Harry Potter (III) : Les Ombres de l'Aube

Chapitre 6 : Le Conseil de la Rose Noire

Par snape69

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Le manoir de la Rose Noire semblait respirer avec elle, comme si chaque pierre, chaque moulure, chaque ombre avait été façonnée pour amplifier sa présence, et ce soir, alors que la veille de la rentrée étendait son voile silencieux sur le monde magique, elle sentait que tout ce qu’elle avait construit, tout ce qu’elle avait manipulé, tout ce qu’elle avait sacrifié arrivait enfin à son point d’ignition, ce moment précis où les années de patience glacée se transformeraient en un mouvement irréversible, une onde de choc politique et personnelle qui balaierait tout sur son passage. Elle convoqua Sébastien, Orion, Ayden, Scorpius et Lavinia par un message mental, un murmure télépathique qui s’insinuait dans leur esprit avec la douceur d’un poison, leur ordonnant de venir immédiatement, sans prétexte, sans délai, car désormais l’anti-transplanage n’existait plus et aucune excuse ne serait tolérée, pas même un battement de cœur de retard. 


Ils arrivèrent les uns après les autres dans la salle des réunions, cette pièce sinistre qu’elle réservait aux décisions les plus sombres, un lieu où les murs semblaient absorber la lumière et où même les portraits détournaient le regard, comme s’ils craignaient d’être témoins de ce qui allait se jouer. Tous s’inclinèrent, certains avec une dévotion sincère, d’autres avec une peur soigneusement dissimulée, mais tous avec la conscience aiguë que la Rose Noire ne convoquait jamais autant de monde sans raison, et que leur présence ici signifiait qu’un engrenage venait de s’enclencher, un engrenage dont ils ne pourraient plus sortir vivants s’ils venaient à faillir.


— Bien. Si je vous ai convoqués la veille de la rentrée scolaire, ce n’est pas un hasard. Le moment est venu d’accomplir le plan que je façonne depuis des années.


Sébastien, fidèle parmi les fidèles, répondit avec une assurance presque insolente, comme s’il savourait l’honneur d’être au cœur de cette machination.


— Et nous sommes prêts pour l’accomplir, Maîtresse.


Elle le regarda avec amusement, car si Sébastien était prêt, elle doutait que les autres aient réellement compris l’ampleur de ce qui allait se produire. Elle fit un geste de la main, un mouvement lent, calculé, presque caressant, et ses yeux se posèrent sur Orion.


— Orion, approche, trésor.


Le jeune Malefoy hésita, une hésitation infime mais perceptible, preuve qu’il savait exactement à qui il avait affaire, puis il s’avança, la tête légèrement baissée, comme un enfant qui s’approche d’un feu qu’il sait capable de le brûler.


— As-tu bien appris tes leçons pendant ces cinq années ? As-tu l’artefact que ta mère t’a confié ?


— Oui, Maîtresse. Je sais exactement ce que je dois faire et j’ai l’objet. Je saurai m’en servir.

Elle plongea son regard dans le sien, un regard si intense qu’Orion sentit son souffle se bloquer dans sa gorge.


— Et que dois-tu faire, très exactement ?


— Je dois me placer dans un endroit où Elizabeth ne pourra ni me voir ni me sentir, puis activer l’artefact pour qu’elle se transforme en louve, devant votre fille et devant témoins, afin que l’événement soit indiscutable.


Un sourire lent, presque tendre, étira les lèvres de la Rose Noire, un sourire qui n’avait rien d’humain.


— Parfait. Tu peux retourner vers tes parents.


Elle le laissa reculer, savourant la tension qui crispait ses épaules, car Orion avait été entraîné, façonné, brisé puis reconstruit pour cette mission, et si cela n’avait pas été le cas, il serait déjà mort depuis longtemps. Mais elle avait encore besoin de lui, et elle ne gaspillait jamais ses outils avant l’heure.


Son regard glissa ensuite vers Ayden Blackwell, le fils aîné de Sébastien, un enfant de onze ans à peine, mais dont le regard avait déjà perdu l’innocence que les autres de son âge portaient encore, un enfant façonné par un père froid et une loyauté absolue, un enfant qui, malgré sa petite taille, dégageait une détermination glacée qui la satisfaisait profondément. Elle s’accroupit légèrement, non pas par douceur, mais pour mieux le dominer, pour mieux lui insuffler l’importance de ce qu’elle allait lui confier.


— Ayden, mon petit corbeau… tu vas entrer à Poudlard cette année, et tu vas y être bien plus utile que tu ne l’imagines.


Le garçon redressa le menton, fier.


— Je ferai tout ce que vous voulez, Maîtresse.


— Je n’en doute pas. Tu écouteras les conversations des professeurs, car les adultes parlent trop quand ils pensent qu’un enfant ne comprend pas. Tu retiendras tout ce qui pourrait m’être utile, chaque mot, chaque hésitation, chaque secret laissé traîner dans un couloir. Et tu sèmeras des rumeurs, des questions innocentes, des doutes, rien de direct, rien qui te trahisse, mais suffisamment pour que les élèves s’agitent, pour que les peurs se propagent, pour que les regards se tournent vers ceux que je veux voir tomber.


Elle sourit, un sourire lent, presque tendre, mais qui n’avait rien d’humain.


— Et surtout… tu te rapprocheras de Marylin Potter. Pas pour être son ami. Pour la provoquer. Pour lui dire ce qu’est réellement Elizabeth. Pour lui faire peur. Les enfants transmettent la peur mieux que les adultes, et Marylin répétera tout à son père.


Ayden sourit à son tour, un sourire trop calme pour un enfant de onze ans.


— Je peux faire ça.


— Je sais. Et tu feras aussi autre chose. Tu as le droit de martyriser la directrice. Pas physiquement. Psychologiquement. Tu lui diras que tu ne la considères pas comme ta belle-mère, que tu n’es pas son fils, que tu n’as aucune loyauté envers elle, que tu n’es là que pour ton père. Chaque mot sera un coup de couteau. Et elle ne pourra rien dire, rien faire, parce que tu n’es qu’un enfant.


Ayden inspira, presque exalté.


— Je le ferai, Maîtresse.


— Bien. Et tu serviras aussi de messager entre ton père et moi. Personne ne se méfiera d’un enfant qui se promène dans les couloirs.


Elle posa une main glaciale sur son épaule.


— Tu es jeune, Ayden. Mais tu peux déjà détruire des adultes.


Elle se détourna de lui, satisfaite, et son regard se posa sur Scorpius, qu’elle avait volontairement gardé pour la fin, car il représentait la pièce la plus instable, la plus prometteuse, la plus dangereuse de son échiquier.


— Scorpius, que dois-tu faire ?


— Je dois… faire en sorte qu’Elizabeth soit envoyée en prison pour mineurs.


— Oui. Mais encore ?


Il inspira, les mains légèrement tremblantes.


— Je dois retourner le Conseil et le Ministère contre Alexis et Albus.


Elle sourit, un sourire lent, cruel.


— Et tu as déjà commencé. Tu m’as apporté la preuve qu’Albus Potter, Commandant des Aurors, n’a jamais déclaré Elizabeth comme louve. Une faute professionnelle gravissime. Une faute qui, entre de bonnes mains, devient un scandale politique. Alors écoute-moi bien. Tu vas envoyer tout le dossier d’Elizabeth — complet, détaillé, compromettant — au Département de la Justice Magique. Anonymement. Pas une lettre. Pas un mot. Juste les faits. Les faits suffisent toujours à détruire les gens.


Il releva les yeux, pâle.


— Mais Alexis est Ministre de la Magie…


— Justement. Le Ministère ne peut pas ignorer une dénonciation anonyme visant le Commandant des Aurors. Ils ouvriront une enquête. Ils devront. Et une enquête sur un Ministre… c’est déjà une condamnation. Le Conseil paniquera. Les Aurors se diviseront. Et toi, tu n’auras rien fait… officiellement.


Elle posa une main glaciale sur son épaule.

— Tu n’as rien à inventer. Tu as déjà trouvé la vérité. Tu n’as qu’à la libérer.


Scorpius hocha la tête, déterminé malgré la peur.


— Je le ferai.

— Je n’en ai jamais douté.


La Rose Noire recula, observant ses pions alignés devant elle, chacun porteur d’une mission précise, chacun lié à elle par la peur, la dette ou la manipulation, chacun prêt à déclencher une partie du chaos qu’elle avait orchestré. Le monde n’était pas prêt pour ce qui allait suivre, mais elle, elle l’était depuis longtemps. Elle avait attendu, observé, infiltré, corrompu, et maintenant, enfin, elle allait frapper.


Son plan pouvait commencer.





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