Roi des dragons

Chapitre 15 : Flamme d'argent

Par audragon

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Chapitre 15 :

Flamme d’argent






Après avoir contacté Smaug pour lui assurer qu’ils étaient bien arrivés, racontant ce que Elrond lui avait expliqué, Nefrea passa le reste de la nuit à méditer pour remplacer le sommeil qu’il ne parviendrait pas à prendre sans Smaug. Au moins, avec Asgaldan près de lui, il arrivait à se détendre assez pour plonger dans une très profonde méditation. Et dans cet état, il se mettait à absorber la lumière des étoiles et de la lune spontanément. Il se mit donc à briller comme une étoile à son tour, ses cheveux parcourus de vagues de lumières quand ses incrustations sur son front, entre ses clavicules, ainsi que ses ongles brillaient de mille feux. Du fond de sa méditation, il s’amusa à entendre Asgaldan, Irazole, Tuarad, et Lokyn gronder aux elfes venus voir ça de détourner les yeux, les jugeant indignes. Ils s’arrangèrent pour se poster autour de lui et ouvrir leurs ailes pour qu’on ne puisse le voir.



Le lendemain, Nefrea ne fut pas vraiment surpris d’apprendre par Elrond que Bilbon refusait qu’il l’approche. Ce n’était pas vraiment surprenant après ce qu’il s’était passé lors de la bataille pour la Montagne. Après tout, ce hobbit était ami avec les nains et surtout avec les nains qui revendiquaient toujours Erebor. Il n’était pas étonnant qu’il refuse de le voir. Renonçant à ce projet, il préféra prendre le petit déjeuner avec Glorfindel qui vint le chercher, lui proposant ensuite de visiter Imladris tant qu’il était là. Ils firent donc cela, retrouvant Elladan et Elrohir en chemin. Visiblement, les jumeaux étaient allés voir leur petit-frère adoptif, Aragorn, pour lui proposer de rencontrer l’istar noir. Mais celui-ci avait décliné pour une raison ou une autre. Là encore, Nefrea n’en fit pas grand cas. Il ne s’embêterait pas aller au devant de ceux qui refusaient ouvertement de le voir et de juste faire sa connaissance pour voir par eux mêmes.



Nefrea eut l’occasion de voir Narsil, la fameuse épée brisée d’Isildur. Il resta à l’observer un moment avant de continuer sa visite. Lorsque ce fut terminé, il demanda s’il pouvait retourner à la bibliothèque et lire. Glorfindel approuva et l’accompagna, les jumeaux repartant pour d’autres choses. Quitte à devoir attendre là, Nefrea avait l’intention de faire bon usage de son temps. Il avait déjà une très grande bibliothèque à Erebor mais il y avait assurément beaucoup plus à découvrir ici. Dans ce monde, beaucoup d’ouvrages étaient uniques, rendant chaque bibliothèque exceptionnelle. Sans parler que celle des elfes étaient certainement les plus riches de la Terre du Milieu. Il avait eu l’occasion de voir celle de Thranduil et elle l’émerveillait. Il se plongea donc dans les écrits. Pour que cela soit plus utile encore, il demanda à Glorfindel de lui indiquer les ouvrages parlant de l’Unique, de Sauron, et des autres Anneaux magiques. Il connaissait les grandes lignes mais il avait encore énormément à apprendre sur le sujet. Le seigneur de la maison de la fleur se fit un plaisir de l’aider, comprenant qu’il se préparait à voir l’Anneau. Glorfindel était assurément son meilleur ami en dehors des dragons. Beaucoup de choses n’étaient pas dîtes entre eux mais ils se comprenaient parfaitement, comprenaient ce que l’autre faisait ou allait faire, ses intentions.



Il termina sa journée dans la bibliothèque comme il y passa sa journée suivante, et la suivante, en apprenant toujours plus de détails sur cette partie de l’histoire de ce monde. Mais il ne faisait pas que cela. La nuit, il méditait. N’ayant guère besoin de sa chambre, il préférait souvent un autre endroit. Et dés sa deuxième nuit, Lokyn lui avait trouvé un superbe promontoire surplombant la vallée dans les falaises. Là, il était tranquille et ses quatre amis ailés pouvaient être avec lui où sur d’autres petites plateformes tout autour, à l’aise. Personne ne pouvait les atteindre à pied ou sans entreprendre de dangereuses escalades. C’était donc parfait pour avoir la paix. Il s’asseyait au bord de la roche, les jambes dans le vide, Asgaldan derrière lui. Ainsi, il était toujours aussi visible lorsqu’il absorbait la magie des astres nocturnes. Et toutes les nuits on l’observait. Les dragons grommelaient devant cela mais avec la distance, ils pouvaient tolérer, Nefrea leur avait demandé de tolérer. De toute façon, sur ce promontoire de pierre, ils ne pouvaient le cacher sans lui boucher la lumière des astres.



Chaque nuit, il prenait un moment pour contacter Smaug avec sa magie télépathique. Smaug, mais aussi ses petits avec qui son lien était naturel. Ils lui manquaient tous énormément même si cela ne faisait que quelques jours qu’il était parti d’Erebor. Après avoir parlé à sa famille, il méditait, et il s’était mis à scanner la vallée de sa magie. Il avait très vite pris ses repères. Il avait trouvé la présence de Gandalf, de ceux qui lui avaient été présenté, celle de Bilbon. Il avait trouvé Aragorn parce qu’il était le seul hommes présent dans la vallée même si d’autres commenceraient à arriver jusqu’au Conseil. Il avait aussi pu trouver les quatre autres hobbits par l’énergie de leur peuple, sans pouvoir les distinguer les uns des autres à l’exception de Frodon. Il avait pu l’identifier pour la simple raison qu’il sentait de loin la présence du très puissant artefact de magie viciée qu’il avait avec lui. Il se percevait, son aura lui donnant la nausée. Il n’avait que peu de doute qu’il s’agissait bien de l’Unique vu la magie qui en émanait. C’était la même que celle qu’il avait perçu sur Bilbon lors de son intrusion à Erebor. C’était la même en bien plus fort, plus éveillé, et ça ressemblai énormément à ce qu’il sentait à distance de Sauron ces dernières années. Il tentait de l’examiner à distance, d’en apprendre le plus possible. Mais c’était difficile avec quelque chose de cette puissance, surtout quand la chose se défendait.



L’Anneau était comme un horcuxe très puissant, ayant une très grande influence sur ceux qui le possédait. La différence avec les horcruxes de son passé était que l’être qui l’avait créé était beaucoup plus puissant que Voldemort, qu’il n’y avait qu’un horcruxe, et que Sauron y avait déversé tellement de pouvoir qu’il était d’une force sans pareil. Relié aux autres anneaux mineurs, il puisait encore plus d’énergie en leurs porteurs. Heureusement, les ambitions de Sauron avaient été limité lorsque les trois anneaux des elfes avaient échappés à son influence, et que les nains s’étaient révélé trop robustes pour se laisser faire par les sept qui leur étaient destinés. Seul les neuf des hommes étaient tombés dans le piège. Mais c’était déjà bien assez pour le renforcer, sans parler de son pouvoir vicié grandissant partout à travers les créatures créé par Morgoth, son maître. L’Anneau était relié à tout ça, communiquait avec tout ça, et c’était pour ça que les nazguls pouvaient le trouver si l’Anneau appelait assez fort. Cela le rendait puissant, mais cela en faisait aussi une gigantesque faiblesse pour Sauron et son camps. C’était un avantage pour eux, un avantage dont-il ne fallait pas faire n’importe quoi.



Chaque nuit, il parlait à Mandos et il priait sa mère de le laisser faire. De le laisser s’occuper de ce horcuxe amélioré comme il s’était occupé des autres. Mais elle restait silencieuse. Il n’était pas vraiment surpris. En principe, c’était le devoir de la Mort de s’occuper d’âmes sorties du circuit de cette façon. Seulement, détruire cette âme c’était aussi potentiellement détruire de très nombreuses vies qui lui étaient liés. Certes il s’agissait d’orques, de trolls, de gobelins, et autre de cette origine, ces êtres dont la nature avait été pervertie par Morgoth, détournée, viciée. Malgré leur état, toutes les âmes étaient au même niveau pour la Mort et seule celle qui étaient bénies par elle ou qui échappaient à son influence entraient dans son champs d’action. La décision n’était donc pas si simple et il ne pouvait y dérogé sous peine d’ébranler la vie absolument partout. Il y avait beaucoup réfléchit et il avait peut-être une solution. Il l’avait proposé à sa mère mais elle n’avait pas encore répondu. Seul Mandos savait pour cela.



Il patientait donc, tentant de se préparer, captant autant de magie astrale ou naturelle qu’il pouvait pour accumuler des forces. Il se focalisait sur cela comme il l’avait fait avant chaque bataille de sa vie, se préparant magiquement, mentalement, physiquement. Il patientait, prenait toutes les informations qu’il pouvait trouver avec ses moyens. Il ignorait Gandalf, Aragorn, et tout ceux qui se méfiaient de lui sans le connaître, qui venaient l’espionner la nuit en se pensant discrets. Il pourrait voir ça plus tard. Ce n’était pas le plus important. Il dérogea à ses occupations lorsque Legolas, le fils de Thranduil, et Galdor, des Havres Gris envoyé par Cirdan, arrivèrent à Imladris. Apprenant qu’il était là, ils vinrent le voir et le saluer. Il n’avait pas beaucoup vu Legolas depuis la bataille de la Montagne mais il s’entendait très bien avec lui, comme avec les elfes de la Forêt Noire. Si ces derniers étaient très méfiants avec les dragons, c’était toute autre chose avec lui qu’ils considéraient comme un très précieux ami, un sage, et une étoile à suivre. Nefrea avait bon espoir que le temps améliorerait les choses entre eux et les dragons, le temps de la confiance. Quand à Galdor, proche de Cirdan, il faisait parti des rares à lui faire confiance. Aussi, tout deux vinrent le saluer en tout amitié, partager un repas avec lui, l’admirant de loin la nuit avec pour seule envie de contempler sa lumière sans arrière pensée.



Cinq jours après son arrivée, Frodon sortait du coma dans lequel il était tombé après avoir été blessé par le roi sorcier d’Angmar. Beaucoup étaient alors arrivés à Imladris, peut-être poussé par le destin. Aucun ne venait pour le Conseil en premier lieu mais tous venaient pour un problème en rapport avec l’Anneau. Elrond avait saisi l’occasion pour organiser son conseil avec des représentants de toute la Terre du Milieu pour décider du sort de l’Anneau. Et ce Conseil pouvait avoir lieu maintenant que Frodon était réveillé. Nefrea avait commencé à faire attention à ses déplacements à l’arrivée des nains des Monts de Fers et il avait demandé aux dragons de ne pas déclencher d’affrontement avec eux en vertu du terrain neutre que représentait Imladris le temps de ce Conseil. Bon grès mal grès, ils avaient accepté, restant assez loin pour ne pas les croiser directement même si on pouvait les voir de loin. Et d’après Elladan et Elrohir, leur père avait promis de renvoyer les nains sur le champs s’ils s’en prenaient aux dragons présents et à leur istar. En revanche, il ne leur avait pas dit que Nefrea participait au Conseil et les nains pensaient déjà qu’il était là pour ravir l’Anneau. Nefrea était donc certain qu’ils allaient protester mais il n’en n’avait que faire.



Le lendemain du réveil de Frodon, le Conseil était organisé sur une terrasse intime loin des oreilles des autres dans les enchantements d’Imladris. Elrond y fut le premier pour accueillir tout le monde. Parmi d’autres, il y eut Erestor, un conseiller de la maison d’Elrond, Glorfindel, Galdor, Legolas pour les elfes, Gloin et son fils Gimli pour les nains, Aragorn et Boromir pour les hommes, Gandalf, ainsi que Frodon et Bilbon. Il y avait d’autres nains, d’autres elfes, et d’autres hommes mais là était ceux qu’ils connaissaient ou dont-il avait entendu parler. Pour éviter les dispute inutiles Nefrea arriva le dernier sans son bâton à la main. Il fut immédiatement remarqué et un silence de mort tomba sur la terrasse, ceux qui ne l’avaient jamais vu de leurs yeux le scrutant, l’hostilité fusant vite en provenance de certains.



- Que fait ici ce sorcier des ténèbres ?! tonna un nain.



- Il n’y a aucun sorcier des ténèbres ici, répondit durement Elrond en venant se poster près de Nefrea. Je l’ai convié à participer à ce Conseil, en tant qu’istar.



- Ce sorcier travaille pour l’ennemi ! répondit un autre nain.



- Ne pas travailler pour vous, nains, posa Nefrea, ne fait pas de moi un ennemi de la Terre du Milieu.



- Il aide et défend les dragons ! gronda Gloin. J’étais là ! Je l’ai vu faire à la Montagne Solitaire.



- Et si on omet la colère que Smaug a déchaîné sur vous lorsque vous avez attaqué son royaume, convoité son trésor, acte qu’il a d’ailleurs payé de sa vie, rien ne peut être reproché aux dragons depuis que je suis à leur côté, trancha Nefrea. Rien, et ce sont eux qui gardent le passage entre le sud et le nord à l’est.



- Erebor appartient aux nains !



- La Terre n’appartient qu’à ses enfants ! gronda-t-il. Ni vous, ni les hommes, ni les elfes, ni les hobbit, ni les istar, ni les orques, ni les gobelins, ni troll, ni aucun autre ne peut revendiquer le moindre centimètre carré de terre comme lui appartenant. C’est l’inverse nain, ne vous en déplaise. Seul le créateur de ce monde et la Terre elle même, les dragons qui sont ses enfants, peuvent la revendiquer. Je ne suis pas là pour discuter d’Erebor ! coupa-t-il en voyant un autre nain se gonfler pour répondre. Il n’est pas question d’Erebor ici, il n’est pas question des dragons ici. Que cela plaise ou non à quiconque ici ou ailleurs, les dragons sont un peuple légitime de ce monde et ça ne se discute pas. Les Valar eux mêmes l’ont dit. Nous ne sommes pas là pour ça.



- Mais nous ne voulons pas d’un sorcier des ténèbres ici, fit Boromir.



- Savez-vous seulement ce que sont les véritables ténèbres Boromir du Gondor ? demanda Nefrea. Je suis sûr que non parce que vous ne feriez pas l’erreur de me confondre avec elles si vous saviez les reconnaître.



- Nous n’avons pas besoin de vous ici et nous ne voulons pas de vous. Vous pouvez dire ce que vous voulez, vous avez pactisé avec le mal, répondit-il en retenant difficilement sa rage. Si vous pouviez aider les dragons, pourquoi n’aidez vous pas les autres ?!



- Que croyez vous que je sois venu faire ici ? remarqua Nefrea. Et oui, je me concentre sur les dragons pour la simple et très bonne raison que personne ne s’est concentré sur eux depuis leur venue au monde alors qu’ils en auraient eu besoin. Vous avez eu cinq istari, des armées, les Valar, les Maia et tellement d’autres pour vous aider, vous avez eu ce monde tout entier derrière vous. Les dragons non jamais rien eu de personne, alors oui je me concentre sur eux.



- Chacun aura son mot à dire ici, intervint Elrond. Tous pourront parler mais je suis le seul à décider à qui j’ouvre ce Conseil. Si cela ne vous plaît pas, vous pouvez partir.



- Et si nous partons tous ? fit Boromir.



- Je ne partirai pas et je fais confiance au seigneur Nefrea, posa Glorfindel.



Legolas en fit de même, comme Galdor, Erestor suivant Elrond et, sachant que leurs seigneurs respectifs soutenaient l’istar, tout les elfes en firent de même.



- Il serait stupide de me refuser ce conseil, reprit calmement Nefrea. Contrairement à beaucoup ici, j’ai bien plus à offrir que vous ne le pensez.



- Je serai curieux de voir ça, fit Gloin.



- Vous qui avez rappelé que vous étiez là lors de la Bataille pour la Montagne nain, continua l’istar. Vous avez vu avec quelle facilité Smaug et moi avons anéantis, à nous deux, deux très vastes armées du Mordor. Maintenant que l’Anneau est réapparu, les batailles vont prendre énormément d’intensité. Sauron va lancer toutes ses forces dans son assaut à la fois pour anéantir ses ennemis, prendre la Terre du Milieu et récupérer l’Unique pour retrouver toute sa puissance. Nous avons l’Anneau. Si nous prenons la bonne décision, nous aurons une chance, une très grande chance de vaincre Sauron une bonne fois pour toute. Mais il faudra bien affronter ses armées et je pense que l’aide des dragons pour ça ne serait clairement pas négligeable, dit-il en choquant tout le monde.



- Smaug accepterait-il de se battre avec nous ? demanda Glorfindel.



- Avec vous non, mais sur les mêmes champs de batailles oui. Les dragons ne sont alliés véritablement avec personne mais leur haine envers Sauron et toute l’œuvre de Morgoth est plus grande que n’importe quelle autre. Ils ne mèneront pas de bataille sans fin qui recommencent sans cesse, mais ils se battront volontiers si nous pouvons détruire le mal définitivement. Ils se feront un plaisir de combattre les armées de Sauron. Mais je suis le seul à pouvoir leur demander cela.



- Pourquoi ne le faîte vous pas dans ce cas ? fit Boromir.



- Parce que j’aime les dragons et que je ne laisserai personne se servir d’eux pour mener des batailles que vous ne voulez pas mener. Je ne permettrai à personne de se servir d’eux comme Morgoth l’a fait autrefois. Si je dois leur demander de se battre, ce sera uniquement s’il y a une véritable chance d’éradiquer le mal et donc de réaliser un grand bienfait pour eux aussi. Je ne leur demanderais pas de se battre si c’est uniquement pour défendre d’autres peuples qui en plus les détestent et les rabaissent. Ce sera pour eux.



- Il n’est pas temps de se méfier les uns des autres, enchaîna Elrond. Nous aurons besoin de toutes les forces disponibles. Alors je vous en prie, prenez place.



Dans une ambiance lourde, tous bougèrent finalement pour aller s’asseoir, le conflit mis en pause pour un instant au moins. La vingtaine de présents prit place. Frodon fut à la gauche d’Elrond avec Bilbon puis Gandalf et Argorn. Nefrea fut à sa droite avec Glorfindel à ses côtés. Tous installés et calmés, Elrond prit la parole pour commencer :



- Étrangers venus de terres lointaines, amis de toujours, vous vous êtes rassemblés ici afin de répondre à la menace du Mordor. La Terre du Milieu est au bord de la destruction, nul ne peut y échapper. Vous vous unirez ou vous serez vaincus. Chaque races est liée à ce destin à ce sort commun. Montrez leur l’Anneau Frodon, pria-t-il en faisant un geste vers le petit piédestal présent au centre de la terrasse.



Le hobbit se leva et s’avança pour déposer l’objet en vue de tous, et tous se focalisèrent dessus. Nefrea le fit plus que les autres, le scrutant de sa magie sans que personne ne puisse s’en rendre compte. Frodon retourna vers son siège, ayant visiblement une certaine peine à s’éloigner de l’artefact, et Boromir se pencha en avant :



- Alors c’est vrai, murmura-t-il.



Tous fixèrent l’Anneau irrésistiblement attirés par son pouvoir, une ambiance étrange prenant place un instant.



- Cet Anneau est un don, reprit l’homme du Gondor. Un don fait aux ennemis du Mordor, dit-il en se levant. Pourquoi ne pas s’en servir ? Depuis longtemps mon père, l’intendant du Gondor, a tenu à distance les forces du Mordor. C’est grâce au sang de notre peuple que vos terres sont encore en sécurité. Donnez au Gondor l’arme de notre ennemi et laissez nous l’utiliser contre lui.



- On ne peut le contrôler, intervint Aragorn. Aucun d’entre nous ne le peut. L’Anneau Unique ne répond qu’à Sauron. Il n’a pas d’autre maître.



- Et qu’est-ce qu’un rôdeur connaît à ces choses là ? questionna Boromir.



- Ce n’est pas un simple rôdeur, fit Legolas en se levant pour faire face à Boromir. C’est Aragorn, fils d’Arathorn, vous lui devez serment d’allégeance.



- Aragorn ? releva l’homme en le regardant. Le descendant d’Isildur.



- L’héritier du trône du Gondor, spécifia Legolas.


Aragorn pria Legolas de se rasseoir en elfique, ne voulant guère déclencher un conflit.



- Le Gondor n’a pas de roi. Il n’en n’a pas besoin, assura Boromir avec un regard mauvais pour l’héritier alors qu’il retournait s’asseoir.



- Aragorn a raison, reprit Gandalf, nous ne pouvons l’utiliser.



- Vous n’avez pas le choix, posa Elrond en se levant. L’Anneau doit être détruis.



Nefrea sentit le pouvoir de l’artefact s’intensifier un peu avec cette déclaration. Il comprenait parfaitement ce qu’il se passait et il était dors et déjà prêt à se défendre.



- Qu’attendons nous pour le faire ? demanda Gimli en se levant.



Il prit sa hache, alla droit vers l’Anneau, et tenta de le détruire d’un violent coup de son arme. Seulement, ce fut cette dernière qui vola en éclat, le nain projeté au sol un peu plus loin. Et l’Unique n’avait pas tremblé d’un cheveux. Là encore, Nefrea sentit l’éclat de pouvoir qui en émana à l’impact, touchant aussi visiblement Frodon toujours sous l’influence de cette chose.



- L’Anneau ne peut être détruis Gimli fils de Gloin par aucun moyen en notre possession, fit Elrond. L’Anneau a été forgé dans les flammes de la Montagne du Destin, il n’y a que là qu’il puisse être détruis. Il faut l’emporter dans les profondeurs du Mordor et le jeter dans l’abîme flamboyant d’où il est apparu autrefois. L’un de vous doit le faire, dit-il en les balayant du regard.



- On n’entre pas si facilement en Mordor, posa Boromir. Ses portes noires ne sont pas gardées que par des orques. En ces lieux il y a un mal qui ne dort jamais. Et le grand œil est toujours attentif. C’est une terre dévastée et stérile, recouverte de braises, de cendres, et de poussières. L’air que l’on y respire n’est que vapeurs empoisonnées. Même dix milles hommes n’en viendraient pas à bout. C’est une folie.



- N’avez vous pas entendu ce que seigneur Elrond a dit ? demanda Legolas en se levant. L’Anneau doit-être détruit.



- Et je suppose que vous croyez être celui qui va le faire ? gronda Gimli.



- Si nous échouons que se passera-t-il ? interrogea Boromir en se levant. Que se passera-t-il lorsque Sauron récupérera son Anneau ?!



- J’aime mieux mourir que de voir cet anneau dans les mains d’un elfe ! beugla Gimli en se levant. Nul ne peut se fier à un elfe !



La majorité se leva d’un bond pour répondre, une immense dispute prenant place, tous criant à tord et à travers. Même Gandalf s’y mit. Seuls les deux hobbits, Aragorn, Elrond, et Nefrea ne bougèrent pas. Et le pouvoir de l’Anneau s’intensifia encore. L’istar noir soupira profondément devant ce spectacle pathétique, très vite agacé. Il se leva donc après quelques instants. D’un geste, son bâton apparut dans sa main. Il en frappa le sol, et une force invisible sépara tout le monde pour les renvoyer s’asseoir de force sur leurs sièges. Un silence stupéfait tomba, l’immobilité régnant soudain alors que tous étaient concentrés sur l’istar noir. Celui-ci les ignora, levant une main vers l’Anneau. La surface du socle sur lequel il était posé se nimba immédiatement de ses flammes d’argent. À la fraction de seconde même où l’Anneau y fut plongé, il émit un sifflement strident, tous se bouchant les oreilles pour s’en protéger. Tout en même temps, il se mit à bouger, se redressant sur sa tranche pour se mettre à tournoyer, cherchant à s’échapper, créant des étincelles dans les flammes d’argent qui neutralisèrent pourtant son pourvoir sans mal, le gardant enfermé en elles.



- Vous êtes pathétiques, fit Nefrea en baissant sa main. Quelques minutes à sa vue et vous tombez déjà sous son emprise, vous vous laissez monter les uns contre les autres pour le servir. Quoi que je ne sois pas certain qu’il ait eu besoin de s’en mêler vu vos comportements. J’ai neutralisé son pouvoir pour l’instant. Vous n’aurez plus d’excuse si vous vous remettez à agir de la manière la plus stupide qui soit.



Le silence retomba autour de lui, tous le fixant.



- Vous pouvez neutraliser son pouvoir ? fit Glorfindel émerveillé.



- Oui. Son pouvoir n’a aucune emprise sur moi et sa magie pervertie est l’antithèse de la mienne, répondit-il. Maintenant restez assis et laissez faire ceux qui savent contre quoi ils se battent et qui ne se trompent pas de cible.



Il s’avança vers l’Anneau, faisant taire d’un regard tranchant ceux qui voulurent protester. Il plongea sa main libre dans ses flammes pour aller survoler l’Anneau tournoyant toujours en leur sein. Il ferma les yeux pour l’analyser précisément maintenant qu’il l’avait à portée de main.



- Qu’est-ce que ces flammes ? questionna Legolas.



- Mes flammes, répondit-il sans ouvrir les yeux. Elles sont faîtes de ma magie et servent de cage pour l’Anneau en ce moment.



Il continua à le scruter un instant avant de relever les paupières et de retirer sa main.



- C’est bien ce que je pensais, soupira-t-il.



- Et que pensiez-vous ? demanda Gandalf tendu et méfiant.



- Pourquoi perdrais-je mon temps à vous expliquer Olorin ? répondit-il. Vous n’accordez aucun crédit à ce que je peux dire. Il me faut une réponse maintenant mère, dit-il pour lui même.



Il y eut un moment d’immobilité alors qu’il fermait à nouveau les yeux, plongeant dans son lien avec son frère, avec Mandos, pour lui demander s’il avait eu une réponse de leur mère. Il releva les paupières lorsqu’il sentit la présence de Mandos apparaître devant lui, de l’autre côté du socle portant l’Anneau. Il apparut, magnifique et puissant, son énergie et sa magie se répandant partout sur la terrasse. Imposant, vêtu sobrement d’une robe aussi noire que ses cheveux. Il avait la peau pâle, les yeux de charbon comme s’il était l’inverse de Nefrea en teinte. Tous restèrent stupéfaits à son entrée, les plus anciens elfes, comme Gandalf, reconnaissant immédiatement le personnage :



- Seigneur Mandos, fit Glorfindel.



Celui-ci ne porta pas la moindre attention sur les autres, regardant son istar uniquement.



- Je n’ai toujours pas de réponse mon frère, dit-il d’une voix irréelle résonnant autour d’eux. Mais nous pouvons lui redemander une nouvelle fois, ensemble, proposa-t-il en tendant sa main au dessus des flammes d’argents.



Souriant, Nefrea tendit sa main libre pour prendre la sienne, l’autre tenant son bâton. Ils fermèrent les yeux et appelèrent leur mère qui répondit cette fois. Autour d’eux, tous purent voir un troisième être apparaître à droite de Nefrea autour du socle. Il, ou plutôt elle apparut, nimbée de ténèbres plus profondes encore que celles entourant toujours Mandos. Elle avait la même apparence que Nefrea, dans une version féminine, comme si elle était sa jumelle. Il irradiait d’elle une puissance comme jamais aucun présent ici n’en n’avait perçu, plus aucun d’entre eux ne pouvant parler ou bouger, comme si sa présence était sacrée, qu’il ne fallait pas la perturber, que le temps était suspendu. Elle sourit avec tendresse en regardant Nefrea, puis Mandos, venant prendre leurs mains dans les siennes.



- Mes fils, commença-t-elle.



Ses lèvres ne remuaient pas du tout et sa voix semblait venir de partout à la fois en de multiples échos mystiques, de multiples tons donnant un son différent à chacune de ses syllabes.



- Mes fils adorés, poursuivit-elle en les regardant tour à tour. Votre courage et votre bienveillance n’ont pas d’égal. Mais, dit-elle en tournant le visage de Nefrea, ceci n’est pas votre fardeau. Ce n’est pas ton fardeau mon enfant, précisa-t-elle en lâchant la main de l’istar noir pour venir caresser sa joue avec tendresse. Tu as déjà combattu plus de malveillance que tu n’en n’avais le devoir dans ta vie. Tu ne peux pas être toujours celui qui se bat seul pour tous Nefrea.



- Mère, vous savez que je me fiche d’être seul contre tous si je sais que je fais ce qui est bien, répondit-il. Que je sais que je fais ce qui est juste et bon, ce qu’il faut.



- Je le sais et c’est pour cela que je suis si fière de toi. Jamais tu ne t’es laissé détourner du droit chemin et ce peu importe la manière dont le mal a pu vouloir te faire céder. Il n’y a aucune discussion à ce sujet. Mais ce n’est pas à toi de te charger de ce combat.



- Même si je vous le demande ? pria-t-il. Ceci, dit-il avec un coup d’œil pour l’Anneau toujours enfermé dans ses flammes, relève de notre devoir.



- Oui, répondit-elle. Mais tu ne peux accomplir simplement ce devoir sans entraver l’harmonie du monde dans ce cas précis.



- Je le sais et c’est pour cela que je vous ai soumis une solution pour régler ce problème. Cela ne pourrait-il pas fonctionner ?



- Cela fonctionnerait assurément avec toi. Mais je refuse que tu sois encore celui qui se charge du plus difficile quand les autres restent derrière, ne font rien, se cachent dans ton nombre pour ensuite mieux t’attaquer.



- Je n’ai que faire de ce que l’on pense de moi. Je sais qui je suis. Je sais pourquoi je me bat. Je sais en quoi je crois, et je sais où se trouve mon ennemi. Cette terre est ma maison. Elle abrite tout ce qui m’est cher. Laissez moi la défendre, je vous en prie.



- Et si vous le permettez, intervint Mandos. Nefrea ne sera pas seul. Je me tiendrai au côté de mon petit frère pour accomplir cette œuvre. Cela ne fait que trop longtemps que je reste à regarder, à juger, sans agir véritablement. C’est aussi à mon tour de faire quelque chose pour notre monde.



L’être féminin les regarda tour à tour, souriant avec douceur :



- Mes chers enfants, vous êtes la sagesse et la raison, la clairvoyance, et tout ce que vous faîtes, ou ne faîtes pas, sert assurément le monde dans lequel vous vivez. Nombreux seraient ceux qui profiteraient de ce que vous êtes pour ne pas avoir à se battre, pour avoir le droit et le devoir de rester en retrait des affaires des mortels. Pourtant, vous ne vous cachez jamais et toujours vous êtes prêt aux plus grands des sacrifices pour les autres. Même pour ceux qui ne le méritent pas. Mais cela va de soit puisque c’est pour cela que vous avez été choisi pour être ce que vous êtes. Nefrea, appelle ton compagnon s’il te plaît. J’ai à lui parler.



- Ce n’est pas à lui de…



- Nefrea, je sais que tu le protégeras de ta vie s’il le faut et que tu ne veux pas qu’il ait à se battre, à se mettre en danger, ou juste à éprouver la moindre tristesse. Mais il m’a fait une promesse. Alors, appelle le s’il te plaît.



Cédant, Nefrea ferma les yeux, tous autour d’eux suivant toujours cette scène étrange, étrange dans tout les sens du terme, sans pouvoir faire quoi que ce soit. Comme Elle l’avait demandé, Nefrea plongea dans son lien avec Smaug, le contactant, lui expliquant tout, ce qu’il demandait à sa mère, ce qu’il comptait faire, comment il était en train d’essayer de la convaincre… Il lui dit tout avant de lui demander de participer à cette discussion, que sa mère le réclamait. Smaug accepta sur le champs et l’istar frappa le sol de son bâton dont la pierre s’illumina. Une quatrième apparition commença à prendre forme, à gauche de Nefrea, face à l’être féminin, terminant d’encercler le socle où reposait l’Anneau. Smaug apparut dans sa forme de dragnir tel un spectre presque tangible nimbé de ses flammes ardentes. Il ouvrit les yeux et leva immédiatement une main pour la poser sur celle de Nefrea tenant son bâton. Il jeta ensuite un coup d’œil autour de lui, puis à l’Anneau, à Mandos, et enfin à Elle qui parla à nouveau :



- Smaug le Doré, commença-t-elle en stupéfiant un peu plus ceux qui écoutaient et qui n’avaient jamais vu le dragon dans cette forme. Lorsque tu as traversé la mort, tu m’as fait un serment. Toi qui a lié ton âme a celle de mon plus jeune fils par amour pour lui, tu m’as juré de le chérir, de le protéger, de l’aimer, et de l’accompagner en tout temps, et en toute épreuve pour l’éternité. Tiendras tu ta parole si j’autorise cette entreprise ?



- Pour qui me prends-tu ? rétorqua Smaug de sa voix si caractéristique. Les dragons ne sont pas les autres faibles et inconstants qui ne tiennent pas leurs promesses. Jamais je ne briserai ce serment. Combien de fois poseras-tu la question ? gronda-t-il en la faisant sourire.



Nefrea sourit aussi, posant un regard tendre sur son compagnon.



- Nefrea m’aura toujours à ses côtés dans la paix comme dans la guerre, continua-t-il férocement. Je ne peux faire ce qu’il est le seul à pouvoir faire mais je serai là et je mènerai tout les combats que je peux mener à sa place. Moi et mon peuple sommes toujours prêt à faire tout ce qu’il faudra pour l’aider quoi qu’il demande. Il a la confiance, la protection, l’amitié, l’amour, et l’allégeance des dragons. Jamais toi, son frère ou lui même n’aurez à me rappeler mon serment. Il semble même que je sois celui qui doit continuellement répéter ma volonté.



- Je t’apprécie toujours autant dragon, répondit-elle l’air amusée. Très bien, je l’autorise, céda-t-elle. Vous pouvez faire ce que Nefrea a imaginé en y ajoutant ce que tu avais prévu de faire en pareille situation Smaug, dit-elle en faisant sourire l’istar. Et comme je ne puis regarder mes fils se battre sans agir, j’aiderai un peu pour une autre chose. Surveille bien tes Salles Mandos, en même temps que tu aideras Nefrea.



- Très bien, approuva-t-il. Merci mère.



- Merci, fit Nefrea en attirant son regard et en recevant une nouvelle caresse sur la joue.



- Mon enfant, il faudrait vraiment que tu apprennes à laisser les autres combattre sans toi, dit-elle. Mais j’admire ta bravoure, ta détermination, ton abnégation, ta générosité, et ton infinie bienveillance. J’ai vu passer bien des âmes depuis des temps immémoriaux, mais la tienne reste la plus belle.



Elle le regard un instant avec un amour gigantesque avant de retirer sa main. Elle alla ensuite déposer un baiser aussi chargé d’amour sur le front de Mandos avant d’aller vers Smaug. D’une main dans sa nuque, elle l’attira à elle pour poser son front contre le sien :



- Prend soin de mon fils, pria-t-elle. Et pour le faire, tu dois aussi prendre soin de toi, de votre famille, et de votre maison.



- C’est ce que font toujours les dragons, répondit-il plus calmement qu’auparavant, prendre soin des leurs, de leurs trésors, et de leur terre. Tu n’as rien à craindre. Il faudra me passer dessus avant que je ne laisse quoi que ce soit faire le moindre mal à Nefrea.



- Bien, sourit-elle en s’éloignant. Alors qu’il en soit ainsi, dit-elle avant de disparaître.



La pression qu’elle avait amenée avec elle s’envola mais personne ne réagit vraiment, sonnés, ne comprenant rien à ce qu’il venait de se passer, à ce qu’il s’était dit. Mais ni Mandos, ni Smaug, ni Nefrea ne leur prêtèrent attention.



- Reculez, pria l’istar noir en faisant disparaître son bâton.



Le vala et le dragon reculèrent tout deux de deux pas, focalisés sur Nefrea. Une seconde plus tard, une splendide épée reluisante apparut dans sa main droite. Elle était décorée de rubis, magnifique, sa lame à l’aspect de miroir frappé verticalement d’un nom en son centre : Gryffondor. L’arme était stupéfiante, tous sentant une certaine aura émanant d’elle. Une aura qui explosa davantage lorsque Nefrea fit couler sa magie dans sa veille partenaire de bataille, la couvrant de ses flammes d’argent qui ne la firent briller que plus encore. Il la brandit soudainement, tous comprenant ce qu’il allait faire. Et il le fit en abattant sa lame sur l’Anneau tourbillonnant toujours dans ses flammes. À l’ahurissement général, cette épée trancha l’Anneau en deux comme s’il était un bijou ordinaire. Le socle ne résista pas, tombant en miettes, mais les flammes d’argents restèrent où elles étaient, les deux fragments de l’Anneau lévitant en leur sein. Moins d’une seconde plus tard, Nefrea faisait à nouveau tomber son épée sur l’artefact, le tranchant une nouvelle fois pour en faire quatre morceaux.



Il y eut une seconde d’immobilité et de silence avant que l’Anneau n’explose de noirceur, hurlant d’un cri strident vrillant les oreilles de ceux qui étaient assis tout autour. Une masse noire sortie de l’Anneau, prenant la forme de Sauron en armure. Lorsqu’il en fut totalement sorti, qu’il eut pris totalement forme, Nefrea brandit une fois de plus son épée pulsant de sa puissante magie.



- Retourne à ta place dans le néant, dit-il en abattant sa lame une dernière fois.



Il trancha l’ombre en deux, la faisant hurler alors qu’elle commençait à disparaître, comme aspirée en elle même par une étoile éclatante en son centre. En un instant, elle fut absorbée par la lumière, anéantie. Elle ne laissa que les quatre fragments de l’Anneau derrière elle. Ils avaient cessé de bouger ou d’émettre cette présence oppressante et ils partirent finalement en poussière pour totalement s’effacer de leur vue. L’instant d’après, l’épée de Nefrea disparut. Il avança jusqu’à être au milieu des flammes d’argent restées là. Dés qu’il y fut, elles grandirent pour l’envelopper totalement. Son bâton réapparut alors que la terre se mettait à vibrer étrangement. Il le prit à deux mains avant de le planter devant lui. Sa magie explosa alors autour de lui, ses cheveux volant dans un puissant vent arrivant de nul part, s’illuminant avec puissance comme ses yeux, ses incrustations, ses ongles, ses dents. Son aura grossit et grossit encore, prenant la forme de flammes de mithrils qui les entourèrent bientôt sans leur faire le moindre mal. Soudain, elles s’élevèrent vers le ciel jusqu’à toucher les nuages, formant une monumentale colonne de lumière. Elle sembla s’écraser sur la voûte céleste, s’y répandant pour couvrir le monde tel un parapluie, la magie semblant retomber en pluie vers le sol.



Mandos bougea alors pour aller tenir le bâton de Nefrea avec lui, recouvrant ses mains des siennes, son pouvoir s’ajouta à celui de l’istar, s’élevant en de sombres rubans se mêlant au feu d’argent. La terre se mit à vibrer plus encore et si personne autour d’eux, Smaug mis à part, ne savait ce qu’ils faisaient, les deux enfants de la Mort étaient concentrés sur leur mission, Mandos prêtant ses forces à son petit frère pour lui permettre de réussir. Nefrea n’avait trouvé qu’une solution pour palier à l’interférence avec la Vie que la destruction de Sauron risquait d’engendrer. Cela pouvait tuer nombres des êtres et créatures créées par Morgoth et désormais sous le joug de Sauron. Mais une fois le maître détruit, comme avec les dragons, il pouvait agir et briser ce qu’il resterait d’influence maléfique en eux. Mais cela faisait beaucoup d’êtres à bénir et chacun d’entre eux devait avoir le choix. Aussi ce puissant enchantement allait toucher chacun d’eux. Cela était la même magie qu’il avait utilisé avec les nazgul mais avec une ampleur beaucoup plus grande. Et chacun aurait enfin le choix : accepter la bénédiction et revenir à l’état, à la forme qu’ils avaient eu à l’origine, avant que Morgoth ne torde leur nature qu’elle soit humaine, elfique, animale ou autre. Ils pourraient aussi choisir de rester avec le mal dans leur forme actuelle, ou encore de rejoindre la Mort pour changer d’existence ailleurs. Ils auraient le choix et cela réglait le problème d’interférence. Mais cela demandait aussi un effort titanesque à Nefrea.



Dans le même temps, la destruction de Sauron termina de détruire les maléfices de son maître, Morgoth, jusque dans les limbes de la mort. Et ce fut pour cela que Mandos sentit des âmes perdues depuis longtemps investir ses Salles, une en particulier, celle des dragons. Les âmes des dragons du passé perdue dans les limbes avec ce qu’il restait de Morgoth, à cause de son influence, furent libérées, accédant enfin au chemin qui aurait toujours dû être le leur dans la mort après une interminable errance. Il les sentit et il sut, il sut que chacun d’entre eux savait ce qu’avait vécu leur peuple après eux, son renouveau, et ce que Smaug et Nefrea voulaient faire. Ils savaient tout et il devina qu’il s’agissait là de l’aide de leur mère ayant fait en sorte qu’ils puissent prendre immédiatement conscience des choses et des enjeux. Aussi, il sut, comme Nefrea sut ainsi connecté avec lui. L’istar, détacha une main de son bâton sans perdre sa concentration, son pouvoir se déversant encore partout à travers le monde. Il la tendit silencieusement à Smaug qui s’avança pour la prendre avec délicatesse dans les siennes. Il ferma les yeux pour voir ce que son compagnon voulait lui montrer, les rouvrant avec stupéfaction lorsqu’il comprit. Il retourna son attention sur Mandos qui le regardait lui même :



- Tous savent ce qu’il s’est passé, ce qu’il se passe, et ce que vous souhaitez qu’il soit fait. Tous sont prêt à vous suivre, à vous obéir, à vous et à Nefrea. Mais je ne peux permettre qu’un retour à la fois. Les autres prendront du temps. Vous devez choisir qui, dit-il.



- Dans ce cas, je n’ai pas la moindre hésitation, répondit le Roi Sous la Montagne. Je choisi Ancalagon, dit-il en ahurissant les autres.



Et immédiatement, une puissante voix grondante et vibrante résonna, semblant venir du sol.



- Mon frère, commença-t-elle, je suis prêt à faire ce que toi et le seigneur Nefrea voudrez. Ordonne et je m’en charge.



- Sauron n’est plus. La porte s’ouvrira pour toi en Mordor, dit-il en suivant les informations que Nefrea lui transmettait toujours par leur lien. Plusieurs de nos frères ailés sont déjà en route sous mon ordre pour venir te soutenir. Épargne ceux qui ont accepté la bénédiction, annihile les autres, et reprend cette terre au nom des dragons, ordonna-t-il.



- Avec joie, répondit-elle avant de s’éteindre et de disparaître.



Bien loin de là en Mordor, alors que l’œil de Sauron s’était éteint et que sa tour s’était effondrée, affolant ses armées toujours là, ce fut en plein cœur de la Montagne du Destin que la porte de la mort s’ouvrit pour laisser Ancalagon revenir. Le plus grand des dragons de feu revint, si titanesque qu’il avait autrefois pu détruire d’un seul coup les trois tours de Thangorodrim, trois gigantesques volcans culminant à plus de dix milles mètres pour huit milles de diamètre. N’importe quel autre, Smaug inclus, aurait parût minuscule à côté de lui. Passant la porte, il fit littéralement exploser la Montagne du Destin, la rasant comme si jamais elle n’avait existé, libérant son feu désormais libre de l’emprise du mal. La Terre du Milieu toute entière trembla. Et immédiatement, Ancalagon se mit à la tâche qui lui avait été confié, voyant déjà ses frères arriver au loin par le ciel. Rapidement, le Mordor serait pris et resterait à la garde des dragons dont seul le pouvoir avait une chance de ramenez la vie et l’harmonie sur cette terre désolée.



À Imladris, Nefrea poursuivait son effort, sa magie ne cessant de filer, sa lumière ne faiblissant pas malgré sa respiration agitée. Mandos non plus ce cessait guère, concentré sur son petit frère permettant à Smaug de voir le retour d’Ancalagon au Mordor dans leur lien. Ils ne purent voir plus loin, Nefrea ne pouvant se permettre de perdre plus de magie en maintenant un lien aussi lointain. Smaug revint donc à lui, se concentrant sur son compagnon, l’entourant d’un bras. Combien de temps cela dura ? Nul n’aurait su le dire. Mais finalement, la lumière de l’istar diminua peu à peu, s’étrécissant et redescendant du ciel pour revenir à lui, le pouvoir de Mandos suivant. Et tout deux avaient l’air épuisés. Ils revinrent finalement à leur état initial, tout étant revenu à la normale autour d’eux. Presque immédiatement, Nefrea chancela, son bâton disparaissant. Il n’eut pas le temps de tomber que Smaug le soutenait, l’istar se faisant mou dans ses bras, dérivant vers l’inconscience.



- Je ne peux rester davantage, signala Mandos. Je n’ai plus la moindre force. Je dois rentrer. Veillez bien sur lui, pria-t-il avec un regard pour Nefrea.



Smaug approuva et le vala disparu telle la brume dans le vent. Smaug ne tarda pas à commencer à en faire de même, la magie de Nefrea le matérialisant ici s’éteignant.



- Glorfindel ! appela-t-il alors en se tournant vers le seigneur. Glorfindel ! gronda-t-il pour le sortir de sa stupeur.



L’elfe se réveilla et bondit pour le rejoindre, venant prendre l’istar dans ses bras quand Smaug lui tendit avec empressement.



- Veille sur lui, ordonna le dragon. Ce qu’il vient d’accomplir lui a pris toutes ses forces. Il a besoin de repos. Veille sur lui, ramène le auprès d’Asgaldan, Lokyn, Irazole, et Tuarad pour qu’ils le protègent et pour qu’il puisse se reposer et rentrer chez nous. Il a détruis l’Anneau et Sauron avec lui. Mon peuple se charge de reprendre le Mordor. Le reste, il pourra vous l’expliquer lorsqu’il se réveillera. Il a confiance en toi, alors protège le.



Glorfindel approuva et il eut juste le temps de le faire que Smaug disparaissait totalement. Précautionneusement, Glorfindel prit Nefrea dans ses bras. L’istar avait étrangement pâli, le teint gris et terne, tremblant et respirant mal, le corps gelé, inconscient. Sans attendre, il le souleva pour le ramener à sa chambre et auprès des dragons, ignorant tout les autres toujours figés d’ébahissement devant ce qu’il venait de se passer et qu’ils n’étaient pas sûr d’avoir compris, de ne pas avoir rêvé.  




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