Harry Potter (III) : Les Ombres de l'Aube

Chapitre 8 : Sous le Voile de la Rose Noire

Par snape69

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Cela faisait maintenant cinq ans que Sébastien travaillait dans cette école, cinq ans qu’il avait été nommé directeur adjoint par la directrice Sophia, cinq ans qu’il jouait à la perfection le rôle du mari aimant, du collègue fiable, du père attentionné. Cinq ans qu’il portait ce masque impeccable, sans jamais le laisser glisser, sans jamais permettre à quiconque d’entrevoir ce qu’il était réellement : une mécanique froide, méthodique, entièrement dévouée à la Rose Noire.


Sophia l’avait nommé par amour, persuadée qu’il serait un soutien, un partenaire, un pilier pour elle et pour l’école. Elle avait cru voir en lui un homme solide, rassurant, un homme qui l’aiderait à porter les responsabilités écrasantes de Poudlard. Mais cette décision, loin d’être sage, avait été la plus grave erreur de sa vie. Car elle ignorait que, déjà à l’époque, la Rose Noire avait commencé à tisser autour d’elle un filet invisible, un enchantement lent, progressif, définitif, qui avait fini par l’asservir totalement.


Aujourd’hui, Sophia n’était plus qu’une marionnette élégante, souriante, docile. Elle obéissait à tout ce que Sébastien lui demandait sans jamais poser de question, sans jamais réfléchir par elle-même, comme si son esprit avait été recouvert d’un voile soyeux qui l’empêchait de percevoir la moindre incohérence, la moindre alerte, la moindre menace. Elle vivait dans une bulle de douceur artificielle, persuadée d’être heureuse, persuadée d’être aimée, persuadée d’être libre.


Mais parfois, dans les moments où la fatigue la prenait par surprise, un frisson traversait son regard. Une hésitation. Une ombre. Un battement de cœur trop rapide. Et Sébastien, toujours attentif, toujours présent, effaçait ces micro‑sursauts d’humanité d’un mot, d’un geste, d’un sourire. Il savait exactement comment la maintenir dans cet état de docilité parfaite.


Depuis cet asservissement total, ils avaient eu des jumeaux, Ambre et Zaid, nés peu de temps après la perte définitive de son libre arbitre, puis des triplés, Zayn, Diego et Alyssia, nés trois ans plus tard. Sophia voyait en eux une bénédiction, une famille, un avenir. Elle les regardait avec une tendresse infinie, persuadée que leur naissance était le fruit d’un amour profond. Mais Sébastien, lui, n’y voyait qu’un moyen supplémentaire de la maintenir enchaînée. En se mariant à lui, en portant ses enfants, elle s’était liée à la Rose Noire d’une manière qu’elle ne comprendrait jamais, une manière qui faisait qu’elle obéissait désormais inconsciemment à la volonté de cette dernière, comme si chaque battement de son cœur était devenu un ordre silencieux.


Le bureau qu’ils partageaient avait évolué au fil des années, un changement que personne n’avait jamais vu auparavant, mais que Sébastien avait imposé avec une précision chirurgicale. Il avait exigé plus de lumière, mais aussi plus d’ombre, un contraste étrange qui reflétait parfaitement sa personnalité : un éclat trompeur posé sur un fond sombre et insondable. Certaines décorations avaient été remplacées, d’autres déplacées, et les portraits qui ornaient les murs avaient protesté, murmurant entre eux leur mécontentement. Il leur avait répondu d’un ton calme, presque doux, qu’il saurait si jamais ils tentaient quoi que ce soit. Depuis, ils se taisaient. Le bureau était devenu un espace étrange, presque dérangeant. La lumière du matin y entrait en lignes tranchantes, découpant les meubles comme des lames. Les ombres, elles, s’étiraient dans les coins, épaisses, silencieuses, comme si elles attendaient quelque chose. Sophia ne voyait rien de tout cela. Elle trouvait la pièce « chaleureuse », « inspirante ». Sébastien, lui, y voyait un théâtre parfait.


Ce matin-là, Sophia était assise à son bureau, feuilletant des parchemins avec un enthousiasme artificiel. Ses doigts glissaient sur les pages avec une délicatesse presque enfantine, comme si chaque document était une découverte merveilleuse.


— Une nouvelle année qui commence, dit-elle d’un ton joyeux. Nous allons cette fois accueillir Elizabeth Potter, Marylin Potter et Harry II Potter-Shacklebolt.


Elle souriait comme si elle annonçait une fête.


Sébastien leva les yeux vers elle, un sourire presque imperceptible étirant ses lèvres. Il aimait ces moments où elle parlait avec cette innocence fabriquée. Cela lui rappelait à quel point elle était brisée.


— Ce n’est pas une si bonne chose, Sophia, répondit-il calmement. Rappelle-toi que ceux-ci t’en voudront. Pas pour Elizabeth, vu que ses parents James et Savannah Potter sont décédés, mais je parle des deux autres couples : Alexis et Lily Potter-Shacklebolt, ainsi que Albus et Alice II Potter. Il n’y a que leurs aînés qui peuvent étudier à Poudlard.


Sophia cligna des yeux, comme si l’information mettait un moment à traverser le brouillard de son esprit. Elle fronça légèrement les sourcils, un geste rare, presque fragile.


— Oh, c’est vrai… j’avais complètement oublié cette histoire. Mais en même temps, ils m’ont forcée à prendre cette décision.


Elle disait cela comme une évidence, comme si elle se souvenait d’un événement qu’elle n’avait jamais réellement compris.


Sébastien se leva lentement, contourna son bureau, et posa une main sur son épaule. Un geste tendre, parfaitement exécuté, parfaitement faux.


— Je sais bien, mon amour, murmura-t-il d’une voix douce, presque caressante. Mais je te conseille de te méfier des Potter. D’ailleurs, j’ai eu une idée pour t’aider.


Elle releva la tête, les yeux brillants d’une confiance aveugle.


— Ah oui ?


— Oui. Mon fils Ayden va aussi entrer à Poudlard cette année. Et si tu veux, il pourra surveiller les Potter et leur montrer qu’il est intouchable, comme le fils des Malefoy.


Sophia sourit, ravie, comme si l’idée venait d’elle-même.


— C’est une très bonne idée, faisons ça. Préviens les enfants qu’ils pourront agir librement dans le château.


Sébastien hocha la tête, satisfait. Tout avançait exactement comme la Rose Noire l’avait prévu. Et Sophia, douce, docile, brisée, ne voyait rien.


Le soir venu, Sophia préparait les affaires pour la rentrée. Elle rangeait des parchemins, des plumes, des livres, tout en fredonnant une mélodie douce. Les enfants jouaient dans un coin, riant, se chamaillant, inconscients de tout.

Sébastien les observa un instant. Ambre ressemblait à Sophia, avec ses yeux clairs et son sourire doux. Zaid, lui, avait hérité de son regard sombre. Les triplés étaient un mélange étrange, un équilibre parfait entre innocence et potentiel.


Il s’approcha de Sophia.


— Tu es prête pour demain ?


Elle hocha la tête, heureuse.


— Oui, je crois. C’est toujours un moment spécial, la rentrée.


Il sourit. Un sourire qui n’atteignit pas ses yeux.


— Oui. Très spécial.


Sophia ne comprit pas l’ombre dans sa voix. Elle ne comprenait plus rien depuis longtemps.


Dans la nuit, alors que tout le monde dormait, Sébastien se leva. Il traversa le manoir silencieux, descendit les escaliers, et entra dans une pièce verrouillée par un sort que seule la Rose Noire pouvait briser. À l’intérieur, des symboles sombres étaient gravés sur les murs. Une lumière rouge pulsait doucement, comme un cœur vivant. Il s’approcha de l’autel, posa sa main sur la pierre froide, et murmura :


— Tout est prêt. Sophia est prête. Les enfants sont prêts. Poudlard est prêt.


La lumière rouge s’intensifia.


— Et Elizabeth Potter arrive.


Un sourire lent, dangereux, étira ses lèvres.


— Demain… tout commence.





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