Harry Potter et le phénix

Chapitre 16 : Une Détraquée

1470 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 16/09/2020 11:37

J'étais ravie de la tournure des événements mais une question me trottait dans la tête : depuis quand le ministre de la Magie se déplaçait-il en personne pour s'occuper d'une histoire qui concernait deux sorciers de premier cycle ?

Fudge revint en compagnie de Tom pour nous informer que la chambre 11 était libre.

-Il y aura simplement une règle à observer : restez sur le Chemin de Traverse. Je confie à Tom le soin de vous surveiller. Eh bien, au revoir.

La chambre était très accueillante, le lit confortable, les meubles soigneusement cirés. On ne tarda pas à s'endormir, tant les émotions de la soirée nous avaient épuisés.

Chaque matin, nous prenions notre petit déjeuner dans la salle du Chaudron Baveur. Ensuite, nous passions nos journées à explorer les boutiques et à manger aux terrasses des cafés. A mesure que les jours passaient, on commença à acheter nos fournitures scolaires et à essayer de repérer Ron ou Hermione dans la foule. Un matin, on croisa un élève de Gryffondor, Neville Londubat, un garçon distrait au visage lunaire qu'on aimait bien. Mais ce jour-là, il avait un air maussade et nous parla à peine. On s'apprêtait à aller déjeuner lorsqu'on entendit quelqu'un appeler nos noms.

Ron et Hermione étaient là tous les deux, assis à une terrasse, et nous faisaient de grands signes de la main.

-Enfin ! dit Ron avec un large sourire tandis qu'on s'asseyait à leur table.

On parla de tout et de rien, tout à la joie de se retrouver. On évoqua tout de même ce qui était arrivé à la tante Marge.

-Honnêtement, dit Hermione d'un ton grave, je suis stupéfaite que vous n'ayez pas été renvoyés de Poudlard, vous vous en sortez bien. Oh Ron, tiens-toi un peu, ce n'est pas SI drôle que ça !

Ron eut tout de même du mal à retrouver son sérieux. Quand il y parvint, il tendit le cou en regardant le Chemin de Traverse :

-Au fait, vous n'auriez pas vu Neville ?

-Si, on l'a croisé tout à l'heure, répondit Harry. Il n'avait pas l'air en grande forme.

-Non, dit Ron en fronçant les sourcils. Il a des soucis, sa grand-mère est décédée ces vacances.

-Oh non ! je m'exclamai. Pauvre Neville, je ne savais pas.

-Où va-t-il aller ? demanda mon cousin. C'est sa grand-mère qui l'élevait.

-Je ne sais pas, il restera peut-être chez nous, répondit Ron. Il est venu passer la fin des vacances au Terrier. Mes parents connaissaient bien les parents de Neville, Franck et Alice Londubat.

-Oui, dis-je sombrement. Ses parents ont été tués par Voldemort, comme les miens et ceux de Harry.

-Non Penny, rectifia Hermione. Les parents de Neville sont toujours en vie, mais pas en état de s'occuper de lui.

Elle baissa la voix :

-Ils ont été torturés jusqu'à en perdre la raison par Bellatrix Lestrange.

D'un même mouvement, on plaqua nos mains contre notre bouche, Harry et moi.

-Et maintenant cette folle s'est évadée, continua Hermione. Neville n'avait vraiment pas besoin de ça en plus.

Le déjeuner se termina dans une atmosphère pesante.


Une semaine plus tard

Le dernier jour des vacances, Ron, Neville et Hermione revinrent acheter leurs dernières fournitures scolaires. Ils avaient prévu de passer la nuit au Chaudron Baveur. La famille de Ron était également présente. Ce soir-là, le dîner fut particulièrement agréable. Tom avait disposé trois tables côte à côte dans le petit salon et il nous servit cinq plats délicieux. A la fin du dîner, on monta dans nos chambres préparer les bagages. Je venais de boucler ma valise et n'ayant pas encore sommeil, je commençais à redescendre dans le petit salon lorsque j'entendis des éclats de voix provenant d'une des chambres. Je reconnus la voix des parents de Ron. Je luttais contre l'envie d'écouter à la porte, quand j'entendis prononcer le nom de Harry. Je m'approchai.

-Arthur ! s'exclamait Mrs Weasley d'une voix perçante. Harry serait terrifié s'il apprenait la vérité. Laisse-le donc tran...

-C'est absurde de ne rien lui dire ! l'interrompit Mr Weasley. Il a le droit de savoir. Tu persistes à le traiter comme un gamin, mais il a treize ans et je veux simplement qu'il soit sur ses gardes. Il y a maintenant plus de trois semaines que Bellatrix Lestrange est en fuite et on connaît très bien ses intentions...

-Mais Harry sera parfaitement en sécurité à Poudlard. D'ailleurs, est-on vraiment sûrs que cette folle veuille le tuer ?

-Molly ! Les gardiens d'Azkaban ont dit à Fudge que depuis un certain temps, Bellatrix Lestrange parlait dans son sommeil et répétait sans cesse "Harry Potter...Poudlard". Lestrange veut achever la tâche de son maître, c'est évident.

-Fais ce que tu crois utile, Arthur...soupira Mrs Weasley.

J'entendis bouger des chaises et je filai dans ma chambre dans le plus grand silence. Naturellement, je mis mon cousin au courant de tout ce que je venais d'entendre. Celui-ci se montra beaucoup moins inquiet qu'il n'aurait dû. Il était surtout exaspéré à l'idée qu'il allait faire l'objet d'une surveillance de tous les instants jusqu'à ce que tout danger soit écarté.

Le lendemain, deux voitures officielles envoyées par le Ministère nous emmenèrent à la gare. Le voyage jusqu'à Poudlard se passa sans encombre. Le train s'arrêta le soir à la gare de Pré-au-lard. On suivit la foule des élèves sur un chemin boueux où nous attendaient une centaine de diligences tirées par des chevaux invisibles. Lorsque notre diligence s'approcha du portail en fer, j'eus le temps d'apercevoir deux créatures qui montaient la garde de chaque côté. Il s'agissait de hautes silhouettes enveloppées de capes, les visages entièrement dissimulés par des cagoules. Je me sentis brièvement engloutie par une vague glacée et nauséeuse au moment de franchir le portail. La diligence prit ensuite de la vitesse le long de l'allée en pente douce qui menait au château. Enfin, elle s'arrêta. On monta les marches, franchit la porte de chêne et s'engouffra dans l'immense hall d'entrée éclairé par des torches. On tourna à droite et pénétra dans la Grande Salle. Là je quittai Harry, Ron et Hermione pour aller m'installer à la table des Serpentard. La cérémonie de la Répartition terminée, le professeur McGonagall alla s'asseoir à la table des enseignants et le directeur Albus Dumbledore se leva.

-Bienvenue à vous tous pour une nouvelle année à Poudlard ! dit-il en souriant. J'ai quelques petites choses à vous dire et comme l'une d'elles est très sérieuse, autant s'en débarrasser tout de suite. Comme vous l'avez peut-être remarqué, l'école a dû accueillir quelques gardiens d'Azkaban qui nous ont été envoyés par le ministère de la Magie. Ce sont les silhouettes encapuchonnées que vous avez certainement vues en arrivant, on les appelle les Détraqueurs.

Il s'éclaircit la gorge et marqua une pause pendant laquelle je pus voir passer sur son visage une expression de dégoût.

-Je voudrais également vous rappeler, poursuivit-il, que, comme toujours, la forêt est interdite à tous les élèves et le village de Pré-au-Lard à celles et ceux qui n'ont pas encore atteint la quatrième année d'études. Cette année, l'école va accueillir un nouveau professeur de défense contre les forces du Mal, j'ai le plaisir de vous présenter le professeur Maugrey.

D'habitude, les nouveaux professeurs étaient salués par des applaudissements. Cette fois, pourtant, les professeurs furent les seuls à applaudir. Les élèves semblaient tellement pétrifiés par l'étrange apparence du professeur Maugrey qu'ils se contentaient de le regarder fixement. Chaque centimètre carré de la peau du nouveau venu paraissait marqué de cicatrices. Il lui manquait une bonne partie du nez mais c'était surtout l'un de ses yeux qui le rendait effrayant. Il était d'un bleu vif et remuait sans cesse, roulant dans son orbite, totalement indépendant de l'oeil normal. Il pouvait également se retourner complètement pour regarder en arrière et on ne voyait plus alors qu'un globe blanc. Maugrey serra la main de Dumbledore et alla s'asseoir sur une chaise vide. J'aperçus sous la table l'extrémité d'une jambe de bois. Négligeant le pichet de jus de citrouille posé devant lui, il fouilla dans la poche de sa cape, en sortit une flasque et but une longue gorgée de son contenu.

Dumbledore reprit :

-Il se fait tard à présent et il est important que vous soyez frais et dispos pour vos cours de demain matin. Alors, tout le monde au lit ! Et vite !


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