A travers le temps

Chapitre 34 : l'aube de leur amour

Par moustik80

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Le couple avait passé un très bon moment, même si Fleur ne semblait pas particulièrement apprécier la musique rock diffusée dans le pub.

— Je n’aime pas cette musique, déclara-t-elle en fronçant légèrement les sourcils. Pourquoi toutes les chansons modernes doivent-elles parler du postérieur des gens ? C’est tellement vulgaire !

Elle finit sa dernière bouchée de salade avec un petit air offusqué.

Hermione leva un sourcil amusé alors que le tube de hip-hop Baby Got Back résonnait dans les enceintes.

— Désolée, ma puce, mais à notre époque, tout tourne autour des fesses. On les regarde, on en parle, on les met dans des clips… C’est culturel.

Elle prit un ton faussement sérieux avant d’ajouter :

— Bon, attraper sans consentement, ça, c’est interdit. Mais je te promets que je ne te ferai jamais une chose pareille en public… ni sans t’avoir demandé avant.

Fleur la dévisagea, incertaine de savoir si Hermione plaisantait ou non. Mais à mesure qu’elle écoutait les paroles de la chanson, elle comprit que, malheureusement, son amante disait vrai. La musique moderne semblait parler ouvertement de choses dont personne, à son époque, n’aurait osé discuter en société.

Tout ce relâchement, cette liberté de ton autour du sexe, la mettait mal à l’aise. Fleur avait connu l’intimité, bien sûr, mais c’était un sujet dont on ne parlait qu’à voix basse, jamais sur la place publique.

Perdue dans ses pensées, elle ne remarqua pas tout de suite Hermione qui se levait.

— Allez, on y va, dit cette dernière avec un sourire.

Fleur acquiesça et se leva à son tour. Avant de sortir, elle jeta un dernier regard autour d’elle. Malgré tous les changements, malgré la modernité qui la déstabilisait, elle sentit un petit pincement au cœur à l’idée de quitter l’auberge.

C’était l’endroit où tout avait commencé pour sa famille, et même si le monde avait changé, elle savait qu’elle reviendrait souvent ici.

Dehors, comme par réflexe, elles se prirent la main. Hermione proposa d’aller se promener un peu dans la ville, histoire de profiter du beau temps. Fleur hésita un instant, puis accepta. Elle savait qu’elle devait s’habituer à ce nouveau monde — et, surtout, elle adorait cette sensation nouvelle : pouvoir marcher main dans la main avec sa compagne, au grand jour, sans crainte.

Le couple repassa d’abord à l’appartement pour déposer les courses du marché, puis reprit sa promenade. La plupart du temps, elles marchaient en silence, mais un silence confortable, ponctué de sourires et de quelques commentaires curieux de Fleur. Hermione lui servait de guide improvisée, lui indiquant les nouveaux bâtiments, les parcs, les cafés… À la grande surprise de la jeune femme, Fleur reconnut encore quelques façades anciennes, survivantes du temps.

Elles avançaient ainsi, jusqu’à ce qu’Hermione s’arrête brusquement devant un petit snack à l’allure douteuse, une sorte de mauvaise imitation de McDonald’s. Le bâtiment, avec ses néons criards et son logo peu engageant, sembla la plonger dans un fou rire incontrôlable.

— Qu’y a-t-il de si drôle, Hermione ? demanda Fleur, déconcertée. C’est juste… comment dis-tu déjà ? Un fast-food. Je ne comprends pas ton humour, c’est quelque chose du XXIᵉ siècle ?

Hermione, essuyant une larme de rire, se tourna vers elle.

— Quand je suis arrivée ici, j’ai mangé dans cet endroit. Et je suis tombée malade pendant deux jours ! Mais maintenant, je comprends enfin pourquoi cet endroit est maudit.

— Pourquoi ? fit Fleur, intriguée.

Hermione désigna un gros rocher à quelques mètres du restaurant.

— Ce rocher était déjà là en 1869. Je m’en souviens parfaitement, parce qu’il se trouvait à une vingtaine de mètres de mon… coin d’aisance, derrière ma cabane.

Elle marqua une pause théâtrale, puis ajouta avec un sourire malicieux :

— Et regarde où se trouve le fast-food par rapport à ce rocher. À vue d’œil, il est exactement à la même distance.

Les yeux de Fleur s’écarquillèrent.

— Tu veux dire que…

— Oui, confirma Hermione en soupirant. Que ce fast-food est bâti pile à l’endroit de mes anciennes latrines. Et si je ne me trompe pas, nous sommes debout sur ce qui était ma cuisine.

Fleur fronça les sourcils, consternée.

— Nous n’irons jamais manger dans ce fast-food. Promets-le-moi.

— Je te le promets, mon cœur, répondit Hermione en riant, avant de déposer un baiser sur le sommet de la tête de Fleur.


Alors qu’elles longeaient le parc — qui, à la grande joie de Fleur, existait toujours —, elles décidèrent d’y faire une longue promenade.

Fleur adorait cet endroit. Il était presque tel qu’elle s’en souvenait : les grands arbres, la rivière en contrebas, le parfum du lilas porté par la brise. Tout cela lui rappela de bons souvenirs d’enfance, des après-midis passés à courir dans les allées avec sa sœur. Elle se surprit à sourire.

Elles marchèrent longtemps, sans but précis, simplement heureuses d’être ensemble. Finalement, elles trouvèrent un petit coin tranquille près de la rivière, à l’abri des regards. Hermione s’adossa contre le tronc d’un vieux chêne, et Fleur vint se blottir dans ses bras.

Elles restèrent ainsi un long moment, silencieuses, profitant de la chaleur du soleil et du murmure apaisant de l’eau. Le temps semblait suspendu.

Lorsque le soleil commença à décliner, Hermione soupira doucement.

— Il va falloir rentrer, murmura-t-elle.

De retour à l’appartement, le ciel s’était teinté d’orange et de rose. Il était presque l’heure du dîner.

Même si elles avaient acheté de quoi préparer un repas simple au marché, Hermione eut soudain une idée. Elle voulait faire découvrir quelque chose de nouveau à Fleur — autre chose que les plats de son époque qu’elle s’efforçait de reproduire tant bien que mal depuis son arrivée.

— Fleur, que dirais-tu de tester un peu de cuisine chinoise ? De la cuisine de l’Empereur, rien que ça, lança Hermione avec un sourire malicieux.

Fleur leva un sourcil intrigué.

— De la nourriture venue de Chine ? Directement des cuisines impériales, dans la cité interdite ? C’est merveilleux ! Mais… comment cela peut-il arriver si vite ? Vous utilisez des avions-fusées ?

Hermione faillit éclater de rire, mais se mordit la lèvre pour ne pas se moquer.

— Pas exactement, désolée pour la confusion, ma belle. La Cuisine de l’Empereur, c’est le nom d’un petit restaurant à quelques rues d’ici. Il ne paie pas de mine, mais leur cuisine est excellente — surtout leur poulet Kung Pao. Je suis sûre que tu vas adorer.

Elle déposa un baiser sur la tempe de Fleur avant d’ajouter d’un ton malicieux :

— Pourquoi ne pas te détendre un peu pendant que je passe la commande ? Installe-toi dans la chambre avec un bon livre. Tu peux en emprunter un dans ma bibliothèque, je sais que la télévision ne t’attire pas trop. Mets-toi à ton aise, mais… surtout, ne quitte pas la chambre avant que je te le dise. J’ai… quelques petites choses à mettre en place.

Fleur la fixa, intriguée.

— Quelques choses à mettre en place ?

Hermione lui adressa un sourire énigmatique avant de s’éclipser vers la cuisine.

— Pardon ? Je n’entends plus rien, désolée ! lança-t-elle depuis le couloir, feignant la surdité.

Fleur soupira avec un sourire attendri devant tant de malice. Elle referma la porte de la chambre, bien décidée à respecter les instructions d’Hermione.

Elle hésita un instant : allumer la télévision ou lire un livre ?

Mais son dernier essai avec la télévision n’avait pas été concluant — elle était tombée sur une émission de téléréalité centrée sur une famille nommée Kardashian, et l’expérience avait suffi à la dégoûter de l’appareil.

Elle choisit donc la sagesse et s’installa sur le lit avec son livre de chevet, prête à attendre le signal d’Hermione… tout en se demandant ce qu’elle pouvait bien mijoter.



Fleur lisait depuis un bon moment lorsque des bruits étranges commencèrent à provenir du salon.

Elle entendit Hermione courir d’une pièce à l’autre, ouvrir et refermer des portes à toute vitesse… puis, soudain, un grand fracas, suivi d’un juron sonore :

Bordel de merde !

Fleur leva les yeux au ciel et referma doucement son livre.

Elle se fit une note mentale : réprimander Hermione plus tard pour son langage indigne d’une jeune femme bien élevée.

Les minutes passèrent, puis une demi-heure entière.

Fleur, curieuse, finit par crier :

— Je peux sortir maintenant ?

— NON !

La voix d’Hermione résonna dans l’appartement, ferme et catégorique. Fleur soupira en secouant la tête, un sourire amusé au coin des lèvres.

Il était désormais évident qu’Hermione préparait quelque chose de spécial.

Décidée à jouer le jeu, Fleur referma son livre et se leva. Elle se rendit dans la salle de bain pour prendre une douche rapide et se rafraîchir. Puis, après avoir longuement hésité, elle choisit une jolie robe — simple mais élégante —, se coiffa soigneusement et appliqua un peu de parfum.

Elle voulait être présentable pour sa petite amie.

Sa mère lui avait toujours répété qu’une dame devait se laver et s’habiller convenablement avant tout dîner important — et même si les temps avaient changé, certaines traditions méritaient, selon elle, d’être conservées.

Fleur venait à peine de terminer de se préparer lorsqu’Hermione apparut dans l’embrasure de la porte.

En la voyant, vêtue de sa jolie robe et les cheveux délicatement relevés, Hermione ne put s’empêcher de sourire.

— Tu es magnifique, souffla-t-elle. Mais tu n’étais pas obligée de te mettre sur ton trente-et-un, tu sais.

Fleur baissa légèrement les yeux, un sourire timide aux lèvres.

— Je le voulais. Et je suis contente que tu me trouves jolie.

Hermione s’approcha et lui prit la main avec douceur.

— Viens avec moi, j’ai quelque chose à te montrer.

Fleur la suivit dans le couloir, intriguée. Hermione la mena jusqu’à l’escalier qui conduisait au toit. Fleur monta prudemment, tenant sa robe d’une main pour ne pas trébucher.

Lorsqu’elle arriva en haut, elle resta sans voix.

Au fond de la terrasse, une table pour deux avait été dressée : une nappe blanche flottait légèrement sous la brise, et de petites guirlandes lumineuses couraient le long des rambardes, diffusant une lueur dorée et chaleureuse. Sur une chaise voisine, une petite enceinte jouait une mélodie douce, presque romantique. L’air embaumait les épices et le jasmin.

Fleur porta une main à sa bouche, émue.

— Oh… Hermione, c’est… c’est merveilleux. Merci.

Elle se tourna vers elle, les yeux brillants, et la serra tendrement dans ses bras avant de l’embrasser avec reconnaissance.

Hermione sourit contre ses lèvres.

— C’est notre premier vrai dîner en couple, alors je voulais que ce soit un moment un peu spécial. Viens, allons dîner.

Elle lui reprit la main et la guida jusqu’à la table, tirant sa chaise avec un petit geste attentionné, presque galant.

— Mademoiselle Delacour, dit-elle avec un clin d’œil, votre table vous attend.

Fleur rit doucement et prit place, le cœur encore serré d’émotion.

Fleur s’installa, et pour la première fois, elle goûta à un plat chinois.

Comme l’avait parié Hermione, elle adora. Le poulet Kung Pao et son riz frit formaient une alliance de saveurs inattendues — sucrées, épicées, légèrement fumées. C’était un festin d’arômes, un dépaysement complet pour ses papilles habituées aux plats plus traditionnels.

Elle ferma les yeux un instant, savourant chaque bouchée, et déclara avec un petit sourire émerveillé :

— C’est à la fois étrange… et délicieux. J’ai l’impression de voyager sans quitter la table.

Hermione lui adressa un clin d’œil amusé.

— Je t’avais prévenue. Le monde moderne a au moins ça de bien : on peut goûter à la cuisine du bout du monde sans bouger de chez soi.

L’ambiance du dîner était paisible et romantique. Les guirlandes jetaient une lumière dorée sur leurs visages, la musique douce enveloppait la scène d’une chaleur intime.

Elles parlèrent de tout et de rien, partageant des rires, des anecdotes, des souvenirs.

Hermione raconta quelques histoires de son séjour en Australie, et évoqua son désir d’y retourner bientôt pour rendre visite à ses parents.

— Je me souviens, dit Fleur avec douceur, que tu me parlais souvent des magnifiques couchers de soleil que tu voyais chez toi… même si, à l’époque, tu prétendais venir de Californie.

Hermione éclata de rire.

— Désolée pour le mensonge, mais si j’avais dit que je venais d’Australie, ma couverture serait tombée en deux secondes.

Elle marqua une pause, son regard se perdant un instant dans le vide.

— Mais je ne mentais pas sur la beauté des couchers de soleil. Pourtant je déteste la plage et le soleil encore plus, mais quand la nuit tombe, la plage devient déserte. C’est à ce moment-là que je m’assois sur le sable, et que je regarde les couleurs danser dans le ciel. C’est… apaisant. Magique.

Fleur l’écoutait, captivée.

— J’aimerais tellement voir ça un jour.

Hermione tourna les yeux vers elle, un sourire tendre au coin des lèvres.

— Et j’espère avoir la chance de te le montrer, un jour.

Leurs doigts s’effleurèrent sur la table, s’entremêlant naturellement, sous la lueur vacillante des guirlandes.



Le dîner touchait à sa fin. Hermione se leva lentement et attrapa son téléphone.

Fleur la suivit du regard, intriguée, tandis qu’Hermione parcourait sa playlist avec attention.

— Je réfléchissais à une musique, dit-elle enfin, et j’ai trouvé une chanson qui se situe à peu près à mi-chemin entre 2024 et 1869. Un bon compromis, tu ne trouves pas ? C’est une mélodie populaire, j’espère qu’elle te plaira.

Fleur haussa légèrement les sourcils, intriguée.

— Joue-la, s’il te plaît. Tu m’intrigues.

Hermione sourit et appuya sur play.

Les premières notes lentes et feutrées de "Moonlight Serenade" s’élevèrent doucement dans l’air nocturne.

La mélodie emplissait la terrasse d’une aura presque irréelle, oscillant entre nostalgie et tendresse.

Fleur ferma un instant les yeux pour mieux écouter.

Ce n’était pas une musique qu’elle connaissait, mais quelque chose dans le rythme lent, les accords suspendus, la fit sourire. Il y avait dans cette chanson un romantisme discret, une élégance du passé qu’elle comprenait.

— C’est… très beau, murmura-t-elle.

Hermione s’approcha alors d’elle, lui tendant la main.

— Danse avec moi.

Fleur la regarda, un peu surprise.

— Je… je ne sais pas vraiment danser sur ce genre de musique, avoua-t-elle, un peu gênée.

— Ne t’inquiète pas, répondit Hermione dans un souffle. Je vais te montrer. C’est très simple.

Elle posa doucement une main sur la taille de Fleur, guida l’autre dans la sienne, et la fit bouger lentement au rythme de la musique.

Au début, Fleur trébucha légèrement, maladroite, mais les rires remplacèrent vite la gêne.

En quelques instants, leurs pas s’accordèrent, leurs souffles se synchronisèrent.

Le monde sembla disparaître autour d’elles.

Seules restaient la lune, la musique… et ce lien invisible entre leurs cœurs.

Hermione plongea son regard dans celui de Fleur, les yeux brillants d’émotion.

— Tu es une femme incroyable, tu sais ? murmura-t-elle en la serrant un peu plus fort contre elle.

Fleur leva les yeux vers elle, un léger sourire au coin des lèvres.

— Pourquoi dis-tu ça ?

— Parce que tu as réussi l’impossible, répondit Hermione doucement.

Tu as transformé une gothique en colère, blessée et au cœur brisé… en une romantique assumée. Et crois-moi, ce n’était pas gagné.

Tu es la seule à pouvoir exercer ce pouvoir sur moi, Fleur Delacour. Personne d’autre n’en est capable. Je t’aime.

Le cœur battant, Fleur caressa la joue d’Hermione du bout des doigts avant de murmurer avec émotion :

— Je t’aime aussi, Hermione Granger. De tout mon cœur.

La soirée se poursuivit au son d’une playlist de jazz.

Les deux femmes dansaient encore, parfois enlacées, parfois riant doucement, perdues dans leur petit monde suspendu entre deux époques.

La lune baignait la terrasse d’une lumière argentée, et le murmure lointain de la ville se mêlait au saxophone feutré.

Fleur, blottie contre Hermione, leva lentement les yeux vers elle.

Un long silence s’installa, chargé d’une tension douce et brûlante.

Puis, d’une voix à peine audible, elle murmura :

— Hermione… fais de moi une femme.

Hermione se figea.

Les mots de Fleur résonnèrent dans son esprit, pleins de sincérité et de confiance, mais aussi d’un poids immense.

Elle savait parfaitement ce que cela signifiait pour Fleur — pour une femme de son époque, éduquée dans les valeurs de chasteté et de mariage.

— Fleur… tu m’avais dit que tu voulais rester vierge jusqu’au mariage, murmura Hermione, la voix tremblante d’émotion. Et je respecte ce choix. Je ne veux pas que tu croies, ne serait-ce qu’un instant, que cette soirée a été faite pour… obtenir quelque chose de toi. Je t’aime déjà sans ça.

Fleur posa une main sur sa joue, caressant tendrement sa peau du bout des doigts.

— Je le sais, Hermione. Jamais tu ne m’as forcée à quoi que ce soit, jamais tu ne m’as mise mal à l’aise.

Mais j’ai le sentiment… que nous allons passer beaucoup de temps ensemble. Peut-être toute une vie.

Je crois sincèrement que nous étions faites pour nous rencontrer.

Alors… je te le dis avec tout mon cœur : fais-moi l’amour.

Hermione sentit son cœur bondir dans sa poitrine.

Les mots de Fleur, à la fois simples et solennels, la bouleversèrent profondément.

— Ce serait un honneur pour moi, Fleur, souffla-t-elle avec émotion. Un honneur.

Elles restèrent un instant immobiles, se regardant dans les yeux, comme si le monde s’était arrêté autour d’elles.

Mais Hermione finit par remarquer les premières gouttes de pluie qui tombaient sur la table.

— Viens, murmura-t-elle avec un sourire doux. La pluie arrive. Laisse-moi ranger tout ça avant que tout soit trempé.

Fleur hocha la tête, un sourire au coin des lèvres, le regard brillant d’amour.

Elle savait que la nuit ne faisait que commencer.

Une fois la terrasse débarrassée, et de nouveau dans la chaleur et le confort de leur appartement, Hermione revint vers Fleur.

Leurs regards se croisèrent, lourds de tout ce qui n’avait pas encore été dit.

Sans un mot, Hermione effleura sa joue, puis l’embrassa. Ce fut d’abord un baiser hésitant, puis une onde, un feu doux qui se propagea dans tout son être. Fleur répondit avec la même ardeur, sa main trouvant naturellement la nuque d’Hermione pour la rapprocher davantage.

Dans un souffle, Hermione murmura :

— Tu es vraiment sûre ?

Fleur hocha la tête, les yeux brillants.

— Je n’ai jamais été aussi sûre. Ce soir, je veux t’appartenir.

Hermione la souleva doucement dans ses bras, leurs fronts se touchant encore, et la porta jusqu’à la chambre. La pluie, dehors, dessinait sur les vitres un rythme discret, presque intime.

La pièce baignait dans une lumière dorée.

Là, le temps sembla s’arrêter.

Elles s’approchèrent lentement, leurs mains explorant timidement la peau de l’autre, comme si chaque caresse était une phrase d’amour murmurée sans mot.

Hermione fit glisser les tissus un à un, révélant sous ses doigts la chaleur vivante de Fleur. Sa peau avait le parfum du miel et du vent d’été.

Quand leurs corps se retrouvèrent, plus rien n’existait que la douceur, la chaleur et les souffles entrecoupés.

Hermione traça du bout des lèvres un chemin le long de sa gorge, de son épaule, puis s’arrêta à la commissure de ses lèvres pour la goûter encore. Fleur frémit, ses mains cherchant à leur tour la peau d’Hermione, curieuses, tremblantes, avides.

Elles se découvrirent lentement, dans une danse où la tendresse se mêlait à un feu grandissant.

Chaque soupir devenait une réponse, chaque frisson un serment.

Leurs gestes se faisaient plus sûrs, plus pressants, jusqu’à ce que leurs respirations se confondent.

Quand la vague les emporta enfin, ce fut dans le silence, un silence vibrant, plein de lumière et d’amour.

Fleur se laissa tomber contre Hermione, haletante, apaisée, la tête posée sur son épaule.

Hermione, elle, lui caressait doucement les cheveux, comme pour lui dire sans parler : tu es chez toi.

— Je t’aime, souffla Fleur, la voix tremblante d’émotion.

— Et moi, je t’aimerai jusqu’à la fin du monde, répondit Hermione dans un murmure.

Dehors, la pluie redoublait, battant les vitres comme un écho discret à leurs cœurs mêlés.

Fleur avait offert son innocence à la femme qu’elle aimait, et jamais elle ne regretta son choix.

Cette nuit-là, elles s’aimèrent avec tendresse, encore et encore, jusqu’à ce que leurs corps épuisés se confondent dans un dernier soupir de paix.

Puis, enlacées l’une contre l’autre, elles s’endormirent, apaisées, deux âmes enfin réunies après des siècles d’attente.






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