- Ne me laissez pas tomber Elliel ! Rugit Severus. Tenez bon ! Vous serez bientôt chez vous alors je vous somme de rester en vie ! Gronda-t-il alors qu'il courrait.
Il baissa un instant les yeux sur le corps brisé qu'il tenait dans ses bras avec le plus de précautions possible. Son état empirait à vue d’œil et cela n'avait rien de surprenant à ses yeux, mais ça ne pouvait durer. Le maître des potions chercha un recoin abrité dans les couloirs de pierres humides et le trouva bientôt. Il s'y cacha rapidement, lançant quelques sorts de dissimulations et de silences autour d'eux, sa baguette n'ayant pas quitté ses doigts depuis un bon moment. Ce fut ensuite sur sa charge qu'il se concentra, jurant en voyant que ses blessures saignaient encore. L'adolescent n'allait vraiment pas bien. Sa tête était lourdement posée sur son épaule et ses yeux d'émeraudes entrouverts perdaient peu à peu la lumière qu'il leur restait. Il serra les dents, rageant devant les lourds dommages laissés par une torture trop longue. Il avait besoin de soins d'urgence mais il devait d'abord le sortir de là et le mettre en sécurité. Seulement, s'il ne faisait rien immédiatement, l'enfant serait mort avant d'être sorti. Sans attendre il lui lança plusieurs sortilèges de médicomagies, tentant d'endiguer les hémorragies, d'améliorer sa respiration bloquée et de ralentir magie noire et poisons en lui. Il ne parvint pas à grand chose mais il réussit tout de même à le stabiliser un peu à son grand soulagement. Il gagnait ainsi un peu de temps. Il continua un instant, essayant d'améliorer les choses au mieux.
- Sev...erus, bredouilla alors difficilement sa charge.
- Tenez bon Elliel, ordonna-t-il.
- Ça faisait... si... longtemps... mon... véritable nom, murmura-t-il très difficilement avec pourtant un léger sourire.
- C'est bien mieux que Harry Potter n'est-ce pas ? Répondit Severus en continuant sa tâche. Restez avec moi sale gamin ! Gronda-t-il en le voyant fermer les yeux.
L'adolescent sembla se reprendre un peu, souriant faiblement au qualificatif.
- Je suis... plus... vieux que vous... Severus..., fit-il remarquer.
- Comment ça ? Demanda l'homme surpris.
- J'avais déjà... soixante deux ans... quand... quand Dumbledore... m'a enlevé, expliqua-t-il.
Severus resta étonné un moment. Il savait que l'enfant était issu d'un peuple bien différent du leur. Cela se voyait clairement maintenant qu'il avait levé les sorts que Dumbledore avait posé sur lui. Elliel, caché pendant seize ans sous l'identité de Harry Potter, avait maintenant retrouvé sa véritable apparence. Il était un peu plus grand atteignant le mètre quatre vingt mais il avait aussi une silhouette plus fine et gracile, élégante et svelte alors qu'il était exceptionnellement léger. De longs cheveux bruns ébènes parfaitement lisses tombaient au creux de ses reins. Son visage avait bien changé lui aussi et malgré les marques de coups et les égratignures, Severus ne pouvait lui donner d'autre qualificatif que magnifique. Il avait des traits fins et princiers, des pommettes hautes, le nez droit et les yeux en amandes ornées de ses magnifiques iris émeraudes. Des iris qui étrangement étaient légèrement luminescentes. Mais la chose la plus remarquable pour le professeur était ses oreilles pointues. La seule chose qu'il avait conservé de Harry Potter était sa fameuse cicatrice en forme d'éclair mais celle-ci c'était tellement éclaircie que sur sa peau pâle, il fallait vraiment regarder de très près pour s'apercevoir de sa présence. Oui, il n'avait plus rien à voir avec l'image que Dumbledore avait construite pour lui mais jamais il ne l'aurait pensé si vieux. Les seize ans qu'il croyait lui donner lui allaient très bien.
Il savait ce qu'il en était réellement depuis la mort de Lily. Dépassé par Voldemort, Dumbledore avait entrepris de kidnapper un magicien dans un autre monde. Un monde à la magie plus pure et puissante. Il voulait une arme pour combattre le Seigneur des ténèbres et il l'avait trouvé bien loin, ne trouvant personne à la hauteur chez eux. Il avait enlevé Elliel à son monde grâce à un très complexe rituel magique. Puis il avait scellé la mémoire de l'enfant et avait modifié son apparence pour celle d'un bébé humain. Il l'avait ensuite confié à James Potter qui lui était parfaitement fidèle et qui était bien au courant de son projet, approuvant et promettant de faire de l'enfant une arme dont ils pourraient se servir, terrorisé qu'il était par le Seigneur des ténèbres. En revanche, Lily elle, n'avait pas approuvé du tout, horrifiée à l'idée de se servir ainsi d'un être vivant. Mais elle n'avait rien dit, préférant se taire pour pouvoir veiller sur Elliel en silence et tenter de le sortir de là. Elle avait travaillé en secret pour trouver un moyen de lever les sorts du directeur et de le renvoyer chez lui, ne cessant de penser à la mère à laquelle on avait arraché son enfant. Elle avait essayé mais elle n'avait pas eu le temps alors que Dumbledore avait monté un piège vicieux basé sur la puissante magie de l'enfant pour tenter de tuer Voldemort. Elle avait voulu protéger le petit garçon ce soir d'Halloween et elle y avait laissé sa vie.
Mais avant cela, elle avait pris soin d'écrire une longue lettre dans laquelle elle expliquait ce que Dumbledore avait fait. Elle expliquait le rituel ancien pratiqué par le directeur, son but et ce qu'il comptait obtenir. Elle n'avait pu y assister mais lorsque Albus lui avait remis ce petit bébé qu'il tenait comme un trophée, il lui avait révélé son véritable nom, Elliel, et le fait qu'il était un Haut Elfe d'une contrée appelée Terre du Milieu. Il avait dit avoir obtenu ces informations de force lors de l'apparition de l'enfant et elle n'avait pu s'empêcher de cajoler un long moment le bébé après avoir appris cela. Il avait annoncé d'un air vainqueur que l'enfant était puissant et qu'il ferait une arme parfaite. Si Lily s'était déjà doutée que le directeur était un manipulateur sans scrupules, elle n'avait jamais imaginé qu'il était capable d'aller aussi loin. Il parlait de l'enfant comme d'un objet sur lequel il avait tout les droits, qui n'avait aucun droit, aucun désir, aucun sentiment. Et elle s'était promise de faire de son mieux pour préserver le bambin qui n'avait rien demandé, jouant la comédie pour que Dumbledore et James ne se doutent de rien. Elle y avait laissé sa vie et elle n'était pas parvenue à renvoyer l'enfant à temps.
Cependant, elle avait envisagé cette possibilité au milieu de la guerre et elle avait donc fait en sorte de prévenir la seule personne en qui elle pouvait avoir confiance : son ami d'enfance, Severus. Cela faisait longtemps qu'ils étaient en froid et elle l'avait regretté ardemment en découvrant le réel visage de son entourage proche. Mais elle savait qu'elle pouvait avoir confiance en lui et elle lui avait donc écris une longue lettre dans laquelle elle lui avait tout expliqué, s'excusant également auprès de lui et lui avouant qu'elle aurait mieux fait de rester à ses côtés. Toutefois ce courrier, Severus ne l'avait reçu qu'après la mort de l'amour de sa vie qu'il aimerait toujours. Il en avait longuement pleurer pour ensuite se promettre de veiller sur celui pour qui Lily avait donné sa vie, qui n'avait aucun ami et pourtant déjà tant d'ennemis en ce monde. Il ne pouvait qu'être d'accord avec elle : l'enfant ne méritait pas une telle chose, c'était un scandale. Comment Dumbledore avait-il osé voler ce jeune garçon à son monde et sa famille pour en faire une arme ainsi ? Lui qui était déjà dégoutté du vieil homme, ne l'aidant que par obligation alors qu'il était lui même piégé par son chantage avec en jeu sa liberté et sa vie, avait été profondément révulsé d'apprendre ce qu'il avait fait avec James. Et il avait bien reconnu sa Lily dans le fait qu'elle avait voulu protéger l'enfant.
À sa mort, il s'était donc promis de poursuivre et de continuer les recherches qu'elle avait entrepris pour le renvoyer chez lui. Mais c'était complexe, Albus ayant bien fait les choses. Il avait veillé sur lui de loin, sa marge de manœuvre étant très réduite. Il avait joué la comédie en prenant et traitant Elliel pour le fils de Potter et ainsi, Dumbledore continuait d'ignorer qu'il savait. Il avait vu tout ce qu'il avait subi au fil des années, l'aidant autant qu'il l'avait pu sans se faire remarquer, lui sauvant plusieurs fois la vie et il ne pouvait le nier, il s'était beaucoup attaché à lui au fil du temps bien que montrant le contraire. Mais son protégé avait toujours tout ignoré de la vérité, jusqu'à sa cinquième année, année au cour de laquelle leur relation avait changé, années pendant laquelle Dumbledore l'avait sommé d'enseigner l'occlumencie à l'adolescent. Et ces leçons lui avaient permis de se rapprocher de lui discrètement jusqu'au jour où, voulant se défendre contre sa légilimancie, il avait pénétré son esprit par accident un bref moment. Mais ce bref moment avait suffit à l'adolescent pour entrevoir ce qu'il avait toujours ignoré. Le maître des potions lui avait alors expliqué, l'avait rassuré alors qu'il était lourdement ébranlé et il avait répondu à ses questions sans rien lui cacher, à toute ses questions sur lui et sur la guerre, sur Dumbledore, l'état, sur ce qu'il se passait réellement autour de lui... tout. Leur relation avait alors beaucoup changé, comme la relation entre le jeune homme et son entourage.
Seulement, Elliel avait été capturé par Voldemort peu de temps ensuite à sa plus grande horreur. Rapidement, il avait compris que Dumbledore et son camps allaient l'abandonner à son sort, le directeur souhaitant le voir mourir de la main de Voldemort afin de détruire le Horcruxe qu'il portait en lui. Il n'avait pu l'admettre. C'était hors de question à ses yeux. C'était avec horreur qu'il avait dû assister aux premières séances de tortures infligées à son protégé. Il avait immédiatement cherché un moyen de le sortir de là mais la tâche s'avérait terriblement ardue, le Seigneur des Ténèbres ayant pris mille précautions pour que son jouet favoris ne puisse lui glisser entre les doigts. La solution avait été dans la levée des sorts posés sur l'enfant par Dumbledore. Parce que la prison de Voldemort était conçue pour enfermer Harry Potter sans possibilité de fuite, mais pas Elliel dont il ignorait tout. Les sorts avaient donc laissé partir Elliel sans difficulté une fois celui-ci redevenu lui même, mais il avait fallu trois mois à Severus pour trouver un moyen de les annuler après des recherches de plusieurs années déjà. Trois mois de torture avant qu'aujourd'hui, il puisse le sauver enfin. Il espérait y parvenir. Et en ce jour, il découvrait enfin le véritable Elliel. Mais il ne c'était pas attendu à un tel âge alors que Lily n'avait pas parlé d'une telle chose dans sa lettre. Il avait pensé qu'il avait l'âge de Harry Potter.
- Vous avez donc soixante dix huit ans aujourd'hui ? Remarqua-t-il en continuant ses soins d'urgence.
Le jeune acquiesça d'un petit signe difficile.
- Vous ne les faîtes pas, tenta-t-il de plaisanter pour garder sa charge éveillée.
- Les miens... sont... immortels, expliqua-t-il difficilement en grimaçant de douleur. Mon père... a... des milliers d'années, dit-il.
Une quinte de toux l'empêcha cependant de poursuivre et le sang coula de sa bouche de manière inquiétante.
- Ne parlez plus Elliel, reposez vous, ordonna-t-il doucement. Je vais vous ramener à votre père rapidement.
- Merci..., souffla-t-il laborieusement alors qu'une larme coulait sur sa joue blessée.
Severus lança un dernier sort puis ne pouvant faire plus pour sa charge, il le cala un peu mieux dans ses bras. Il scruta les alentours, leva les sorts qui les protégeaient et se remit en route dans les ombres, prenant garde à chaque bruit ou mouvement. Jusque là, personne ne semblait s'être rendu compte que le prisonnier préféré du Seigneur des Ténèbres n'était plus dans son cachot mais cela changea brutalement quand les alarmes magiques retentirent un peu partout, faisant jurer le maître des potions qui redoubla de prudence, sentant l'agitation grandir dans l'ancienne et froide demeure qu'occupait actuellement Voldemort. Il se pressa, tentant d'épargner Elliel dans ses bras, mais vu ses blessures et ce qu'il avait subi, l'Elfe souffrait beaucoup et il n'y pouvait rien. Bientôt, il dut se cacher régulièrement pour éviter les mangemorts les recherchant et la tension grimpa encore, il devait sortir très vite. Il avait pris soin de s'entourer de nombreux sorts pour se cacher efficacement mais cela ne durerait pas éternellement. Il pressa donc le pas, écoutant chaque parole qu'il pouvait entendre pour surveiller ses ennemis. Et il arriva finalement à la sortie. Il n'aurait plus qu'à s'engouffrer dans la forêt et s'éloigner assez pour échapper aux sorts anti transplanage et portoloin et ainsi pouvoir partir.
Seulement, il déchanta en constatant qu'il ne pouvait sortir, la porte mystérieusement bouclée solidement. Pris d'une intuition, il lança un sort dessus pour découvrir que Voldemort avait activé un verrouillage complet de toute la demeure. Portes, fenêtres et autres étaient complètement hermétiques désormais et il jura : il savait qu'il ne pouvait plus sortir. Le Seigneur des Ténèbres devait visiblement penser que sa proie était encore dans le bâtiment et il avait raison.
- Seve...rus, bredouilla l'Elfe l'air inquiet en constatant ce qu'il se passait. Laissez moi, pria-t-il finalement dans un souffle laborieux.
- Certainement pas Elliel ! rugit-il. Taisez vous au lieu de dire des sottises et reposez vous. Je vais vous renvoyer chez vous auprès de votre famille, assura-t-il avec détermination.
Il vit l'adolescent sourire péniblement pour ensuite fermer lentement les yeux, l'affolant un peu :
- Elliel ! Gronda-t-il pour tenter de le réveiller. Elliel ! Répéta-t-il en le voyant soudain complètement inerte dans ses bras. Restez avec moi !
Il libéra une de ses mains, lançant un sort pour constater que sa charge était tombée dans l'inconscience. Ce qui n'avait rien d'étonnant et rien de rassurant. Jurant, il réfléchit rapidement : il n'avait plus le choix maintenant. Il se précipita vers la première salle inoccupée qu'il trouva, s'y engouffrant et la bouclant lourdement, commençant par des sorts pour éloigner tout importun de manière discrète. Il continua avec des sortilèges de dissimulations, de silences, de verrouillages et quelques boucliers pour cacher ce qu'il allait faire. Ils étaient dans une partie presque complètement inutilisée de la demeure aussi, il se trouvait dans une salle à bric à braque. Il fit disparaître tout ce qu'il s'y trouvait, lançant un lumos qu'il fit permanent pour y voir clair dans les ombres. Il alla ensuite délicatement déposer sa charge inconsciente au centre de la pièce, avec délicatesse. Il vérifia encore une fois son état, s'assurant au mieux qu'il supporterait de voyage, espérant que ça ne le tuerait pas. Mais il mourrait de toute façon s'il ne faisait rien. Il serra les dents une fois de plus en l'observant, souhaitant qu'il y ait de très bons guérisseurs chez lui ou il ne survivrait pas. Lui ne pouvait rien faire de plus en l'état mais le rituel était sensé le ramener au plus près de sa famille qui, il l'espérait, pourrait le soigner. Il devait se dépêcher ou on les retrouverait et ils n'auraient tout deux plus aucune chance.
L'homme se releva finalement, s'écartant de son protégé. Il recula un peu et tenant fermement sa baguette, il fit apparaître tout ce dont-il avait besoin. Il lui avait fallu des années de travail pour trouver un moyen de renverser le rituel de Dumbledore et renvoyer Elliel chez lui. Ça n'avait pas été facile et il avait à peine terminé de trouver les derniers éléments qui lui manquaient. Il avait redoublé d'ardeur depuis la capture d'Elliel, sachant qu'il ne vivrait plus longtemps si on ne faisait rien. Et le seul moyen de le sortir de sa prison et de le mettre en sécurité de manière certaine était de le renvoyer dans son monde natal. Il avait pris de gros risques et fait de nombreuses nuits blanches mais il avait trouvé. D'un charme, il traça de complexes cercles magiques au sol, Elliel au centre. Il plaça ensuite les divers objet requis puis sans attendre, il commença à incanter en latin.
Il ne fallut que quelques instants pour que les cercles s'illuminent les uns après les autres, les complexes dessins se mettant à bouger lentement. Il récita les formules un long moment, satisfait de sentir la magie s'affairer autour d'Elliel, un vent doux dansant dans la pièce. La lumière s'intensifia soudain lorsqu'il eut terminé, l'obligeant à fermer les yeux. Tout s'arrêta soudain et quand il regarda de nouveau, Elliel avait disparu. Il sourit en constatant sa réussite, espérant que l'adolescent aurait la vie sauve et serait désormais en sécurité, sachant qu'il ne le reverrait probablement jamais. Mais il se consola en se disant que dorénavant, ni Dumbledore, ni Voldemort ne pourrait plus l'atteindre. Sans attendre, il lança une série de sorts pour effacer au mieux ses traces et celles du rituel. Il déverrouilla la porte après avoir remis la pièce dans son état initial puis il sortit prudemment. Il se mit alors à chercher le fuyard pour jouer le jeu et se fondre dans la masse, aboyant sur des mangemorts de bas étages passant par là. Il fit semblant d'être furieux en apprenant la fuite de Potter par Lucius qui plongea tête la première dans son cinéma. Le blond catastrophé lui annonça que le Seigneur des Ténèbres était en rage. Ils se lancèrent alors tout deux dans les recherches pour retrouver le prisonnier, Severus se disant que cela risquait d'être long.
Elladan et Elrohir soupirèrent de concert, se regardant ensuite en souriant à cette synchronisation involontaire. Ils avançaient tranquillement l'un près de l'autre, les sabots de leur chevaux crissant doucement dans la neige. L'après midi était déjà bien avancée et ils pensaient à trouver un endroit où camper pour la nuit alors qu'ils retournaient vers Fondcombe pour rendre visite à leur père, traversant les vastes forêts et plaines du sud des Landes d'Etten. Il leur restait encore un bout de chemin mais malgré les rudesses de l'hiver, le voyage était calme et agréable, les Elfes qu'ils étaient peu importunés par le froid. Ils étaient vêtus de tenues de voyages épaisses, les vêtements restant pourtant élégants et soignés. Chacun était entouré d'une lourde cape de voyage couvrant la croupe de leurs montures et attachées de belles broches elfiques. Tout deux étaient également armés d'une épée, d'une dague et d'un arc accompagné de ses flèches. Leurs longs cheveux bruns ébènes tombaient dans leurs dos en une cascade lisse et parfaite laissant apparaître la pointe de leurs oreilles alors que leurs fronts étaient encerclés de diadèmes elfiques fins et discrets. Leurs peaux claires allaient parfaitement avec le manteau blanc du paysage qu'ils scrutaient de leurs yeux sombres cherchant un endroit abrité pour la nuit.
Mais soudainement, une vive lumière apparut devant eux, les forçant à calmer leurs destriers soudain apeurés, détournant leurs yeux agressés par l'éclat blanc trop vif. Les chevaux s'ébrouèrent un instant mais ils les calmèrent rapidement de quelques mots elfiques alors que dans un même temps, ils portaient leurs mains à leurs épées dans un réflexe. Aussi rapidement que possible, ils reportèrent leur attention devant eux, tendus sur leurs montures alors que la lumière avait rapidement disparu. Et ils se figèrent subitement en découvrant la scène qui s'offrait à eux. Là, à quelques pas dans la neige, il y avait un corps étendu, inerte. Et l'être en question était dans un état déplorable, son sang teintant le manteau blanc doucement. Ses vêtements étaient en lambeau pour ce qu'il en restait et l'on pouvait voir ses nombreuses blessures, brûlure et autres. Il était allongé sur le ventre, ses longs cheveux sombres éparpillés sur lui alors que l'on ne pouvait voir son visage. Étonnés, les jumeaux le regardèrent une seconde, écarquillant brusquement les yeux en apercevant un détail.
- Des oreilles pointues, remarqua Elrohir abasourdi utilisant leur langue natale.
- C'est un Elfe, s'horrifia Elladan.
Prestement, ils lâchèrent leurs épées pour sauter au sol et accourir vers l'inconnu qui était visiblement l'un des leurs. Ils s'accroupirent autour de lui, l'un en face de l'autre, l'horreur se peignant de plus en plus sur leurs visages alors qu'ils observaient son état. Délicatement, ils entreprirent de le retourner avec précaution, serrant les dents en l'entendant gémir de douleur. Mais à peine cela fut-il fait qu'ils sursautèrent brutalement, tombant à la renverse dans la neige alors qu'un choc profond avait pris place sur leurs traits. L'inconnu était alors sur le dos, révélant son visage marqué de blessures, couvert de sueur et tendu par la souffrance. Et c'était ce visage que les jumeaux avaient instinctivement regardé le premier. Ce visage bien connu duquel ils avaient été privé il y avait longtemps. Ils restèrent figés, leurs yeux grands ouverts braqués sur l'Elfe blessé. Ils se regardèrent finalement, lisant chacun dans le regard de l'autre le choc, l'espoir soudain, le doute... Ils tournèrent une nouvelle fois les yeux vers ce visage, échangeant ensuite un nouveau regard où l'on ne lisait plus la moindre incertitude malgré le choc qui y régnait encore. Ce fut un gémissement plaintif et faible qui les sortit de leur étonnement et ils bondirent soudain, se redressant et reportant toute leur attention sur le jeune Elfe. Elladan prit ses joues dans ses mains avec précaution, écartant ses cheveux alors qu'Elrohir posait ses doigts sur sa tête.
- Elliel ? appela Elladan. Elliel, tu m'entends ?
Tout deux l'appelèrent un instant et finalement, le blessé commença à péniblement ouvrir les yeux, gémissant de souffrance. Et les frères restèrent une nouvelle fois figés devant les émeraudes luminescentes se révélant à eux. Il n'y avait plus de doute désormais. Un seul être au monde avait un tel regard. Un regard qu'ils n'oublieraient jamais.
- Par les Valar Elliel, c'est toi, remarqua Elrohir fou de joie.
L'adolescent tourna alors le regard vers lui, l'air perdu et peu alerte, mais ses yeux s'emplirent rapidement de larmes.
- El...ro...hir, bredouilla-t-il difficilement la voix cassée et faible. El...ladan, dit-il ensuite en apercevant l'autre.
- C'est nous, acquiesça ce dernier alors que les larmes envahissaient les regards des frères. C'est nous petit frère, dit-il en souriant largement.
Elliel lui rendit l'expression légèrement, les larmes roulant sur ses tempes. Mais très vite, il fut pris d'une quinte de toux, gémissant de douleur alors que le sang coulait de ses lèvres en paniquant un peu les jumeaux. Ils échangèrent un regard inquiet, se reprenant immédiatement devant l'état de leur petit frère retrouvé. Elrohir bondit alors, se relevant et courant vers les chevaux. Et Elladan lui, redressa Elliel avec mille précautions, lui faisant tourner la tête pour laisser le sang couler de sa bouche sans qu'il ne s'étouffe. Il le cala contre lui, essuyant ses propres larmes du revers de sa manche pour y voir clair.
- Ça va aller Elliel, nous sommes là, nous sommes là, assura-t-il en caressant sa joue. On va s'occuper de toi.
- Vous... m'avez tellement... manqué..., murmura-t-il faiblement la tête posée contre l'épaule de son grand frère.
- Tu nous as terriblement manqué à nous aussi, répondit Elladan. Nous n'avons jamais cessé de te chercher partout, apprit-il avec émotion en le faisant sourire.
L'adolescent tenta de répondre mais il n'y parvint pas, peinant à respirer. Il tremblait de douleur, horriblement pâle, le visage marqué de souffrance alors qu'il ne pouvait s'empêcher de gémir. Elladan caressa son visage avec délicatesse, terriblement inquiet et tentant de l'installer au mieux contre lui :
- Ne parle pas Elliel, ordonna-t-il doucement. Reste tranquille on va s'occuper de toi. Reste tranquille.
Un instant plus tard, Elrohir revenait en courant les bras chargés de diverses choses. Le plus rapidement qu'il put, il dégagea la neige sur un petit espace, y étalant ensuite leurs deux matelas de voyages pour faire une couche la plus confortable possible. Ensemble, ils entreprirent ensuite d'y déplacer délicatement leur petit frère, l'allongeant avec précaution, déposant sa tête sur leurs deux petits oreillers superposés. D'un geste synchronisé, ils retirèrent leurs capes, les déposant sur le plus jeune.
- Tiens, je t'ai amené notre trousse de soin, annonça Elrohir à son frère. Commence à voir ce que tu peux faire, je vais faire un feu et je viens t'aider, dit-il.
Elladan acquiesça et ne perdit pas de temps. Il commença à analyser l'état d'Elliel avec précaution, relevant peu à peu les capes pour regarder son corps en entier. Puis il commença à faire ce qu'il pouvait, louant son père de leur avoir enseigné les bases de l'art de guérir. Il se mit alors à incanter en elfique, la voix murmurante comme on lui avait appris, nettoyant dans un même temps les blessures et tentant de stopper l'écoulement de son sang. Rapidement, Elrohir alluma un feu non loin, sa chaleur venant lécher leurs peaux. Il emplit leur petite marmite de métal de neige, la déposant sur le feu pour avoir un peu d'eau chaude et il revint rapidement vers ses frères, aidant Elladan. Cependant, les deux jumeaux s'aperçurent vite que l'état de leur petit frère dépassait de loin leurs connaissances et leur savoir faire en matière de soin. Ils firent alors ce qu'ils purent, commençant par stopper les hémorragies, nettoyant les blessures au mieux et bandant les plus graves des quelques pansements qu'ils avaient avec eux.
Ils s'affairèrent ainsi pendant près de deux heures, lavant son corps tremblant et le débarrassant des loques qu'il portait pour l'enrouler dans leurs deux grandes capes moelleuses. Elliel gémissait de souffrance, le regard trouble alors qu'un cri lui échappait de temps à autre, leur brisant le cœur et les tendant un peu plus. Il y avait toujours l'un des deux pour lui parler doucement et le rassurer. Ils se firent le plus doux et délicats possible mais ils ne purent améliorer beaucoup les choses. La liste des dégâts était impressionnante. Elliel avait de multiples plaies et brûlures, sa peau semblant avoir été arrachée par endroit. L'une de ses jambes était complètement brisée, plusieurs de ses côtes cassées comme l'une de ses clavicules. Plusieurs de ses vertèbres étaient déplacées sans parler des nombreuses traces de coups. Malgré leur savoir restreint en la matière, les jumeaux supposèrent aussi bientôt qu'il avait été empoisonné, Elliel acquiesçant difficilement lorsqu'ils lui posèrent la question. Ils sentirent aussi un sombre pouvoir agir sur lui mais cela était hors de leurs connaissances et ils s'en rendirent très vite compte.
- Il faut le ramener à Fondcombe le plus rapidement possible, remarqua Elrohir en caressant les cheveux de leur petit frère.
Ses yeux étaient toujours entrouvert bien qu'il ne soit pas vraiment conscient de ce qu'il se passait, faible et fiévreux. Il respirait très mal, plus pâle qu'un mort les yeux profondément cernés alors que ses frères ne pouvant faire plus le câlinaient doucement. Elrohir c'était agenouillé derrière sa tête, la déposant sur ses cuisses pour l'aider à respirer un peu mieux.
- Il agonise, continua-t-il douloureusement. Il n'y a que père qui pourra le sauver. Il faut faire vite.
- Il nous reste une nuit et une journée de trajet jusqu'à Foncombe si nous nous dépêchons, répondit Elladan. Mais j'ai peur qu'il ne survive pas au voyage, dit-il terriblement inquiet et désemparé.
- On n'a pas le choix, constata son jumeau l'air sombre.
- Je... je... tiendrais..., bredouilla alors Elliel qui avait péniblement suivi la conversation.
Il était rentré chez lui, il avait retrouvé ses frères, il était impensable de mourir maintenant, pas avant d'avoir revu son père, d'être rentré chez lui. Il se battrait de toute ses forces jusque là.
- Je... tiendrais... c'est promis, assura-t-il la respiration sifflante et bloquée.
- D'accord, sourit Elrohir. Tiens bon. On va te conduire à notre père et il te soignera. Ça va aller, ça va aller, dit-il en le cajolant alors que la peur de le perdre le submergeait lui et son jumeau.
- Ada..., souffla péniblement l'adolescent les larmes aux yeux.
- Oui, on rentre à la maison, répondit Elladan. Il va falloir que tu tiennes encore un peu Elliel.
Celui-ci eut un petit signe de tête affirmatif et d'un accord tacite, les jumeaux décidèrent de ne pas perdre plus de temps, sachant que leur petit frère adoré avait urgemment besoin de soins experts. Elrohir le redressa le plus délicatement possible, le prenant dans ses bras alors qu'Elladan ramassait et rangeait rapidement leurs affaires. Il roula les couchages lorsque son frère souleva Elliel enroulé dans leurs capes et leurs couvertures et il les ragea, sautant ensuite en selle d'un bond souple et léger. Elrohir s'approcha alors et lui tendit l'adolescent qu'ils installèrent précautionneusement, Elladan l'asseyant devant lui en travers de sa selle et le calant entre ses bras. Ils l'installèrent au mieux alors qu'il serrait les dents, veillant à ce qu'il soit bien couvert. Elrohir se mit ensuite en selle à son tour et ils se mirent en route sans plus attendre commençant en avançant doucement. Ils accélérèrent cependant bientôt, lançant leur monture dans un galop léger et souple, louant le fait d'avoir des chevaux absolument exceptionnels et confortables. Mais cela n'empêcha pas Elliel de se tendre davantage qu'il ne l'était déjà. Il enfouit difficilement son visage dans les vêtements de son frère, sortant lentement une main des capes pour accrocher sa tunique de ses doigts. Elladan se pencha alors sur lui, murmurant à son oreille pour l'encourager et le réconforter de son mieux. Il passa ses rênes dans une seule main, venant donner l'autre à son petit frère qui la serra de ses maigres forces. Près deux, Elrohir serra les dents en le voyant souffrir ainsi mais ils n'avaient pas le choix, le temps pressait. Il reporta rapidement son attention sur les alentours, agissant en garde et s'assurant que rien ne les attaquerait alors que les orques se faisaient de plus en plus présents depuis quelques temps.
Ils voyagèrent ainsi toute la nuit, ralentissant quand cela devenait trop pénible pour leur petit frère qui faiblissait à vue d’œil. Et ils accéléraient de nouveau lorsque celui-ci leur demandait après s'être calmé un moment. Ce fut un supplice autant pour le blessé que pour ses frères terriblement inquiets en l'entendant gémir et parfois crier de douleur, sa voix cassée et faible. Elladan faisait tout ce qu'il pouvait pour lui apporter un peu de réconfort, le tenant contre lui, lui parlant et tenant sa main. Le soleil se leva bientôt sans qu'ils ne se soient arrêté une seconde et ils continuèrent leur route vers Fondcombe prenant les chemins les plus directs possibles. Au milieu de l'après midi, alors que les jumeaux étaient de plus en plus tendus devant l'affaiblissement croissant de leur petit frère, celui-ci perdit soudain connaissance, les affolant un peu plus. Ils s'arrêtèrent alors un moment sans pour autant descendre de cheval. Ils tentèrent de le réveiller sans succès, constatant que ses blessures s'étaient remises à saigner et que son état était critique, son front brûlant de fièvre. Ce fut sans même une parole qu'ils se remirent en route, lançant leurs chevaux à toute vitesse pour atteindre Imladris au plus vite.
La fin du voyage se fit rapidement mais il sembla pourtant durer des siècles pour les frères. Ils arrivèrent bientôt en territoire elfique alors que le soleil se couchait, légèrement soulagés de sentir les barrières de protections d'Imladris leur chatouiller la peau. Seulement, Elliel allait de plus en plus mal dans les bras d'Elladan et ils redoublèrent encore d'efforts pour accélérer, leurs chevaux épuisés obéissant pourtant lorsqu'ils leur parlèrent dans leur langue natale, les priant de les aider à sauver leur petit frère. Ils ne ralentirent pas un instant en passant devant les gardes frontières comme ils en avaient pourtant l'habitude. Ceux-ci les reconnurent cependant sans problème, s'inquiétant de voir la paire d'ordinaire si calme et maîtrisée se presser de la sorte avec une panique palpable. Pensant soudain qu'ils étaient poursuivis, ils reportèrent leur attention au delà des frontières mais rien ne vint et ils se demandèrent alors ce qu'il se passait, n'ayant pas vraiment vu le troisième membre du groupe.
Encore un moment et ils arrivaient en ville, enfin. Elrohir prit les devant alors qu'ils ne ralentissaient pas un instant, entièrement concentré sur le fait de ramener leur petit frère rapidement, celui-ci au bord de la mort désormais. Elrohir cria que l'on s'écarte de leur route en croisant d'autres Elfes dans les allées de la splendide ville et l'on se jeta bien vite contre les murs en les voyant arriver en galopant à toute allure, se demandant ce qu'il leur arrivait. Cela faisait un moment que l'on n'avait vu les jumeaux à Imladris et il était rare de les voir dans un tel état. Ils n'y prêtèrent aucune attention, se pressant plutôt vers la maison principale de la ville, le palais de leur père. Ils y arrivèrent rapidement, leur entrée précipitée dans la cité faisant déjà grand bruit. Ils s'arrêtèrent dans la petite cour devant l'entrée à laquelle on accédait par un petit escalier. D'un coup d’œil, ils aperçurent le Seigneur Glorfindel qui accourrait vers eux en catastrophe ayant remarqué leur arrivée cavalière d'un balcon.
À peine stoppé, Elrohir sauta de son cheval pour accourir vers Elladan qui l'aida à descendre Elliel et à le caler dans ses bras. Il sauta à son tour de sa monture et observa une seconde son petit frère respirant faiblement, inconscient mais le visage crispé dans la souffrance alors que sa fièvre avait encore empirée au possible.
- Par les Valar, souffla Glorfindel en arrivant près d'eux, mais c'est...
- Elliel, notre petit frère, confirma Elrohir devant son choc. Elladan, va chercher papa, je le conduis en salle de soin, dit-il en se dirigeant immédiatement vers la vaste demeure elfique.
- Il est à la terrasse sud, apprit le blond en suivant Elrohir.
Elladan acquiesça et partit à toute allure en direction du lieu dit. Et pendant ce temps, son frère gagnait rapidement la salle de soin où se trouvait tout ce qu'il fallait pour soigner son petit frère. Derrière lui, Glorfindel courrait, le dépassant rapidement pour lui ouvrir les portes. Il ne leur fallut que peu de temps pour arriver à destination et Elrohir alla délicatement déposer sa charge sur la table de pierre couverte de draps de soie trônant au centre de l'espace. La pièce était grande et ronde, les étagères chargées de matériel soigneusement rangé tapissant les murs. De grandes fenêtres laissaient entrer la lumière et donnaient une splendide vue sur la citée alors qu'une coupole de verre faisait office de plafond. Glorfindel vint l'aider à déposer le jeune elfe, se remettant du choc de cet événement en constatant son état alarmant. Sans attendre, Elrohir alla chercher diverses choses bien décidé à commencer les soins en attendant son père et il n'eut même pas à demander pour que le Seigneur Glorfindel l'aide immédiatement. Et le blond resta choqué un moment lorsqu'ils écartèrent les capes et les couvertures et qu'il découvrit l'état d'Elliel, mais il se reprit pour aider dans un silence tendu.
Pendant ce temps, Elladan courait comme s'il avait le diable aux trousses pour aller chercher son père, bousculant plusieurs Elfes qu'il croisa. Il déboula comme une furie sur la terrasse indiquée par Glorfindel et il stoppa brusquement, cherchant son père des yeux. Il le trouva rapidement, celui-ci occupé à discuter avec Mithrandir et plusieurs de ses conseillers. Mais tous se tournèrent vers lui lorsqu'il arriva brusquement.
- Elladan ? Remarqua Elrond surpris de voir son fils débarquer ainsi. Qu'est-ce que... ?
Il n'eut cependant pas le temps de terminer sa question qu'Elladan s'était précipité sur lui, attrapant son bras et le tirant pour l'emmener vers Elliel. Tous restèrent stupéfait par cette attitude des plus inhabituelle pour lui, remarquant soudain sa panique visible et s'en inquiétant.
- Elladan, que se passe-t-il ? Demanda le père en le suivant pourtant alors que tous les écoutaient.
- Nous avons retrouvé Elliel Ada, annonça-t-il en faisant planer le choc sur tous. Il est gravement blessé, il a besoin de vous, dit-il précipitamment.
Et il n'en fallut pas plus pour qu'Elrond se mette à courir comme jamais, suivant son fils alors que derrière eux, tous en faisaient autant. Et alors qu'il courrait, un espoir fou s'était emparé du Seigneur de Fondcombe n'osant croire ce que son fils venait de lui dire. Ils avaient retrouvé Elliel. Elliel, son dernier fils, son précieux cadet, le petit joyaux de leur famille depuis si longtemps disparu. C'est l'esprit embrumé qu'il suivit Elladan avec un empressement grandissant, voulant voir de ses yeux. Et il se figea dans l'encadrement de la porte en arrivant à la salle de soin. Elrohir et Glorfindel s'affairaient autour du blessé, vite rejoint par Elladan, mais il ne leur prêta pas attention, son regard vissé sur le visage d'Elliel. Les larmes lui montèrent alors aux yeux : c'était bien son fils, son bébé.
- Ada, appela Elrohir la voix suppliante et l'air désemparé.
Elrond réagit alors, se précipitant et se reprenant. Mais il se figea pourtant de choc en découvrant l'état d'Elliel, horrifié. Il se mit immédiatement au travail, déployant tout ses dons aidé de ses jumeaux et de Glorfindel. Rapidement, les autres arrivèrent à leur tour, stoppant dans l'entrée pour observer la scène, eux aussi immensément étonnés de reconnaître le cadet du Seigneur disparu il y avait longtemps. Une perte qui avait causé un mal terrible à toute leur famille. Gandalf entra doucement, les autres restant à l'écart pour ne pas gêner les soins. Le magicien gris observa un long moment le blessé, aussi choqué que les autres. Mais il se reprit rapidement en observant les blessures de l'elfe. Immédiatement, il sentit aussi autre chose :
- Un pouvoir sombre est en train de le ronger de l'intérieur, constata-t-il en langue commune.
- Oui. C'est puissant, répondit Elrond concentré. Je n'ai jamais rien vu de tel.
On fit silence autour d'eux, laissant le Seigneur se concentrer alors que la tension régnait, chacun pouvant voir l'état du jeune. Elladan, Elrohir et Glorfindel s'occupaient des blessures à leur portée avec attention et minutie, nettoyant, soignant et bandant chaque plaie alors qu'Elrond combattait rageusement la magie noire de Voldemort agissant encore sur son fils. La tension allait croissante dans le silence alors que quelques gouttes de sueurs perlaient sur le front d'Elrond et témoignant de ses efforts. Son visage était tendu, crispé, terriblement inquiet et il se peignit soudain de panique et de désespoir :
- Je n'y arrive pas, dit-il soudain l'air désemparé. Je n'y arrive pas, répéta-t-il alors que tous commençaient à comprendre qu'il n'arrivait pas en contrer ce pouvoir sombre tuant l'Elfe. Mithrandir, pouvez vous faire quelque chose ?
Aussitôt, le magicien gris s'approcha pour tenter de l'aider et ils y travaillèrent un long moment. Mais personne ne manqua les larmes qui coulèrent soudain sur les joues d'Elrond, les alarmant immédiatement.
- Nous n'y arrivons pas, souffla l'Istari l'air affligé et terriblement triste. Il va mourir, lâcha-t-il en figeant toute la pièce.
Un silence horriblement lourd plana quelques secondes, tous paralysés en regardant le jeune qui respirait très faiblement, plus pâle encore qu'il ne l'était un moment auparavant. Il tremblait, transpirant, son visage crispé par la souffrance.
- Ada, appela Elrohir l'air suppliant.
Elrond resta silencieux, fixant son fils cadet en caressant tendrement son visage. Ses joues étaient inondées de larmes, son visage immensément triste et désespéré.
- Ada ! Cria alors Elladan paniquant complètement.
- Ce pouvoir est trop fort, dit-il douloureusement. Trop complexe. Nous n'arrivons pas à l'endiguer, soupira-t-il. Il va mourir, termina-t-il en se penchant pour accoler son front à celui de son fils agonisant.
Il éclata en sanglot sans bruit, embrassant le front d'Elliel et collant sa joue à la sienne, incapable de s'éloigner de lui. Il venait de le retrouver et il allait le perdre sans rien pouvoir faire, son fils chéri allait mourir dans d'atroces souffrances et il ne pouvait rien faire. C'était horrible.
- Non ! Non ! Non ! Non ! Cria Elrohir affolé.
- Non, soupira Elladan à son tour l'air complètement défait et abattu. Elliel, murmura-t-il en tombant à genoux près de lui et en prenant l'une de ses mains avec une immense délicatesse.
Il éclata en sanglot à son tour, collant ses doigts froids contre sa joue. Son frère jumeau vint bientôt s'effondrer près de lui, caressant le poignet de son petit frère en pleurant lui aussi. Le silence était total et lourd autour d'eux. Tous avaient le regard baissé, Glorfindel les larmes sur les joues alors qu'il connaissait le jeune elfe depuis sa naissance. Il vacilla bientôt sous la tristesse, l'air complètement perdu et il dut s'appuyer sur une commode pour rester debout. Une immense tristesse pesait sur les âmes. Ils avaient perdu le jeune elfe il y avait si longtemps et à peine venaient-ils de le retrouver qu'ils allaient le perdre de nouveau, définitivement cette fois.
- A..da, fit soudain une voix faible et brisée.
Elrond se redressa brusquement alors que tous avaient redressé le regard. Il observa Elliel qui avait entrouvert difficilement les yeux, reprenant connaissance. Son père caressa ses joues, se rapprochant de nouveau et forçant un sourire sur ses lèvres.
- Je suis là, assura-t-il doucement.
- Vous... m'avez... tellement... tellement manqué, bredouilla-t-il laborieusement.
- Tu m'as aussi terriblement manqué mon fils, répondit-il en le cajolant alors que les jumeaux s'étaient relevés et approchés de son visage. Il n'y a pas eu un jour où tu n'occupais pas mes pensés, confia-t-il. Tu es à la maison maintenant, remarqua-t-il en faisant apparaître un sourire soulagé sur le visage de son fils.
- La maison, soupira-t-il.
Une quinte de toux le prit alors, lui faisant cracher le sang et affolant tout le monde. Elrond lui fit tourner délicatement la tête pour qu'il puisse le cracher, les jumeaux prenant l'une de ses mains qu'ils serrèrent doucement. C'est impuissant que tous regardèrent, désespérés de ne rien pouvoir faire. Il fallut un moment pour qu'Elliel s'apaise un peu, gémissant de souffrance alors que son père et ses frères le cajolaient en pleurant, désemparés.
- Je... suis... dé...solé, murmura-t-il finalement.
- Tu n'as rien à te faire pardonner Elliel, assura Elrohir.
- Tout vas bien ne t'en fait pas, apaisa Elladan.
Le jeune les regarda difficilement tour à tour, le regard trouble et ses yeux s'arrêtèrent un instant sur Glorfindel debout non loin, s'étant rapproché et observant en silence. Il pleurait lui aussi. Pourtant, Elliel sentit une certaine sérénité l'envahir alors que la lumière du couchant faisait briller les cheveux d'or du Seigneur tel le soleil. C'était bien mieux que les ténèbres du cachot dans lequel il avait passé ses dernières semaines. Il était rentré chez lui et cela l'apaisait beaucoup alors qu'il se sentait partir, terrassé par la souffrance, les blessures et la magie noire de Voldemort. Cette magie agissait sur lui depuis le premier jour de sa détention, lui causant d'atroces souffrances et seul l'intervention régulière de Voldemort empêchait le sort de le tuer. Il lui avait lancé pour être sûr qu'il mourrait si jamais il venait à s'échapper, sachant que s'il ne recevait pas régulièrement son sort, il était condamné. Alors il savait qu'il allait mourir lorsque Severus l'avait sauvé, mais il avait lutté, espérant revoir une dernière fois les siens, sa maison, la magie de son monde si belle. Et c'était fait désormais alors il était en paix malgré les ténèbres l'emportant. Il reporta son regard sur ses grands frères et son père, se demandant où étaient sa mère et sa grande sœur. Elles devaient être loin sinon elles seraient là. Mais il avait au moins une partie de sa famille avec lui, une dernière fois.
- Je... je... vous... aime, murmura-t-il.
Il ferma ensuite doucement les yeux, épuisé, ne pouvant résister plus longtemps et paniquant sa famille, tous comprenant qu'il vivait ses dernières secondes.
- Elliel ! Appela Elrond avec peur. Elliel !
Mais son fils ne répondit plus alors que son corps se détendait soudain, son visage redevenant paisible. Il cessa de respirer et son cœur s'arrêta alors que les jumeaux sentaient ses mains relâcher leur faible étreinte dans leurs doigts.
- Elliel ! Cria le père sans obtenir de réponse. Non, souffla-t-il en venant poser son front contre le sien et pleurant toutes les larmes de son corps.
Les jumeaux s'effondrèrent à leur tour, détruits et complètement perdus. Ils avaient tant espéré retrouver leur petit frère tant aimé. Ils avaient toujours gardé espoir depuis sa disparition, se convainquant qu'il était en vie quelque part. Un espoir qui leur avait permis d'avancer. Aujourd'hui, ils l'avaient retrouvé pour le voir mourir aussitôt, impuissant. Et cette fois-ci, il n'y avait plus d'espoir. Glorfindel s'effondra aussi sur ses genoux, pleurant en silence la perte du jeune elfe dont les sourires et les miracles restaient entêtant dans sa tête. Gandalf recula un peu, s'appuyant lourdement sur son bâton, le dos courbé et le regard baissé. Et à la porte, tous restaient silencieux, les larmes aux yeux et accusant mort soudaine du plus jeune des princes d'Imladris.
Quelques instants passèrent ainsi sans qu'un seul mot ne soit prononcé, Elrond, Elladan et Elrohir ne pouvant se résoudre à lâcher Elliel désormais sans vie. Mais soudain, une lumière blanche apparut derrière la table de pierre non loin de la tête d'Elliel, attirant tout les regards. Elle prit doucement de l'ampleur et grandit, prenant la forme d'une silhouette masculine de haute stature. Mais nul ne put en discerner davantage. L'être semblait être la lumière et celle-ci était si vive qu'elle les empêchait de discerner quelque détail que ce soit. Il apparut complètement, une magie puissante et pure coulant autour de lui et sentie par tous. Et immédiatement, Gandalf tomba à genoux au sol, posant son bâton et courbant l'échine, choqué.
- Ilùvatar, bredouilla-t-il.
Tous lui jetèrent un coup d’œil avant de regarder l'apparition à l'énergie absolument exceptionnelle et envoûtante. Et tous saisirent soudain ce que Gandalf avait immédiatement deviné, tombant à genoux à leur tour. Il avait devant eux le dieu créateur, le père des Ainur et de toute chose en ce monde, l'être suprême. Seul Elrond et ses fils ne s'agenouillèrent pas, restant étroitement collé à Elliel. Ils avaient tellement mal que vexer le dieu leur était égal. Personne n'osa bouger devant la scène irréelle, attendant simplement de voir ce qui allait se passer. La magnifique lumière blanche planait autour du dieu tel des voiles dans l'eau, enchanteurs et elle empêchait de le discerner. Après un instant d'immobilité, Ilùvatar s'approcha lentement, planant au dessus du sol. Il vint se poster dans un silence total à la gauche du corps sans vie, faisant face aux trois Elfes refusant de le quitter. Élégamment, il leva une main que l'on put voir dans la lumière. Il l'avança et la posa sur le cœur d'Elliel. Une voix grave et mélodieuse s'éleva alors, semblant venir de partout à la fois, résonnante et profonde, pleine de force et de sagesse et empruntant la langue elfique :
- Je ne peux tolérer une telle chose, dit-il. Elliel est mon envoyé en ces terres, annonça-t-il en étonnant toute la pièce. Je ne tolérerais pas que sa vie lui soit ainsi volée.
La main sur la poitrine de l'Elfe inerte s'illumina soudain plus fort et il y eut une forte impulsion d'énergie. À l'émerveillement général, Elliel reprit une inspiration brusque, son cœur se remettant à battre. Elrond et ses fils regardèrent cela avec une joie immense, ébahis. Le dieu retira finalement sa main et reprit la parole :
- J'ai détruit la magie néfaste qui l'empoisonnait et redonné sa vie. Il vivra, assura-t-il alors que les sourires fleurissaient sur tout les visages. Soignez le, prenez soin de lui et laissez le vivre comme bon lui semblera, ordonna-t-il. Il est mon protégé ici bas, je veillerais sur lui et je veillerais à ce qu'il ne nous soit plus honteusement volé comme cela fut le cas jadis, assura-t-il.
Sans un mot de plus, il disparût subitement comme il était venu, les laissant là complètement étonnés et choqués. Mais il ne fallut que quelques secondes pour qu'Elrond se reprenne, constatant qu'Elliel portait toujours de lourdes blessures. Mais il fut rapidement soulagé de percevoir que le poison et la magie noire qui l'avaient tué avaient complètement disparus et le reste des dommages, il pouvait s'en occuper. Et très rapidement, ses fils se reprirent pour l'aider, suivant ses consignes vites rejoint par Glorfindel. Pendant un long moment encore, ils soignèrent l'adolescent inconscient. Inconscient mais bien vivant. Sa respiration bien qu'encore difficile était régulière, son cœur battant tranquillement alors que sa violente fièvre était en grande partie tombée. Il s'était détendu, son visage bien plus serein au soulagement général. Malgré sa pâleur effrayante, il avait déjà repris quelques couleurs. Mais il portait encore toutes ses blessures physiques, ses os brisés. Elrond s'affaira pour améliorer les choses, stoppant définitivement l'écoulement du sang, remettant en place les articulations démises. Pendant un très long moment, il s'affaira autour de la jambe gauche complètement brisée, réalignant les os et l'immobilisant complètement.
Les soins furent longs mais ils prirent finalement fin alors que personne, hormis Elrond donnant ses consignes, n'avait prononcé le moindre mot depuis l'intervention du dieu. Tendrement, le Seigneur vint alors embrasser le front de son cadet, y posant ensuite le sien et soupirant de soulagement.
- Ada ? Appela Elladan l'air encore très inquiet comme son frère.
- Ça va aller, assura-t-il alors pour les rassurer. Il a besoin de beaucoup de repos et de soins pendant en moment mais il va s'en sortir, annonça-t-il.
Tous soupirèrent alors de soulagement, la tension s'apaisant enfin. Le silence s'installa quelques instants, chacun se détendant en observant le père et les jumeaux câliner doucement Elliel inconscient.
- Que s'est-il passé ? Demanda alors Elrond à ses aînés.
Les deux frères lui racontèrent comment Elliel était apparus devant eux dans cet état alors qu'ils faisaient route vers Imladris. Gandalf prit alors la parole pour expliquer aux jumeaux qu'il était venu à Fondcombe après avoir sentis une magie étrange agir au nord de la ville. Se trouvant alors juste un peu au sud, il était venu en parler avec Elrond, révélant qu'il s'agissait du même pouvoir que le jour où Elliel avait disparus. Touts les Istari de la Terre du Milieu l'avaient sentis ce jour là et c'était à nouveau le cas aujourd'hui. Se remettant doucement de tout ce qu'il venait de se passer, tous se demandèrent alors ce qu'il s'était produit et comment le jeune prince s'était retrouvé dans cet état.
- Nous verrons ça lorsqu'il ira mieux, trancha Elrond. Pour le moment il a besoin de repos et nous aussi, dit-il alors que cela faisait un moment que la nuit était tombée.
Il attrapa une douce couverture pour y enrouler le blessé avec douceur puis avec une délicatesse et une attention immense, il prit son fils dans ses bras, le calant précieusement contre lui l'air infiniment soulagé et heureux. Une fois fait, il demanda à ses conseillers d'envoyer un messager en Lorien pour annoncer ceci au reste de la famille, puis il quitta la pièce, demandant à ce qu'on les laisse tranquille alors que ses jumeaux étaient sur ses talons. Et tous se poussèrent de leur route, comprenant parfaitement et soulagés eux aussi. Et ce fut tranquillement que la petite famille voyagea dans la maison d'Elrond, gagnant l'aile de leurs appartement privés. Ils s'arrêtèrent finalement devant une grande double porte et ce fut avec une joie palpable qu'Elladan l'ouvrit. Le sourire aux lèvres, ils entrèrent alors dans cette pièce qui avait été un refuge pour eux ces dernières années lorsque l'absence du jeune s'était faite trop pesante. Ici, ils avaient pu retrouver un peu de sa présence. Il s'agissait de sa chambre, juste à côté de celle de son père.
Elle était grande et lumineuse. Il y avait un immense balcon à la rambarde sculptée et agrémenté d'une grande fontaine de pierre beige élégamment taillée. De grands voiles blancs pendaient devant l'ouverture. À l'intérieur, tout les meubles étaient de bois clair. Il y avait un immense lit aux draps de satins brodés, quelques armoires aux portes ciselés, un petit secrétaire, un petit salon et surtout des bibliothèques pleines de livres tous plus précieux les uns que les autres. Sur l'un des murs pendaient aussi quelques armes d'ornement splendides, fruit de l'apprentissage de la forge du jeune elfe. Il y avait aussi un grand tableau au dessus du lit. Un tableau représentant toute leur famille au grand complet, une œuvre qu'Elliel adorait. Une alcôve abritait une grande table de bois, couverte d'outils et d'ouvrage en cour. Tout était éparpillé là, comme si le propriétaire des lieux était parti seulement quelques instants. Après sa disparition, ils avaient pris grand soin de la pièce qui n'avait pas changée d'un pouce, l'entretenant et venant s'y réfugier lorsque la douleur de son absence se faisait trop forte. Aujourd'hui, elle retrouvait enfin son occupant pour leur plus grand bonheur.
Elrohir alla écarter les draps et couvertures du lit, permettant à Elrond d'y déposer très délicatement Elliel qui dormait maintenant paisiblement. Ils l'installèrent au centre du grand matelas, le couvrant et le bordant avec attention. Dans le silence, ils l'observèrent longuement, souriant. Ils l'avaient enfin retrouvé et il allait vivre, c'était tout ce qu'il comptait à cet instant. Épuisés, les jumeaux optèrent bientôt pour une bonne nuit de sommeil. Seulement, ils ne purent se résoudre à s'éloigner de leur petit frère adoré. Ils retirèrent donc leurs épais vêtements de voyages, laissant simplement les tuniques et pantalons fins qu'ils portaient en dessous. Ils vinrent ensuite s'allonger de part et d'autre d'Elliel, prenant chacun l'une de ses mains. Ils restèrent ainsi un moment à câliner l'endormi pour finalement glisser dans le sommeil à leur tour. C'est avec bonheur qu'Elrond observa cela, souriant. Et lui non plus ne pouvait se résoudre à quitter la pièce aussi, il tira un fauteuil près du lit, s'y installant et regardant longuement ses trois fils, se promettant de prendre le plus grand soin d'eux alors qu'ils étaient avec Arwen, la prunelle de ses yeux et son cadeau le plus précieux.