Liaisons chez les Gryffondors

Chapitre 7 : Le piège se referme

Par hellostory

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Je serrais le parchemin contre moi en courant dans les escaliers. Il fallait que je rejoigne les autres à la bibliothèque.

Le papier était froissé sous mes doigts, comme s’il pesait bien plus lourd qu’il ne le devrait.

Mais en arrivant au pied de la salle commune, je m’arrêtai net.

Quelque chose clochait.

La substance verte qu’Aaron avait lancée plus tôt n’avait pas disparu. Elle aurait dû se dissoudre en quelques minutes… mais au lieu de cela, elle s’était répandue sur tout le sol, formant une couche gluante et brillante, presque vivante. Elle reflétait la lumière des torches comme une peau humide.

Je posai un pied dessus et glissai presque aussitôt. L’odeur était âcre, métallique, et la texture collait à mes chaussures, comme si le sol essayait de me retenir. Chaque mouvement devenait incertain.

J’essayai de passer quand même, mais je perdis l’équilibre et dus m’agripper au mur pour ne pas tomber. La pierre était froide sous mes paumes.

— Élina…

Je me retournai brusquement.

Cassia et Selena étaient là. Elles venaient de déboucher dans l’entrée. Elles s’arrêtèrent en voyant l’étendue de la substance, leurs visages se déformant de dégoût. Le bas de leurs robes était déjà taché de vert.

— C’est quoi ce truc ? demanda Selena en relevant légèrement sa robe, comme si cela pouvait l’épargner.

— Je ne sais pas, répondit Cassia avec méfiance.

Elles avancèrent de quelques pas, leurs chaussures produisant un bruit collant et répugnant sur le sol.

La substance les piégeait autant que moi.

C’était ma chance.

Pendant qu’elles étaient occupées à essayer de comprendre ce qu’était cette substance, je me redressai lentement, serrant ma baguette dans ma main. Mes doigts étaient crispés, presque douloureux.

Je fis un pas, puis un autre, utilisant les fauteuils de la salle commune comme appui pour éviter la zone la plus glissante. Le bois craquait légèrement sous mon poids.

Mon cœur battait à toute vitesse, si fort que j’avais l’impression qu’elles pouvaient l’entendre.

Mais Cassia releva soudain la tête.

— Petrificus Totalus ! lança Selena immédiatement.

Je réagis instinctivement. Je me jetai sur le côté.

Le sort passa à quelques centimètres de moi et frappa le mur derrière avec un claquement sec. Des éclats de pierre volèrent dans l’air.

— Expelliarmus !

— Protego ! répliquai-je aussitôt.

Les deux sorts s’entrechoquèrent dans un flash rouge et blanc. Celui de Cassia dévia et revint vers elle dans un éclair violent. Sa baguette lui échappa des mains et tourna dans les airs avant de tomber plus loin, hors de portée, en rebondissant sur le sol humide.

Cassia perdit l’équilibre et s’effondra dans la substance verte avec un cri de surprise étouffé.

— Locomotor Mortis ! lançai-je aussitôt.

Le sort frappa Selena de plein fouet.

Ses jambes se collèrent instantanément. Elle tenta de garder l’équilibre, les bras agités dans le vide, mais bascula en avant et s’écrasa sur Cassia. Les deux s’enfoncèrent dans la substance gluante avec un bruit écœurant.

Je profitai de l’ouverture pour courir.

Mes pas glissaient encore, mais je réussis à éviter les zones les plus dangereuses en m’aidant des fauteuils et des tables. Mon souffle était rapide, saccadé, et ma poitrine me faisait mal.

Derrière moi, leurs voix s’élevaient, furieuses et étouffées par le dégoût, mais je ne me retournai pas.

Je franchis enfin la zone glissante et atteignis un sol plus stable. Le changement fut brutal sous mes pieds.

Je ralentis à peine, un léger sourire aux lèvres, presque incrédule.

Elles étaient coincées. À moitié recouvertes de substance, incapables de me suivre immédiatement.

Et moi, j’étais libre.




Quand j’arrivai enfin devant la bibliothèque, j’étais essoufflée, couverte de traces verdâtres, la robe collée par endroits. Je poussai les grandes portes d’un geste rapide.

Mathilde, Aaron et Éliot étaient déjà là. Je leur fis signe de venir. Si j’entrais dans cet état dans la bibliothèque, Madame Pince me mettrait immédiatement dehors.

Ils se dépêchèrent de me rejoindre à l’extérieur.

— J’ai réussi… murmurai-je, le souffle court.

Mathilde me regarda de haut en bas, les yeux brillants.

— Formidable !

Elle s’interrompit aussitôt en voyant ma robe.

— Mais… qu’est-ce qui est arrivé à ta robe ?

Je leur racontai alors la bataille qui avait eu lieu dans la salle commune. Les mots sortaient encore par à-coups, comme si mon corps n’avait pas complètement rattrapé ce que j’avais vécu.

— Je suis désolé, Élina… j’ai dû faire une erreur avec les ingrédients, dit Aaron, l’air sincèrement inquiet.

Je haussai les épaules, encore essoufflée.

— Ce n’est pas grave. Tu aurais dû voir leurs têtes quand ils sont tombés dedans… ça valait le détour.

Nous rîmes tous.

Mais ce moment de légèreté fut de courte durée. On entendit la voix de McGonagall au loin.

Elle arrivait rapidement dans le couloir, sa cape claquant derrière elle.

— Qu’est-ce que c’est que ce désordre ?!

Je baissai les yeux vers ma robe. Les taches verdâtres formaient des empreintes visibles, et en y regardant mieux, je compris que j’en avais laissé sur tout le trajet jusqu’ici.

Mon cœur se serra légèrement.

Je sortis lentement le parchemin de ma poche et le tendis à Mathilde.

— Prenez-le… et partez, dis-je doucement.

Ils me regardèrent, surpris.

— Quoi ? fit Éliot.

Je secouai la tête.

— Allez-y. Je vais assumer seule.

Mathilde hésita.

— Élina, mais—

— Non. C’est mieux comme ça. Une seule personne sera punie, pas tout le monde.

Je posai une main sur son bras et lui glissai le parchemin dans les mains.

— Et ce parchemin est plus important. Vous devez le détruire.

Un silence tomba.

Je relevai les yeux vers eux.

— Partez.

Pendant qu’ils se dirigeaient rapidement et silencieusement dans le couloir opposé, je rebroussai chemin.

Je m’arrêtai aussitôt en entendant des voix.

— Professeure ! s’exclama Cassia. C’est Élina ! C’est elle qui—

— Qui a commencé ! ajouta Selena rapidement. Elle nous a attaquées !

— Vraiment ? répondit McGonagall, sèchement.

— Vous n’avez qu’à suivre les traces ! lança Cassia.

McGonagall avança de quelques pas et observa le sol.

— Je vois surtout des empreintes partout dans ce couloir… et un manque évident de discrétion.

Elle releva la tête, le regard sévère.

— Je vais faire simple : je vais entendre tout le monde. Et je compte bien punir toutes les personnes responsables.

Un silence lourd tomba.

Je serrai légèrement les poings. Il ne servait à rien de fuir : les preuves étaient partout sur moi.

Je m’avançai alors vers le professeur McGonagall.

— Professeure…

Mais avant que je puisse dire quoi que ce soit, Cassia et Selena parlèrent en même temps que moi.

— C’est elle qui a commencé !

— Elle a utilisé une potion contre nous !

— Non, c’est faux ! répliquai-je aussitôt. Vous avez—

— Silence.

La voix de McGonagall claqua dans le couloir.

Tout le monde se figea.

Son regard passa lentement de nous trois, froid et sévère.

— Vous allez tous venir avec moi.

Elle fit demi-tour sans attendre, et nous n’eûmes d’autre choix que de la suivre.

Le trajet jusqu’à son bureau se fit dans un silence tendu. Cassia et Selena lançaient des regards noirs dans ma direction, comme si tout était ma faute. Je serrai les dents sans répondre.

Quand nous entrâmes enfin, le bureau de McGonagall était aussi strict que son ton : impeccable, ordonné, presque intimidant.

Elle se plaça derrière son bureau et nous observa un à un.

— Maintenant, je veux la vérité. Et une seule version.

— Elle nous a attaquées ! lança Cassia immédiatement. Avec une substance bizarre dans la salle commune !

— On essayait juste de la stopper ! ajouta Selena.

— Elles mentent ! protestai-je. Elles m’ont poursuivie et ont essayé de m’immobiliser !

— Elle avait déjà lancé quelque chose ! répondit Cassia.

Les voix montèrent en même temps.

— Elle a commencé !

— Non, c’est elles !

— C’était une attaque !

— J’ai juste voulu passer !

McGonagall leva sa baguette et tapa sèchement sur son bureau.

Un claquement sec résonna.

Le silence retomba immédiatement.

— Assez.

Elle inspira profondément, visiblement exaspérée.

— Je n’ai pas le temps pour des disputes enfantines. Ce que je vois, c’est un salle commune détériorée, des élèves couverts de liquide vert, et un chaos total dans une zone scolaire.

Son regard se durcit.

— Vous êtes toutes responsables, d’une manière ou d’une autre.

Je baissai légèrement la tête.

— Par conséquent…

Elle marqua une pause.

— Vous aurez toutes les trois une retenue.

Cassia protesta.

— Mais—

— Silence.

Elle continua, implacable.

— Vous allez nettoyer vous-mêmes les dégâts que vous avez causés. Sans magie. Immédiatement. Et je retire aussi 100 points à Gryffondor.

Un nouveau silence tomba.

Cassia ouvrit la bouche, choquée, mais aucun son n’en sortit.

Je serrai légèrement les dents, sans rien dire.

— Vous pouvez disposer, conclut McGonagall d’un ton sec.




Nous sortîmes du bureau de McGonagall dans un silence lourd, la porte se refermant derrière nous avec un claquement sec. Cassia se tourna aussitôt vers moi, encore en colère, et dit :

— Le parchemin.

Selena hocha la tête.

— Oui… donne-le.

Cassia leva immédiatement sa baguette.

— Accio parchemin !

Rien ne se passa. Je la regardai sans bouger, puis je laissai échapper un petit rire bref.

— Trop tard.

Cassia se figea.

— Comment ça, trop tard ?

Je haussai les épaules.

— Il n’existe plus. Je l’ai détruit avant que vous n’arriviez.

Selena fronça les sourcils.

— Tu mens.

— Non, répondis-je simplement. Mais dans tous les cas, vous ne le reverrez jamais.

Cassia serra les dents.

— C’était quoi, ce parchemin ?

Je les regardai tour à tour, surprise.

— Donc vous vous êtes battues pour quelque chose sans même savoir ce que c’était ?

Selena hésita.

— Ce n’était pas important ?

— Si, répondis-je calmement. Mais pas pour vous.

Cassia plissa les yeux.

— Explique.

Je secouai la tête.

— Trop tard.

Et sans ajouter un mot, je me retournai et repris le couloir vers la salle commune.

En arrivant, nous nous arrêtâmes net.

Rusard était déjà là.

Il attendait devant l’entrée de la salle commune, les bras croisés, plusieurs seaux alignés à ses pieds. Des serpillières traînaient sur le sol comme des serpents gris. Miss Teigne observait la scène avec un calme inquiétant.

— Ah… vous voilà, grogna-t-il. Je vous attendais.

Son regard glissa sur les traces verdâtres qui recouvraient encore le sol.

— Vous allez nettoyer tout ça. À la main. Sans magie. Et vous allez le faire correctement.

Cassia serra les dents.

— C’est une blague…

Rusard eut un rire sec.

— Non. C’est une retenue. Et croyez-moi, vous avez de la chance que le professeur McGonagall ait été de bonne humeur aujourd’hui.

Il fit un petit geste vers les seaux.




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