Près de cinq ans avaient passé depuis le départ d'Elliel pour Erebor. Le prince avait repris ses fonctions de capitaine de la garde et de l'armée, ses guerriers le retrouvant avec joie. Désormais, il portait Orcrist à la ceinture, son épée offerte par Thorin. Évidemment, son bâton ne le quittait jamais et il s'était de nouveau fabriqué un équipement complet. Ce jour là, il revenait justement de patrouille, accueilli comme souvent par son père et Glorfindel toujours inquiets qu'il revienne blessé alors que les combats existaient encore à leur frontière. Ils s'étaient fait rares et faciles pour les guerriers elfiques mais cela les inquiétait tout de même toujours. Ils étaient donc souvent là à ses retours. Ils l'accompagnèrent lorsqu'il s'occupa de Rhîwial puis lorsqu'il alla se changer, se débarrassant de son armure. Mithrandir était revenu depuis deux jours pour passer un peu de temps à Fondcombe et il était heureux de voir le magicien. Simplement vêtu alors qu'il n'avait pas encore remis ni ses chaussures ni son diadème, il se mit à ranger son équipement, replaçant d'abord son bâton dans son dos.
Il allait poser son épée sur son support lorsqu'il sentit une violente décharge de magie se manifester au nord de la vallée. Il se figea, coupant net la phrase qu'il était en train de dire et alertant Elrond et Glorfindel près de lui. Cette magie, il ne la connaissait que trop bien. Beaucoup trop bien et malgré les années qui avaient passées, cent treize ans, il s'en souvenait parfaitement. Il frissonna violemment, ignorant complètement son père qui essayait d'attirer son attention. De la magie sorcière, la magie de ses ravisseurs d'autrefois. Tout les Istari de la Terre du Milieu avaient dû la sentir. Elle était tellement différente de celle de leur monde. Plus lourde, plus sèche, plus dure, beaucoup plus soumise et fermée, docile, maussade et triste. Il ne pouvait y avoir d'erreur. Immédiatement, il se demanda ce qu'il se passait au juste, redoutant déjà des interférences entre les mondes. Il se concentra donc aussitôt, fermant les yeux et lançant son esprit vers le nord. Il devait savoir tout de suite ce qu'il se passait, d'autant plus qu'il savait qu'il y avait des mouvements d'Orques, de Gobelins et de Trolls dans cette région en ce moment.
Il se concentra, se tendant en sentant les résidus de cette magie affreuse. Elle disparaissait déjà, détruite par celle beaucoup plus puissante de la Terre du Milieu. Il chercha ce qui avait pu se passer et soudain, il sentit autre chose. Une présence qui le rendait nostalgique. La seule chose positive ressortant de son kidnapping : Severus. Il sentait la magie et la présence de Severus dans son monde. Il semblait y avoir une deuxième personne avec lui mais il ne se souvenait pas de cette signature magique bien que quelque chose de familier semblait en émaner. Il n'en revenait pas. Severus était là, en Terre du Milieu et instantanément, l'idée de le revoir et de le retrouver le rendit heureux. Il lui devait tellement. Il se demanda comment il pouvait encore être en vie après cent dix ans, se souvenant ensuite du décalage d'écoulement du temps entre leurs deux mondes. Si l'échelle n'avait pas changé, il n'avait dû s'écouler que quelques années pour les sorciers depuis que Severus l'avait renvoyé. Et puis soudain, l'urgence de la situation lui sauta à la figure. Severus venait de débarquer en Terre du Milieu avec il ne savait qui, il était en terre totalement inconnue, sa magie probablement très perturbée et dans une région pleine de trolls, de gobelin et d'orcs. Il pouvait d'ailleurs les sentir non loin de lui et il ne faisait nul doute que ce flash de magie risquait d'attirer leur attention.
Il ne réfléchit alors pas un instant. Il rouvrit les yeux brusquement, revenant au moment présent, son visage sérieux et grave. Il raffermit sa prise sur son épée qu'il n'avait pas encore lâché et il fila en vitesse, partant en courant à toute jambe, ignorant son père et Glorfindel l'appelant et ne prenant même pas la peine d'enfiler des chaussures. Sortant du palais, il appela Rhîwial qui arriva rapidement. Il grimpa sur son dos d'un bond alors qu'il ne portait ni selle ni bride et il fila avec lui, lui indiquant le chemin à prendre et lui demandant de presser l'allure. Le cerf partit alors à toute vitesse, bondissant alors qu'Elrond et Glorfindel arrivaient en courant, se demandant ce qu'il se passait. Mais ils n'eurent guère le temps de questionner le mage qu'il disparaissait déjà avec sa monture, les laissant là très inquiets. Ils virent pourtant Mithrandir arriver en courant un instant plus tard, leur demandant où était Elliel avec un certain empressement. Ils lui racontèrent alors ce qu'il venait de se passer et il leur annonça qu'il venait de sentir une forte manifestation de magie étrangère au nord. Une magie identique à celle qui s'était manifestée lors du kidnapping et du retour d'Elliel. Aussitôt, Elrond sonna le rassemblement de la garde, Glorfindel se portant immédiatement volontaire pour en prendre la tête à la place de leur capitaine parti en trombe pour rejoindre celui-ci afin de lui apporter une aide dont-il pourrait avoir besoin.
Elliel lui, ne pensait plus qu'à Severus. Il espérait vraiment qu'il soit là, qu'il soit là sain et sauf. Il se demandait comment et pourquoi le maître des potions avait pris cette décision. Mais en tout cas, il était ravi d'avoir la chance de le revoir, de pouvoir le remercier. Inquiet à son sujet alors qu'il arrivait en terre complètement inconnue, il se concentra sur la route, transmettant sa propre magie à Rhîwial pour lui permettre d'accélérer encore. Le cerf bondissait comme rarement il l'avait fait, courant à toute allure alors qu'ils avaient rapidement gagné les plaines parsemées de roches et de bosquets, filant vers le Nord. En route, il boucla la ceinture de son épée autour de sa taille, se focalisant ensuite sur sa destination.
Il lui fallut près de trois quart d'heure pour qu'il approche enfin du but. Il perçut sans mal la présence de Severus et de la deuxième personne alors qu'il avait atteint une forêt plus épaisse, le temps grisâtre alors qu'il pleuvait depuis deux jours. Seulement, il perçut aussi l'arrivée sur eux d'une trentaine d'orcs. Il grimaça lorsqu'il comprit qu'ils arriveraient plus vite que lui. Il encouragea Rhîwial et finalement, il fut sur place, son cerf bondissant du haut d'un petit surplomb entre les arbres pour atterrir pile devant Severus et son compagnon. Il faisait face aux orcs qui les entouraient et qui les avaient acculé contre le rocher duquel il venait de sauter. Les créatures reculèrent précipitamment à l'arrivée du cerf, surprises, et cela donna l'occasion à Elliel de regarder derrière lui. Il reconnut immédiatement la deuxième personne qui n'était autre que Draco Malfoy. Il semblait un peu plus vieux et il était flagrant qu'il avait beaucoup changé. Il était très pâle, un peu plus grand et ses cheveux couvraient désormais ses épaules. À ses côtés, Severus n'avait quasiment pas changé, habillé de noir et tel qu'il l'avait connu. Il semblait pourtant avoir maigri, visiblement fatigué. Tout deux tenaient leur baguette bien sorties mais Elliel savait qu'ils ne pouvaient pas faire de magie ici. Et ils semblèrent profondément surpris par son apparition. Le mage échangea un rapide regard avec Severus, souriant lorsqu'il vit que le maître des potions le reconnaissait.
Il reporta pourtant son attention devant, les orcs sortant de leur surprise. Toujours pieds nus, il sauta du dos de Rhîwial, lui ordonnant de rester devant les deux sorciers. Le cerf obéit, habitué aux combats avec lui. Il resta planté devant les deux hommes, baissant la tête, bois en avant, soufflant fortement et grattant le sol l'air menaçant. Elliel lui se concentra sur les ennemis qui se précipitaient maintenant sur lui. Il attrapa son bâton d'une main et dégaina son épée de l'autre, se lançant immédiatement dans le combat le visage froid. Une si petite bande d'orcs sauvages n'était rien pour lui et il ne lui fallut que quelques minutes pour décimer plus de la moitié de la horde, dansant et virevoltant comme un guerrier de son peuple, fauchant rapidement bien des ennemis. Et cela suffit pour mettre les autres en fuite. Les groupes sauvages et non organisés, comme les armées qui avaient attaqué la Montagne, étaient bien plus simples à mettre en déroute. Aussi, quelques minutes suffirent à les mettre en fuite. Se redressant, baissant son épée et son bâton, il se fit attentif, scrutant les alentours pour s'assurer qu'ils étaient bien partis. Une fois complètement rassuré, il se retourna, Rhîwial se redressant et se détendant en comprenant le message. Il lui tendit une main et le cerf le rejoignit pour recevoir une caresse comme ils en avaient l'habitude après ce genre de chose.
Cela fait, Elliel se tourna vers les deux hommes qui l'observaient avec attention. D'un geste sec, il débarrassa son épée du sang sombre, la rengainant ensuite avec une habitude palpable. Il en fit de même avec son bâton, le replaçant dans son dos. Il s'avança ensuite pour faire face à Severus et Draco, les observant rapidement. Ils avaient l'air indemnes et cela le rassura. Il se fixa alors sur le maître des potions, lui souriant :
- Je n'espérais pas avoir un jour la chance de vous revoir Severus, dit-il.
- Je dois dire que moi non plus Elliel. C'est un immense plaisir que de voir que vous allez bien désormais, répondit l'homme.
- C'est entièrement grâce à vous, remarqua-t-il. Je n'en n'ai jamais eu l'occasion, alors puisqu'elle m'est donnée : Merci du fond du cœur Severus, dit-il en posant une main sur son cœur et en s'inclinant légèrement.
Celui-ci lui répondit d'un simple signe de tête sobre, comme à son habitude.
- C'est Potter ! s'exclama Draco en le pointant du doigt et en regardant son parrain.
- Pas Potter, grogna immédiatement Elliel. Je ne suis pas Harry Potter, je ne l'ai jamais été. Je suis Elliel d'Imladris fils d'Elrond et rien d'autre, posa-t-il fermement.
- D'accord, d'accord, répondit le blond en levant les mains. J'ai juste du mal à me faire à toute cette histoire, soupira-t-il.
- Je lui ai raconté il y a quelques mois seulement, expliqua Severus.
- Je suppose qu'il a dû se passer bien des choses depuis, posa-t-il sérieusement. Prendrais-je un gros risque en m'avançant à dire que si vous êtes ici, c'est que vous n'aviez guère le choix ? demanda-t-il en regardant l'homme.
- Vous ne prenez même aucun risque. C'était cela ou...
- Ou mourir, coupa Draco.
- Je vois. Et c'est un allé simple ? demanda le mage.
- Oui, confirma le maître des potions. De toute manière, je ne saurais comment faire demi tour et le faire serait...
- Suicidaire, termina le blond.
- Vas-tu cesser de terminer mes phrases ? s'agaça l'homme en lui mettant une claque derrière la tête et en faisant sourire le mage.
- Y-a-t-il un risque pour que quelqu'un vous suive ? demanda-t-il ensuite plus sérieusement.
- Je me suis servis de mes propres recherches pour venir et je n'ai laissé aucune trace derrière nous, alors je ne pense pas que qui que ce soit puisse nous suivre, répondit Severus.
- Et si jamais on nous cherche, de là à ce que l'on comprenne que l'on a changé de monde, nous avons bien le temps sans parler du fait que voyager entre les mondes est censé être impossible, posa Draco. Je ne croyais même pas à cette histoire jusqu'à débarquer ici.
- Je te remercie pour ta confiance Draco, soupira le professeur.
- Dans ce cas, bienvenu en Terre du Milieu, dit Elliel. Bienvenu dans mon monde, sourit-il. Mettons nous en route, il ne vaut mieux pas rester ici, remarqua-t-il en regardant les cadavres d'orcs autour d'eux.
- Que sont ces choses ? demanda le blond avec un regard dégoutté pour les créatures.
- Des orcs, répondit l'elfe. Des créatures malfaisantes qui se complaisent dans la mort et la torture. Il y en a dans les parages. Ils ne sont pas vraiment un problème pour moi mais mieux vaut ne pas rester ici. Ils peuvent être bien plus nombreux, dit-il en se mettant en marche et en leur faisant signe de le suivre.
- Merci pour votre aide, fit Severus. Vous êtes arrivé juste à temps.
- Ce n’est rien. J’ai perçu votre arrivée de loin et j’ai fait aussi vite que je l’ai pu pour vous rejoindre, répondit-il. Je savais que vous risquiez d’avoir des ennuis dans cette zone.
- Ça n'aurait peut-être pas été un problème si nos baguettes marchaient, s'agaça Draco en secouant son outil inerte.
- Inutile, remarqua Elliel. Elles ne marcheront pas ici, expliqua-t-il. La magie de mon monde est très différente de celle du vôtre. Vous ne pourrez pas faire de magie si facilement. Peu le peuvent en ce monde.
- Génial, râla le blond. Tout à fait génial, ironisa-t-il. Nous voilà tel des cracmols maintenant. Parfait !
- Cesse de râler, réprimanda Severus. Nous sommes saufs et c'est tout ce qui compte.
- Je suppose que tu as raison très cher parrain, dit-il avec un certain sarcasme.
Severus soupira et Elliel sourit, amusé de revoir le blondinet bougonnant qu'il avait connu. Si Harry Potter n'avait jamais été ami avec lui, sa véritable personnalité était prête à laisser une chance à celui qu'il ne connaissait pas du tout en vérité, hormis par les on-dit. Et si son sauveur l'avait amené avec lui, c'était qu'il devait avoir toute confiance en lui et cela lui suffisait. Le maître des potions avait son entière confiance. Il fut surpris lorsque Draco lâcha un cri, se tournant vers lui pour voir que Rhîwial venait de lui donner un petit coup de ses bois, comme pour le réprimander. Il en fut surpris, son cerf faisant rarement ce genre de chose.
- Non mais sale bête ! s'insurgea le blond pour se prendre un nouveau petit coup. Aïe ! Qu'est-ce qu'il me veut cet animal ?!
- Cet animal s'appelle Rhîwial et il est pour moi ce que je pourrais comparer à un familier pour les sorciers, répondit l'elfe. À mon avis, t'entendre râler l'agace un peu, s'amusa-t-il. Ce n'est évidemment pas un cerf ordinaire. Il a grandi baigné dans une puissante magie qui lui donne son physique particulier et une immense intelligence. Il a parfaitement compris ce que tu as dit, rit-il alors que Severus souriait.
Tout deux laissèrent d'ailleurs Draco se débattre avec Rhîwial qui s'amusait clairement à l'embêter, discutant entre eux et écouté d'une oreille par le blond tentant de se débarrasser du cerf.
- Je me suis longtemps demandé à quoi pouvait ressembler votre monde, remarqua Severus en regardant autour de lui.
- C'est un monde de vastes étendue sauvages comme il n'en n'existe pas chez vous. C'est un monde de chevaliers, de guerriers, de princes et de princesses, de seigneurs et de rois, de héros et de merveilles. On y trouve des villes à nulle autre pareille, des joyaux plus beaux que les étoiles, des peuples aux cultures riches et belles... C'est une perle pour moi. Bien sûr, nous avons aussi nos ténèbres mais ce monde est fabuleux. Après que vous m'ayez rendu ma mémoire et mon esprit, je pense que j'aurais été incapable de continuer à vivre dans le monde des sorciers en sachant à quoi on m'avait arraché, dit-il tristement. Je ne saurais jamais comment vous remercier pour m'avoir libéré et ramené chez moi Severus.
- Et bien nous accepter ici me paraît bon remboursement, s'amusa l'homme.
- Je vous dois bien cela et plus encore, répondit-il sérieusement. Vous avez tant fait pour moi. Je craignais pour vous depuis mon retour. M'avoir aidé vous a-t-il causé des problèmes ?
- Non, assura-t-il. À ma connaissance, seul Draco connaît notre histoire commune et ce, parce que je lui ai raconté moi même. Personne n'a jamais découvert que c'était moi qui vous avez fait échapper.
- Cela me rassure. Je me doute que les choses n'ont pas dû aller en s'améliorant depuis, remarqua-t-il.
- En effet et je suis bien heureux de ne plus avoir à m'en préoccuper maintenant que notre voyage est un succès, soupira-t-il.
- Et moi aussi, répondit-il. Je n'ai plus repensé à tout cela si ce n'est à travers mon inquiétude pour vous depuis.
- Je ne suis pas mécontent non plus d'avoir échappé à tout ça, intervint Draco qui était parvenu à se débarrasser de Rhîwial marchant tranquillement derrière eux. Où allons nous ? demanda-t-il ensuite.
- Je vous ramène chez moi, répondit-il. Il y a un peu de route mais nous y serons en moins de quelques heures à pieds. Heureusement que j'ai perçu votre arrivée.
- Le rituel était censé nous amener près de vous, révéla Severus. Ça n'a pas très bien fonctionné.
- Ma maison est puissamment protégée par les pouvoirs de mon père. C'est probablement à cause de cela. Vous avez juste été déposé un peu plus loin.
- Avez-vous retrouvé votre famille, votre père ? demanda l'ancien professeur.
- Oui, sourit-il. Le jour où vous m'avez renvoyé, j'ai atterri pile devant mes frères, expliqua-t-il.
- Tu as des frères ?! s'étonna Draco.
- J'ai deux grands frères et une grande sœur, annonça-t-il. Après tant de temps, ils ont été très heureux de me retrouver.
- Seize ans, c'est long en effet, remarqua gravement l'homme en le faisant doucement rire. Qui y-a-t-il ? demanda-t-il alors avec curiosité.
- Le temps dans votre monde et dans le miens s'écoule de manière bien différente, expliqua-t-il. Pour ma famille, il s'est écoulé trois cent vingt six ans entre mon kidnapping et mon retour, dit-il en les choquant.
- Et ils étaient toujours en vie ?! s'étonna Draco après un moment.
- Mon peuple a le don d'immortalité, expliqua-t-il. Ce fut bien plus long pour eux. Malgré cela, il s n’ont jamais cessé de me chercher, sourit-il avec douceur.
- Attend, quel âge as-tu exactement ? questionna le blond.
- Je suis né en ces terres il y a cinq cent un ans, dit-il en les surprenant. Mais si on retire le décalage des années passées dans votre monde, j'ai cent quatre vingt onze ans.
- Combien de temps est passé pour vous depuis votre retour ? demanda Severus.
- Cent treize ans, répondit-il. Et pour vous ?
- Cinq ans et demi. Bien moins long que pour vous, remarqua-t-il.
- En effet, j'ai eu le temps de faire bien des choses depuis. Retrouver ma maison et ma famille m'a permis de tourner doucement la page sur ce qu'il s'est passé.
- Vous êtes vous bien remis ? demanda Severus alors que tout trois savaient bien de quoi il parlait.
- Cela a été juste à mon arrivée je l’avoue. Il m'a fallu une année entière pour m'en remettre, expliqua-t-il. Et beaucoup de repos ensuite mais mon père est le plus grand guérisseur de cette terre alors je n'ai pas eu trop de problèmes.
- Severus a dit que tu étais un elfe c'est ça ? demanda Draco en regardant ses oreilles dépassant de ses cheveux.
- Oui mais ça n'a rien à voir avec les elfes de votre monde. Mon peuple est le plus ancien et le plus noble de ce monde. Nous sommes les premiers à avoir foulé ces terres. Nous ressemblons physiquement au peuple des Hommes mais nous en sommes aussi très loin. Nous sommes bien plus résistant qu'eux entre autre chose. Nous sommes un peuple de savoir, d'art, d'artisans, de sages et de guerriers. Nous sommes aussi la mémoire de ce monde dont nous avons vu tout les âges.
- Y-a-t-il d'autres peuples ici ? demanda l'homme avec intérêt.
- Plusieurs, répondit-il. Les Elfes, les Hommes et les Nains en sont les principaux même s'il y en a d'autres.
- C'est bizarre tes oreilles pointues, ricana Draco.
- Dit monsieur le vampire, rétorqua Elliel en obtenant un silence surpris. Si tu croyais que je ne m'en rendrais pas compte, s'amusa-t-il.
- Je n'ai pas choisi ma transformation si tu veux tout savoir, répondit-il l'air amer.
- Je m'en doute.
- Est-ce un problème ici ? demanda sérieusement Severus.
- Les vampires n'existent pas en tant que telle ici, expliqua-t-il. Il y a bien une espèce de chauve souris géante qui approcherait mais c’est encore très loin d’un vampire tel que toi. Tant que tu ne tues personne pour te nourrir et que nous leur expliquons le pourquoi du comment, les miens comprendront. Pour les autres, je ne suis pas sûr mais on trouvera une solution.
- Draco n'a jamais tué pour se nourrir. Il n'a bu que du sang animal et il maîtrise parfaitement sa soif. Nous avons pris une réserve de potions de sang avec et Draco peut aussi toujours manger normalement même si ça ne suffit pas. Mais il devra chasser à un moment ou un autre, remarqua Severus.
- Ça ira ne vous en faîte pas, assura-t-il sans paraître inquiet. Ça fait combien de temps ? demanda-t-il en regardant le blond l'air beaucoup plus sombre tout d'un coup.
- Trois ans, répondit-il.
- Comment est-ce arrivé ? questionna-t-il en le faisant soupirer.
- Mon père et le Seigneur des Ténèbres ont trouvé amusant de m'offrir un groupe de moldus pour mon dix huitième anniversaire, raconta-t-il en regardant au loin. Tu peux croire ce que tu veux sur moi Pot... euh Elliel mais je ne suis pas comme eux.
- Je ne te juge pas, assura le mage. Harry Potter avait son opinion sur toi mais je suis immensément différent de Harry Potter, expliqua-t-il. Je vois ces seize années bien différemment depuis que j'ai retrouvé mon esprit et ma mémoire. En réalité, je ne t'ai jamais réellement connu ni chercher à le faire alors je ne me permettrai aucun jugement, dit-il en surprenant un peu les deux autres qui sourirent légèrement.
- Ils voulaient que je les torture et que je les abatte, poursuivit le blond la voix plate. J'en ai été incapable. Je ne pouvais pas faire ça. Je n'ai jamais apprécié les moldus mais de là à faire de telles horreurs... Je n'ai jamais approuvé mon père et Tu-sais-qui. Je les détestais pour ce qu'ils étaient. J'ai refusé. Ça ne leur a pas plu évidemment. Ils m'ont qualifié de traître et de lâche. J'avais déjà échoué dans une mission qu'ils m'avaient donné, ma mère l'a payé de sa vie, dit-il doucement. Alors ils n'ont pas accepté cela. Mon père ma renié et craché au visage et le Lord a ordonné mon exécution. Il y avait ce vampire qui me bavait dessus depuis longtemps. Le Seigneur des Ténèbres a trouvé amusant de le laisser me tuer. Il m'a emmené dans une pièce. Il m'a laissé ma baguette. Il voulait que je me débatte un peu, expliqua-t-il avec un rire jaune. Ça l'amusait beaucoup. On s'est battu mais il ne faisait que jouer avec moi. Il a fini par en avoir assez. Il s'est jeté sur moi et il m'a mordu. Il croyait avoir gagné et c'est alors qu'il buvait mon sang que je l'ai tué.
- Je suis arrivé à ce moment là, reprit Severus. J'avais entendu ce qu'il se passait et j'espérais pouvoir le sortir de là mais tout était déjà terminé lorsque je l'ai rejoint. Je l'ai emmené avec moi et j'ai matérialisé un faux cadavre pour qu'on le croit mort avec le vampire.
- Sev' m'a caché et s'est occupé de moi pendant la transformation et comme les deux camps voulaient ma tête, je me suis fait discret depuis.
- Je vois. Je suis désolé, répondit Elliel.
- Ce n'est en rien de ta faute. Pour une fois dans ma vie, j'ai joué au stupide Gryffondor en m'opposant à eux et je l'ai payé. Mais au final, ça m'a permis de me sortir de là alors ce n'est pas complètement négatif. Je m'y suis fais maintenant.
- Dans ce cas, mes oreilles pointues ne devraient pas t'embêter longtemps, s'amusa de nouveau l'elfe en les faisant sourire. Je pense sincèrement que ce ne sera pas un problème pour les miens mais attends toi à être questionné. Mon peuple est curieux et aime le savoir.
Ils commencèrent alors à sortir des bois pour les étendues parsemées de bosquets et de roches des plaines vallonnées entourant Imladris. Le soleil tapa alors le précieux bâton du mage, attirant l'attention des deux hommes.
- Qu'est-ce que c'est ? demanda Severus.
- Mon bâton de magicien, répondit-il. L'équivalent de vos baguettes ici.
- Alors il faudra qu'on s'en procure, remarqua Draco.
- Vous ne pourrez pas, posa Elliel. Ici, ceux pouvant pratiquer la magie sont plutôt rares même si les elfes le peuvent dans une certaine mesure. Il n'y a en tout et pour tout que six magiciens en ce monde et je fais parti des six. La magie est ici un grand privilège très respecté de beaucoup. Peu ont l'honneur de pouvoir s'en servir, dit-il en faisant soupirer le blond.
- Et vous vous battez à l'épée, remarqua l'homme.
- Oui, l'arme principale des guerriers de ce monde. Si je devais comparer, je dirais que ce monde est dans l'esprit de l'époque des Fondateurs de Poudlard du vôtre, expliqua-t-il.
- Le moyen âge, conclut Draco.
- Si on veut mais c'est tout de même très différent, insista l'Elfe.
Ils furent interrompus alors qu'un son étrange pour les nouveaux venus raisonnaient, provenant de devant. Ils s'arrêtèrent, cherchant l'origine du bruit :
- Qu'est-ce que c'est ? demanda Draco.
- Un cor elfique, répondit Elliel en attrapant son bâton.
Le tenant droit, il le posa à la verticale au sol et une forte lumière blanche émana de son extrémité, filant vers le ciel et indiquant clairement leur position. Un instant plus tard, le bruit d'un groupe de chevaux galopant à toute allure se fit entendre, le sol vibrant un peu. Et soudain, un groupe d'une vingtaine de cavaliers émergea d'entre les roches et les bosquets. Ils étaient impressionnants, leurs belles armures brillants au soleil perçant un peu les nuages, les arcs trônant avec les flèches dans leurs dos, les épées à la taille, leurs étendards flottant dans le vent. Hormis le cavalier de tête, tous portaient des casques, leur longues chevelures planant pourtant avec leurs capes derrière eux. Devant, il y avait un très bel homme aux cheveux d'or, splendide dans la lumière de l'astre du jour émergeant d'entre les nuages. Ils filaient vers eux à toute vitesse.
- Des amis à vous ? demanda Severus.
- Oui. Il s'agit de la garde de la ville où nous allons, répondit-il.
Rapidement, les splendides cavaliers furent sur eux, s'arrêtant à quelques pas alors que tous analysaient clairement Elliel. Les deux nouveaux arrivant notèrent qu’ils avaient aussi des oreilles pointues, tous très beaux et l’air noble. Le cavalier de tête paraissait très inquiet mais il se rassura en observant le mage :
- Allez vous bien mon prince ? demanda-t-il en elfique.
Les deux sorciers relevèrent un sourcil en entendant cette langue inconnue aux tonalités chantantes.
- Je vais bien ne vous en faîte pas, rassura-t-il en leur souriant.
- Mithrandir nous a expliqué avoir senti une vague de magie semblable à celle du jour de votre disparition et de votre retour, expliqua Irael encore inquiet.
L'elfe avait été le maître d'arme d'Elliel avant qu'il ne devienne capitaine d'Imladris et il était désormais son bras droit dans ses fonctions militaires. Ils étaient aussi devenus de proches amis avec le temps et des frères d'armes.
- Votre père nous a envoyé à votre aide en comprenant que vous vous rendiez sur place, compléta-t-il.
- Il n'y a rien à craindre, assura-t-il immédiatement. Il se trouve que deux personnes du monde où j'avais été retenu captif sont venus ici, raconta-t-il. Ils sont venus parce qu'ils n'avaient pas le choix. Laissez moi vous présenter Draco Malfoy, dit-il en désignant le blond, et son gardien, Severus Snape.
- Severus Snape, releva Glorfindel en regardant l'homme qui se demanda ce qu'il se disait sur lui. Celui qui vous a protégé, qui vous a sauvé et qui vous a permis de rentrer, se souvint-il.
- C'est cela, approuva-t-il alors que la garde observait le maître des potions avec intérêt.
Tous à Imladris connaissaient le nom de celui qui leur avait rendu leur prince et personne n'était prêt à l'oublier.
- J'ai toute confiance en lui, reprit Elliel. Il est le parrain de Draco, son gardien et c'est pour cela qu'il l'a pris avec lui pour venir ici. Ils n'avaient pas d'autre refuge. Ici, personne ne les suivra. Il n'y a rien à craindre d'eux au contraire. Ils sont les bienvenus pour moi.
- Ils le sont pour nous aussi mon prince, répondit Irael.
- J'aurais dû me douter que les langues ici n'étaient sûrement pas les mêmes que les nôtres, remarqua Severus qui regardait Draco aussi perdu que lui.
- N'ayez crainte maître Snape, intervint Glorfindel en les surprenant. Nous parlons aussi la langue commune, expliqua-t-il en souriant. Soyez les bienvenus en Terre du Milieu. C'est un honneur pour nous de vous rencontrer, dit-il.
Comme à son habitude, Severus répondit d'un simple signe de tête sobre, un peu déstabilisé par le regard perçant et profond du blond. Il était vraiment impressionnant, l'aura émanant de lui forte et calme, son visage magnifique orné d'un doux sourire. Il était clairement le chef du groupe, son armure plus fine et précieuse que celles des autres. Toutes étaient splendides mais celle du blond était plus belle encore.
- Je vous présente le Seigneur de la Maison de la Fleur d'Or, un des Seigneurs des Elfes Noldor, mon peuple, présenta Elliel en regardant les deux sorciers. Il se nomme Glorfindel. Et voici Irael, chef en second de la garde, présenta-t-il. Seigneur Glorfindel, voulez vous bien prendre Draco avec vous sur votre cheval ? demanda-t-il.
- Bien sûr mon prince, répondit-il en inclinant la tête.
Severus et Draco regardèrent alors Elliel avec surprise, peu sûr d'avoir bien entendu le titre utilisé par le blond. Celui-ci leur donna un simple sourire énigmatique, appelant Rhîwial près de lui. Attrapant ses bois d'une main, il se laissa hisser sur son dos dans une habitude bien installée.
- Venez Severus, dit-il en lui tendant une main. Vous ferez la route avec moi.
L'homme regarda un instant le cerf, peu sûr de l'animal qui attendait patiemment. Il donna finalement sa main à Elliel, surpris par sa force lorsqu'il le hissa derrière lui. Il fut un peu étonné de trouver le dos du cerf très confortable, celui-ci restant tranquillement en place. Elliel dirigea Draco vers Glorfindel qui le hissa derrière lui.
- Bien, nous rentrons à Imladris tranquillement, ordonna-t-il avec autorité. Soyez sur vos gardes, la région est pleine d'orcs. Je viens d'en affronter un petit groupe, rien ne dit qu'ils ne reviendront pas à la charge même si j'en doute.
- À vos ordres altesse ! répondirent-ils en surprenant les deux nouveaux venus.
- Allons-y, lança Elliel en prenant la tête.
Ils se mirent en route, lançant leurs montures dans un petit galop léger. Elliel sentit Severus s'accrocher un peu, souriant d'amusement alors que Draco en faisait de même avec Glorfindel. Ce fut dans un silence léger qu'ils firent la route, les deux sorciers regardant autour d'eux avec curiosité, observant aussi bien les elfes que le paysage. Les guerriers eux, surveillaient attentivement les alentours, se faisant de plus en plus sereins lorsqu'ils revinrent sur les terres proches d'Imladris.
- Nous sommes presque arrivés, annonça Elliel après une heure de voyage.
C'était avec amusement qu'il avait vu les deux nouveaux venus grimacer de plus en plus, raides alors que ce mode de déplacement ne leur était pas coutumier. Finalement, ils commencèrent à descendre dans la vallée, tous en sentant parfaitement les protections lorsqu'ils les passèrent.
- C'est la magie protectrice de mon père que vous venez de sentir, expliqua le mage pour Severus et Draco. Cette vallée est très bien protégée.
Quelques minutes encore et ils arrivaient sur une plate-forme de pierre donnant sur toute la magnifique vallée baignée de soleil. La citée elfique était absolument splendide vue de là, impressionnante. Elliel les fit arrêter là, souriant doucement en voyant les deux sorciers observer l'endroit avec un émerveillement qu'il ne leur avait jamais vu. Il fallait dire que Fondcombe était au delà de n'importe quelle ville de leur ancien monde et le mage n'était pas peu fier de sa terre et de ses merveilles.
- Bienvenu dans la Vallée Cachée d'Imladris, leur dit-il alors. Ma maison, compléta-t-il avec douceur en admirant ce lieu dont il ne se lasserait jamais.
Il les laissa observer quelques instants, remettant ensuite le groupe en route dans un petit trot, suivant le chemin pavé menant à l'entrée principale de la ville. Et là bas, Elrond les attendait impatiemment avec Gandalf, Lindir, Erestor et quelques autres inquiets pour le prince parti en catastrophe alors que ce qu'avait senti le magicien gris n'était pas pour les rassurer. Leur angoisse commença à retomber lorsqu'ils virent Elliel revenir sain et sauf avec la garde au grand complet. Le groupe stoppa devant eux alors qu'ils les scrutaient mais Elrond ne voyait que son fils, terriblement angoissé après avoir entendu de quel genre de magie il s'agissait. Le mage fit descendre Severus alors que Glorfindel en faisait de même avec Draco pour ensuite descendre à son tour. Elliel suivit, souriant doucement à son père pour le réconforter. Il s'avança vers lui et celui-ci lui ouvrit ses bras. Il vint s'y blottir, acceptant l'étreinte tendue de son père qui ferma les yeux, le serrant contre lui.
- Je vais bien Ada, rassura-t-il. Je vais bien ne vous en faîte pas.
- Ne pars plus jamais ainsi en me laissant sans explications. Par pitié mon fils, demanda-t-il.
- Excusez moi Ada. J'étais un peu perturbé par ce que j'avais senti. Je suis désolé. Je ne le ferai plus.
- J'ai eu tellement peur qu'il t'arrive malheur lorsque Mithrandir m'a dit de quoi il s'agissait.
- Je suis désolé Ada. Tout va bien maintenant, assura-t-il.
Il laissa Elrond se rassurer en le tenant encore un moment, toujours réconforté par les étreintes de son père. Derrière lui, Irael prit les choses en main. Il fit récupérer le cheval de Glorfindel, ordonnant ensuite à la garde de le suivre pour rentrer aux écuries. Severus et Draco eux, observaient la scène avec intérêt. Ils regardèrent les Elfes, notant sans mal leur grande beauté dont tous semblaient dotés. Ce fut avec une immense surprise qu'ils trouvèrent un homme bien différent, habillé de gris, au chapeau pointu et tenant un bâton. Un homme qui ressemblait énormément à Dumbledore tout en étant très dissemblable. Son regard et son aura étaient très différents alors que son expression était bien plus sincère et douce. Il observait Elliel, l'air soulagé. Ils regardèrent alors celui qui tenait leur seule connaissance de ce monde, comprenant très vite qu'il devait s'agir de son père alors qu'il y avait un air de famille indéniable entre eux. Ils se séparèrent finalement et l'aîné releva le regard vers eux. Il regarda d'abord Draco, puis Severus, son regard se faisant alors très surpris. Parce qu'en effet, Elrond connaissait bien ce visage qu'il s'était promis de ne pas oublier. Un visage qu'il avait vu via l'esprit de son fils lorsqu'il lui avait montré ce qu'il avait vécu juste après son retour. Le visage de l'homme qui avait pris soin de son bébé et qui l'avait ramené à la maison.
- Est-ce l'homme auquel je pense ? demanda-t-il à son fils qui lui sourit.
Elliel acquiesça, se tournant ensuite vers les deux sorciers attendant plus loin :
- Je vous présente Draco Malfoy et Severus Snape, présenta-t-il alors. Ils viennent tout deux du monde où j'ai été retenu jadis. J'ai toute confiance en eux, assura-t-il. Draco, Severus, je vous présente mon père, le Seigneur Elrond, maître de cette vallée et chef des Elfes Noldor en Terre du Milieu. Voici aussi Erestor et Lindir, des habitants de ce lieu et Mithrandir ou Gandalf, l'un des magiciens de la Terre du Milieu.
- Soyez les bienvenus à Imladris, salua Elrond avec un élégant signe de tête. Nous vous connaissons, Severus Snape, dit-il ensuite à l'attention de l'homme qui parût surpris. Je suis heureux d'avoir la chance de rencontrer l'homme auquel je dois le retour de mon fils. C'est un honneur pour moi. Il se fait tard, vous devez être fatigués après une telle arrivée. Nous allons vous donner des chambres et de quoi vous changer, dit-il en voyant leurs tenues étranges tachées de terre. Vous êtes mes invités pour le dîner.
Ils le remercièrent un peu gauchement, encore déstabilisés par le magnifique cadre et les personnages à la présence imposante qu'ils avaient en face d'eux. Elrond demanda à Lindir de les installer dans les chambres des invités de sa maison, emmenant ensuite son fils avec lui. Glorfindel, Erestor et Gandalf suivirent et ils regagnèrent le palais, s'installant dans un salon. Là, Elliel leur expliqua ce qu'il s'était passé, s'excusant une nouvelle fois auprès de son père et de Glorfindel pour son départ catastrophé. Il n'avait jamais trop parlé du monde des sorciers, il ne l'avait fait qu'avec sa famille, son grand père en particulier, et avec Glorfindel. Aussi, il expliqua simplement que l'évolution des choses avait poussé Severus à choisir cette dernière option pour survivre. Personne ne fut contre la venue de l'homme ni contre sa présence à Imladris alors que tous savaient ce qu'il avait fait pour leur prince, tous heureux de l’accueillir.
Vint ensuite le sujet de Draco qui cette fois était complètement inconnu d'eux. Il n'avait eu que très peu de place dans les souvenirs qu'Elliel avait autrefois montré à son père et lui même n'en n'avait jamais parlé. Il commença donc par expliquer qui était les Malfoy et leur place auprès de Voldemort. Il raconta comment Draco n'avait pas eu le choix, n'ayant aucun refuge et aucun secours pour se soustraire à leur influence. Il leur décrit le jeune homme comme très différent de son père bien qu'avec ses idées. Il parla ensuite du rôle de parrain dans le monde magique, expliquant que Severus lui était lié magiquement et que son rôle était de le protéger de son mieux et de veiller sur lui. Cela, l'homme l'avait toujours fait, enseignant à son filleul, veillant sur lui, le soustrayant de son mieux à l'influence de Lucius... et il avait réussis, Draco devenant un jeune homme bien différent de son père.
Il en vint ensuite à la manière dont-il avait perdu sa mère, les choquant. Et cela ne s'arrangea pas lorsqu'il en vint à ce qu'on lui avait offert comme « cadeau » pour son dix-huitième anniversaire, ce qu'on avait voulu qu'il fasse. Il leur raconta comment il avait refusé et ce qui lui était alors arrivé, les effarant un peu plus. Il était grotesque pour des elfes comme eux qu'un mari laisse sa femme être abattue de la sorte et encore plus qu'il approuve l'exécution de son fils pour une telle chose. Elliel parla ensuite des vampires, attentivement écoutés. Il raconta comment se passait la transformation et comment devaient se nourrir ces êtres en insistant sur le fait qu'ils n'avaient pas le choix. Il décrivit leurs alternatives avec le sang animal et les potions. Il annonça ensuite que le blond n'avait jamais bu de sang humain et n'avait jamais tué personne, se contentant de substitut, terminant par sa maîtrise. Si tous eurent un peu de mal avec l'existence d'un tel être, aucun ne se montra réticent à l'égard du vampire qui avait visiblement fait montagne d'efforts, d'abord pour ne pas suivre le chemin de son père, y perdant presque la vie et ensuite pour maîtriser sa nouvelle nature. Il fut vite convenu que tant qu'il ne tuait personne, il était le bienvenu.
La longue discussion terminée, tous étaient rassurés quand à ce qu'il s'était passé, acceptant sans mal d'accueillir les deux sorciers à Imladris. Elliel décida alors d'aller se changer pour le dîner, Glorfindel partant aussi de son côté pour se défaire de son armure et de ses armes. Le prince alla refaire une toilette rapide, passant ensuite une belle tenue elfique à la hauteur de son rang. Il prit cette fois-ci le temps de mettre des chaussures, de tresser finement ses cheveux et de mettre son diadème d'or et d'émeraude. Son bâton dans son dos, il se dirigea ensuite vers les appartements des invités. Il trouva la présence de Severus et Draco dans la chambre de ce dernier, sur le balcon. Il toqua et entra, les découvrant en train d'observer la ville dans le soleil couchant. Imladris était vraiment magnifique alors. Tout deux s'étaient visiblement lavés et changés, arborant des tenues elfiques très simples et plutôt sombres. Ils avaient l’air plus détendus et plus calme. Ils se retournèrent en l'entendant s'approcher, restant un moment figés en le trouvant cette fois dans son allure de prince. Il les rejoignit, se postant à leur côté sur le balcon et regardant la vallée avec douceur alors qu'ils restaient bloqués sur lui.
- Ce que vous voyez là est le véritable moi, dit-il sans détourner son regard de la ville. Elliel d'Imladris, fils du Seigneur Elrond. C'est moi. Harry Potter était vraiment très loin de ma véritable personnalité. Si seulement j'avais été moi même pendant ces seize ans, tout aurait été très différent, dit-il doucement. Il va falloir vous faire à cette image, rit-il en se tournant vers eux et les trouvant toujours surpris.
- Prince ? demanda Draco dubitatif.
- Oui, acquiesça-t-il. Mon père est l'un des plus grand Seigneur Elfique en Terre du Milieu. Les elfes sont scindés en plusieurs communautés même si nous sommes tous très proches les uns des autres aujourd'hui. Ma communauté est celle des Elfes Noldor et si mon père le voulait, il pourrait être le Haut Roi des Noldor mais il ne souhaite pas le devenir. Il reste cependant un très grand Seigneur Elfe aussi reconnu par les autres peuples. Aussi aux yeux de tous, je suis un prince, un des trois princes d'Imladris avec mes frères.
Il marqua une pause, regardant la vallée.
- J'ai expliqué à mon père votre situation, vous êtes les bienvenus ici, annonça-t-il en leur souriant, sans conditions. Nous pourvoirons à vos besoin et nous vous aiderons à vous installer.
- Et moi ? demanda Draco anxieux.
- Je leur ai parlé des vampires et de leurs particularités. Je leur ai dit comment cela t'étais arrivé et les efforts que tu avais fait. Tant que tu ne tueras personne, tous ici seront heureux de t'accueillir.
- Quoi ? Juste comme ça ? s'étonna le blond.
- Nous ne sommes pas dans le monde des Sorciers ici, rappela Elliel. Les mentalités sont différentes. Mon père approche les six mille cinq cent ans, annonça-t-il en les ahurissant. Glorfindel approche de près les sept mille deux cents ans, dit-il en prenant pour base la première naissance du Seigneur.
Après tout, de part sa réincarnation très particulière entre ses deux vies, Glorfindel se souvenait d’absolument tout ce qu'il avait vécu depuis sa première naissance. On considérait donc son âge à partir de cette date bien que son corps actuel soit approximativement au même point qu'Elrond. Il était rare que les elfes qui se réincarnaient après leur mort reviennent en Terre du Milieu. D’ordinaire, ils restait à Valinor après leur sortie des Salles de Mandos. Glorfindel était un peu une exception et sa vie en elle même était marquante.
- Les Seigneurs que vous avez vu ont des milliers d'années aussi comme Mithrandir, poursuivit-il. Je suis actuellement le plus jeune elfe de la Terre du Milieu et de loin. La sagesse des miens est grande et ils ont vu beaucoup de choses dans leurs longues vies. Leur expérience est immense comme leur ouverture d'esprit. En leur expliquant les choses correctement, ils sont tout à fait enclins à les accepter. Alors certes, découvrir les vampires les a surpris mais ils ne te rejetteront pas pour cela.
Un léger silence soulagé s'installa alors, les deux nouveaux venus se détendant un peu.
- Cet endroit est magnifique, remarqua Severus en regardant le paysage.
- Les villes elfiques le sont toutes à mes yeux, répondit doucement le mage. Certaines villes et forteresses des Hommes sont aussi splendides, les cités des Nains, grandioses. Et il y a de plus modestes territoires tels que la Comté, verdoyante et chantante de gaieté emprunte d'une beauté beaucoup plus simple mais unique. Ce monde est magnifique. Je vous le montrerai si vous le voulez. En attendant, vous êtes les bienvenus ici. N'hésitez pas à le faire savoir si vous avez besoin de quelque chose. Vous serez logés ici, dans la maison de mon père qui est la principale de la ville. Je vous ferai visiter demain. Reposez vous et tranquillisez vous. Vous êtes en sécurité ici. Imladris n'a jamais été prise même lors des grandes guerres de ce monde. La magie de mon père la protège à tel point que les étoiles mêmes ne sont jamais voilées. Je suppose que vous aviez amené des affaires réduites ?
- En effet. Quelques petites choses que nous ne voulions pas laisser derrière, répondit Draco.
- Demain matin, je viendrai leur rendre leur taille pour vous, annonça-t-il alors. Pour l'instant, allons dîner puis je pense qu'une bonne nuit de sommeil sera bienvenue.
Ils acquiescèrent, le prince les emmenant ensuite pour les guider jusqu'à la terrasse où son père avait fait préparer le repas.