Saison 1, épisode 1 : Pilot
🎵 Musique recommandée : Young Folks — Peter Bjorn and John
(https://www.youtube.com/watch?v=iArXv64tCJA)
PROLOGUE — NEW YORK, NEW YORK
New York.
Une ville où les rêves les plus extravagants semblaient à portée de main, où les fortunes se construisaient derrière les portes des appartements luxueux et où les secrets les plus sombres se dissimulaient sous des sourires impeccables.
Sur l’Upper East Side, l’argent était une langue maternelle, les réputations se transmettaient comme des héritages et les amitiés pouvaient se transformer en guerres sans qu’aucun coup de feu ne soit tiré.
Les apparences comptaient. Les noms comptaient. Les invitations comptaient.
Et, surtout, tout le monde connaissait quelqu’un qui connaissait quelqu’un.
Au milieu de ce théâtre social, Serena van der Woodsen occupait une place particulière.
Blonde, élégante, spontanée, elle possédait cette beauté lumineuse qui attirait les regards sans qu’elle semble avoir besoin de la rechercher. Elle pouvait entrer dans une pièce et en devenir le centre d’attention avant même d’avoir prononcé un mot.
Pourtant, derrière les photographies de soirées, les vêtements de créateurs et les sourires immortalisés par les appareils photo, Serena était loin d’être aussi simple que les autres le prétendaient.
Elle avait ses failles, ses regrets, ses secrets.
Et elle venait de disparaître pendant un certain temps.
À présent, elle revenait.
À Brooklyn, de l’autre côté de la ville, Dan Humphrey ignorait encore que ce retour allait bouleverser son quotidien.
Dan n’était ni un héritier célèbre ni un habitué des soirées les plus exclusives de Manhattan. Il vivait avec son père, Rufus, et sa petite sœur, Jenny, dans un environnement beaucoup plus modeste. Il écrivait, observait les gens et préférait souvent les livres aux mondanités.
Il connaissait pourtant le monde de Serena.
Ou, du moins, il croyait le connaître.
Car il existe une différence entre admirer une personne de loin et découvrir qui elle est réellement.
Et Dan allait bientôt apprendre que la fille qu’il avait remarquée bien avant ce matin-là n’était pas seulement une jolie blonde de l’Upper East Side.
Elle était Serena.
Et Serena, elle, n’avait aucune idée de ce qui l’attendait.
CHAPITRE 1 — LE RETOUR
Grand Central Terminal, Manhattan.
La gare était déjà bondée.
Des voyageurs pressés traversaient le hall, des roulettes de valises claquaient contre le sol et des annonces résonnaient au-dessus du brouhaha général. Les grandes fenêtres laissaient pénétrer une lumière pâle qui se reflétait sur les surfaces de pierre.
Parmi cette foule, une silhouette attira l’attention de Dan Humphrey.
Il s’était arrêté quelques secondes, son téléphone à la main, tandis qu’il attendait son train.
Puis il la vit.
Une longue chevelure blonde. Une silhouette familière. Une démarche qu’il aurait reconnue parmi des centaines d’autres.
Dan cligna des yeux.
Non.
C’était impossible.
Il regarda de nouveau.
Serena van der Woodsen.
Elle était là.
La jeune femme avançait dans la gare avec un sac à la main, comme si elle n’avait pas passé des semaines loin de New York. Elle semblait légèrement préoccupée, mais conservait cette aisance naturelle qui lui donnait l’impression d’appartenir à n’importe quel endroit où elle se trouvait.
Dan sentit son cœur accélérer.
Il ne lui avait pas parlé depuis longtemps. En réalité, leur relation n’avait jamais été assez proche pour justifier le manque qu’il avait ressenti en constatant sa disparition.
Et pourtant, il l’avait remarquée.
Il avait remarqué son absence.
Il avait remarqué que les conversations autour d’elle s’étaient transformées en rumeurs.
Il avait remarqué que même les personnes qui prétendaient ne pas l’apprécier continuaient de parler d’elle.
Serena van der Woodsen avait quitté la ville, et tout le monde semblait avoir une théorie sur les raisons de son départ.
Dan, lui, n’en savait rien.
Il savait seulement qu’elle était revenue.
Son téléphone vibra.
Un message de Jenny lui demandait s’il rentrait bientôt. Il le lut sans répondre, les yeux toujours fixés sur Serena.
Elle s’arrêta un instant pour consulter son propre téléphone.
Dan envisagea de s’approcher.
Que pouvait-il lui dire ?
Salut, Serena. Ça fait longtemps.
Trop banal.
Je suis content que tu sois revenue.
Beaucoup trop révélateur.
Il finit par rester immobile.
Serena releva la tête, regarda autour d’elle et poursuivit son chemin sans le voir.
Dan la regarda s’éloigner.
Il aurait pu courir après elle. Il aurait pu prononcer son prénom, attirer son attention et découvrir immédiatement si elle se souvenait de lui.
Mais il ne bougea pas.
Lorsque Serena disparut dans la foule, il expira lentement.
— Incroyable, murmura-t-il pour lui-même.
Il ne savait pas encore que, quelques heures plus tard, leurs chemins se croiseraient de nouveau.
Et cette fois, il ne pourrait pas se contenter de la regarder partir.
CHAPITRE 2 — DEUX MONDES
À Brooklyn, l’appartement des Humphrey était loin du calme que Dan aurait souhaité retrouver.
— Tu as vu ça ? demanda Jenny en lui montrant son téléphone.
Dan posa son sac près de la table.
— Bonjour à toi aussi.
— Serena van der Woodsen est revenue !
Jenny avait prononcé son nom avec une excitation presque enfantine.
Dan détourna les yeux.
— Oui. J’ai vu.
Jenny plissa les yeux.
— Attends. Tu savais déjà ?
— Je l’ai aperçue à Grand Central.
— Et tu ne m’as pas appelée ?
— Pour te dire quoi ? Que j’avais vu une fille traverser une gare ?
Jenny leva les yeux au ciel.
— Dan, ce n’est pas n’importe quelle fille.
Il eut un petit sourire.
— Je sais.
Jenny se laissa tomber sur une chaise, déjà plongée dans les nouvelles publications consacrées au retour de Serena.
Pour elle, Serena représentait une sorte de légende vivante. Elle fréquentait les bonnes personnes, assistait aux soirées dont tout le monde parlait et semblait évoluer dans un univers où les portes s’ouvraient naturellement.
Jenny voulait connaître ce monde.
Dan, lui, avait toujours été plus méfiant.
Il n’avait rien contre les personnes riches. Il détestait simplement l’idée que leur argent et leur popularité leur permettent de définir la valeur des autres.
— Tu crois qu’elle est revenue pour de bon ? demanda Jenny.
Dan haussa les épaules.
— Comment veux-tu que je le sache ?
— Tu pourrais lui parler.
Il tourna la tête vers elle.
— Pourquoi est-ce que je lui parlerais ?
Jenny lui adressa un regard qui signifiait clairement qu’elle ne le croyait pas.
— Parce que tu l’as remarquée avant tout le monde, peut-être ?
— N’importe quoi.
— Bien sûr.
Elle sourit, satisfaite de l’avoir embarrassé.
Dan attrapa une tasse sur le comptoir et se servit du café.
Il n’allait certainement pas avouer à sa petite sœur qu’il avait passé une partie de la matinée à réfléchir à une fille qu’il connaissait à peine.
Il ne voulait pas être ce garçon-là.
Celui qui idéalisait une inconnue parce qu’elle était belle, célèbre et inaccessible.
Il préférait croire qu’il était plus raisonnable.
Mais une partie de lui savait que ce n’était pas toute la vérité.
Serena l’intriguait depuis longtemps.
Pas seulement parce qu’elle appartenait à un univers dont il était exclu.
Il y avait quelque chose dans son sourire, dans sa manière de paraître libre au milieu de toutes les attentes qui pesaient sur elle, qui avait retenu son attention.
Il s’était demandé à quoi elle pouvait penser lorsqu’elle n’était plus entourée de monde.
Il s’était demandé si elle se sentait parfois seule.
Et, plus d’une fois, il s’était demandé ce qui se passerait s’ils avaient l’occasion de se parler.
Il n’avait jamais obtenu de réponse.
Jusqu’à aujourd’hui.
CHAPITRE 3 — LE NOM SUR TOUS LES ÉCRANS
Pendant ce temps, sur l’Upper East Side, le retour de Serena était déjà devenu le sujet incontournable.
Les téléphones vibraient. Les messages circulaient. Les rumeurs se propageaient plus vite que les faits.
Et, au centre de cette agitation, une jeune femme observait les nouvelles avec une attention particulière.
Blair Waldorf.
Blair et Serena avaient partagé bien plus que des après-midi entre amies et des soirées mondaines. Elles avaient grandi dans le même environnement, appris les mêmes codes et construit une relation aussi intense que compliquée.
Serena avait toujours occupé une place singulière dans la vie de Blair.
Elle était sa meilleure amie, mais aussi celle à qui l’on pardonnait parfois tout. Celle qui pouvait commettre des erreurs et continuer à être aimée. Celle dont la simple présence suffisait à détourner l’attention.
Blair n’aimait pas toujours cette réalité.
Elle aimait encore moins être la dernière informée.
Le retour de Serena soulevait de nombreuses questions. Pourquoi était-elle partie ? Pourquoi revenait-elle maintenant ? Et pourquoi personne ne semblait capable de lui donner une explication complète ?
Blair avait ses propres problèmes, notamment avec Nate Archibald, son petit ami de longue date.
Elle aurait dû se concentrer sur lui, sur leur relation et sur l’avenir qu’elle imaginait depuis des années.
Pourtant, le retour de Serena menaçait déjà de bouleverser cet équilibre.
Parce qu’entre Blair et Serena, l’affection n’avait jamais empêché la comparaison.
Et lorsque l’une revenait dans la vie de l’autre, les anciennes blessures ne tardaient jamais à refaire surface.
CHAPITRE 4 — LA RENCONTRE
Le lendemain, l’agitation entourant Serena n’avait pas diminué.
Au contraire, sa présence semblait avoir réveillé toute une partie de Manhattan.
Dan tenta de se convaincre que cette histoire ne le concernait pas.
Il avait ses cours, ses lectures et ses propres préoccupations. Il ne comptait pas courir après Serena simplement parce que la ville entière semblait fascinée par son retour.
Mais le hasard — ou quelque chose qui lui ressemblait — finit par les rapprocher.
Lorsqu’il se retrouva face à elle, Dan eut soudain l’impression que toutes les phrases qu’il avait préparées dans sa tête venaient de disparaître.
Serena le reconnut.
Son expression changea légèrement, comme si elle cherchait à replacer son visage dans ses souvenirs.
— Dan ?
Il esquissa un sourire.
— Salut, Serena.
Elle parut sincèrement surprise de le voir.
— Je ne savais pas que tu étais là.
— J’aurais pu dire la même chose de toi.
Serena laissa échapper un petit rire.
— Oui. C’est vrai.
Pendant quelques secondes, ils restèrent là, hésitants.
Dan avait imaginé cette conversation sans jamais savoir comment elle commencerait. Il s’était attendu à être intimidé, à manquer de mots ou à se sentir ridicule face à elle.
Pourtant, à mesure qu’ils échangeaient leurs premières phrases, il découvrit quelque chose d’inattendu.
Elle semblait aussi nerveuse que lui.
Serena lui demanda comment il allait. Il lui répondit avec une simplicité qui contrastait avec les conversations auxquelles elle était habituée.
Il ne lui demanda pas immédiatement pourquoi elle était partie.
Il ne lui posa pas de questions indiscrètes sur les rumeurs.
Il ne sembla pas chercher à tirer profit de son retour.
Il lui parlait comme à une personne.
Pas comme à une célébrité.
Serena en fut soulagée.
Elle avait passé suffisamment de temps à se demander ce que les autres pensaient d’elle. Elle n’avait aucune envie de justifier son passé devant chaque personne qu’elle rencontrait.
Avec Dan, la conversation semblait différente.
Il était réservé, parfois maladroit, mais il ne cherchait pas à impressionner qui que ce soit.
— Alors, reprit-il, comment se passe ton retour ?
Serena baissa brièvement les yeux.
— C’est… compliqué.
Il hocha la tête.
— Je peux imaginer.
Elle releva les yeux vers lui.
— Vraiment ?
Dan hésita.
— Pas exactement. Mais je peux essayer.
Cette réponse lui arracha un sourire plus sincère.
Il ne prétendait pas la comprendre parfaitement.
Il ne lui promettait pas qu’il avait toutes les réponses.
Il reconnaissait simplement qu’il ne savait pas tout.
Pour Serena, c’était déjà différent.
Ils poursuivirent leur conversation, abordant des sujets ordinaires, des cours et des souvenirs. Peu à peu, l’embarras initial s’estompa.
Dan découvrit que Serena pouvait rire de choses simples. Qu’elle ne cherchait pas constamment à parler d’elle-même. Qu’elle pouvait se montrer attentive lorsqu’on lui laissait le temps d’être autre chose que la fille dont tout le monde parlait.
Serena, de son côté, découvrit un garçon qui n’essayait pas de jouer un rôle.
Il ne possédait pas le charme provocateur de certains garçons de son entourage ni leur assurance calculée.
Il avait autre chose.
Une façon de regarder le monde comme s’il cherchait à en comprendre les contradictions.
Une façon de parler qui lui donnait parfois envie de réfléchir avant de répondre.
Et une sincérité qui la déstabilisait plus qu’elle ne voulait l’admettre.
Lorsqu’ils finirent par se séparer, Serena lui adressa un dernier sourire.
— On se reverra, Dan.
Il soutint son regard.
— J’espère bien.
Elle s’éloigna.
Cette fois, Dan ne ressentit pas seulement le regret de l’avoir laissée partir.
Il ressentit la possibilité de la revoir.
Et cette possibilité suffisait à transformer une journée ordinaire en quelque chose qu’il n’oublierait pas.
CHAPITRE 5 — UNE INVITATION
Les heures suivantes passèrent dans une succession de cours, de conversations et de notifications.
Dan essaya de se concentrer sur ses occupations habituelles.
Il échoua.
Chaque fois que son esprit s’égarait, il repensait à la manière dont Serena avait prononcé son prénom.
C’était absurde.
Ils n’avaient échangé que quelques phrases. Il ne savait presque rien de ce qu’elle avait vécu pendant son absence. Il ignorait même si elle avait réellement envie de le revoir.
Il refusait de transformer une conversation agréable en histoire d’amour imaginaire.
Il avait suffisamment de lucidité pour savoir que les choses étaient rarement aussi simples.
Et pourtant, lorsqu’une occasion de la retrouver se présenta, il ne la laissa pas passer.
L’idée d’une fête organisée dans l’univers de Serena aurait normalement dû le faire hésiter.
Dan n’était pas à l’aise dans ces rassemblements où les vêtements, les noms et les relations semblaient déterminer la valeur de chacun.
Il savait ce que les autres pouvaient penser de lui.
Le garçon de Brooklyn.
Le fils d’un musicien qui avait connu des jours meilleurs.
Celui qui observait l’Upper East Side sans vraiment en faire partie.
Il aurait pu décider que ce monde n’était pas fait pour lui.
Il aurait pu rester chez lui, ouvrir un livre et prétendre que la question ne se posait même pas.
Mais Serena était là.
Et, pour une fois, Dan avait envie de découvrir ce qui se cachait derrière les portes qu’il avait toujours regardées de l’extérieur.
Il n’avait aucune garantie que la soirée se passerait bien.
Il savait seulement qu’il regretterait probablement davantage de ne pas y aller.
Alors il se prépara.
Pas pour impressionner Serena.
Du moins, c’est ce qu’il essaya de se raconter.
Il choisit une tenue convenable, vérifia son apparence dans le miroir et soupira devant son propre reflet.
— Tu fais quoi, exactement ? se demanda-t-il.
Le miroir ne lui répondit pas.
Dan attrapa sa veste.
— Très bien.
Il allait y aller.
CHAPITRE 6 — AU MILIEU DES LUMIÈRES
La soirée était à l’image du monde de Serena : élégante, animée et remplie de personnes qui semblaient toutes se connaître.
La musique se mêlait aux conversations. Les invités riaient, se saluaient et échangeaient des regards qui en disaient parfois davantage que leurs paroles.
Dan se sentit immédiatement à part.
Il observa la pièce, cherchant un visage familier.
Puis il la vit.
Serena se tenait parmi les invités, lumineuse sans sembler faire le moindre effort. Elle discutait avec plusieurs personnes, riait à une remarque et paraissait parfaitement à l’aise.
Dan s’arrêta quelques instants.
Il aurait pu repartir.
Personne ne lui aurait reproché de ne pas rester dans un endroit où il ne se sentait pas à sa place.
Mais Serena tourna la tête.
Leurs regards se croisèrent.
Son visage s’éclaira.
— Dan !
Elle vint vers lui, visiblement heureuse de le retrouver.
— Tu es venu !
— J’ai fini par me dire que je pouvais survivre à une soirée mondaine.
Elle rit.
— Je suis contente que tu sois là.
Dan sentit la tension dans ses épaules diminuer.
— Moi aussi.
Pendant un moment, ils oublièrent presque les autres invités.
Ils parlèrent de leurs journées, de leurs goûts et de sujets sans importance apparente. Dan découvrit que Serena pouvait se montrer curieuse lorsqu’on ne lui imposait pas de répondre aux questions que tout le monde lui posait.
Elle lui demanda ce qu’il aimait lire.
Il lui parla de ses préférences, de son intérêt pour les histoires et de cette habitude qu’il avait de regarder les gens en imaginant ce qu’ils pouvaient cacher derrière leurs gestes.
— Tu analyses toujours les gens comme ça ? demanda-t-elle.
— Seulement quand ils sont intéressants.
Serena arqua un sourcil.
— C’est censé être un compliment ?
Dan sourit.
— À toi de décider.
Elle rit de nouveau.
Et Dan comprit qu’il aimait ce rire.
Pas parce qu’il était spectaculaire ou parfaitement maîtrisé.
Parce qu’il semblait spontané.
Parce qu’il lui donnait envie de continuer à parler.
Parce qu’il lui faisait oublier, pendant quelques secondes, les différences entre leurs deux mondes.
La soirée se poursuivit.
D’autres personnes vinrent leur parler. Serena fut parfois entraînée dans des conversations auxquelles Dan ne comprenait pas grand-chose. Il découvrit aussi que son univers ne se résumait pas à des fêtes et à de beaux vêtements.
Il était rempli d’attentes, de rivalités et de règles invisibles.
Et Serena, même lorsqu’elle semblait parfaitement à l’aise, devait elle aussi composer avec ces contraintes.
Dan ne pouvait pas encore comprendre tout ce que cela représentait pour elle.
Mais il commençait à voir la différence entre l’image publique de Serena van der Woodsen et la jeune femme qui se tenait devant lui.
Il ne savait pas encore si cette différence serait suffisante pour les rapprocher durablement.
Il savait simplement qu’il avait envie de la découvrir.
CHAPITRE 7 — LE PREMIER PAS
À mesure que la soirée avançait, Dan sentit son assurance revenir.
Serena et lui avaient trouvé un rythme. Leurs conversations devenaient plus naturelles, leurs sourires moins hésitants.
Il n’avait plus l’impression d’être un intrus.
Du moins, pas lorsqu’il se trouvait avec elle.
Il finit par comprendre que Serena ne lui demandait pas de devenir quelqu’un d’autre.
Elle ne lui demandait pas de prétendre qu’il connaissait toutes les personnes présentes ni de s’intéresser aux choses qui ne l’intéressaient pas.
Elle semblait apprécier qu’il soit simplement Dan.
Cette idée le rassurait autant qu’elle l’inquiétait.
Parce qu’il commençait à espérer que ce qu’ils partageaient ne s’arrêterait pas à cette soirée.
Lorsqu’un silence s’installa entre eux, Serena le regarda avec une expression plus sérieuse.
— Je suis vraiment contente de t’avoir revu.
Dan sentit son cœur battre un peu plus vite.
— Moi aussi.
Elle sembla hésiter, comme si elle cherchait les mots justes.
— Je sais que mon retour est un peu… étrange.
Il ne l’interrompit pas.
— Tout le monde veut savoir pourquoi je suis partie. Tout le monde a quelque chose à dire. Et parfois, j’ai l’impression que les gens ont déjà décidé qui je suis avant même que j’aie la possibilité de leur parler.
Dan baissa légèrement la tête.
Il aurait pu lui dire qu’il connaissait bien cette impression, même si les raisons étaient différentes.
Il aurait pu lui parler de son propre regard sur l’Upper East Side.
Mais il choisit de l’écouter.
Serena poursuivit :
— Avec toi, c’est différent.
Il releva les yeux.
— Comment ça ?
Elle sourit timidement.
— Tu ne sembles pas attendre que je sois quelqu’un en particulier.
Dan resta silencieux quelques secondes.
— Peut-être parce que je ne te connais pas assez pour décider à ta place.
Serena le regarda, surprise.
Puis elle rit doucement.
— C’est probablement la réponse la plus honnête que j’aie entendue depuis mon retour.
— Je peux essayer de faire mieux la prochaine fois.
— Il y aura une prochaine fois ?
Dan sentit son hésitation disparaître.
— Si tu en as envie.
Serena soutint son regard.
— Oui. J’en ai envie.
Ce n’était pas une déclaration d’amour.
Ce n’était pas une promesse.
Ce n’était même pas la garantie que leur histoire serait simple.
C’était seulement une invitation à continuer.
Mais, pour Dan, cela représentait déjà beaucoup.
ÉPILOGUE — CE QUE NEW YORK IGNORE
Plus tard, lorsque Dan quitta la soirée, les rues de Manhattan lui semblèrent différentes.
Les lumières des immeubles se reflétaient sur les vitres des voitures. Les passants poursuivaient leur chemin, indifférents aux histoires qui venaient de commencer ou de se compliquer derrière les portes des appartements.
Dan marchait lentement, les mains dans les poches.
Il repensait à Serena.
À son sourire lorsqu’elle l’avait aperçu.
À leurs conversations.
À cette manière qu’elle avait eue de lui faire sentir qu’il pouvait être lui-même dans un univers qui ne lui appartenait pas.
Il savait qu’il ne devait pas tirer de conclusions trop rapides.
Serena avait une vie qu’il ne connaissait pas. Elle avait des amis, une famille, un passé et des problèmes dont il ignorait presque tout.
Il ne pouvait pas prétendre comprendre ce qu’elle ressentait.
Mais il avait envie d’essayer.
À quelques rues de là, Serena retrouvait le tumulte de son quotidien.
Les messages continuaient d’arriver. Les questions n’avaient pas disparu. Son retour n’avait pas effacé les événements qui l’avaient précédé.
Pourtant, elle aussi repensait à cette soirée.
À Dan.
À sa manière de l’écouter sans chercher immédiatement à obtenir une explication.
Elle ne savait pas ce que cela signifiait.
Elle ne savait pas si leur rapprochement durerait quelques jours ou s’il finirait par changer quelque chose dans sa vie.
Elle savait seulement qu’elle avait envie de le revoir.
Et, dans une ville où chacun semblait vouloir décider de l’avenir des autres, cette envie lui appartenait.
New York continuerait de parler.
Les secrets continueraient de circuler.
Gossip Girl continuerait de publier ses informations, ses rumeurs et ses révélations.
Mais, pour la première fois depuis son retour, Serena avait rencontré quelqu’un avec qui elle avait envie de découvrir ce qui viendrait ensuite.
Et Dan, de son côté, venait de franchir une frontière qu’il avait longtemps contemplée de loin.
Il ne savait pas encore où cette histoire le conduirait.
Il ignorait les séparations, les retrouvailles et les choix difficiles qui les attendaient.
Pour l’instant, il n’y avait que deux personnes, une rencontre et la possibilité d’un commencement.
À New York, certaines histoires commencent par une rumeur. D’autres commencent par un regard.
La leur venait de commencer.
Fin du chapitre 1.