Harry Potter (II) : La Prophétie et les Ombres du Passé

Chapitre 111 : Leçon de Ténèbres

Par snape69

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Sébastien traversa le couloir menant à la salle de Défense contre les Forces du Mal avec une lenteur parfaitement maîtrisée, chaque pas résonnant contre les pierres anciennes comme un rappel de son autorité nouvelle, de ce rôle qu’il avait enfin obtenu et qu’il comptait bien occuper avec une rigueur glaciale. Il n’éprouvait ni nervosité ni appréhension, seulement une impatience froide, presque clinique, une tension contenu qui vibrait sous sa peau comme une magie prête à se déployer. Ce premier cours représentait pour lui bien plus qu’une simple entrée en fonction : c’était l’occasion de montrer ce qu’il savait faire, de prouver que son savoir dépassait largement celui de son prédécesseur, et surtout de faire comprendre à ces élèves à quel point ils étaient loin d’être prêts à affronter le monde extérieur. À ses yeux, leur niveau était si pitoyable qu’il doutait qu’ils survivent plus de deux semaines hors des murs de Poudlard, et cette pensée, loin de l’inquiéter, lui procurait une satisfaction froide, presque amusée.


Lorsqu’il poussa la porte de la salle, les conversations cessèrent presque instantanément, comme si sa simple présence avait aspiré l’air de la pièce. Les élèves étaient nerveux, pétrifiés même, et il n’eut aucun mal à deviner pourquoi : la mort du précédent professeur planait encore dans les esprits, lourde, poisseuse, enveloppée de rumeurs qui se propagent comme une brume toxique. Certains élèves évitent soigneusement son regard, d’autres le fixaient avec une fascination maladive, mais tous semblaient sentir, sans pouvoir l’expliquer, que quelque chose avait changé à Poudlard, que l’atmosphère elle-même s’était altérée depuis Aldercrest. Ils ne savaient pas quoi, mais ils le percevaient comme un frisson sous la peau.


Sébastien traversa la salle d’un pas calme, son expression parfaitement neutre, glaciale, presque inhumaine. Il ne prit même pas la peine de poser ses affaires avant de parler.


— Taisez-vous. Nous ne sommes plus en maternelle, et je n’ai aucune intention de perdre mon temps avec du bavardage inutile. Vu votre niveau actuel, je doute que la moitié d’entre vous survive plus de deux semaines dehors.


Un silence coupant tomba, si brutal qu’on aurait pu entendre une plume tomber. Il savourait cette docilité, cette peur mêlée d’admiration qui commençait déjà à s’installer. Il laissa son regard glisser sur les visages tendus, puis reprit d’un ton sec.


— Qui peut me citer les trois sortilèges impardonnables ?


Personne n’osa respirer. Les élèves se regardaient du coin de l’œil, hésitant entre la peur de répondre et la peur de ne pas répondre. Finalement, une main se leva, tremblante mais déterminée.


— Oui, monsieur ? dit-il sans émotion.


— Kylian Turner, monsieur… Les trois sortilèges sont Doloris, Imperium et Avada Kedavra.


— Très bien. Pourquoi sont-ils impardonnables ?


— Le premier inflige une douleur totale… le second retire le libre arbitre… et le dernier tue.


— Parfait. Cinquante points pour Serpentard.


Il marqua une pause, observant les élèves qui semblaient retenir leur souffle, puis ajouta d’un ton parfaitement neutre, presque désinvolte :


— Et rassurez-vous… je ne vais pas vous les montrer sur une créature vivante. À moins que vous ne le souhaitiez.


Un frisson parcourut la salle. Les élèves échangèrent des regards, hésitants, choqués, mais aussi étrangement attirés par l’idée. Puis, contre toute logique, plusieurs voix s’élevèrent, d’abord timides, puis plus assurées, comme si la peur elle-même les poussait à se dépasser.


— Oui, professeur ! On veut voir !


Un sourire imperceptible effleura les lèvres de Sébastien. Ils venaient de lui offrir exactement ce qu’il voulait.


— Levez-vous.


Les élèves obéirent d’un même mouvement, presque synchronisés, comme s’ils étaient déjà sous son contrôle. Même Sophia, discrète au fond de la salle, s’était rapprochée, son regard trop brillant pour être professionnel, trop doux pour être celui d’une directrice en observation. Elle ne voyait plus un professeur : elle voyait l’homme qu’elle croyait aimer, celui qui l’avait “sauvée” à Aldercrest, celui qui avait éveillé en elle une dépendance émotionnelle dont elle n’avait même pas conscience.


Sébastien ouvrit un bocal posé sur son bureau, saisit une petite araignée, et la fit grossir d’un geste sec, précis, presque élégant. La créature atteignit la taille d’un poing, ses pattes raclant nerveusement le bois du bureau. Les élèves reculèrent d’un pas, certains étouffant un cri.

— Doloris.


La créature se tordit, ses pattes se repliant convulsivement, son corps se contorsionnant sous une douleur invisible mais insoutenable. Un murmure horrifié parcourut la classe, mais personne ne détourna les yeux.


— Imperium.


L’araignée bondit, dansa, se contorsionna sous une volonté qui n’était pas la sienne, ses mouvements étranges, presque grotesques, provoquant un mélange de fascination et de dégoût.


— Avada Kedavra.


Un éclair vert. Un bruit sec. La bête s’effondra, inerte, sur le carrelage froid. Un silence religieux suivit, lourd, presque sacré. Puis les exclamations fusèrent, brisant la tension comme un barrage qui cède.


— Merci professeur !


— C’était incroyable !


— On comprend tellement mieux maintenant !


Il les congédia d’un geste, sans émotion.


— Le prochain cours sera du même niveau. Filez.


Les élèves sortent, encore tremblants, certains chuchotant, d’autres silencieux, tous profondément marqués. Sébastien attendit que la dernière silhouette disparaisse avant de refermer la porte d’un claquement sec, un geste qui résonna dans la salle vide comme un verdict.


Sophia est restée. Bien sûr qu’elle était restée. Elle s’approcha lentement, les mains jointes, le regard doux, presque dévot, comme si elle s’avançait vers un autel plutôt que vers un homme.


— Sébastien… j’aimerais qu’on reparle de ce qui s’est passé à Aldercrest. C’était… tellement intense.


Il la fixa, impassible, son visage parfaitement lisse, comme sculpté dans la pierre.


— Oui. Une soirée… intéressante.


Elle rougit, baissa les yeux, ses doigts se serrant nerveusement.


— Je suis tellement heureuse depuis que je t’ai rencontré. Je me sens en confiance avec toi. Et je veux que tu saches que je te soutiendrai toujours.


Une émotion passa dans son regard, fragile, sincère, presque douloureuse. Dans celui de Sébastien, rien. Juste un calcul silencieux, une évaluation froide de ce qu’elle représentait, de ce qu’elle pouvait devenir.


Puis une voix, douce comme du velours noir, glissa dans son esprit, caressante, envoûtante, irrésistible.


Laisse-la venir à toi. Elle est prête.


Il sourit. Un sourire trop maîtrisé, trop parfait pour être humain, un sourire qui n'appartient qu’à lui et à la Rose Noire.


Il s’approcha, posa une main sur sa joue, et l’embrassa. Un baiser passionné en apparence, brûlant, désiré, mais derrière lequel il n’y avait que contrôle, calcul, domination. Un baiser qui scellait une emprise totale, une promesse silencieuse que Sophia ne comprendrait que trop tard.





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