Severus Snape avait quitté le cimetière aussi vite que ses jambes pouvaient le porter. Il avait essayé de transplaner à plusieurs reprises, visiblement, un champ antitransplanage avait été dressé, certainement par Chaldo. Ce qui le surprit le plus, ce fut l’étendue couverte par cet enchantement, il dut sortir du cimetière et encore parcourir au moins deux cents mètres avant de pouvoir de nouveau transplaner.
La question étant : où aller ?
La seule réponse qui lui venait à l’esprit était loin de ces fous du combat. Il connaissait Moody et la réputation du Traqueur depuis longtemps. Et depuis leur rencontre, il s’était renseigné sur Chaldo. Si son nom ne l’avait pas marqué par le passé, son surnom était connu de tous les mages noirs ayant servi le Seigneur des Ténèbres lors de la guerre : le Corbeau.
Il savait pertinemment que ce sorcier français, quelle que soit sa puissance, ne pourrait rien contre Voldemort, la prophétie était assez claire sur ce point : seul Harry Potter avait le pouvoir de le vaincre. Et pourtant, il se surprit à espérer que ce Corbeau y parvienne, protégeant ainsi le fils de la femme qu’il aimait depuis toujours.
Un plan germa dans sa tête, risqué. Il décida de le tenter malgré tout.
Il transplana au domaine MacKenneth.
Aussitôt arrivé, Snape se précipita vers la salle où trônait Lord Voldemort. Il fut stoppé à l’entrée par Bellatrix Lestrange.
— Tu es déjà de retour, fit-elle. Tu avais une mission ce soir, est-elle remplie ?
— Ne tente de me faire croire que tu es au courant de l’objet de ma mission, Bellatrix, souffla Snape. Laisse-moi passer.
— Et pourquoi ferais-je cela ?
— Car tu en as reçu la consigne de notre maître, n’est-ce pas ?
Bellatrix se mordit les lèvres de frustration. Elle s’écarta, laissant le passage libre.
— Je te surveille, Severus. Traître un jour, traître toujours.
— C’est que tu es dévouée à notre maître, je respecte ça.
Snape poussa la porte et se présenta devant Voldemort. Le puissant mage noir semblait s’interrompre dans de profondes réflexions, sa main posée sur la tête de son serpent géant. L’animal ouvrit les yeux et se redressa pour porter son attention sur le professeur de potions, il siffla quelques secondes.
— Nagini me dit que tu sens la sueur, dit Voldemort. Le combat fut donc si dur ?
— Je n’y suis pas resté très longtemps, MadEye a prouvé une fois de plus l’étendue de sa paranoïa : il n’était pas seul.
— En as-tu douté ? Au lieu d’un, il y a eu deux morts ce soir, n’est-ce pas ?
— Celui qui l’accompagne est un combattant chevronné. J’ai tout de suite compris que je ne ferais pas le poids. J’ai donc laissé le Traqueur seul face à eux et je suis venu ici pour vous rendre-compte, maître.
Voldemort grimaça. Il siffla à l’attention de Nagini. Le serpent glissa vers Snape et se dressa à hauteur de son visage, menaçant de ses crochets empoisonnés. Le maître des potions resta figé, attendant la morsure mortelle.
— Le Traqueur est un atout important pour moi, dit Voldemort. Et toi, tu l’abandonnes. Qu’est-ce qui me retient de laisser Nagini se repaître de ta chair ?
— Je suis conscient de n’être que de moindre importance pour vous, maître, je ne suis que votre espion au sein de l’Ordre du Phénix. Si j’étais resté, vous auriez potentiellement perdu deux atouts, un majeur et un mineur.
— Car tu penses que l’homme dont s’est adjoint MadEye peut venir à bout d’un guerrier comme le Traqueur ? Qui est-il ?
— J’ai entendu MadEye l’appeler Pierrick, il n’y a qu’une seule personne qu’il aurait appelée par ce prénom qui me vient à l’esprit, le chasseur qui a contré votre mouvement en France lors de la guerre.
— Le Corbeau… souffla Voldemort. On m’a conté ses exploits à l’époque.
— Il en a accompli d’autres après votre… lors de votre absence, se reprit Snape.
Le Seigneur des Ténèbres se mura dans sa réflexion. S’il ne faisait rien, il risquait de perdre Vadász, un homme dont il pourrait encore se servir à l’avenir. S’il décidait d’intervenir, ses options étaient limitées : souhaitant garder l’existence du Traqueur secrète vis-à-vis de ses autres fidèles, il ne pouvait y envoyer ses death eaters. Les seuls au courant de l’existence de cet atout étant Severus Snape et Lucius Malfoy, si ce Corbeau était à la hauteur de sa réputation, il ne ferait que perdre deux autres pièces qui pourraient lui être utiles à l’avenir.
La seule solution viable était d’y aller lui-même, au risque de dévoiler son retour.
— Tu m’as dit que ce cimetière est à l’écart de zone peuplée de sorciers, n’est-ce pas ? demanda-t-il.
— Oui, maître, répondit Snape, c’est pour cette raison que je l’avais choisi. De plus, ce Chaldo a dressé un champ antitransplanage.
— Ce qui limite encore plus le risque de voir des sorciers débarquer… Tu vas m’attendre ici.
— À vos ordres, maître.
Voldemort siffla quelque chose à l’attention de son serpent, ce dernier tournant son regard fendu vers Snape. Même sans comprendre le fourchelang, le professeur de potion avait compris la consigne que le Seigneur des Ténèbres avait donné à son animal : « surveille-le, s’il tente de partir, tue-le ».
Il se leva et transplana sans attendre.
Le combat faisait rage entre Vadász et Pierrick. Ils se rendaient coup pour coup, mais, pour le Traqueur, quelque chose n’allait pas : il reculait. Il s’en rendait compte, alors qu’il se battait pour tuer son ennemi, donnant tout dans chaque attaque et chaque contre, le Corbeau le ménageait, déviant chacun de ses maléfices.
Alastor Moody avait réussi à se traîner à l’écart du combat, jugeant que sa présence ne ferait que gêner son ami. Il répara sa jambe de bois d’un coup de baguette, et put ainsi se relever et s’éloigner plus vite. Il avait tout de suite vu qu’il ne faisait pas le poids contre Vadász, le mieux qu’il pouvait faire, c’était assurer une sortie à Pierrick en cas d’imprévu.
Il atteignit l’entrée du cimetière, là où le champ antitransplanage se limitait. Ce champ ne devait pas son étendue uniquement à la puissance magique extraordinaire de Pierrick. Pour le mettre en place, ils avaient utilisé des artefacts fonctionnant en harmonie pour l’amplifier. Il s’agissait de pierres placées à certains points précis du périmètre du cimetière. Ils les avaient placées et enchantées l’une après l’autre, n’en laissant qu’une inactive. Lorsque Snape était arrivé, estimant que le Traqueur se trouvait dans son sillage, Pierrick avait activé la dernière, refermant le piège sur eux.
Ils avaient décidé dès le début de ne pas en parler à Snape, la confiance de Moody à son encontre étant minime. Sur ce point, Pierrick préféra suivre son avis.
Alastor se posta près d’une des pierres. À l’aide de son œil bleu, il pouvait suivre le duel malgré la distance. Un mouvement à l’extérieur du cimetière attira son attention : quelqu’un approchait. Si c’était un moldu, il suffisait à Alastor de lancer un sort repousse-moldu pour qu’il aille voir ailleurs. Si c’était un sorcier, le problème serait plus ardu, il n’aurait sûrement d’autre choix que de le stupéfixer.
L’ex-auror se concentra pour identifier cet imprévu. Il vit d’abord une longue robe noire qu’il identifia comme un vêtement typiquement sorcier. Il allait se relever pour pouvoir lancer un sortilège quand il s’arrêta net, son souffle se figeant dans sa poitrine. C’était inconcevable ! C’était… Lui !
Lorsqu’il reprit ses esprits, Alastor se maudit, il était trop tard pour prévenir Pierrick sans dévoiler sa position. Et il devait rester hors de vue pour permettre leur fuite. D’un autre côté, c’était ce pour quoi le français était venu, il aurait la preuve irréfutable du retour du Seigneur des Ténèbres.
Voldemort pénétra dans le cimetière, se dirigeant vers les éclairs et les chocs du combat qu’on percevait de loin. Lorsqu’il parvint sur les lieux, Vadász était à genoux, tenant encore fermement sa baguette et son couteau. Il leva le regard vers son maître et baissa les yeux en signe de respect et de honte.
Pierrick délaissa le Traqueur, conscient qu’il ne bougerait plus, et se tourna calmement vers le Seigneur des Ténèbres. Ainsi, ils étaient enfin face à face. Il y avait pensé plusieurs fois depuis qu’il avait découvert la vérité sur ses origines. Quelle ironie ! Lui qui s’était depuis longtemps détaché de sa nature première, celle d’arme créée dans le seul but de terrasser le pire mage noir de l’Histoire, il se retrouvait face à lui, la baguette à la main.
— On m’a conté tes exploits contre Malgéus et ses hommes, dit Voldemort. Tu es même parvenu à le tuer, lui qui était, je le reconnais moi-même, un sorcier de haute lignée et possédant une grande puissance magique. J’ai été impressionné par ce récit, et il n’y a pas grand-chose qui puisse m’impressionner.
Pierrick garda le silence, son visage n’exprimant aucune émotion.
— Je pensais que tu ne quitterais pas la France, que tu serais juste l’obstacle le plus rude de ma conquête sur le continent. Mais tu as décidé de venir ici. Conquérir la France sera plus simple, car tu ne quitteras jamais ce cimetière.
Voldemort attendit, mais encore une fois, le Corbeau ne prononça aucun mot, le fixant de son regard noir et insondable.
— N’as-tu rien à dire avant de mourir ? questionna le Seigneur des Ténèbres.
— Tu parles toujours autant ? demanda Pierrick. Je comprends mieux comment un adolescent a pu t’échapper.
Voldemort se crispa. Comment osait-il lui parler sur ce ton ?
— Kont, laisse-nous seul.
Le Traqueur grogna de frustration, mais s’inclina avant de quitter les lieux.
— Je sais qui tu es, Corbeau, reprit Voldemort. Malgéus m’a expliqué comment tu as été conçu. Tu es un pur produit de la magie noire, une créature des ténèbres. Ces hypocrites qui t’ont créé n’ont jamais voulu ton bonheur, ils ne voulaient qu’une arme, se cachant derrière des excuses. Ils étaient des mages noirs voulant se faire passer pour de bons sorciers. Tu n’es pas à ta place à servir leur dessein, ta place est à mes côtés, pour leur faire payer toutes les souffrances qu’ils t’ont infligées.
— Ils sont déjà tous morts, dit Pierrick. Les Gardiens de l’Épée ne sont plus depuis longtemps.
— Tu te trompes, ceux qui t’ont créé sont morts, certes, mais la société qui les a engendrés, elle et sa morale biaisée, existe encore. Et dans ta naïveté, tu défends cette société. Ces « Gardiens de l’Épée », de sales hypocrites justifiant leurs actes derrière une nécessité guerrière. Jamais je ne me serais abaissé à ce niveau. Rejoins-moi, et tu pourras te venger de cette société corrompue.
— En France, les Moldus ont un adage : nécessité fait loi. Ça n’excuse pas les actes des Gardiens de l’Épée, mais je ne tournerais pas le dos à mes valeurs, à mes amis, à ma famille pour suivre l’incarnation même de ce que j’ai juré de combattre. La magie n’est ni noire ni blanche, elle dépend de ce que nous en faisons. Nous sommes tous deux des créatures des ténèbres, nous y vivons, nous y mourrons. L’un de nous, ce soir peut-être.
Pierrick glissa sa main libre dans sa poche intérieure, il en sortit ce que Voldemort crut être une épingle ou une broche. Il tapota de sa baguette dessus et l’objet grandit jusqu’à devenir une épée chinoise.
— Ainsi, tu veux mourir… Soit, c’est ton choix. Avada Kedavra !
L’éclair vert fusa vers Pierrick. Celui-ci en ressentit immédiatement toute la puissance, il ne pourrait le contrer ou le bloquer, d’instinct, il l’esquiva en plongeant au sol. Voldemort lança un second maléfice qu’il dut également éviter en se transformant en corbeau.
D’un coup d’ailes, il se retrouva deux mètres au-dessus de son adversaire. Il se muta de nouveau en homme et plongea le pied en avant sur Voldemort. Celui-ci dressa un bouclier sur lequel Pierrick glissa vers le sol, tourbillonnant pour venir asséner un coup d’épée vers les jambes.
La lame d’acier fut bloquée par un rai de lumière sombre surgissant de l’extrémité de la baguette du mage noir. Voldemort releva son bras pour venir trancher le Corbeau en deux, mais ce dernier démontra une fois de plus ses excellents réflexes en s’écartant au dernier moment.
Sitôt debout, le français tendit sa baguette et incanta :
— Fulgur Maxima !
Une volée d’éclairs puissants s’échappa de son artefact, tournoyant vers Voldemort. Le mage noir n’eut d’autres choix que de se mettre à couvert derrière un bouclier. La foudre enveloppait la protection dressée. Pierrick ne relâchait pas son effort, attendant patiemment une erreur de son ennemi.
— Je peux le battre, pensa-t-il. Je peux mettre fin à cette guerre avant qu’elle ne commence. Il faut que je tienne, qu’il lâche le premier.
Alastor était obnubilé par ce combat épique, mais il demeurait un auror chevronné. Il perçut du mouvement à une vingtaine de mètres de lui, et d’instinct, il porta son attention dans cette direction. Il vit le Traqueur se faufiler entre les taillis pour gagner la sortie.
Il ne pouvait rien faire pour aider Pierrick contre Voldemort, cet adversaire, bien que fort, était plus à sa portée. Il se leva, détruisit la pierre servant d’amplificateur pour le champ antitransplanage, permettant ainsi la fuite de son ami, et se mit à suivre le Traqueur.
Il se doutait qu’il transplanerait aussitôt qu’il aurait mis de la distance entre lui et le cimetière. Alastor devait agir vite, mais le plus loin possible de Voldemort, pour ne pas le voir arriver d’un coup. De plus, la surprise serait sa meilleure alliée contre un tel combattant.
Il était à une dizaine de mètres derrière le Traqueur, sa baguette à la main, avançant silencieusement grâce à un sortilège de coussinage sur sa jambe de bois pour en étouffer le bruit. Soudain, il s’arrêta, ne pouvant plus bouger les pieds. Il sentait qu’il s’enfonçait dans le sol, d’abord lentement, puis de plus en plus vite, jusqu’à se retrouver pris dans la terre jusqu’à la poitrine.
Surpris par ce piège, Alastor avait perdu de vue le Traqueur. Son œil bleu tourna en tous sens pour tenter de le retrouver, et s’arrêta, pointant derrière lui. Vadász était là, son poignard à la main prêt à frapper à mort.
L’ex-auror ragea intérieurement, il s’était fait prendre avec une facilité déconcertante. Il avait surestimé ses propres capacités, et avec ce genre d’adversaire, la moindre erreur était fatale. Bien des fois il s’était retrouvé proche de la mort, il s’en était toujours sorti, mais cette fois, il lui semblait bien que ce fût la fois de trop.
Kont Vadász allait en finir quand la silhouette sombre d’une bête sauvage se jeta sur lui, le renversant. Les crocs de l’animal s’étaient refermés sur sa gorge sans lui laisser le temps de réagir. Le loup gris lui arracha la trachée et le laissa mourir en convulsant alors que des flots de sang maculaient la terre autour de lui.
Alastor parvint à s’extirper du piège à l’aide de la magie. Son œil bleu fixant le loup, il se tourna vers lui la baguette en avant. Le regard d’ambre de l’animal n’exprimait aucune hostilité envers lui. L’ex-auror leva ses mains en signe de paix.
— Je sais que c’est dur à croire, mais j’ai des principes, fit-il. Et je n’arrête pas quelqu’un qui vient de me sauver la vie, MacKenneth.
Le loup prit apparence humaine.
— Vous allez vouloir des explications, monsieur Moody, dit Faolan MacKenneth.
— Ça attendra, Pierrick m’a déjà expliqué un peu, et, pour le moment, il se bat contre Vous-Savez-Qui, répondit Alastor. Et oubliez le « monsieur », vous venez de me sauver la vie quand même !
— Je crois qu’on a un autre problème… Je ne peux plus bouger…
— Bordel ! Moi non plus ! Qu’est-ce que c’est encore ? ragea l’ex-auror.
— Ne vous inquiétez pas, fit une voix doucereuse. Je ne compte pas vous tuer. Je veux juste récupérer ce corps.
Une silhouette encapuchonnée s’approcha tranquillement, s’agenouillant près de Kont Vadász.
— Quelle ironie… Le Traqueur tué par un animal sauvage, dit-il. Sans offense, MacKenneth.
— Putain, qui t’es toi ? grogna Alastor.
— Peu importe, si nous nous revoyons, vous deviendrez mes esclaves, et ce sera le cadet de vos soucis.
Il posa la main sur le corps encore chaud et transplana, libérant les deux hommes de l’emprise magique qui les immobilisait.
— Vous le connaissez ? demanda Alastor à Faolan.
— Non, répondit-il. Mais, son odeur…
— Quoi son odeur ?
— Il sentait la mort… Pas le cadavre, une odeur que je n’ai jamais sentie, mais la première idée qui m’est venue en la sentant, c’est la mort.
Pierrick ne relâchait pas son effort, les éclairs continuaient de tourbillonner sur le bouclier dressé par Voldemort. Il se répétait qu’il devait tenir, que son adversaire lâcherait le premier. D’une impulsion, le mage noir repoussa l’attaque, renversant le chasseur, et d’un sortilège de perforation, il lui blessa l’épaule, l’obligeant à lâcher sa baguette.
— Tu es puissant, souffla Voldemort. Trop puissant pour que je te laisse en vie.
Pierrick se sentait écrasé par l’aura du Seigneur des Ténèbres, il s’était fourvoyé : il ne pourrait pas le battre, pas aujourd’hui. Était-ce ça que le professeur Dumbledore avait évoqué ? Non, ce n’était pas qu’une question de puissance, autre chose faisait qu’il ne pouvait pas vaincre Voldemort.
Il n’avait plus qu’une chose à faire : fuir.
L’ennemi s’approchait de lui, lentement, comme pour rallonger ce moment et en apprécier toute la saveur. Il le vit lever sa baguette, il l’entendit prononcer la formule funeste du maléfice de la mort, et vit l’éclair d’un vert maladif fondre sur lui. Pierrick sursauta sur ses pieds et bondit pour esquiver le sortilège, tournoyant en l’air en s’approchant de Voldemort. Son épée ouvrit un sillon dans la joue du Seigneur des Ténèbres, interrompant son attaque.
Pierrick récupéra sa baguette, se muta en corbeau et s’enfuit à tire d’ailes. Dès qu’il fut hors de portée, il reprit forme humaine et transplana.
Voldemort passa sa main sur son visage, sentant le sang poisseux coller à sa paume. Il ne se souvenait pas de la dernière fois où il avait été blessé, ou quand il avait ressenti de la douleur. Et surtout, mis à part Harry Potter quelques jours avant, il était rare que quelqu’un parvienne à lui échapper. Il reconnut que ce Pierrick Chaldo, ce Corbeau, fut un adversaire de valeur. Ses projets pour le continent, et la France en particulier, seront plus difficiles à réaliser avec un sorcier tel que lui dans le camp opposé.
D’un coup de baguette, il soigna sa joue, et, sentant que le champ antitransplanage avait été levé, il retourna en Irlande.
Pierrick se matérialisa au point de regroupement prévu avec Alastor. L’ex-auror n’était pas encore là, le chasseur en profita pour s’occuper de sa blessure. Sa tenue était maculée de sang, le sortilège l’avait traversé de part en part. Il approchait sa baguette de la plaie quand il perçut un claquement de fouet. Il fut surpris de ne pas voir un, mais deux hommes s’approchant.
— Faolan ! Que faites-vous ensemble ? questionna-t-il.
— Il vient de me sauver la vie, raconta Alastor. J’ai voulu me faire le Traqueur pendant que tu combattais Tu-Sais-Qui, mais c’est moi qui ai failli y passer. MacKenneth a surgi de nulle part et lui a réglé son compte. D’ailleurs, qu’est-ce que vous faisiez là-bas ?
— Je pistais Snape, expliqua Faolan MacKenneth. Je ne sais pas trop comment agir en ce moment contre Voldemort, mais ne rien faire serait pire. J’ai donc décidé de voir où le suivre pouvait me mener, même sachant qu’il est un agent double. D’une certaine manière, j’espérais pouvoir nous débarrasser du Traqueur, sachant qu’il était dans son ombre. Ça ne s’est pas passé comme je l’imaginais, mais c’est fait…
— On allait venir te donner un coup de main quand on t’a vu t’enfuir, ajouta Alastor.
— J’ai essayé, mais il est puissant, et… il y a autre chose, fit Pierrick.
— Personne ne s’attendait à ce que tu battes Tu-Sais-Qui ce soir. Tu as bien fait de fuir. Tu vas avoir ton lot de combats à mener prochainement.
— C’est probable… En attendant, je dois parler au professeur Dumbledore, avant de rentrer en France.
— Quelques heures de repos et un petit-déjeuner ne seraient pas du luxe non plus. Je vais appeler Albus pour lui dire que tu veux lui parler.
— Quant à moi, je vais vous laisser, je vais essayer de trouver comment agir contre Voldemort et ses Death Eaters, dit Faolan.
— Vous pourriez rejoindre l’Ordre du Phénix, vous ne seriez pas le premier ancien death eater dans nos rangs.
— Peut-être, mais j’ai des personnes à voir avant ça.
— On reste en contact.