Lorsque Suzanne Janis fut introduite dans le bureau du ministre, celui-ci discutait avec deux chefs de département. Le plus grand des deux, se tenant droit et arborant un haut col, se nommait Aurelius Miral, il était en charge de la Coopération Magique Internationale. Il était souvent décrit comme froid et procédurier, mais ceux le connaissant savaient que ce n’était qu’une apparence. Il était chaleureux et possédait un sens inné de la diplomatie.
L’autre, plus râblé et ventripotent, était Gatien Véhivoir. Du département du Commerce Magique. Suzanne ne l’appréciait pas beaucoup, il ne pensait que par calcul et profit.
— Les Britanniques sont parmi nos plus importants partenaires commerciaux, monsieur, rappela Gatien Véhivoir, souvenez-vous-en. Il ne serait pas bon pour notre économie de se fâcher avec eux.
— Gatien a raison sur ce point, approuva Aurelius Miral, mais il faut prendre en compte l’aspect humain et surtout notre sécurité. Si Vous-Savez-Qui est revenu…
— Il n’y en a aucune preuve ! coupa Gatien. Le seul à le dire est ce vieil excentrique de Dumbledore. Où sont les preuves de ses allégations ? Tout ce que je sais de lui, c’est qu’il n’a jamais compris la sensibilité du marché et de la balance commerciale !
— Les activités des mages noirs ont redoublé depuis la finale de la Coupe du Monde de Quidditch, Suzanne nous en a déjà parlé en réunion ministérielle, continua Aurelius en se tournant vers elle.
— Des rumeurs et des présomptions !
— C’est souvent ainsi, Gatien, intervint-elle, c’est pour quoi nous enquêtons et vérifions. Et il y a notre intuition et notre expérience.
— Pfff ! pouffa Gatien. L’expérience…
— Je ne vous explique pas comment diriger le marché et ses fluctuations, ne me dites pas comment fonctionnent les mages noirs, chacun son domaine d’expertise.
— Vous voulez dire que, pour vous, ce que dit Dumbledore est crédible !
— Je veux dire que ce n’est pas impossible.
— Vous-Savez-Qui est mort il y a quatorze ans !
— Tant qu’on n’a pas vu son corps, on ne peut en être sûrs.
— Ridicule ! Monsieur, vous n’allez pas croire cela ?
— En l’absence de preuve formelle allant dans un sens ou dans l’autre, nous resterons neutres, annonça le ministre.
— Je pense que c’est sage, approuva Aurelius.
— Et s’ils prennent ombrage de notre absence de prise de position ? fit Gatien. Le marché britannique pourrait nous être fermé.
— Sur ce point, ils seraient perdants autant que nous.
Gatien allait ajouter quelque chose, mais l’entrée du secrétaire du ministre lui interdit.
— L’émissaire britannique vient d’arriver au terminal des portoloins, monsieur, annonça-t-il.
— Merci, Vivien, fit Sauveur. Gatien, je ne vous retiens pas, vous avez sûrement beaucoup à faire.
Sans rien dire, mais avec un regard coléreux, Gatien Véhivoir sortit du bureau.
— Vous ne l’aviez pas invité à rencontrer l’émissaire, monsieur ? questionna Suzanne.
— Non, il en a entendu parler et a jugé qu’il devait donner son avis sur la question, répondit-il. Il est arrivé avec Aurelius.
— J’ignorais qu’il ne devait pas venir, j’en suis désolé, Égérias, s’excusa ce dernier.
— Ce n’est rien, l’émissaire agitera sûrement le spectre de la détérioration de nos liens commerciaux, j’aurais pu l’y convier, mais je préfère mettre l’accent sur la partie diplomatique et sécuritaire. D’où votre présence à tous les deux.
— Nous n’avons aucun élément nouveau, Suzanne ? interrogea Aurelius.
— Pour le moment, non, répondit la directrice des Chasseurs.
— Suzanne, je me suis permis de mettre Aurelius au courant de la mission du chasseur Chaldo, avoua le ministre. S’il se fait prendre, nous aurons besoin de sa diplomatie.
— Je comprends, monsieur, au vu du caractère sensible de sa mission, ce n’est pas surprenant.
— Et donc nous ignorons si Chaldo a pris contact avec Alastor Moody… Bien, comme je l’ai dit : nous resterons neutres.
Quelques minutes plus tard, le secrétaire introduisit l’émissaire britannique dans le bureau du ministre. C’était une femme d’une trentaine d’années, rondouillette et habillée d’un ensemble rose fuchsia. Le sourire obséquieux qu’elle arborait lui donnait l’apparence d’un crapaud qui venait de gober une mouche.
— Dolores Jane Umbridge[1], sous-secrétaire d’État auprès de monsieur le ministre de la Magie Cornelius Fudge, se présenta-t-elle.
— Soyez la bienvenue, madame, salua Sauveur. Je suis Égérias Sauveur, le ministre des Affaires Magiques. Voici Aurelius Miral, mon responsable de la Coopération Magique Internationale, et Suzanne Janis, directrice des Chasseurs.
— Je connais déjà madame Umbridge, précisa Aurelius, nous nous sommes croisés lors de réunions bilatérales.
Déformation professionnelle, Suzanne observa attentivement les réactions, même minimes, de l’émissaire britannique. Outre la fierté non dissimulée qu’elle avait affichée en se présentant, elle avait eu un léger rictus dégoûté quand le ministre lui rendit la politesse, comme si elle estimait que les autres ministres de la Magie n’étaient que de pâles copies de Fudge. Elle fixa Suzanne d’un air surpris quand celle-ci lui fut présentée.
— La présence de la directrice des Chasseurs est-elle vraiment nécessaire, monsieur Sauveur ? demanda-t-elle.
— La raison de votre visite portant sur les milieux de la magie noire, il est normal que je fasse appel à ma meilleure experte sur le sujet.
Umbridge ne parut pas convaincue. Elle se fendit d’un sourire mou et s’assit à l’invitation du ministre. Le secrétaire apporta du café pour les Français et du thé pour l’Anglaise, le tout accompagné de biscuits. Quand il sortit, l’émissaire aborda immédiatement le sujet de sa visite :
— Si je suis venue, monsieur Sauveur, sur ordre de monsieur le ministre, c’est à cause de la réponse que vous lui avez adressée dernièrement. Il n’a pas été satisfait.
— Vous m’en voyez navré, répondit-il, j’ai répondu en toute honnêteté.
— Vous avez lu la lettre du professeur Dumbledore alors que monsieur le ministre vous l’avait interdit !
— Premièrement, madame, comme je l’ai stipulé, j’ai lu la lettre du professeur Dumbledore avant celle du ministre Fudge, en respect de la hiérarchie diplomatique, car Albus Dumbledore est Manitou Suprême de la Confédération Internationale des Mages et Sorciers. Deuxièmement, en ma qualité de ministre des Affaires Magiques, je n’ai d’ordre à recevoir de personne. Ici, c’est moi qui les donne.
Les joues d’Umbridge s’empourprèrent quelques secondes et elle parut enfler, la faisant encore plus ressembler à un crapaud.
— Bien sûr, monsieur, je ne voulais pas mettre en doute votre autorité, souffla-t-elle d’un ton mielleux. C’est peut-être idiot de ma part, mais j’ai l’impression que vous mettez en doute la parole de monsieur le ministre.
— Aucunement, madame, je ne doute pas de sa foi en ce qu’il dit. C’est juste que, vu la gravité des affirmations du professeur Dumbledore, et des conséquences s’il dit vrai, je préfère me montrer prudent. C’est la sécurité de mes administrés et de nos concitoyens moldus qui est en jeu. Je ne prendrai aucun risque. J’attends d’avoir des éléments me permettant de prendre une décision. En attendant, la France conservera sa neutralité sur le sujet.
Malgré toute la diplomatie déployée, une fois de plus, Umbridge ne parut pas satisfaite de la réponse du ministre.
— Cela veut dire que vous accordez du crédit aux affabulations du professeur Dumbledore et de Harry Potter ?
— Cela veut dire qu’en l’absence de preuve émanant d’un bord ou de l’autre, je n’en soutiendrai aucun.
— Madame Janis, vous qui êtes censée être une experte dans ce domaine, le retour de Vous-Savez-Qui vous semble-t-il plausible ?
Suzanne leva les sourcils, Umbridge mettait visiblement en doute ses compétences et son expérience, fruit de presque quarante ans de carrière au sein des Chasseurs.
— Dans mon métier, nous recherchons les preuves pour établir les faits, répondit-elle. Comme vient de vous le dire monsieur le ministre : nous n’en avons aucune pour le moment.
— L’absence de preuve avancée par le professeur Dumbledore n’est-elle pas un gage que monsieur le ministre Fudge a raison ? fit Umbridge avec onctuosité.
— Ce serait un parti pris partisan, mon rôle est justement de ne pas en avoir pour donner la vision la plus juste et claire de la situation.
— Mais si on vous apporte une preuve…
— Je l’analyserai et ferai part de mes conclusions à monsieur le ministre.
— Je vois… Je me permets de répéter ma question : le retour de Vous-Savez-Qui ne vous semble-t-il pas une absurdité ?
— J’étais déjà dans les Chasseurs lors de la Guerre des Ténèbres, madame. Durant ma carrière, j’ai été témoin de beaucoup de choses que je pensais jusque-là impossibles. Parmi toutes les leçons que j’ai apprises, une me semble particulièrement adaptée à la situation : ne jamais être sûr de la mort de quelqu’un si on n’a pas pu la constater soi-même.
Suzanne fit une pause, plantant son regard au fond de celui d’Umbridge.
— Présentez-moi le corps de Voldemort, et je le croirai peut-être mort.
Le visage de l’émissaire se figea à l’évocation du nom du Seigneur des Ténèbres. Elle mit de longues secondes à se décrisper et afficher de nouveau son sourire de façade.
— Madame Umbridge, vous comprenez, je suis sûr, que nous ne pouvons prendre position avec si peu d’élément, intervint Aurelius. Le ministre Fudge est, certes, quelqu’un de respectable sur la scène politique magique internationale, mais il en est de même pour le professeur Dumbledore.
— Monsieur le ministre, dit-elle avec un ton professoral.
— Plaît-il ? fit-il.
— Je vous demanderai de faire preuve de respect et de l’appeler « monsieur le ministre ».
— Alors, je vous demanderai de faire de même envers monsieur le ministre Sauveur, sourit Aurelius en le désignant. Il ne mérite pas moins de respect que monsieur le ministre Fudge.
Son expression confirma à Suzanne ce qu’Umbridge pensait des autres autorités magiques.
— Bien sûr… balbutia-t-elle. Pour en revenir à ce que vous disiez, vous faisiez référence au titre de Manitou Suprême de la Confédération Internationale des Mages et Sorciers, je suppose. Sachez que le professeur Dumbledore sera prochainement démis de cette fonction.
— Pour cela, il faudrait qu’il soit en minorité lors d’une assemblée plénière, rappela Sauveur.
— Une motion de censure sera bientôt présentée, annonça Umbridge en dissimulant mal sa fierté. Bien entendu, nous comptons sur votre soutien indéfectible.
— Cela dépendra des raisons avancées, je ne prends pas ce genre de décision à la légère. Pour le moment, je n’ai aucune raison de le faire.
— Vous seriez prêt à risquer de voir nos relations se dégrader en faisant preuve de déloyauté ? Monsieur le ministre ?
Elle avait ajouté le titre à la hâte, dans une volonté forcée de ne pas froisser son interlocuteur.
— Madame, je suis le ministre des Affaires Magiques de France, ma loyauté va à mes concitoyens et à nos valeurs.
— Je crains que nos relations diplomatiques et commerciales en pâtissent. Êtes-vous prêt à un tel sacrifice ? Monsieur le ministre ?
— Et vous ?
Une nouvelle fois, Umbridge se figea, elle était visiblement peu habituée à être contrariée de la sorte. Elle regarda autour d’elle, cherchant du soutien.
— Je… je pense que nous n’avons plus rien à nous dire, monsieur le ministre, souffla-t-elle. Vous campez sur vos positions, n’est-ce pas ?
— Tant qu’aucune preuve solide ne me sera présentée, la France ne prendra pas parti, répéta Sauveur.
Son sourire hypocrite accroché désespérément à son visage, Dolores Umbridge balbutia quelques paroles creuses en se levant et quitta le bureau ministériel. Égérias Sauveur chargea son secrétaire de l’accompagner jusqu’au portoloin.
Aussitôt qu’elle fut sortie, le ministre se laissa retomber sur son siège, soupirant de soulagement. Il échangea un sourire complice et amusé avec Aurelius Miral.
— Eh bien ! Sacré personnage ! s’exclama Sauveur.
— Les quelques fois où je l’ai croisée, elle intervenait peu, évoqua Aurelius. J’ai l’impression qu’elle a pris de l’importante depuis le décès de Bartemius Crouch.
— Elle sous-entendait que je dois obéissance à Fudge… soupira-t-il. J’ai quand même l’impression de ne pas avoir su conserver de bonnes relations avec les Britanniques sur ce coup. Qu’en penses-tu ?
— Au-delà de nos relations diplomatiques, tu es le garant de notre intégrité. Tu as fait ce qu’il fallait. Fudge va fulminer, mais ça lui rappellera qu’il est ministre de la Magie des îles britanniques, pas du monde. Il va peut-être nous fournir une preuve du non-retour de Vous-Savez-Qui. Votre expertise sera nécessaire, Suzanne.
— Mes chasseurs feront leur travail, assura-t-elle, nous analyserons méthodiquement tout ce que nous enverrons les Britanniques.
— J’ai une confiance totale en votre professionnalisme, dit le ministre. Il ne nous reste plus qu’à attendre la prochaine lettre de Fudge qui ne saurait tarder, je pense que je vous convoquerai tous les deux demain. En attendant, retournons à nos tâches. J’ai cru comprendre que vous aviez des tests aujourd’hui ?
— Oui, monsieur, les sélections pour la section spéciale. Ma présence n’est pas forcément nécessaire, elle est conseillée pour les entretiens après-demain, sauf si vous avez besoin de moi impérativement.
— Nous verrons bien !
La matinée touchait à sa fin quand Chun et son fils Olivier arrivèrent à la gare Montparnasse. Ils prirent la direction du terminal des TGV et, après avoir regardé autour d’elle, ils passèrent près de la voie no 1 et s’approchèrent d’un mur apparemment semblable à tous les autres. Sans se poser de question, ils le traversèrent et se retrouvèrent dans un hall secret, fourmillant de vie.
Le Beaubâtrain n’était pas encore arrivé. Chun salua rapidement plusieurs parents venus également récupérer leurs enfants. Olivier tira sur sa manche.
— Je peux avoir des chocogrenouilles, s’il te plaît, maman ? demanda-t-il.
Chun lui donna quelques pièces et le garçon courut tout joyeux vers le marchand de confiserie entouré d’enfants qui avait placé son étal dans un coin.
— Bonjour Chun, fit une voix dans son dos.
— Bonjour Céline, répondit-elle. Comment vas-tu ? Tu es seule ?
— Oui, Jonas est pris au travail, ce sont les sélections pour la section S en ce moment, il est obligé d’y être… soupira-t-elle. Et, sans rentrer dans les détails, il m’a dit que Pierrick était en mission.
— On a choisi des hommes occupés ! sourit Chun pour faire bonne figure malgré son inquiétude. Tu es venue sans Tiana et Ludovic ?
— Ils sont chez mes parents, on les rejoint pour le déjeuner.
Une annonce indiqua que le Beaubâtrain aurait un léger retard d’un quart d’heure. Les deux femmes décidèrent d’aller prendre un café pour passer le temps. Au fil de la discussion, Chun et ses enfants se retrouvèrent invités à venir partager le repas une fois le train arrivé.
Quelques minutes plus tard, avec le retard escompté, le Beaubâtrain entra en gare. C’était un magnifique train à vapeur comme Chun n’en avait vu que dans des films. Il était d’un blanc nacré aux reflets irisés et comportait de fines montures dorées aux portes et aux fenêtres. Le blason de l’académie Beauxbâtons – deux baguettes croisées lançant des étoiles sur fond bleu roi – était frappé sur chaque wagon et sur la locomotive.
Aussitôt le train à l’arrêt, les portes s’ouvrirent et les premiers enfants en descendirent, se jetant dans les bras des parents venus les accueillir. Si pour certains ce fut la joie des retrouvailles, pour d’autres ce fut moins plaisant.
— Augustin ! Qu’est-ce que c’est que ces notes ? perçut Chun alors qu’une famille dont l’enfant baissait honteusement la tête passait près d’elle.
Jérôme, le fils aîné de Céline et Jonas Marus, apparut, venant du bout du quai. C’était un adolescent de treize ans ayant hérité des cheveux blonds de son père et des yeux marron de sa mère. Il s’approcha d’elle et lui fit une timide bise sur la joue. Céline ne s’en offusqua pas, sachant qu’il ne voulait pas faire de grandes démonstrations devant ses amis.
— Le voyage s’est bien passé ? questionna Céline.
— Ça va, on a fait quelques parties de cartes avec les copains, répondit-il.
— Tu as vu Su ?
— Non, on n’était pas dans le même compartiment. Papa n’est pas là ?
— Il a du travail, tu ne le verras que ce soir, s’il revient avant que tu sois couché.
— D’accord… On y va ?
— On attend Su, ils viennent déjeuner avec nous chez papy et mamie, tempéra Céline.
Quelques minutes plus tard, parmi le flux discontinu d’élèves de Beauxbâtons, Chun finit par repérer sa fille. La jeune fille de douze ans avait une longue chevelure d’un noir profond. Elle ressemblait beaucoup à sa mère, arborant des traits fins et des yeux en amande. Contrairement à Jérôme, elle n’hésita pas à se blottir dans les bras de sa mère. Elle fit de même avec son petit frère, ce dernier ne cachant pas sa joie de la revoir.
L’adolescente regarda autour d’elle, cherchant visiblement quelqu’un.
— Où est papa ? demanda-t-elle.
Chun redoutait cette question, elle ne pouvait pas lui dire la vérité pour le moment, mais elle ne voulait pas lui mentir non plus.
— Il n’a pas pu venir, répondit-elle. Il est en mission.
— Oh… fit Su déçue. C’est que ça doit être une mission importante. Il revient quand ?
— Je ne sais pas… bientôt. On va déjeuner chez les parents de Céline. Tu as toutes tes affaires ?
— Oui, vu qu’ils vont envoyer ma malle à la maison, j’ai ce qu’il me faut.
— Alors, allons-y ! fit Céline. On va prendre la cheminée.
Le déjeuner fut agréable. Loin de la présence de ses condisciples, Jérôme se montra plus chaleureux envers sa mère et le reste de sa famille. Après le café, les Chaldo prirent congé de leurs hôtes et empruntèrent la cheminée pour rentrer chez eux.
Su se lança immédiatement dans le rangement de ses affaires, aidée par Olivier qui cherchait à combler les semaines sans sa sœur. Une fois qu’elle eut terminé, elle rejoignit sa mère et lui demanda :
— Alors ? Où est papa ?
— En mission, comme je te l’ai dit, répondit Chun. Et tu as bien deviné, c’est une mission délicate et importante. Elle est secrète.
— Papa m’a toujours parlé de ses missions secrètes, je sais très bien qu’il ne faut pas en parler. Même à Hortense je n’ai jamais rien dit sur son travail, et pourtant, elle a insisté.
— Ah bon ?
— Elle adore les romans policiers moldus, sa mère en a plein. Elle a commencé à en lire des sorciers, mais elle dit que les meilleures histoires sont les vraies. Tu sais quand il revient ?
— Non… répondit Chun. Bientôt, j’espère. Tu sais qui est Voldemort, n’est-ce pas ?
— Il faudrait vivre dans une grotte pour ne pas le savoir ! s’exclama Su. Papa m’en a déjà parlé plusieurs fois. Je ne comprends pas qu’autant de gens aient peur de dire son nom.
— Le directeur de Hogwarts dit qu’il serait revenu, ce que dément le ministre britannique. Le ministre Sauveur a donc demandé à madame Janis un moyen de savoir qui a tort et qui a raison, elle a donc envoyé ton père en Angleterre pour y enquêter secrètement. Personne ne doit savoir qu’il est là-bas.
— Je comprends… souffla Su.
Chun remarqua que sa fille se perdait en réflexion, elle lui demanda ce qu’elle pensait de la situation.
— Je connais la réputation du professeur Dumbledore, c’est sûrement le plus grand sorcier de notre époque, donc s’il dit que Voldemort est revenu, c’est sûrement vrai, répondit-elle. Mais pour une fois, je préférerais qu’il ait tort. J’ai lu des récits de la Guerre des Ténèbres que j’ai trouvés à la bibliothèque, ce n’était pas joyeux…
Su se leva quand son petit frère fit irruption dans la pièce. Elle partait pour jouer avec lui quand elle ajouta en souriant :
— Je vais devoir m’entraîner toute seule jusqu’à ce que papa revienne, il m’a promis de m’apprendre de nouvelles techniques.
[1] Ai-je besoin de donner son nom en version française ? Je pense que vous avez tous reconnu Ombrage.