Comme c’était bientôt le grand moment pour Elizabeth, Harry II et Marylin, Albus eut l’idée d’organiser une grande partie de Quidditch en famille, une de ces journées qui rassemblent tout le monde autour d’un prétexte joyeux, bruyant et un peu chaotique, comme les Potter savaient si bien le faire, et c’est pourquoi il invita sa mère, Ginny, ainsi que sa sœur Lily, son mari Alexis et leurs enfants, car avec le nombre d’enfants présents, nul doute que l’aide de la Matriarche Potter serait plus que bénéfique, ne serait‑ce que pour éviter que l’un d’eux ne disparaisse dans un buisson ou ne tente de grimper sur un balai sans surveillance. C’était d’ailleurs Albus et Ginny qui avaient proposé de venir aider Lily et Alexis à amener les enfants, car avec neuf enfants à gérer, cela n’était pas de tout repos, et même si Lily avait l’habitude de jongler entre les cris, les disputes et les rires, la perspective de les amener tous au manoir en une seule fois relevait presque de l’exploit, mais par chance, huit enfants sur neuf iraient à Ilvermorny cette année, ce qui signifiait que Lily pourrait se charger elle‑même de les accompagner à leur école, laissant au moins un peu de répit à Alexis qui, malgré son calme légendaire, commençait à montrer des signes de fatigue à l’approche de la rentrée.
Lorsque tout le monde fut réuni dans le jardin, Albus prit la parole, sa voix portant naturellement au-dessus du brouhaha des enfants qui couraient déjà partout, excités par l’idée de voler.
— Les enfants, comme vous pouvez le voir, nous allons faire une grande partie de Quidditch. Bien évidemment, vous n’êtes pas obligés de jouer, aujourd’hui c’est un grand moment de fête : Elizabeth, Marylin et Harry vont enfin entrer à l’école de Poudlard dans quelques jours, et c’est pourquoi nous avons eu l’idée de faire un Quidditch entre nous. Linfred, les yeux brillants, leva la main comme s’il était en classe.
— Oh trop cool ! Et ceux qui ne jouent pas, ils feront quoi papa ?
— Ils resteront avec les adultes qui ne joueront pas, et si tu penses que tu arriveras à échapper à notre surveillance, sache que cela ne risque pas.
— Linfred, tu restes avec moi pour la peine, nous allons faire le repas fit Alice en regardant son fils dans les yeux.
— Nan c’est pas juste !
Albus sourit, amusé, car il avait parfaitement prédit que cela arriverait, et finalement, après quelques minutes de discussions, de protestations et de négociations, ils parvinrent à constituer deux équipes assez équilibrées malgré la présence de très jeunes joueurs, et désormais les équipes étaient composées ainsi :
Albus et Lily avaient pris dans leur équipe Marylin, Harry, Elyra, Arthur et Harvey, tandis qu’Alexis et Ginny avaient pris Elizabeth, Cynthia, Hardwin, Andrew et Lydia, ce qui faisait sept joueurs par équipe, comme dans un vrai match, même si les règles seraient évidemment adaptées pour éviter qu’un enfant ne se retrouve projeté contre un arbre ou suspendu à un anneau de but.
Les autres enfants, ceux qui ne participaient pas, acceptèrent finalement d’être surveillés par les plus âgés pour aider Alice à préparer le repas, même si, en réalité, personne n’était vraiment convaincu que cela suffirait à maintenir l’ordre. Le match débuta dans une ambiance électrique, les balais s’élevant dans le ciel avec des cris de joie, des rires et quelques frayeurs lorsque l’un des plus jeunes manqua de perdre l’équilibre avant d’être rattrapé de justesse par Lily, qui avait toujours eu de bons réflexes. Très vite, les adultes furent impressionnés par les jeunes : ils étaient tous doués, rapides, agiles, et certains montraient déjà un talent naturel qui rappelait les grandes heures des Potter et des Weasley sur un terrain de Quidditch. Elizabeth, elle, occupait le poste d’attrapeuse, le poste qu’avaient joué sa grand‑mère mais aussi ses parents, et elle se révéla étonnamment habile, parvenant à attraper plusieurs fois le Vif d’or, même si l’autre attrapeur, Harvey, n’avait jamais volé sur un balai auparavant, ce qui rendait la compétition un peu inégale, mais cela n'enlève rien à la fierté qu’elle ressentait en sentant le petit objet doré vibrer entre ses doigts.
Pendant ce temps, Alice tentait tant bien que mal de s’occuper des enfants qui ne jouaient pas, mais malheureusement pour elle, ils avaient été intenables, courant dans le jardin, se cachant derrière les arbres, grimpant sur les murets, échappant aux plus âgés qui tentaient de les rattraper, tout comme Alice qui, malgré sa bonne volonté, n’arrivait pas à les canaliser. Ce fut finalement Ginny Potter qui, une fois descendue de son balai, vint mettre fin au chaos d’une voix forte qui fit sursauter tout le monde.
— Non mais ce n’est pas bientôt fini ? Vous ne pouvez pas, pour une fois, vous tenir à carreau ? Regardez donc l’état d’Alice, c’est inacceptable !
— Mais grand-mère, on joue ! râla Linfred.
— Ne parle pas sur ce ton à ta grand-mère, Linfred. fit Albus en le regardant droit dans les yeux.
L’enfant baissa immédiatement la tête, les joues rouges, et le silence retomba un instant sur le jardin, comme si même les oiseaux avaient décidé de se taire. Puis, peu à peu, l’ambiance se détendit, les balais furent rangés, les enfants ramenés à l’intérieur, et la lumière du soir enveloppa le manoir d’une douceur presque irréelle, cette lumière dorée qui annonçait la fin de l’été et le début d’une nouvelle étape pour certains d’entre eux.
Les adultes se retrouvèrent par petits groupes, cherchant instinctivement la présence de ceux qu’ils aimaient après cette journée mouvementée. Alice rejoignit Albus près du vieux pommier, encore essoufflée.
— Je crois que je n’ai jamais autant couru de ma vie, dit‑elle en riant.
— Je suis désolé…
— Ne t’excuse pas. C’était une belle journée.
Elle glissa sa main dans la sienne, un geste simple mais chargé de tendresse, et Albus la regarda avec une douceur qu’il ne montrait qu’à elle.
Un peu plus loin, Lily s’était assise dans l’herbe, la tête posée contre l’épaule d’Alexis.
— Ils grandissent trop vite, murmura‑t‑elle.
— On s’en sortira, répondit Alexis en lui caressant la main. On s’en sort toujours.
Ginny, elle, resta un peu à l’écart. Elle observait les couples, les enfants, les rires qui s’éteignaient doucement. Elle aimait ces moments‑là, elle en avait besoin, mais parfois — comme ce soir — une ombre passait dans son regard, une ombre faite de souvenirs, de visages qu’elle ne reverrait plus, de voix qui s’étaient tues trop tôt. Elle inspira profondément, chassant la brûlure dans sa poitrine, puis elle sourit, un sourire vrai, même s’il tremblait un peu.
Elizabeth s’approcha d’elle, hésitante.
— Grand‑mère… ça va ?
Ginny la regarda, et son sourire se fit plus doux.
— Oui, ma chérie. Je suis juste… fière de vous. Tous autant que vous êtes.
Elizabeth sentit son cœur se serrer. Elle prit la main de Ginny dans la sienne, sans un mot, et pendant un instant, très court mais très précieux, Ginny ne fut plus seule. En observant sa famille — les couples enlacés, les enfants épuisés, Ginny qui souriait malgré la douleur — Elizabeth sentit une chaleur étrange l’envahir, une nostalgie, une gratitude, et une peur douce, presque imperceptible. Dans quelques jours, tout allait changer. Elle le savait. Elle le sentait. Mais ce soir… ce soir, elle voulait juste retenir ce moment.