Tsune était assise dans l’annexe, le registre ouvert devant elle.
Pour une fois, elle n’écrivait pas.
Le pinceau reposait près de l’encrier, inutile.
Elle pensait encore à Kazama, à son visage levé vers le toit du temple. À sa voix calme. Au mépris froid avec lequel il avait parlé de Kōdō.
Aux choses qu’il disait savoir. Aux choses qu’elle-même commençait seulement à regarder en face.
Derrière le quadrillage de bois renforcé, l’homme attaché au mur remua faiblement.
Ses cheveux étaient noirs. Ses yeux aussi avaient gardé leur couleur humaine. Depuis quelques jours, les hommes auxquels l’Ochimizu avait été administré revenaient plus souvent à eux-mêmes entre deux accès de faim. Ils reconnaissaient les voix. Répondaient aux questions. Gardaient leur apparence tant que la soif ne les reprenait pas.
Les recherches avançaient.
C’était précisément ce qui rendait tout plus difficile à regarder.
Les anneaux grincèrent contre le bois.
— Quand est-ce que ça s’arrête ?
Tsune releva les yeux du registre.
Elle ne dit rien.
Il bougea les poignets. Ses chaînes tirèrent à peine, sans vraie force.
— Les chaînes. Les décoctions. Les questions.
Sa voix était encore humaine. Fatiguée, mais claire.
— On m’avait dit que si je choisissais le remède, je pourrais encore servir. Que je deviendrais plus fort. Que je serais utile au Shinsengumi.
L’homme baissa les yeux vers ses poignets liés.
— J’ai avoué. J’ai fait chanter ce marchand, oui. J’ai sali le nom du Shinsengumi. Mais je n’ai pas demandé à vivre comme ça.
Il essaya de rire. Le son mourut presque aussitôt.
— Ils ne vont pas me garder ici toute ma vie, n’est-ce pas ? À moitié endormi. À moitié enchaîné.
Tsune regarda ses mains.
Une marque sombre apparaissait près de son poignet. Une coupure fine, trop nette pour venir des chaînes.
Kōdō avait prélevé son sang pendant qu’il dormait.
Pour le traitement.
Pour elle.
L’homme suivit son regard, puis tira faiblement sur son bras.
— Qu’est-ce que c’est ?
Tsune baissa les yeux vers le registre.
Elle ne répondit pas.
Il resta silencieux un moment. Puis sa voix revint, plus basse.
— Vous le savez, n’est-ce pas ? Quand je pourrai rejoindre les autres ?
La question demeura suspendue entre eux.
Tsune ne trouva aucune phrase qui ne soit pas un mensonge.
Alors elle n’en donna pas.
L’homme ferma les yeux. Pendant un instant, elle crut qu’il cédait de nouveau au sommeil.
Puis sa respiration changea.
Ses doigts se crispèrent.
Il serra les dents si fort que sa mâchoire trembla.
Tsune posa déjà la main sur le pichet de calmant.
La transformation le prit.
D’un seul coup.
Ses cheveux pâlirent jusqu’au blanc. Ses yeux s’ouvrirent, rouges dans la lumière basse de l’annexe.
— C’est étrange, dit-il d’une voix rauque.
Tsune se figea.
Il eut un rire bref, aussitôt brisé par un gémissement.
— La soif.
Il ferma les yeux une seconde.
— Je sens votre sang d’ici.
Tsune ne bougea pas.
— C’est absurde, continua-t-il. Je sais que je ne devrais pas le dire. Je sais même que je devrais avoir honte de le penser.
Il rouvrit les yeux.
Ils étaient rouges, mais lucides.
— Et pourtant, une partie de moi meurt d’envie de vous dévorer.
La phrase aurait pu être une menace.
Elle ne l’était pas.
Il avait parlé avec une sorte d’effroi presque calme, trop conscient du mal qui le rongeait.
Un nouveau spasme le traversa.
Tsune sentit sa main se refermer sur la fiole.
— Je vais vous donner le calmant.
— Encore ?
Sa voix se brisa davantage.
— Je me réveille, j’ai faim, je crie, vous me faites boire, puis je disparais encore.
Il tira sur ses chaînes.
— Je ne sais plus quel jour on est.
Tsune resta immobile.
— Le calmant empêche les crises.
— Il m’empêche de penser.
Il haletait à présent, le visage luisant de sueur, les muscles de son cou tendus par l’effort de ne pas céder.
— Je ne vous demande pas de me détacher, murmura-t-il. Je ne suis pas assez fou pour ça.
Il eut un pauvre sourire.
— Pas encore.
Puis la douleur le plia plus durement en avant. Les chaînes claquèrent contre les anneaux.
— Mais si je dois finir comme ça… laissez-moi au moins rester réveillé quand je suis encore moi.
Tsune baissa les yeux vers le bol.
Elle versa la dose habituelle.
Puis s’arrêta.
À cette quantité, il dormirait jusqu’au soir. Peut-être jusqu’à la prochaine crise. Il ne crierait pas. Il ne supplierait pas. Il ne lui rappellerait pas qu’il y avait encore quelqu’un derrière la faim.
Ce serait plus simple.
Pour eux.
Pas pour lui.
Lentement, elle reversa la moitié du liquide dans le pichet.
Quand elle s’approcha, l’homme releva brusquement la tête.
La lucidité n’avait pas tout à fait disparu, mais elle se noyait déjà derrière la faim.
— Ne…
Il n’acheva pas.
Son corps tira sur les chaînes avec une violence qui fit trembler le bois. Tsune força le bol contre ses lèvres.
— Buvez.
Il essaya de se jeter vers elle.
Une partie du liquide coula sur son menton. Le reste passa.
Le Rasetsu se débattit encore quelques secondes. Puis ses forces cédèrent d’un coup.
Sa tête retomba contre le mur, la respiration toujours haletante.
Peu à peu, le blanc quitta ses cheveux.
Les mèches sombres reparurent, une à une.
Le sommeil l'avait gagné.
La porte de l’annexe s’ouvrit.
Kōdō entra, un petit coffret sous le bras. Son regard passa d’abord sur Tsune, puis sur le bol vide entre ses mains.
Il s’arrêta.
— Il a eu une crise ?
Tsune posa lentement le bol sur la table.
— Oui.
— Quand ?
— À l'instant.
Les sourcils de Kōdō se froncèrent légèrement.
— Je pensais qu’elle viendrait plus tard.
Tsune ne répondit pas tout de suite. Kōdō traversa l’annexe et posa son coffret près des registres.
— Hijikata m’a posé une question, dit-elle enfin.
Kōdō reporta les yeux sur elle.
— Laquelle ?
— Il veut savoir si nous avons remarqué des disparitions. Des fioles. Des documents. Des notes qui auraient pu être déplacées.
Le silence qui suivit fut très court. Trop court peut-être.
— Hijikata se mêle de beaucoup de choses.
— Il est vice-commandant.
— Je croyais que mes travaux relevaient de Sannan et de Niimi.
Tsune le regarda.
— Ce n’est pas une réponse.
Kōdō ouvrit son coffret avec soin, comme si la conversation ne méritait pas qu’il presse ses gestes.
— Les rumeurs courent depuis quelques jours. Tu devrais être prudente avec lui. Cette relation est risquée.
Elle se raidit.
— Ce n’est pas votre affaire.
— Ce n’est pas une question de morale, Tsune.
Il releva enfin les yeux vers elle.
— Pense aux conséquences. Si Kazama Chikage apprend qu’un homme du Shinsengumi partage ta chambre, tu sais ce qu’il fera.
Tsune ne répondit pas.
— Il le tuera, poursuivit Kōdō. Et il n’aura même pas besoin de prétendre que c’est par jalousie. Il dira qu’il protège ce qui lui appartient.
Les mots frappèrent plus juste qu’elle ne l’aurait voulu.
Tsune baissa les yeux.
Kōdō vit le mouvement. Il n’insista pas.
— De l’Ochimizu circule chez Chōshū, dit-elle.
Cette fois, Kōdō ne la regarda pas avec surprise.
— Les temps sont instables. Il n’est pas étonnant que Chōshū cherche à s’armer.
Tsune sentit quelque chose se resserrer dans sa poitrine.
— Vous n’êtes pas surpris.
— Non. Le shogunat cherche des armes. Les impérialistes cherchent des armes. Chaque camp prétend vouloir sauver le pays, mais tous cherchent seulement à posséder assez de force pour imposer sa victoire aux autres.
Il sortit plusieurs fioles et les aligna devant lui avec un soin presque distrait.
— Les humains appellent cela de la loyauté.
Il referma le coffret.
— Au fond, ils cherchent seulement une manière plus efficace de tuer avant d’être tués.
Un sourire presque las passa sur son visage.
Derrière le quadrillage, l’homme attaché remua faiblement. Ses cheveux demeuraient noirs. Ses yeux s’entrouvrirent à peine.
Ni Tsune ni Kōdō ne le virent.
— Vous les méprisez, murmura Tsune. Comme Kazama.
Kōdō releva les yeux.
— Je les observe.
Un silence passa.
— Les humains ne savent que détruire ce qu’ils ne parviennent pas à posséder.
Tsune sentit sa gorge se serrer.
— Vous parlez de votre clan. Des Yukimura.
La main de Kōdō s’immobilisa au-dessus des fioles.
Pendant un instant, son visage ne montra rien.
Puis il dit :
— Ils ont exterminé les miens, Tsune. Parce que nous refusions de nous joindre à leurs guerres. Parce qu’ils ne pouvaient pas tirer profit de notre puissance, ils ont préféré l’effacer.
Il baissa les yeux vers les fioles alignées.
— Et maintenant les voilà prêts à payer pour recevoir ce qu’ils ont toujours désiré.
Tsune ne bougea plus.
— Une part des pouvoirs d’un oni. La force. La résistance. La guérison.
Il effleura une fiole du bout des doigts.
— Une imitation assez grossière pour les satisfaire. Assez instable pour les condamner.
Sa voix resta calme.
C’était pire.
Tsune comprit avant même de poser la question.
Et pourtant, elle la posa.
— C’est vous qui avez livré l’Ochimizu à Chōshū.
Le silence fut très court.
Trop court.
— Oui.
Le mot tomba sans honte.
Tsune sentit son souffle se bloquer.
— Vous avez armé l’ennemi d’Aizu. L’ennemi du Shinsengumi.
Il ne répondit pas.
— Vous cherchez à vous venger.
— Appelle cela comme tu veux.
Quelque chose céda en elle.
— Aizu accuse Serizawa d'avoir fait circuler nos recherches.
Elle s’arrêta sur le mot.
Nos.
Kōdō, lui, ne sembla pas le relever.
— Eh bien, parfait. Aizu a trouvé un coupable commode.
— Ils vont le faire tuer pour ce que vous avez fait.
— Serizawa est un homme brutal, dangereux, et méprisable.
— Ils vont le condamner pour un acte qu'il n'a pas commis.
Sa voix demeura basse. Patiente.
— Allons, Tsune. Tu ne vas pas défendre Serizawa.
Derrière eux, une voix rauque s’éleva.
— Traître…
Tsune se retourna d’un coup.
L’homme attaché avait ouvert les yeux.
Son visage était couvert de sueur, mais ses cheveux étaient noirs encore. Son regard aussi était humain. Fatigué. Brumeux. Suffisamment éveillé pour avoir compris.
— Vous vendez vos recherches à l’ennemi.
Kōdō devint parfaitement immobile.
Puis son regard descendit vers le bol vide.
Il se dirigea vers le pichet posé près des fioles, l’inclina légèrement, observa la quantité de calmant qui restait.
— Il devait dormir.
Tsune ne répondit pas.
Kōdō tourna lentement les yeux vers elle.
— Tu as réduit la dose sans mon autorisation.
— Il voulait rester éveillé plus longtemps, pour ne pas vivre seulement les crises.
— Il voulait ?
Pour la première fois, une dureté réelle passa dans sa voix.
— Depuis quand la volonté d’un sujet décide-t-elle du protocole ?
Tsune sentit ses doigts se crisper.
— Grâce à ta compassion, il a entendu ce qu’il ne devait pas entendre.
L’homme tira sur ses chaînes.
— Traître !
Le cri heurta les murs de l’annexe.
Tsune tourna vivement la tête vers la porte.
Kōdō, lui, ne regarda même pas derrière lui.
— Voilà.
Il prit le pichet.
— Maintenant, il faut réparer ton erreur.
Tsune comprit avant qu’il ne bouge.
— Non.
Kōdō ouvrit la petite porte du quadrillage de bois.
L’homme attaché recula autant que ses chaînes le lui permettaient. Ses cheveux étaient encore noirs, son visage encore humain mais déformé par la peur.
Kōdō entra dans la cellule.
Tsune le suivit.
— Arrêtez.
— Il est trop tard.
— Cette quantité le tuera.
— Oui.
La simplicité de la réponse la glaça.
Kōdō s’arrêta devant l’homme, le pichet à la main.
— Il a entendu. Il crie. S’il parle, tout sera perdu. Tu n'aurais pas dû le laisser se réveiller.
La faute retomba sur elle avec une précision terrible.
La demi-dose.
Le liquide reversé dans le pichet, en croyant rendre à cet homme quelques heures de conscience. Ce geste minuscule, presque miséricordieux, qui avait suffi à tout dérégler.
Kōdō allait le tuer pour cela.
Elle le vit s’approcher encore de l’homme attaché au mur, le pichet à la main.
Elle vit les chaînes, la coupure au poignet où le sang avait été prélevé.
Elle revit la fiole rouge brun que Kōdō lui avait tendue. Le goût métallique revint dans sa bouche.
Elle l’avait bu.
Le sang d'un homme comme lui. Le sang de ceux qu’elle notait dans les registres, qu’elle endormait, qu’elle observait.
Son propre corps tenait debout grâce à eux.
Cette pensée aurait dû suffire à l’arrêter. Elle aurait dû suffire à tout dire à Hijikata.
Mais elle avait corrigé les registres. Elle avait menti. Elle avait laissé Kōdō parler de protocole, de traitement, de nécessité.
Kazama l’avait regardée avec mépris. Elle avait cru qu’il méprisait sa faiblesse.
Peut-être avait-il seulement vu plus clairement qu’elle ce à quoi elle participait.
Kōdō leva le pichet.
L’homme tira sur ses chaînes.
Et soudain, la dernière défense céda.
Il n’y avait pas d’un côté le remède, de l’autre les armes.
Elle n’avait pas aidé à sauver des femmes oni. Elle avait aidé Kōdō à fabriquer un poison monstrueux.
Le sabre quitta le fourreau.
Kōdō eut à peine le temps de tourner la tête.
La lame passa.
Nette.
Le pichet tomba le premier.
Le calmant se répandit sur le bois.
Puis le corps de Kōdō s’effondra aux pieds de l’homme enchaîné.
La tête roula contre le mur.
Le silence qui suivit fut si brutal que Tsune entendit le liquide continuer de couler entre les lattes.
L’homme attaché ne cria plus.
Il la regardait avec des yeux immenses, terrifiés.
— Détachez-moi, murmura-t-il.
Tsune ne répondit pas.
Elle resta immobile, le sabre encore levé.
Puis, lentement, elle baissa la lame et rengaina.
— Je ne veux pas mourir ici, dit-il.
Elle s'approcha et ouvrit les anneaux.
Il chancela jusqu’à la porte, le souffle haché, les épaules secouées de spasmes. Au moment où il franchit le seuil, Tsune vit ses cheveux pâlir de nouveau, mèche après mèche, jusqu’à devenir blancs.
Puis il disparut dans la cour.
Tsune resta immobile une seconde, le regard baissé vers le corps de Kōdō.
Le sang s’étendait lentement sur le bois.
Elle se détourna.
Sur la table, les fioles étaient toujours alignées. Celles du variant. Celles qui maintenaient son apparence humaine et ses régénérations.
Elle prit le coffret que Kōdō avait apporté et les y rangea une à une.
Dehors, une voix s’éleva.
— Toi, tu n'as rien à faire ici.
Okita.
Un choc suivit. Puis le bruit d’un sabre tiré à moitié trop vite. Puis un cri, rauque, pas tout à fait humain.
Tsune se figea.
La voix d’Okita revint, plus tendue.
— Saleté !
Ses mains bougeaient avant qu’elle ait vraiment décidé quoi faire.
Elle prit les notes de Kōdō, les replia sans les lire et les enferma dans le coffret. Puis elle ouvrit le tiroir bas, en tira les rouleaux dissimulés sous une pile de linges propres, les feuillets sur le variant, les relevés de doses.
Elle glissa ce qu’elle put à sa ceinture. Le reste resta sur la table, les pages ouvertes, couvertes de lignes trop nettes, de chiffres trop précis, de mots qui avaient servi à rendre l’horreur acceptable.
Le reste devait disparaître.
Pas être confié à Sannan.
Pas être remis à Aizu.
Pas être repris par un autre homme qui trouverait des mots plus propres pour poursuivre les recherches.
Elle saisit la jarre d’alcool à désinfecter posée près de l’étagère et la renversa sur le sol, sur les documents, sur le bois sec du bureau.
L’odeur forte monta aussitôt.
La porte s'ouvrit violemment.
Okita apparut sur le seuil.
Il tenait son bras gauche serré contre lui. Du sang coulait entre ses doigts, sombre sur sa manche. Son visage était pâle, mais ses yeux, eux, étaient parfaitement clairs.
— Shiranui, tout va bien ?
Il regarda d’abord l’alcool répandu au sol, puis le coffret dans sa main.
— Un Rasetsu vient de s’échapper.
Tsune ne répondit pas.
Elle resta debout, la jarre vide inclinée vers le sol.
Okita fit un pas à l’intérieur.
Son regard glissa enfin vers le fond de l’annexe.
Vers le corps de Kōdō.
Le silence tomba.
Okita resta immobile.
Puis il demanda, très bas :
— Qu’est-ce qui s’est passé ?
Tsune baissa les yeux vers Kōdō.
— Il devait mourir.
Le regard d’Okita passa de Kōdō à elle. Pendant une seconde, il sembla attendre qu’elle ajoute quelque chose, un ordre, une explication, n’importe quoi qui rendrait la scène moins claire qu’elle ne l’était.
Elle ne dit rien.
Le visage d’Okita se ferma.
D’un seul coup.
— Je vois.
Sa main droite se posa sur la garde de son sabre.
Il attaqua.
Même blessé, il était rapide.
Tsune lâcha la jarre vide et recula. La lame d’Okita passa à l’endroit où elle s’était tenue une seconde plus tôt. Elle heurta le bord du bureau, le coffret faillit lui échapper des mains.
La jarre roula sur le sol.
La table trembla.
La lampe bascula.
Pendant un instant, la flamme sembla hésiter au bord du papier imbibé.
Puis l’alcool prit feu.
La lumière jaillit entre eux.
Okita ne détourna pas les yeux.
Il frappa encore.
Tsune para. Elle n’avait pas le temps. Pas la place. Pas d’issue propre.
Elle dégaina et frappa pour ouvrir un passage.
La lame entailla Okita au flanc. Pas assez profondément pour le tuer. Assez pour le faire plier.
Il étouffa un souffle, un genou presque au sol, mais sa main resta fermée sur son sabre.
— Shiranui…
Elle franchit la porte de l’annexe et sortit dans la nuit.
Le feu gagnait déjà le registre laissé ouvert.
Puis les étagères.
Tsune serra le coffret contre elle et courut.