Environ une heure plus tard, une très vieille femme entre dans le wagon. Elle pousse un chariot rempli de friandises qui me sont familières. Dragées surprises, chocogrenouilles, baguette en chocolat... J’achètes quelques douceurs, accompagnée de Jake et Cécilia. Le voyage se passe sans encombre, mais je dois sans cesse répondre à diverses questions à propos de ma famille. Au bout de quelques heures, on m’annonce qu’il est temps de revêtir la tenue de Poudlard. Je pars avec Cécilia et d’autres filles dont je n’ai pas pris la peine de retenir le prénom, et nous nous installons dans le compartiment voisin pour nous changer loin des regards des garçons. Certaines filles en profitent pour se remaquiller, mais Cécilia trouve cela inutile : on n'a pas besoin de ça. On retourne donc dans notre compartiment, non sans avoir pris la peine de toquer pour s’assurer la tenue “décente” des garçons. Je m’assieds entre Jake et Cécilia, qui ma cédée sa place. J’écoute d’une oreille la conversation qu’elle tient justement avec une fille rousse assise près de nous, mais la voix de Jake me sort de mes pensées.
Merde... Je n’ai pas écouté le début de la phrase. Je lui demande de répéter
J’aimerai lui dire que oui, je meure d’angoisse, mais ma grand-mère ne me le permettrait pas.
Il me regarde intensément, et les bruits alentours me semblent assourdis.
À mon tour de le contempler. Il passe sa main dans les cheveux, puis approche sa main de mon visage pour replacer une mèche rebelle derrière mon oreille. Je rougis instantanément, mais j’espère que ça ne se voit pas trop. Il s’apprête à dire quelque chose quand la porte du compartiment s’ouvre dans un bruit sec.
Un préfet arrive et nous demande de nous préparer car nous arrivons dans quelques minutes. Chacun prépare ses affaires, et ce moment incroyable ne devient plus qu’un souvenir. Je vérifie que toutes mes affaires sont bien rangées, puis je me rassieds avec les autres. Cécilia a retrouvé sa place, si bien que je me trouve trop loin de Jake à mon goût. Il a beau être une des premières personnes que je rencontre depuis des années, ces quelques heures avec lui mon données envie de rester près de lui pour toujours.
Quand le train s’immobilise enfin, nous nous pressons tous vers la sortie. Je ne sais pas si je dois aller avec les premières années, puisque je dois passer par le choixpeau, ou si je peux rester avec les quatrièmes. Je pose la question à Cécilia, qui me réponds que je ferai mieux de rester avec eux, vu la tête qu’on les premières années. Je reste donc avec eux et sors du train. Des gens répartissent les élèves en groupes qui voyagent jusque à l’école en carrosses tirés par des sombrals. Enfin, je suppose que c’est des sombrals, car je ne les vois pas. Au moment de me placer, l’homme à qui cette tâche à été atribuée m’arrête.
Je hoche la tête et il me conduit jusqu’à une barque... avec les premières années. Un homme énorme répartit les élèves sur différentes barques, et je me retrouve bientôt coincée avec trois enfants de onze ans. J’ai beau savoir qu’ils n’ont que trois ans de moins que moi, j’ai l’impression qu’ils sont encore des bébés. Le voyage est très long, et parsemé de questions sur la raison qui m’oblige à rester dans cette barque. Les petits sont intarissables et parlent littéralement tout le long du chemin. De la maison dans laquelle ils vont entrer, de leurs éducations, de la vie de moldue de la fille à côté de moi... C’est très long.
Alors que j’hésite sérieusement à sauter à l’eau pour terminer ce voyage à la nage, notre barque touche la terre ferme. Quand je pose un pied sur cette terre, je sais que je suis à ma place. Ce château va être ma maison pendant trois ans, et je sens que ça va être incroyable. On nous dirige vers une entrée latérale, et nous attendons dans un vestibule notre entrée. Une femme, en robe émeraude, un chignon strict sur le haut de la tête nous donne des instructions :
Je comprends, peut-être un peu tard, qu’elle est Minerva McGonagall, la directrice de Poudlard. Elle s’approche d’ailleurs de moi.
Elle part. Et ouvre la porte d’un coup de baguette et nous entrons pour la première fois dans la grande salle. Emerveillée par la beauté du spectacle qui s’offre à nous, je manque de percuter la fille devant moi. Je m’excuse rapidement, puis retourne à la contemplation des lieux. Des bougies flottent au plafond, sous un ciel étoilé, Quatre tables remplies d’élèves aux différentes couleurs font un bruit pas possible. Une table, sur une estrade, accueille tous les professeurs. Des fantômes se baladent entre les tables, et l’un d’eux vient effrayer un garçon déjà assis sur le banc. Je prends place, quelques secondes plus tard sur ce même banc, des étoiles pleins les yeux.
Les derniers s’asseyent, tandis que la directrice mon sur un petit tabouret afin de faire son discoure.
Un quart d’heure de discoure plus tard, elle énumère les professeurs, dont les noms ne me restent que quelques secondes dans la tête. C’est au tour de la ministre de la Magie de prendre la parole. Nerveuse, elle trébuche, avant de se placer à la place de la directrice après avoir amplifié sa voix grâce à un sort particulièrement efficace, elle commence son discoure :
De nombreux applaudissements éclatent dans la salle, et c’est sous les acclamations que la répartition commence.
La jeune fille monte sur l’estrade et retient son souffle, le temps que le choixpeau donne son verdict.
Cris et hourras à la table des Poufsouffle.
Un garçon qui était avec moi dans la barque monte et est envoyé à Gryffondor. Les prénoms se suivent, et lorsque on arrive à Rose Granger-Weasley, la ministre essuie des larmes du coin d’un mouchoir. La jeune fille, sûre d’elle monte sur l’estrade et est envoyé deux secondes plus tard chez Gryffondor. Après deux minutes pour reprendre ses esprits la ministre continue sa liste. Et on arrive enfin au nom que je redoute le plus. Elle le lit, une fois, cherche dans la foule d’élève, me trouve, détourne rapidement les yeux, et lit enfin le nom à voix haute.
Les yeux écarquillés, elle me jette un regard effrayé tandis que je monte sur l’estrade.