaient à des talents bien plus intrusifs. Face aux trois cercles, Bruno allait déployer ses capacités d’anticipation pour combler ses acrobaties timides.
… Hubert Deconinck et Charles Schweitzer, le tandem belgo-suisse, enverra tous les Cognards agressifs.
— Mourgues a été sorti de l’équipe ! Sigrid, Delplanque est fou !
— … Quant aux poursuiveurs, tutututute ! Il faut revoir vos accords, mesdames et messieurs ! Car nous parlerons désormais de poursuiveuses avec Renée Daguerre, Ombeline Dupré De La Futaie et pour son grand retour à Beauxbâtons…
— Non ?! s’écrièrent Sigrid et Eugénie, stupéfaites.
— Oh si ! répliqua Hercule, le sourire vissé aux lèvres.
— Tu le savais ! Tu as reçu un courrier !
— … mademoiselle Umbelina Mascarenhas de Laranjeira !
Une salve d’applaudissements jaillit des rangs des supporters aux visages peints en bleu. L’incrédulité se lut sur les mêmes faces. Pourquoi diable Delplanque l’avait-il retirée de son rôle d’attrapeuse alors qu’il reconnaissait qu’elle était plus brillante que lui ?
— C’est génial ! Elle est revenue… mais son bras…
Le membre droit était immobilisé et plaqué contre son ventre. Il ne pouvait esquisser le moindre mouvement et était protégé par un épais matelas de tissu et de bandage. Elle dirigeait son balai de la main gauche. Dans ces conditions, elle était incapable de se saisir du Souafle. Voler, oui, jouer, non. Qu’allait-elle pouvoir accomplir dans cette rencontre ?
L’arbitre du match s’avança sur son Friselune écarlate et libéra le Souafle. Au coup de sifflet, Umbeijo fonça droit sur le trio de poursuiveurs adverses, comme si elle cherchait à les percuter. Résultat : ils se dispersèrent pour éviter un choc frontal. Ombeline en profita pour s’emparer de la grosse balle et se rua vers les buts d’Aloysia. Un Cognard, expédié par l’impitoyable Mondague, frôla son adorable minois. Le batteur et capitaine avait la réputation d’être une brute.
Selon Hercule, sa baguette devait être une ancienne massue de Troll des montagnes. Lorsqu’Ombeline se présenta seule face à Delatour, stationné au niveau du cercle central, elle plongea et se délesta du Souafle qu’elle jeta en arrière. Delatour fut embarqué par le mouvement plongeant et incapable de voir Daguerre arriver dans le dos de Dupré De La Futaie. Renée n’eut qu’à donner une pichenette pour passer la balle dans le cercle supérieur. Lonicera marqua ses dix premiers points sous les hourras de la foule bleutée et survoltée.
Mondague vociféra après Troplein, accusé de regarder voler les mouches au lieu de cogner. Le trio de poursuiveurs écopa de remontrances et fut prié de ne pas se démonter devant les cabrioles d’une infirme de onze printemps.
Lors de la remise en jeu, le prodige de Lonicera ne fonça pas dans le tas. C’est le tandem belgo-suisse qui repéra les deux Cognards et les rabattit dans le groupe de poursuiveurs rouges. Comme à la parade, les deux poursuiveuses de Lonicera se passèrent le Souafle et se rapprochèrent des buts. Elles visaient le cercle supérieur mais les poursuiveurs d’Aloysia s’étaient ressaisis et les coursaient.
À quelques dizaines de mètres du but, elles furent dépossédées par les garçons, très physiques, n’hésitant plus à les bousculer. La balle plongea vers le sol et fut frappée et remontée par le manche de la monture d’Umbelina, surgie de l’arrière, imprévisible. Elle donnait des impulsions au Souafle, à coups de balai. Un heurt plus puissant, à la verticale, remit la sphère dans les mains de Dupré qui la poussa dans le cercle central.
— … et dix points supplémentaires pour Lonicera ! C’est incroyable ! Une tactique qui est innovante, déstabilisante !
En vérité, Hercule, qui s’était intéressé au football moldu, un sport naissant, comprenait l’idée de génie de Delplanque. Il avait transformé la fonction de poursuiveuse tenue par Umbeijo en « libéro », rôle d’articulation footballistique entre l’attaque et la défense. D’ordinaire, les rouges prenaient l’ascendant sur leurs adversaires et Fellini, l’œil de lynx doublé d’une flèche ardente, clôturait le spectacle ou le supplice, selon le point de vue.
Elle patrouillait dans le ciel à la recherche de la balle dorée, tout comme son homologue de Lonicera. Tant que le Vif d’or se cachait, il y avait une chance d’engranger des buts. L’objectif était de provoquer un écart de plus de 150 points afin de rendre la capture du Vif par Fellini totalement stérile. Mais c’était plus facile à dire qu’à faire.
En effet, lors de la mise en jeu suivante, les rouges s’emparèrent du Souafle et le conduisirent jusqu’au cercle de Lonicera. Cervantes repoussa deux tirs mais ne put éviter le troisième.
Piquées au vif, les filles se firent ouvrir une fois de plus la route du but par les deux batteurs de leur équipe. Elles échouèrent à marquer car Umbelina, pâle comme le linceul d’un mort, donnait des signes de faiblesse.
Soudain, Fellini s’activa et fonça comme une folle. Delplanque emboîta le sillage de son balai, réduit à jouer les figurants. Le Souafle fut récupéré par Daguerre qui, sous l’effet perturbateur de la poursuite de Fellini, ne fut pas inquiétée par qui que ce soit. Dix points supplémentaires vinrent s’ajouter dans l’escarcelle de l’ordre au chèvrefeuille. Monsieur Laflèche récupéra la balle et la remit en jeu.
Tout alla à une vitesse folle dans l’esprit de la Portugaise. Delplanque était dans les airs, en train de manœuvrer alors que Fellini plongeait vers le sol, les doigts tendus vers sa cible d’or, désormais affectée d’une course moins erratique. Schweitzer était à côté de la princesse. Un Cognard fonçait vers le batteur et il s’apprêtait à frapper avec sa batte pour éparpiller les poursuiveurs.
La géométrie spatiale mentale s’acheva sur une décision. Elle stabilisa sa monture, arracha la batte à Charles, frappa d’un swing parfait du bras gauche, perdit l’équilibre et chuta. Le Cognard fila dans les airs, percuta le Souafle libéré par le professeur Laflèche. Il changea de direction et remonta en diagonale. Sa trajectoire coupa celle du Vif d’Or, éjecté comme un fétu de paille. Le bolide continua sa course dans le balai de Fellini, déstabilisée. L’Italienne dut reprendre le contrôle à deux mains pour ne pas s’écraser au sol et effectua un redressement d’urgence.
Lorsqu’Umbelina toucha la terre avec rudesse, l’épaule gauche en premier, une immense douleur la traversa. Son ultime vision fut celle du Vif d’Or propulsé dans les cieux, les ailes tordues, droit sur Delplanque qui n’eut plus qu’à le cueillir. Un hurlement remplit le stade tandis qu’elle perdait conscience.
180-10. La victoire historique de Lonicera correspondait aussi à une défaite d’anthologie d’Aloysia. Les rouges ne perdaient presque jamais ; seul Urtica pouvait se prévaloir d’avoir fait mentir l’adage. Lonicera perdait toujours, surclassé par les adversaires. Aucun joueur d’équipe nationale n’était issu de Lonicera. Aujourd’hui, le mercredi 30 janvier 1918, une joueuse avait renversé le cours du jeu à elle seule. Le capitaine avait fait preuve d’initiative, d’intelligence et d’audace. La benjamine avait montré de la folie, de l’adresse, du courage et avait osé bousculer les règles du Quidditch sans les enfreindre. En dépit de son non-conformisme, le coup Laranjeira, un subtil jeu de billard volant, était légal.
Umbelina dormait à l’infirmerie, sous les yeux de ses amis, les membres de son équipe et du corps médical.
— Vous voulez bien vous pousser et lui laisser un peu d’air ! ordonna Alfred.
— C’est incroyable, Docteur, dit madame Cacheton. Son épaule et deux côtes étaient brisées et une heure après, il n’y paraît plus rien !
— Avec les litres de Poussos qu’elle ingurgite depuis dix jours, cela n’a rien d’étonnant. Elle s’est presque auto-réparée entre sa chute et mon auscultation dans le cabinet.
— Vous n’auriez jamais dû l’autoriser à participer à ce match. Dans son état ! Pauvre petite !
— On voit que vous ne la connaissez pas très bien ! Elle est plus têtue qu’un Fléreur sur la piste d’une souris et plus déterminée que toute l’armée allemande. Elle cache une force de caractère incroyable. Elle ne m’a guère laissé le choix, vous savez ?
— Vraiment ? Elle a réussi à vous faire plier, vous, Docteur ?
— Oui.
— Qu’a-t-elle bien pu vous dire pour vous convaincre ?
— C’est un secret, répondit-il avec un air mystérieux dans les yeux.
— Ah…
La jeune fille inconsciente entrouvrit enfin ses paupières. Son corps était au supplice mais la vision de tous ces êtres bleus lui remplit le cœur de joie. Delplanque ouvrit son poing victorieux et dévoila le trophée amoché, déglingué, pitoyable. Il le déposa sur la poitrine de la fillette et déclama :
— Tu l’as fait ! Tu as brisé la malédiction de Lonicera. Il est à toi !
Il recula et elle sourit. Il vociféra :
— Pour Umbelina ! Hip hip hip hourra !
L’équipe reprit en chœur. Elle en eut les larmes aux yeux. Hercule était là. Il lui avait sauvé la vie une seconde fois. La victoire, une deuxième fois. Comme dans la prédiction d’Obscur.
— Ma chère, je crois qu’il va vous falloir assumer votre nouveau statut de vedette. Désormais, on parle du coup de Laranjeira. Vous êtes… fantastique !
Le compliment l’atteignit de plein fouet et sa réaction d’émotivité exacerbée n’échappa pas aux yeux de Sigrid et d’Eugénie.
Quelques heures plus tard, elle était debout et répétait à qui voulait l’entendre que les leçons de Jean Racine ainsi que sa pratique du billard l’avaient aidée à imaginer son coup et que la chance avait pesé dans la balance.
Au dîner, elle loua l’intelligence de son capitaine pour sa tactique payante et Louis déclara que ses capacités en géométrie spatiale en feraient une sorcière aussi talentueuse que Piedargile au combat. Non loin de là, Elvira capta la remarque et fut du même avis que le capitaine de Lonicera : dès le premier jour du club de duel, Umbelina s’était avérée douée, instinctive, rapide, efficace. Si la fillette canalisait son énergie, elle incarnerait un jour la plus redoutable des combattantes. À moins qu’elle ne rejoigne une équipe de Quidditch, comme Delplanque le suggérait. Umbelina fut la reine de la soirée et beaux joueurs, les membres d’Aloysia vinrent la féliciter juste après le dessert.
La référente Urtica ne s’attendait pas à retrouver son quatuor au complet après la kyrielle de blessures et d’aventures survenues. Sa surprise passée, elle voulut éclaircir un point dès le début du cours.
— Les enfants, avant de commencer, j’ai besoin de comprendre un détail qui m’échappe. Il te concerne, Umbelina. Comment as-tu pu apprendre à te servir de ta main gauche aussi vite ? Je t’ai eue mercredi matin en cours et tu as exécuté tes sortilèges avec ta baguette. Qui plus est, ta petite baguette est restée à l’école, dans ta chambre, durant toute ton hospitalisation. Comment as-tu fait ?
— Hercule, je t’en prie, répondit l’intéressée. Fais-toi plaisir !
— Merci, ma chère ! Professeur, pour faire court : notre championne de Quidditch est une gauchère contrariée, devenue ambidextre par la force des choses. Comme c’est, hélas, le cas dans de très nombreuses familles moldues croyantes dans ces « religions », la main gauche et son usage sont assimilés au Diable. Les convictions d’un autre temps conduisent les Moldus à empêcher leurs enfants d’utiliser leur main gauche, soit en l’attachant dans le dos, soit parfois avec des méthodes plus cruelles. Bref, en observant notre amie, je me suis rendu compte que parfois, il y avait quelques ratés dans l’usage de son côté droit. Très rares, car elle a été parfaitement conditionnée. Mes soupçons ont été confirmés lorsque j’ai interrogé Joachim Alonzo. En faisant appel à sa mémoire exceptionnelle, j’ai su qu’Umbelina tenait sa queue de billard en gauchère avec un œil directeur droit. De même, toutes ses captures réflexes de Souafle à l’entraînement, s’opéraient du côté gauche. C’est ainsi que j’ai compris qu’elle n’a pas eu d’assistance pour nous adresser ses courriers depuis l’hôpital Bonpied. Voilà !
— Comme toujours, tu es brillant ! Je n’aurais pas fait mieux, plaisanta la princesse portugaise, déclenchant le rire de ses camarades.
— D’accord ! Voyons ce que l’apprentissage d’un nouveau sort va donner avec ta main usuelle d’origine… avez-vous entendu parler du sortilège Confringo ?
— C’est un des sortilèges explosifs.
— Exact, Sigrid. Quelle différence présente-t-il avec le sort Bombarda que je vous ai enseigné ? Une idée ?
— La précision ?
— Tout à fait, Umbelina. Autant un Bombarda, amplifié par un Maxima, va exploser tout ce qui se trouve en face de votre baguette, comme un mur, autant Confrigo va s’appliquer sur un objet précis, plus petit, sans provoquer des dommages tout autour.
— Il s’applique sur un objet maléfique ?
— Pas seulement, Hercule. Souvent, d’ailleurs, l’objet en question aura été protégé par des sorts noirs et résistera au Confringo.
— Il peut être combiné ?
— Précise ta pensée, Eugénie.
— Je veux dire… si on lance un Aquaglaciem ou un Petrificus Totalus, suivi d’un Confringo…
— Eh bien ? Dis-moi…
La référente Urtica cherchait à pousser Eugénie dans ses retranchements, sa zone d’inconfort. L’héritière de Beauxbâtons était un électron libre, un feu follet mais répugnait à faire usage de la magie pour générer des souffrances ou de la destruction. C’était une authentique non-violente dans l’âme.
— Casser de l’eau, c’est impossible. La glace, si. Je peux lancer un Aquaglaciem suivi d’un Confringo pour y parvenir.
— Continue.
— C’est juste que c’est terrible… il pourrait y avoir d’autres applications…
— Vas-y !
— On peut faire exploser une personne avec un Confringo précédé d’un Petrificus Totalus. C’est… Ce n’est pas un sort impardonnable mais…
— Oui.
— C’est comme si c’en était un.
— Tout à fait. Vous êtes conscients que la limite définie par les conventions magiques internationales est très subjective. En réalité, la magie blanche offre des combinaisons capables d’égaler ou de surpasser des sorts noirs. La terrible agression d’Umbelina aurait pu être bien pire avec un adversaire plus mal intentionné et sans que son geste ne lui vaille une condamnation maximale.
— Madame, pourquoi avoir laissé entendre que Mysterio Flamingo était coupable des autres agressions ?
La question prit Elvira au dépourvu mais, contre toute attente, ce fut Hercule qui lui vola à son secours :
— Tout ceci est stratégique. Nous n’avons pas toutes les pièces du puzzle en main, mais je crois deviner que, malgré l’inimitié de la professeure Obscur à mon intention, et par extension à vous trois, il est utile qu’elle continue son enseignement dans notre école.
— Elle t’a attaqué ! s’insurgea Eugénie.
— C’est vrai. Elle l’a décidé en fonction d’éléments qu’elle a vus dans ses prophéties. Je suis sûr qu’elle regrette sa méthode mais pas les raisons de base qui l’ont conduite à agir. Si elle me fiche la paix, c’est parce qu’elle a été prise la main dans le sac. La couverture de ses agissements scelle l’arrêt total de ses attaques. Mais je fais un pari…
— Lequel ? demanda Elvira, intriguée.
— Que son ou sa remplaçante temporaire posera un problème à l’école et qu’il sera urgent de revoir notre professeur titulaire.
— Comment en arrives-tu à cette conclusion, Hercule ? questionna Eugénie.
La professeure sourit et Hercule sut qu’elle était arrivée à la même déduction.
— Le directeur de l’école n’a aucune information sur son identité. Il faut s’attendre au pire.
Après ces élucubrations, la référente Urtica décida qu’il était temps de passer aux travaux pratiques. Comme toujours, Sigrid fût la première à réussir le sortilège. Comme d’habitude, Umbeijo le produisit avec le plus de puissance. Comme bien entendu, Eugénie lui trouva des applications disons à la limite de la légalité. Quant à la baguette d’Hercule, elle répugna à exécuter une formule explosive, destructrice, sans finesse ou sans utilité pour ses objectifs d’Auror-enquêteur.
Le samedi suivant fut aussi le dernier passé dans la forêt à essarter, à éclaircir des bosquets et à préparer l’arbre destiné à la cabane Delacour. Le soir venu, le repas achevé, chacun regagna son logis, fourbu. Hercule, en dépit de la fatigue et des courbatures, s’enfonça jusqu’au bout du couloir et décida de découvrir le secret d’Urtica.
Sa camarade avait exploré l’étage de Lonicera, profité de la salle d’entraînement et de l’espace détente et jeux. À son tour de jouer aux explorateurs !
Un point le troublait : si les allées et venues étaient visibles chez Lonicera et chez Aloysia, d’après ses camarades féminines, personne ne s’aventurait dans le placard à balai d’Urtica. Le seul à s’y introduire, c’était Orpi, juste pour y prendre son seau et sa serpillière.
Il s’empara du manche et astiqua la colonne d’évacuation. Il perçut un mouvement translatif du tuyau. Le pan de mur glissa avec et un escalier se dévoila. Contre toute attente, et à l’inverse des autres pavillons, il ne menait pas à l’étage supérieur mais au sous-sol. Tant mieux ! Moins il s’éloignait du sol, mieux il se portait. Il regretta ses pensées sur-le-champ.
L’escalier était plongé dans l’obscurité la plus totale. Les Feux Éternels, éclairant les couloirs de la construction, n’étaient pas amovibles comme ceux du Sondeur. Dans sa chambre, il disposait d’une lampe moldue, mais elle ne fonctionnait pas dans l’enceinte de l’Académie, saturée de magie, neutralisant tout appareil marchant à l’électricité.
Il lui vint une idée tordue, digne d’Eugénie qui prenait un malin plaisir à contourner les règlements, à débusquer les lacunes. Il était interdit de lancer un sortilège en dehors des murs du château et de l’étage de Lonicera. Sans quoi, le Ministère de la magie était au courant et vous tapait sur les doigts, du moins en France. Mais rien n’interdisait de le lancer dans le château et de sortir alors qu’il était toujours actif ! En général, la durée n’excédait pas la fraction de seconde sauf dans quelques cas exceptionnels comme le Patronus, les sorts impardonnables comme le Doloris ou l’Imperium, ou bien… Lumos. Tant que Nox ne serait pas prononcé, la baguette brillerait.
Il quitta le réduit, sortit du pavillon, courut comme un fou jusqu’au château, lança son Lumos Maxima, plongea la baguette sous ses couches de vêtements hivernaux et repartit à son point de départ. C’était le cas de dire : le sort en fut jeté.
La lumière puissante était un avantage de taille dans les ténèbres mais l’utilisation autre de la baguette dans le tunnel poisseux était proscrite. La saignée, rectiligne, partait dans deux directions parfaitement opposées. Il ne pouvait pas effectuer le sort de la boussole mais en se basant sur l’orientation d’Urtica, celle du placard à balai, sur sa largeur, sur la hauteur et le nombre de marches, il calcula que le tunnel se rapprochait des sous-sols du château dans un sens et quittait les limites du domaine dans l’autre.
Il consulta sa montre : il était à peine 20h00. Il disposait de deux heures avant le couvre-feu. Il décida de s’éloigner de l’enceinte de l’école. Si ses estimations étaient correctes, le tunnel s’enfonçait sous terre, passait sous le terrain de Quidditch, puis continuait vers la forêt. Il s’avança avec prudence dans la cavité humide et glissante. Instinctivement, il compta ses pas afin d’estimer la distance parcourue.
Au fur et à mesure de sa progression, il nota des détails : la pente augmentait tout comme la température ambiante. L’humidité du sol s’accroissait, comme s’il se dirigeait droit vers une source d’eau chaude.
Après avoir parcouru un peu plus de mille mètres en direction du sud, il atteignit une cavité. Chacun de ses pas résonnait et sa baguette n’éclairait pas assez pour effleurer les parois. Un lac souterrain terminait son exploration et, à la lueur de son Lumos, il put déterminer la chaleur des eaux. Bien qu’il y ait des sources chaudes dans les Pyrénées, la configuration n’avait rien de commun avec la région Auvergne, volcanique. Celles de la chaîne frontière entre la France et l’Espagne provenaient des tréfonds de la planète. Il effleura la surface liquide et maintint la main dans le lac.
« Dans les 40 degrés et c’est très soufré, si j’en juge par l’odeur forte et persistante. »
Il tenta d’en faire le tour mais dût renoncer. L’eau remontait dans la grotte comme dans un siphon et obstruait toute la cavité. C’était une impasse et cependant, Gervais Delacour avait laissé entendre que des trois pavillons, celui d’Urtica était celui le plus digne d’intérêt. L’attrait résidait dans l’autre direction, celle menant au sous-sol du château. Il fut sur le point de rebrousser chemin lorsque l’idée saugrenue de prendre un bain lui traversa l’esprit.
« Après tout, nos chambres n’offrent que des douches et les bains préparés par Orby me manquent terriblement. »
Il se dévêtit et déposa ses vêtements soigneusement pliés sur un rocher. Nu comme un ver, il se glissa dans le liquide chaud avec bonheur, nageant avec sa baguette serrée entre les dents. Il avança avec lenteur, calme, exploitant chaque impulsion de sa brasse.
Tout à coup, il éprouva une sensation curieuse. Comme si l’eau était plus froide. Le ressenti se dissipa. Il voulut en avoir le cœur net et revint dans la direction de froidure relative. Près d’une roche vaguement pyramidale, il le perçut de nouveau. Un courant froid venait se mêler à la source chaude et en atténuer les degrés.
« Étrange… »
Il plongea sous la surface et chercha l’origine dans la paroi. Il découvrit une anfractuosité à deux mètres de profondeur. Elle causait la froidure. Une rivière souterraine, alimentée par la fonte d’un glacier, serpentait dans la roche.
Il effectua quelques tractions et sentit que le puissant courant risquait de l’emporter. Sans la moindre protection ni un moyen de respirer, c’était la noyade par hydrocution assurée ou l’asphyxie. Il n’insista pas et revint vers le lac. Il l’inspecta avec minutie, nagea encore un peu, jouit des sensations de chaleur, des caresses de l’eau sur sa peau lorsqu’elles se firent insistantes. Il en vint à se demander s’il n’était pas en train de cuire lentement et se décida à quitter le liquide.
Il rejoignit le rocher, se sécha au mieux avant d’enfiler ses effets personnels. Le trou menait à la surface, il en était convaincu mais l’excursion n’était pas aisée. Quant au lac chaud, il générait une drôle de sensation. Du bien-être mais aussi autre chose. Comme s’il concentrait une énergie, un nœud magique, un cocon propice à la vie.
Il repartit en sens inverse, vers le château. Il dépassa l’escalier en colimaçon, poursuivit son chemin sur une petite centaine de mètres lorsqu’il perçut de la lumière et des voix aigrelettes. Il s’approcha à pas de loup et enfouit sa baguette sous ses vêtements.
À quelques encablures du but, il comprit où il se trouvait : c’était une cave, mesurant dans les trente mètres carrés, sans le moindre rayonnage destiné à accueillir des bouteilles de vin ou de précieux flacons d’Armagnac des Forges Volcaniques. La pièce, sans lucarne ou vasistas, poussiéreuse, humide, contenait des dizaines de paillasses jetées à même le sol ainsi qu’une dizaine de coffres de petites dimensions. C’étaient les quartiers de vie des elfes de maison.
Atterré par cette vision, le jeune garçon ne put s’empêcher de murmurer :
— C’est pas vrai…
Plusieurs visages aux yeux exorbités se tournèrent dans l’unique direction possible.
— Maître Hercule ? couina une voix identifiable. Monsieur… Que faites-vous ici ?
L’élève d’Urtica quitta la pénombre. Il rompit officiellement le silence :
— Orpi ? C’est… c’est ici que vous vivez ?
Les autres elfes l’observaient sans animosité. Ils savaient tous qui était Hercule van Betavende. Un enfant à l’éducation parfaite, un être doué de bonté, une personne respectueuse du personnel adulte, de son travail et un fin, un très fin gourmet ne tarissant pas d’éloges sur la cuisine servie à l’école.
— Monsieur… vous ne devriez pas être ici…
— Si je vous ai offensé, j’en suis navré. J’ignorais juste où menait le tunnel.
— Nous offenser ? Oh non, Monsieur. Vous voyez, vous autres ? dit-il à l’intention de ses camarades. Monsieur Hercule est le plus gentil des sorciers.
— C’est très aimable, Orpi. Je vais vous laisser… mais… pourquoi vivez-vous sous terre, dans cette cave si… pardonnez-moi de le souligner… insalubre ? Et comment y entrez-vous ?
— C’est notre place, Monsieur. Nous y transplanons dès que notre service est achevé.
— Mais c’est si miséreux, inconfortable ! Pourquoi vous traite-t-on ainsi ?
— C’est notre condition, Monsieur. Les elfes n’ont pas besoin de confort.
— Pas besoin de confort ? Vraiment ? N’importe quelle créature apprécie un nid douillet, moelleux. Vous n’êtes en rien inférieurs aux sorciers ou à nul autre être vivant !
Il avait hurlé son ultime affirmation.
— Excusez mon emportement et mon agacement, mais nous avons chez Mère et Père un elfe nommé Orby. Il possède un réduit modeste, à sa demande, mais avec un couchage épais et propre. Il cuisine pour nous et pour lui. Il ne se contente pas des restes comme un animal. Je suis… choqué !
— C’est pour cela que Monsieur n’aurait pas dû venir. Je craignais que la générosité et la justice ne s’emparent de Monsieur et ne le poussent à commettre des folies.
— Des folies ? Si vous parlez de la plainte sur le bureau du directeur demain…
— S’il vous plaît, non, monsieur Hercule !
— Mais enfin ! Orpi… l’école a les moyens de vous offrir mieux !
— Le directeur nous renverrait…
— Je ne le permettrai pas. La Gazette de Paname et le Cri de la Gargouille se régaleront de votre histoire. Le directeur reconsidérera sa position.
Orpi secoua la tête : le garçon gourmet se berçait d’illusions et ignorait tout des arcanes des pouvoirs, des forces, des statuts immuables.
— Les journaux se moqueront de Monsieur. Les sorciers n’ont rien à faire des elfes, tant qu’ils servent bien. C’est ainsi.
— Et le Ministère de la Magie, Orpi ? Pourquoi ne créerait-il pas une loi forçant à instaurer des conditions de vie correctes pour toutes les créatures magiques ?
— Parce que le Ministère n’en a pas l’utilité.
— Alors, il faut changer de Ministre !
L’elfe spécialiste de la cuisson des œufs ajouta :
— Tous les sorciers ne nourrissent pas les hiboux, ne les invitent pas à se réchauffer et ne leur donnent pas davantage de Noises lorsque leur voyage est épuisant, lointain.
— Comment… ? s’étonna le garçon.
Le petit peuple du sous-sol recula instinctivement, comme s’il savait qu’il était pris la main dans le sac en train de commettre un interdit.
— Que Monsieur dise comment nous punir pour notre indiscrétion… suggéra Orpi.
— Vous punir ? Par Nicolas Flamel, jamais de la vie ! Je veux juste savoir comment… vous me surveillez ? Vous m’espionnez ou cela fait partie de vos tâches, avoir un œil sur les élèves ?
— Orpi ne peut pas le révéler sinon, il devra se punir avec sévérité.
— Vraiment ? Avec sévérité ?
— Oh oui, Monsieur !
— La demande de surveillance ne vient pas de vous. Elle ne concerne que moi.
En dépit du faible éclairage de la cave, le détective en herbe fut capable de voir l’elfe devenir tout pâle.
— Elle vous a été demandée par un professeur.
Orpi baissa les yeux pour ne pas se trahir, mais il était trop tard : la machine à déduction van Betavende était en marche.
— Cela ne peut pas être le directeur. Cela vient d’une personne avec une sensibilité particulière. Il n’y a pas foule de candidats. Je ne crois pas que madame de Bazincourt ait recours à vos services. La référente Urtica est plutôt femme à enseigner les armes utiles pour vaincre un adversaire. Agathe Bonnelangue aurait tendance à partir favorite, car elle tient beaucoup à moi et à mes amies. Mais je dirais que ce choix trop évident pose un problème de taille : elle ne vous aurait jamais menacés d’une sanction douloureuse en cas de manquement au secret. Ce n’est pas son genre.
Orpi et ses pairs enfoncèrent leurs têtes dans leurs épaules.
— Non… l’identité de votre commanditaire est plus inattendue, plus insoupçonnable tout en respectant une certaine logique. En lien avec une prophétie, par exemple !
— Oh non ! s’écrièrent trois elfes, pris de panique.
— Claire Obscur serait intéressée par des informations sur mes agissements.
Orpi supplia :
— S’il vous plaît ! Monsieur Maître Hercule ! Ne dites plus rien de vos pensées ! Nous allons devoir…
— Vous ne devrez rien faire ! Sauf continuer à m’espionner et à lui rapporter mes faits et gestes. Ne changez surtout rien.
— Mais…
— Rien, Orpi ! Sinon, elle le découvrira. Ses talents en arts divinatoires lui permettent. Je ne veux pas qu’il vous arrive des malheurs. Entendu ?
— Bien, Maître…
— Monsieur.
— Monsieur Hercule. Nous ferons comme vous l’indiquez.
— N’en profitez pas pour vous punir dès que je serai parti, promis ?
Orpi déglutit.
— Promis ?!
— Nous promettons, Monsieur, jura Orpi, entraînant un murmure effaré de ses concitoyens.
Le jeune garçon recula et réprima l’envie d’exercer une série de Tergeo et d’Accio sur des serpillières. Il aurait pu, puisque sa baguette y aurait perçu de la lutte contre l’injustice et sans conséquence puisqu’il se trouvait sous le château. Mais il aurait blessé les elfes de maison et forcé le trait sur leurs conditions désastreuses. Il ne manquerait pas d’en référer aux trois autres membres de l’Ordre Gerbera afin d’étudier, ensemble, les moyens de les aider sans en donner l’impression.
Il exécuta le Nox sous le château et compta le nombre de pas le séparant de l’escalier. Puis, il regagna sa chambre et ne tarda pas à se coucher dans ce lit que les elfes avaient, une fois de plus, libéré de ses entraves pour lui faire regagner de l’altitude. Il ferma les yeux et se vit dans le lac chaud, flottant comme un bouchon de liège. Une personne le rejoignit en rêve pour lui transmettre un message.