Ayana Thompson attendait debout parmi les autres premières années, les bras croisés contre elle comme si ce simple geste pouvait empêcher son cœur de battre trop vite, et elle sentait la tension monter en elle à mesure que les noms défilaient, un par un, interminablement, comme si la liste ne devait jamais se terminer. Elle n’était pas connue pour être une fille patiente, loin de là, même si elle faisait toujours de son mieux pour se montrer calme et compréhensive envers les autres, mais cette attente lui semblait insupportable, presque cruelle, comme si le temps s’était étiré exprès pour la mettre à l’épreuve. Elle ne comprenait pas pourquoi cela pouvait durer autant de temps pour répartir des élèves, pourquoi chaque passage semblait prendre une éternité, pourquoi le Choixpeau semblait parfois hésiter pendant de longues secondes avant de crier une maison. Elle tapotait du pied, discrètement, mais pas assez pour que personne ne le remarque, et elle se mordait l’intérieur de la joue pour ne pas soupirer trop fort.
Fille de Lucy Weasley et de Michael Thompson, Ayana avait grandi dans une famille où l’intelligence, la réflexion et la curiosité étaient des valeurs aussi naturelles que respirer. Sa mère, petite-fille de Percy Weasley, lui avait transmis le goût du savoir, de la précision, de la logique, et Ayana avait hérité de cette capacité presque inquiétante à se plonger dans un parchemin pendant des heures sans lever la tête, oubliant parfois de manger ou de dormir, au grand désespoir de sa mère qui tentait régulièrement de la faire sortir de sa chambre pour qu’elle prenne l’air. Elle avait toujours aimé apprendre, comprendre, analyser, démonter les choses pour mieux les reconstruire, et elle avait toujours eu cette soif insatiable de connaissances qui la poussait à poser mille questions, à lire des livres trop avancés pour son âge, à s’intéresser à des sujets que la plupart des enfants trouvaient ennuyeux.
Mais cette passion pour le savoir venait aussi avec une pression immense, car Ayana n’était pas la première de sa famille à entrer à Poudlard. Sa sœur aînée y étudiait déjà, et elle avait été envoyée à Gryffondor, où elle brillait depuis deux ans, accumulant les optimals avec une facilité déconcertante. À seulement treize ans, elle était déjà considérée comme l’une des meilleures élèves de sa promotion, et Ayana ressentait le poids de cet héritage comme une pierre sur sa poitrine. Elle voulait être à la hauteur, elle voulait rendre fière sa famille, elle voulait prouver qu’elle aussi avait sa place dans cette lignée de Weasley studieux et talentueux. Elle ne voulait pas être « la petite sœur de », elle voulait être Ayana, et elle voulait qu’on se souvienne d’elle pour ce qu’elle accomplirait.
Elle observait les élèves défiler, certains tremblant, d’autres souriant, d’autres encore affichant une assurance presque insolente, et elle se demandait ce qu’elle ressentirait lorsque son tour viendrait. Elle se demandait si elle serait capable de rester calme, si elle parviendrait à ne pas laisser transparaître la tempête qui grondait en elle. Elle se demandait si le Choixpeau verrait en elle ce qu’elle espérait qu’il verrait, si elle serait envoyée dans une maison où elle pourrait s’épanouir, apprendre, grandir. Elle se demandait si elle serait à la hauteur de ce que sa famille attendait d’elle.
Puis soudain, son nom retentit dans la Grande Salle.
« Ayana Thompson. »
Elle sentit son cœur faire un bond dans sa poitrine.
C’était son tour.
Elle inspira profondément, tenta de calmer ses mains qui tremblaient légèrement, et s’avança vers le tabouret avec une détermination qu’elle ne ressentait pas vraiment, mais qu’elle voulait afficher. Elle s’assit, le bois froid sous elle, et sentit le Choixpeau se poser sur sa tête. Aussitôt, une voix résonna dans son esprit, une voix ancienne, profonde, presque amusée, mais d’une lucidité qui la traversa comme une onde.
— Ah… je vois. Une grande intelligence, une curiosité vive… et un esprit indépendant. Tu ne te laisses pas influencer facilement. Tu veux comprendre avant d’agir. Tu veux apprendre, toujours.
Ayana sentit un frisson lui parcourir l’échine.
C’était vrai. Elle avait toujours voulu comprendre, toujours voulu savoir, toujours voulu aller plus loin que ce qu’on lui enseignait. Elle avait toujours eu cette soif insatiable de connaissances qui la poussait à lire, à questionner, à analyser.
— Tu pourrais aller à Gryffondor, c’est vrai. Tu as du courage, et une détermination certaine. Mais… ce n’est pas là que ton esprit s’épanouira. Tu veux réfléchir, analyser, découvrir. Serdaigle t’appelle.
Elle sentit son cœur se serrer.
Serdaigle.
Elle n’y avait jamais vraiment pensé, mais maintenant que le Choixpeau le disait, cela semblait évident. C’était là qu’elle pourrait apprendre, grandir, s’épanouir. C’était là qu’elle pourrait être elle-même.
Puis soudain, le Choixpeau cria :
— SERDAIGLE !
Le mot résonna dans la Grande Salle, et Ayana sentit un sourire immense étirer ses lèvres. Elle retira le Choixpeau, descendit du tabouret, et se dirigea vers la table de sa nouvelle maison, accueillie par des applaudissements, des sourires, des regards curieux. Elle s’assit, encore un peu tremblante, mais heureuse, profondément heureuse.
Elle savait qu’elle rendrait fière sa famille.
Elle savait qu’elle avait trouvé sa place.
Et elle savait qu’elle ferait tout pour devenir la meilleure élève de sa promotion, peut-être même surpasser sa sœur aînée.
Elle en avait la volonté.
Elle en avait la capacité.
Et maintenant, elle en avait à la maison.