Ennemi ou ami, imaginaire ou réel ? Ou Jakyll et Hyde à la Ghost Whisperer

Chapitre 33 : Double vol

Par 1950m

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20 novembre 2005, 13 h 00.


Nous sommes dans la voiture de Jim, pour une sortie familiale à Openview, question d’amuser Christopher et Jack. Mon époux conduit, je suis la co-conductrice et nos fils sont sur les sièges arrière. 

Tout à coup, la radio grésille et j’entends très clairement : « Il faut lire l’histoire. » 

Étonnée, je balbutie : 

– Jim, il me semble que ce n’est pas au programme de la radio…

Mon époux marmonne : 

– J’ignore qui parle à travers la radio…

Nous entendons à nouveau le même message.

Malgré moi, je soupire en pensant : « Est-ce plutôt un esprit qui jouerait avec la radio ? Mais, bon sang ! » Je me masse les tempes, car un mal de tête commence à poindre. « Qu’il se manifeste, au lieu de parler à travers des ondes électroniques ! »

Puis la radio redevient silencieuse. Jim s’est déjà plaint il y a quelques jours, voire même un ou deux mois plus tôt, de phénomènes semblables. Moi, ils m’agacent. Je me demande bien qui est cet esprit et de quelle histoire il est question. Je prie en mon for intérieur la Vierge de m’aider. Le reste du trajet se fait, Dieu soit loué, sans encombre. Nous voilà rendus au parc-zoo d’Openview, dans lequel nos fils regardent avec beaucoup de curiosité autant les animaux que les jouets dans le petit magasin annexé au zoo. 


Tard en après-midi, nous revenons à l’endroit où mon époux a stationné la voiture pour constater son absence. Étonné, Jim revient sur ses pas et parcourt le stationnement pensant s’être trompé d’emplacement. Mais il se rend à l’évidence : la voiture a été volée. Moue de mécontentement, il murmure :

— Je ne la trouve nulle part… Je trouverai bien une solution pour revenir chez nous…

Il demeure pensif pendant je ne sais combien de temps, le front plissé. Il s’exclame, les yeux traversés par une lueur de joie, large sourire aux lèvres :

– L’autobus interurbain !

Je l’embrasse sur la joue droite en signe d’approbation et de soutien.

« Tu es vraiment génial ! » pense-je en soupirant de joie. Puis Jim, Christopher, Jack et moi nous nous rendons à la gare centrale d’Openview, où Jim achète les billets pour nous deux. Heureusement que pour les enfants en bas âge, le transport en commun est gratuit. Voilà qu’en une dizaine de minutes, nous attendons le prochain autobus pour Grandview. Pour tromper l’impatience de nos fils, je les laisse s’amuser avec les jouets achetés à la boutique du zoo. Je suis assise sur un banc, tout en les regardant jouer. Lorsqu’ils s’oublient un peu trop, je les rappelle en russe d'une voix douce et ils reviennent près de moi. Christopher, ses yeux bruns grands ouverts, me demande quand l’autobus arrivera. Je demande à mon tour à Jim, qui regarde sur sa montre puis répond clairement que l’autobus arrive dans cinq minutes, s’il ne prend pas de retard. 

Dieu en soit Loué ! L’autobus est arrivé à temps. Une fois assis sur des sièges, avec nos sacs à dos sur nos genoux, je serre la main droite de Jim. Ce dernier me fait le commentaire suivant : il pense sérieusement à acheter une nouvelle voiture, au cours des prochains jours. J’approuve son idée d’un mouvement de tête positive, car il pense qu’elle pourrait être utile pour transporter des objets jusqu’à ma boutique d’antiquités. 

Le trajet du retour se fait sans encombre. Depuis la gare de Grandview, nous revenons chez nous. 



Une fois entrés à l’intérieur, nos fils filent au salon pour jouer avec leurs petites voitures… Comme s’ils ne se sont pas assez amusés cet après-midi. Je m'assieds sur le canapé pour les avoir à l’œil. À ma droite, mon époux me rejoint. 

Tout à coup, sans aucun avertissement, l’Observateur français apparaît devant moi. Il laisse une petite feuille sur la table basse devant moi, et avant que je ne dise un seul mot, il disparaît de ma vue.

Je prends la feuille pour lire le message, qui est le suivant : « Oh ! Comment peut-il se faire qu'il existe des hommes qui dorment en paix sous le poids accumulé des crimes et des perfidies... »

Perplexe, je pense ironiquement : « Ça fait longtemps que je n’ai pas eu de message… Que Dieu me pardonne ! Mais le professeur Richard Payne ne sera pas sans emploi avec l’Observateur… En passant, il me semble qu’il a fait une pause avec ses messages… De sorte que je ne sais pas si je dois m’en inquiéter ou non… Seigneur, aide-moi ! »

Je soupire et je téléphone au numéro du bureau de Richard Payne, sauf que je tombe sur sa boîte vocale. Je soupire d’exaspération et je téléphone aussitôt à son numéro maison. Heureusement que mon ami soulève le combiné. Je lui explique alors que j’ai un nouveau message en ancien français ou en français moderne, que sais-je. Il accepte que je vienne chez lui. J’en informe Jim, qui m’embrasse sur les joues en signe d’encouragement. Je m’habille pour être plus présentable et je me rends jusqu’à la maison de mon ami universitaire. 


Celui-ci m’accueille très bien, comme toujours depuis que je le connais, dans son salon. Assise sur un canapé face à Richard, je lui montre la feuille sur laquelle se trouve le message de l’Observateur français. Le professeur prend la feuille, remonte ses lunettes sur son nez, se retourne vers sa grande bibliothèque dans son salon, regarde les livres, en prend deux puis revient à sa place initiale. Il ouvre l’un puis l’autre livre, front plissé, expression sérieuse sur son visage. Il les referme, me traduit en anglais la phrase puis commente : 

– Madame Gordon, il s’agit d’une citation de Marie-Anne Adélaïde Le Normand, La Sibylle au Congrès d'Aix-la-Chapelle, suivi d'un coup d'œil sur celui de Carlsbad. Ouvrage faisant suite aux Oracles Sibyllins, avec des notes politiques, historiques, philosophiques, cabalistiques, etc, etc. Orné des sept gravures emblématiques…. Publié chez Le Normand, à Paris, Chez l'Auteur et à son Magasin de Librairie, en 1819… Plus précisément la page cent-quarante…

Je griffonne rapidement les informations sur une page vierge de mon calepin, perplexe. Je lève les yeux de la feuille pour le remercier timidement, puis je demande s’il n’aurait pas une piste de réflexion à me proposer au sujet de ce message. Il demeure silencieux, mine pensive, pendant je ne sais combien de temps, temps pendant lequel il relit le message de l’Observateur français, puis affirme d’un ton neutre : 

– Il est possible que votre esprit fasse référence à un perfide criminel qui ne semble point être troublé par ses nombreux crimes…

Je murmure par automatisme :

– Sans doute Carl Neely, comme toujours lorsque l’Observateur me laisse un message…

Les sourcils levés, mon interlocuteur balbutie : 

– Et alors ?

Je soupire puis m’exclame d’une voix presque larmoyante malgré moi : 

– Je ne sais pas si… Cet avertissement est en rapport avec un esprit errant qui refuse de se manifester devant moi… Et qui communique seulement par l’entremise de la radio de la voiture de Jim…

Les sourcils froncés, mon ami murmure : 

– Excusez-moi, Madame Gordon…

Je réplique, exaspérée, en faisant des gestes rotatifs de ma main droite : 

– Allez-y !

D’un air chaleureux, il affirme : 

– Le phénomène que vous me décrivez est l’une des manières courantes pour les esprits de se manifester… Il s’agit d’un phénomène de voix électronique.

Je murmure : 

– Et alors ? Existe-il un moyen de faire comprendre à l’esprit qu’il peut directement parler avec moi ? Ce phénomène de voix électronique me cause de terribles maux de tête…

– Pour être honnête, je l’ignore… Mais faites-vous confiance, Madame Gordon ! Dites-vous que l’esprit ne peut pas toujours se cacher ainsi…

– Merci pour vos encouragements…

– Il n’y a de quoi ! En tout cas, passez une bonne journée !

– Pareillement pour vous !

Puis je sors du bureau de mon ami universitaire et je reviens chez moi, encore plus intriguée par ce message. Je me demande à qui il réfère…



Une fois revenue chez moi, j’en discute avec Jim. Ce dernier me rassure en m’enlaçant tendrement. Le reste de la journée est tranquille. Le soir, mon sommeil est très tranquille, sans aucun rêve troublant. Par contre, lorsque je me lève une fois pour aller dans la cuisine boire un verre d’eau, les lumières clignotent, le réfrigérateur émet un ronronnement assourdissant qui me donne un mal de tête. Je place mes mains sur mes oreilles pour me protéger du bruit. Malgré cela, j’entends le téléviseur au salon, comme s’il était allumé par une main invisible, grésiller « Il faut lire l’histoire. »

Je soupire en pensant : « Cela suffit ! Pouvez-vous arrêter ce tapage ? »

J’ai l’impression que le bruit redouble d’intensité et que la voix désincarnée prononce le message sur un ton quasi menaçant… Je pense, sur le bord des larmes : « Mais enfin ! Arrêtez ce tapage ! Sachez que je peux parler avec vous… »

À ce moment, la radio s’allume d’elle-même et la même voix désincarnée et hypnotique crie : « Il faut lire l’histoire. »

Je hurle, en panique, le cœur battant la chamade :

— Jim ! 


Mon époux sort en trombe de notre chambre et m’enlace pendant quelques secondes. Je lui explique d’une voix larmoyante ce qui s’est passé. Il éteint la radio et le téléviseur, revient vers moi et murmure d’une voix chaleureuse :

— Tout est bon, Mel… Ressaisis-toi !

Des larmes coulent silencieusement sur mes joues. Je tremble malgré moi. Mais le ronronnement du réfrigérateur se poursuit et quelques secondes après, le téléviseur et la radio s’allument encore, en répétant en boucle le même message. Jim et moi soupirons à l’unisson.

Je murmure en russe d’une voix plaintive :

– Comment faire comprendre à un esprit têtu qu’il n’a pas besoin de parler par l’entremise d’appareils électroniques avec moi ?

Il hausse les épaules pour toute réponse et m’embrasse sur les lèvres. Je lui rends son bisou pour me rassurer.


Tout à coup, sans aucun avertissement, comme venu de nulle part, l’Observateur français apparaît, affichant une mine très sérieuse. Je tourne ma tête vers lui, intriguée par cette apparition soudaine. Comme mon époux me demande ce que j’ai vu, je lui explique brièvement avant de ramener mon attention vers Jean Bude de Guébriant. Ce dernier s’exclame d’un ton sévère :

– Madame Lace Jensen, assez de se jouer ainsi de Madame Melinda Gordon !

Puis, comme par magie, le réfrigérateur redevient silencieux, le téléviseur et la radio cessent de dire le message.

Jim, les yeux écarquillés, balbutie :

– Mel, qu’est-ce qui se passe ?

Je réponds dans un murmure :

– L’Observateur français a ordonné à l’esprit, une certaine Madame Lace Jensen, d’arrêter de se jouer ainsi de moi…

Je pense spontanément : « Il est en effet intéressant de savoir que les Observateurs peuvent agir sur les autres esprits… Comme quoi j’apprends toujours quelque chose de nouveau… »

À ce moment précis, une forme diaphane se manifeste devant moi, devant le téléviseur. Je tourne mon regard vers elle pour la détailler. Elle se fait alors de plus en plus précise : une femme vers la quarantaine, vêtue d’une longue robe blanche lui allant jusqu’aux chevilles. Elle tremble, comme si elle avait un tic qui la secouait, faisant bouger ses longs cheveux bruns qui tombent librement sur son dos et ses épaules. 

Je commente en me tournant légèrement vers la direction de l’Observateur : 

– Merci, Monsieur…

Celui-ci réplique : 

– Il n’y a pas de quoi.

Puis il s’évapore jusqu’à disparaître complètement de ma vue.

Je pense, perplexe : « Je n’essaie pas de comprendre ce qui vient de se passer… L’important est que l’esprit est enfin apparu devant moi… »

Le commentaire de Jim me fait sortir de mes divagations : 

– Mel, il semble que j’ai raté quelque chose !

Je tourne mon regard vers lui puis je dis : 

– Jim, l’Observateur a ordonné à l’esprit errant d’apparaître devant moi… Et l’esprit errant est là… Au moins, la conversation sera enfin possible… Veux-tu chercher mon calepin ?

Mon époux manifeste sa compréhension d’un mouvement de tête positif et m’apporte rapidement mon calepin et un stylo.


Je me tourne vers l’esprit puis demande d’une voix chaleureuse : 

– Madame Lace Jensen…

Je griffonne le nom sur une feuille vierge de mon calepin puis je continue : 

– Voulez-vous que je lise une histoire ? 

Lace répond sèchement : 

– Non, pas vous, mais mon mari.

– De quelle histoire est-il question ?

D’une voix tremblante, l’esprit errant murmure : 

– C’est une histoire… écrite par… mon fils…

– Comment s’appellent votre mari et votre fils ?

– Vous devez le savoir !

Puis elle disparaît de ma vue. Je soupire. Et je résume la conversation à Jim, qui me conseille de laisser pour demain les recherches, car il est une heure du matin. Je me rends à son avis et nous revenons dans notre chambre pour s’endormir à nouveau.




Le lendemain, après le petit-déjeuner, je fais une recherche sur Lace Jensen dans mon arrière-boutique. Heureusement qu'Internet existe ! Ainsi, je trouve que Lace Jensen est née le 3 juin 1965 et morte le 15 octobre dernier. Elle est mariée à Miles Jensen, un homme d’affaires, avec lequel elle n’a qu’un seul fils, prénommé Kirk. Le couple est marié depuis 1985, à Grandview, où il vivait. Leur fils est né le 9 mars 1986 à l’hôpital Mercy. Lace était une ingénieure électricienne, formée dans notre petite ville. Elle est morte électrocutée alors qu’elle travaillait sur un transformateur abaisseur de tension près de la forêt. 

À ce moment, l’écran de l’ordinateur devient noir et un seul mot en blanc s’affiche : « Mensonge ». 

Je sursaute, je soupire d’exaspération – ayant compris que Lace joue encore avec les ondes de la machine – puis je tambourine d’impatience sur le coin de la table, en pensant : « Sérieux ! Avez-vous compris ce que l’Observateur vous a dit ? Pas besoin de passer par ce jeu électronique pour communiquer avec moi ! »

Heureusement que l’Observateur se manifeste devant moi, de sorte que je le vois de dos, mais je le reconnais quand même. Il affirme d’un ton très sévère qui me fait sursauter : 

– Madame Jensen ! Je vous ai déjà dit de cesser votre jeu ! Si j’arrive une troisième fois, gare à vous !

À peine il termine de parler que l’écran de l’ordinateur est revenu à la page de recherches et que Lace Jensen apparaît devant moi, un peu en retrait à ma droite. Le Français lui jette un regard noir. Elle me regarde d’un air suppliant puis murmure : 

– Je ne suis pas morte électrocutée, mais sous les coups répétés d’un pistolet à impulsion électrique dans la forêt de Grandview…

Je remarque que l’Observateur hoche imperceptiblement la tête. 

Je pense, perplexe : « Qui l’a tué ? Pourquoi ? »

Lace hausse des épaules.

Il réplique d’une voix grave, les yeux lançant des éclairs : 

– Madame Jensen, arrêtez de jouer la naïve !

L’interpellée tremble pendant quelques secondes, les yeux grands ouverts, puis s’évapore dans les airs jusqu’à disparaître de ma vue.


Je ramène mon attention vers mon interlocuteur et lui demande : 

– Monsieur, si je comprends bien ce que vous dites, Madame Lace Jensen connaît l’identité de son meurtrier ?

La réponse fuse, nette et claire : 

– Oui ! 

D’une voix tremblante malgré moi, je murmure, la gorge serrée sous l’effet de l’émotion :

– Qui est-ce ?

D’un air sérieux, sans froncer des sourcils, Jean Bude de Guébriant répond : 

– Carl Neely.

Puis l’Observateur s’évapore jusqu’à disparaître complètement de ma vue avant que je puisse formuler une question. Je soupire et je reviens à mes recherches. 

Ne trouvant rien d’intéressant après avoir parcouru les dernières pages des résultats, j’éteins la machine, range mon carnet et mon stylo dans mon sac à main, salue Andrea derrière la caisse avant de quitter ma boutique, puis je reviens chez moi. 


Je rejoins Jim au salon, où il surveille nos fils qui jouent avec beaucoup d’insouciance, tout en lisant ses notes en vue de son examen de la semaine prochaine. Je m’assieds à sa droite et je lui résume mes recherches sur Lace Jensen et la conversation dans l’arrière-boutique avec les esprits.

Il marmonne :

— Mel, avais-tu pensé à la possibilité de demander l’aide de son mari afin de mieux comprendre l’histoire à laquelle l’esprit fait référence ? Peut-être qu’il le sait… De toute façon, tu n’as rien à perdre d’essayer…

Je réponds simplement : 

– J’y avais pensé, mais j’irai demain… Moi, ce qui me laisse le plus perplexe, c’est la raison de la mort de Lace Jensen…tuée par Carl Neely… Mais pourquoi ?... 

Je soupire et je continue d’une voix brisée malgré moi : 

– D’autant plus… que… le message de l’Observateur m’intrigue de plus en plus… Je ne sais pas du tout à quoi m’attendre… 

Jim m’enlace et murmure à mon oreille : 

– S’il te plaît, ressaisis-toi… Tu parviendras bien à comprendre l’histoire de Madame Lace Jensen… Et n’oublie pas que tu peux toujours compter sur moi…

Émue de son soutien inconditionnel, je sèche rapidement les larmes qui commencent à couler silencieusement sur mes joues en m’appuyant contre son épaule. Mon époux m’enlace alors doucement. Rassurée au bout de quelques minutes, après avoir récité une courte prière d’aide à la Mère de Dieu, je regarde Jack et Christopher qui jouent avec leurs petites voitures. 

Jim commente d’une voix songeuse : 

– En parlant de voiture…

Étonnée, je pense en tournant ma tête vers lui : « Ne me dis pas que tu viens déjà d’en acheter une nouvelle ? »

Il poursuit : 

– J’ai regardé les prix dans le catalogue du marchand local… Et j’en ai trouvé une…

Il prend un gros catalogue qui trône sur la table basse devant nous, l’ouvre à une page et continue d’un ton sérieux : 

– Et je voulais savoir si elle te convient…

Jim me montre de son index droit une voiture bleue à peu près sur le même modèle que celle qu’il a été volée. L’important pour lui est qu’elle ait un grand coffre, afin que je puisse placer les différents objets de mes fournisseurs pour pouvoir les transporter jusqu’à ma boutique. J’approuve son idée. Mon époux ajoute qu'il ne procédera à l’achat que dimanche prochain, car il est occupé cette semaine, entre ses cours à l’Université et son travail.


Le reste de la journée est tranquille. De même pour le soir, qui n’est pas perturbé par un rêve bizarre.




Le lendemain matin, je retrouve l’adresse de Monsieur Miles Jensen en faisant une recherche rapide : 1111 rue Stone, à Grandview. Je sais que nos fils sont en sécurité, sous la surveillance bienveillante de l’Observatrice française, car Jim a cours ce matin et ne reviendra qu’à midi. 

Je me rends en autobus jusqu’à ladite adresse. Je me trouve devant une grande maison entourée d’une haute clôture en fer. Un chemin dallé mène jusqu’à la porte d’entrée. De chaque côté du portail un peu devant la porte, deux petits arbustes dans des pots s’élèvent avec élégance. Je frappe doucement sur la porte en bois. Je remarque du coin de l’œil que Lace vient d’apparaître à ma droite. La porte s’ouvre et un homme vers la cinquantaine, vêtu d’un complet noir et d’une chemise blanche, me questionne en me regardant de dessus ses lunettes : 

– Qui êtes-vous et qui cherchez-vous ?

Je réponds d’un ton posé : 

– Je suis Melinda Gordon, la propriétaire de la boutique d’antiquités The Antique Shop of Grandview. Et je cherche Monsieur Miles Jensen.

– C’est moi-même. Quelle est la raison de votre visite ?

– Votre femme…

Les sourcils levés, il s’exclame d’un air triste : 

– Pourtant, Lace est défunte depuis octobre dernier…

Je réplique d’un ton assuré, la tête bien haute : 

– Parce que j’ai un don depuis mon enfance qui fait en sorte que je vois les esprits errants. Et depuis plusieurs jours déjà, votre épouse joue avec les différents appareils électroniques dans ma maison, en commençant par la radio de la voiture de mon mari.

D’une voix étonné, il m’interrompt : 

– Sérieux ?

– Oui… Je vous assure de ne vous dire que la vérité !

Moue que j’interprète comme étant sceptique, mon interlocuteur me demande d’un ton brusque : 

– Où voulez-vous en venir avec ces informations ?

Lace murmure : 

– Il doit lire l’histoire…

Je tourne pendant une fraction de seconde mon regard vers ma droite, car l’esprit errant parle. Je remarque du coin de l’œil que Miles tourne légèrement sa tête vers la même direction que moi, mais comme s’il ne voit rien, il me fixe avec une lueur d’impatience dans ses yeux. Je ramène mon attention vers le vivant, je dis d’un ton toujours assuré :

– D’ailleurs, je vous confirme, Monsieur, que votre épouse est à ma droite. Elle a dit que vous devez lire l’histoire… Il semble que c’est une histoire écrite par votre fils Kirk…

Les sourcils levés d’étonnement, l’homme balbutie : 

– J’ignorais que mon fils avait écrit une histoire… Saviez-vous le titre ?

– Non, mais j’attends une réponse de la part de votre épouse…

Je tourne alors ma tête vers l’esprit errant, qui murmure : 

– C’est une histoire que Kirk a écrit il y a quelques mois et qui est inspirée d’un réel événement…

Je transmets les paroles au vivant, qui m’invite d’un geste de sa main droite à entrer à l’intérieur, afin de discuter tranquillement. Il m’accompagne jusqu’à un grand salon très bien éclairé par de grandes fenêtres. Une fois assise sur un canapé en face de Miles, ce dernier prend la parole : 

– Ainsi, Madame Gordon, vous prétendez que vous voyez les esprits et que ma femme vous a dit que je dois lire une histoire écrite par mon fils ?

Je réponds calmement : 

– Exactement.

– Mais, où puis-je la trouver ? 

Lace intervient : 

– Dans le tiroir du chevet de la chambre de Kirk…

Je commente, en promenant rapidement mon regard de Lace à Miles : 

– En tout cas, votre épouse semble savoir où elle se trouve… Dans le tiroir du chevet de la chambre de votre fils…

Les yeux grands, mon interlocuteur vivant balbutie : 

– Allons de ce pas vérifier si c’est vrai… Vous m’intriguez avec cette histoire… J’ignorais que mon fils était un écrivain en herbe…

Il se lève du canapé sur lequel il était assis, puis ajoute : 

– Et Madame Gordon, vous viendrez avec moi… Si vous mentez, je vous poursuis en justice pour escroquerie, est-ce clair ?

Je murmure un « Oui » en pensant : « Comme si j’ai le choix ? », puis je me lève à mon tour. 

Mon amphytrion ajoute d’un ton sérieux : 

– Nous irons à l’instant dans la chambre de Kirk, qui n’est pas là aujourd’hui. Il est sorti avec sa copine.

Il tourne les talons et se dirige vers un grand escalier. Je le suis. Je remarque que Lace nous suit aussi. 

Rendue devant la chambre, dont la porte est ouverte par Miles Jensen, je touche accidentellement le cadre de la porte. 


Voilà, sans avertissement, que je me trouve dans une vision. 

J’entr’ouvre cette même porte en appelant : « Kirk, est-ce que tu viens ? » Je découvre un jeune homme, visiblement un peu plus âgé et bien musclé, nu, allongé sur mon fils. Je les vois de dos. Les deux sont sur le lit, visiblement possédés et sur Dieu-sait quelle substance. Kirk pousse un cri plaintif, comme une femelle en chaleur. Le jeune homme, en poussant des grognements de satisfaction, fait des mouvements en avant et en arrière, comme un acte sexuel. J’ai envie de vomir lorsque je comprends que l’homme pénètre son phallus dans l’anus de Kirk par gestes saccadés, en extase. Je remarque à leurs côtés des vêtements. Sans doute que le complet gris est celui de l’inconnu. Je referme aussitôt la porte. 


La chambre redevient normale. Une petite pièce avec un lit, un chevet, un petit bureau et une petite armoire. Je suis secouée par une telle vision. J’en tremble et mon cœur bat la chamade. Je suis simplement dégoûtée, écœurée à un tel point que j’ai envie de cracher par terre, mais la politesse exige de m’abstenir d’un tel geste. Je ravale alors ma salive, qui semble alors avoir un goût très amer. Je m’écarte de la porte, de manière à entrer dans la chambre, mais sans être proche de la porte, pour être certaine de ne pas la toucher à nouveau.

Miles, d’une voix étonnée : 

– Madame, êtes-vous correcte ?

Je balbutie : 

– Oui… C’est seulement une vision…

Lace se manifeste devant moi un peu en retrait vers ma droite. 

Devant le regard méfiant que son mari me jette, je m’efforce d’expliquer du mieux que je peux les différentes manières par lesquelles les esprits peuvent communiquer avec moi.


Je fais une pause pour me ressaisir de la vision que je viens de voir. Je murmure d’une voix tremblante, les yeux tournés vers l’esprit errant : 

– Madame Lace Jensen… Vous avez surpris votre fils avec un homme un peu plus âgé que lui… Un homme en complet gris… Cet homme est… Carl Neely… Votre meurtrier…

Lace confirme mes propos d’un mouvement de tête positif et ajoute : 

– J’ai vu cela le 7 juin dernier…

Elle soupire puis s’exclame d’un ton plaintif :

– Quel monstre j’ai enfanté ! À se faire sodomiser pour ses dix-huit ans !

Je pense : « C’est pourquoi dans la vision il me paraissait très jeune… »

Je m’éclaircis la voix puis je ramène mon attention vers son mari, qui me fixe avec impatience.

J’ajoute aussitôt :

 – Monsieur Jensen, vous devez savoir que je viens de voir dans une vision le moment choquant où votre fils est… en relation homosexuelle avec Carl Neely… Votre épouse les a surpris en pleins ébats, pour ainsi dire, le 7 juin dernier…

Les sourcils levés, les yeux grands comme des soucoupes, Miles balbutie : 

– Qui est ce Carl Neely…

À ce moment, l’Observateur français apparaît devant moi, un peu en retrait à ma droite. Il dit d’un air très sérieux : 

– Hypocrite sodomite ! Ironique de la part de quelqu’un qui connaît le même amant que son fils !

Je me retiens pour ne pas vomir en pensant : « Dieu que c’est dégoûtant ! Comment peut-il ainsi jouer la comédie ? L’un des Commandements ne dit-il pas de ne pas mentir ? »

L’Observateur, comme s’il a lu mes pensées, répond d’un ton assuré : 

– Madame Gordon, ne soyez pas si naïve ! Vous devez savoir que Monsieur Miles Jensen connaît Carl Neely depuis le 27 décembre 1999, alors qu’il l’a rencontré au cours d’une orgie avec Peter Anderson et Ariana Smith-Anderson… 

Je pense : « Il me semble que j'ai déjà entendu ces noms… »

L’Observateur commente : 

– Ce sont les parents de Julie Anderson, la copine de Justin Yates, qui sont déjà venus à vous en tant qu’esprits errants… Et bien, Monsieur Jensen est ami avec eux…

Le regard étonné de Lace ne m’échappe pas. Elle balbutie, comme si elle ne croyait pas à ce qu’elle vient d’entendre : 

– Monsieur. êtes-vous sûr de ce que vous dites ?

L’Observateur confirme en précisant son rôle dans le Monde des Esprits.

Sans doute je n’ai pas pu retenir une moue sur mon visage, car Miles intervient : 

– Qu’est-ce qui se passe, Madame Gordon ?

Je murmure d’une voix blanche, en le regardant rapidement :

 – Ce n’est rien, Monsieur… C’est seulement un autre esprit, un Observateur, qui précise certains détails… Ce qui étonne votre épouse… Mais pour répondre à votre question, Carl Neely est un policier de Grandview…

Le vivant manifeste sa compréhension d’un mouvement de tête et en haussant les épaules. Il se dirige vers le chevet et fouille le tiroir.

Je ramène mon attention vers les esprits.

L’Observateur affirme d’un air sérieux : 

– Madame Gordon, il vous connaît, par l’intermédiaire de Carl Neely qui a parlé de vous au cours de l’une de leurs orgies. Je vous épargne les détails… 

Rassurée, je pense : « Merci beaucoup ! »

– Seulement, Miles Jensen feint de ne pas vous connaître… Pour préciser au sujet de la relation entre Kirk Jensen et Carl Neely, elle a débuté en mai dernier. Depuis, Kirk est dominé par le Bohême et il travaille pour lui. Il fait des basses besognes, comme voler des objets ayant une valeur. De sorte que je vous dis sans détour que c’est Kirk Jensen, sur l’ordre de Carl Neely, de Jeffrey Colson et du Sergent Patrick Gruenwald, qui a volé la voiture de votre mari, Madame Gordon.

Étonnée, je demande mentalement : « Savez-vous où elle se trouve ? »

– Désolé, Madame, mais je ne réponds pas à cette question… Vous le saurez peut-être un jour… Que je reviens à ce que je disais… Si vous voulez avoir plus de détails sur leur premier contact, je vous invite à lire son histoire, car il raconte cet événement qui changea à tout jamais sa vie… Sauf que tout débuta par un jeu à trois entre Kirk Jensen, sa copine, une certaine Diana Vianey, et Carl Neely…

Je pense, dégoûtée au seul fait d’imaginer une scène d’ébats sexuels entre deux hommes et une femme, surtout que je ne parviens même pas à me représenter mentalement une telle possibilité : « Merci, mais je ne lirai pas cette histoire… Surtout si elle est aussi bizarre que la vision que j’ai eu… »

Miles brandit un petit cahier et s’exclame : 

– Madame Gordon ! J’ai trouvé !

Je tourne ma tête vers lui puis je bredouille des excuses, car j’écoutais les propos des esprits errants. Il me demande alors ce qu’ils ont dit. Je lui réponds que je lui rapporterai plus tard, car la conversation se poursuit. Je ramène mon attention vers les esprits errants.

Jean Bude de Guébriant ajoute d’un air très sérieux : 

– Madame Gordon, vous devez aussi savoir que le vol de la voiture de votre mari a été planifié depuis plusieurs mois, c’est pourquoi Lace vous a averti au moyen des phénomènes de voix électronique…

Je murmure : 

– Excusez-moi, Monsieur…

Miles lève la tête de l’histoire qu’il a commencé à lire et demande d’un air froid ce qui se passe. Je réplique : 

– Monsieur Jensen, je ne parle pas à vous, mais à l’Observateur…

Je tourne légèrement ma tête vers la direction de Jean Bude de Guébriant puis je demande : – Monsieur, pouvez-vous alors me dire pourquoi Carl Neely a tué Madame Lace Jensen ?

Mon interlocuteur répond d’un ton sérieux sans sourciller : 

– Parce qu’elle les a surpris le sept juin dernier. Comme le Bohémien a compris qu’elle aurait tout dit à son époux, il l’a tué.

Il fait une courte pause silencieuse puis ajoute : 

– De plus, Mesdames Gordon et Jensen, vous devez savoir que Monsieur Jensen est un bisexuel, seulement il ne serait pas content que son fils le soit aussi. Il est un comédien de première classe. 

Lace balbutie, sourcils levés et yeux grands ouverts : 

– Miles, bisexuel ? Je n’ai jamais douté !

J’interviens : 

– Permettez-moi, Monsieur l’Observateur, une dernière question…

– Oui, je vous écoute !

– Si je comprends bien le sens du message que vous m’avez laissé hier, il concernait Carl Neely, au sens où il dort tranquillement malgré ses nombreux crimes… Il a quand même tué plusieurs individus, a violé Kirk, est responsable du vol de la voiture de mon mari, et Dieu-sait encore quelles autres actions de la sorte…

Il confirme d’un mouvement de tête puis il demeure silencieux pendant quelques secondes.

Le Français se tourne vers Lace et la sermonne : 

– Et vous, Madame Lace Jensen, vous oubliez une partie de votre histoire !

L’esprit errant baisse sa tête, comme s’il n’ose pas affronter le regard courroucé de son interlocuteur. Moi, je suis la scène, tétanisée, en levant l'index droit vers Miles pour l’inciter à la patience, car il affirme avoir terminé de lire l’histoire et d’être choqué par son contenu. Il affiche d’ailleurs une mine renfrognée qui n’est pas feinte.

L’Observateur précise : 

– Vous avez oublié de mentionner que vous avez eu un amant, Monsieur Martin Deannow, de cinq ans votre benjamin, que vous avez fréquenté depuis 1990… Comme votre mari a fermé les yeux sur cette infidélité, il s’est permis à son tour de connaître sa secrétaire, puis d’autres femmes, puis les hommes… Vous avez eu maintes occasions de douter, seulement vous n’avez pas voulu voir…

Je pense, exaspérée : « Le mariage, c’est pour le meilleur et le pire… Comment des gens peuvent-ils ainsi bafouer la fidélité conjugale ? »

Je fais une courte pause puis je demande mentalement, à l’intention de l’Observateur : « Dans ce cas, Monsieur, pouvez-vous m’expliquer comment la première et la seconde épouse de Carl Neely n’ont rien remarqué de ses relations extra-conjugales ? »

Jean Bude de Guébriant, comme s’il n’a pas entendu ma question, disparaît de ma vue. 

Lace s’exclame, les bras étendus vers son mari : 

– Au moins, Miles saura quelle ordure de fils j’ai enfanté !

Le vivant marmonne d’un ton brusque : 

– Madame Gordon, avez-vous enfin terminé de parler avec vos esprits ?

Je tourne ma tête vers sa direction et je confirme d’un geste de tête.

Il ajoute aussitôt : 

– Alors, que vous ont-ils dit ?

Je lui résume l’essentiel de la conversation, en omettant bien sûr les éléments le concernant. Il me remercie puis me résume d’une voix blanche le contenu de l’histoire, à savoir qu’un jeune homme participe dans un jeu à trois avec un homme en gris et une jeune femme, de sorte qu’il a connu toutes les combinaisons possibles... Et qu’il a apprécié son contact avec l’homme en gris, qu’il appelle souvent dans sa petite chambre.

Je supplie mon interlocuteur de ne pas me raconter les détails. 

Il murmure d’un ton surpris, expression d’incrédulité dans son regard : 

– Je ne peux pas y croire… Mon fiston dans un jeu à trois… Mon Kirk en relation homosexuelle avec un homme plus âgé… Ça doit être un cauchemar… Pas la réalité…

Je me tourne vers Lace pour lui demander si elle est enfin prête à partir dans la Lumière. Elle hoche la tête. Je me tourne vers Miles pour dire d’un air joyeux : 

– Monsieur Miles Jensen, votre femme semble être prête à partir dans la Lumière, lieu où vont toutes les âmes à la fin d’une réincarnation…

Mon interlocuteur vivant verse une larme, sans doute à la pensée de sa chère épouse. Maintenant que j’ai tout compris de leur histoire, je doute de sa sincérité, mais je m’interdis de le juger. 


Je ramène mon attention vers sa femme, qui regarde vers sa gauche, comme si elle voyait quelque chose qui la fait sourire. Sans doute la Lumière, étant donné l’air serein sur son visage. Lace Jensen murmure d’une petite voix : 

– Madame, je vois une lumière blanche… Est-ce que j’y vais ?

Émue jusqu’aux larmes, je murmure : 

– Oui… Et bon voyage !

L’esprit s’avance devant elle puis disparaît, comme enveloppée d’une lumière irréelle.

Je souris en pensant : « Que le Seigneur soit loué ! Un esprit errant de moins à Grandview ! »

Je tourne mon regard vers Miles et je dis d’un ton enjoué : 

– Monsieur Jensen, votre épouse vient de partir dans la Lumière…

Il confirme sa compréhension d’un mouvement de tête puis il ajoute d’un ton neutre :

– Merci, Madame Gordon ! Grâce à vous, je comprends mieux les agissements bizarres de mon fils…

Je murmure : 

– Il n’y a pas de quoi… Je ne fais que vous communiquer la dernière volonté de votre femme…

– Merci encore une fois ! Et passez une bonne journée !

– Pareillement pour vous !

Il me raccompagne jusqu’à la porte d’entrée et je reviens tranquillement chez moi. 




Une fois entrée, l’Observatrice me salue et m’informe que Christopher et Jack ont été très sages durant mon absence. 

« Ne vous inquiétez pas, Madame Gordon, même s’ils ont été un peu turbulents, je les ai ramenés à l’ordre… J’ai quand même une certaine autorité… » 

Je la remercie timidement puis elle s’évapore jusqu’à disparaître complètement de ma vue. Remarquant qu’il est 11 h 50, je réchauffe les portions de pierogis à la viande dans le four.



Vers midi, Jim est revenu de son cours. Nous mangeons ensemble puis Jim et moi faisons la vaisselle, tandis que nos fils reviennent à leurs jeux. J’en profite pour lui résumer le cas de Lace Jensen, sans rien omettre des différentes conversations, que ce soit avec le vivant, l’esprit et l’Observateur. Je commence presque à pleurer et à trembler de dégoût, dépassée par le réseau de connaissances et par la cruauté de Carl Neely. Pour me rassurer, mon époux m’enlace.








27 novembre 2005, 9 h 00.


Jim est parti chez le marchand de voitures local de notre ville pour acheter une nouvelle voiture. Je préfère rester à la maison, tricoter une écharpe et veiller sur nos fils qui s’amusent avec beaucoup d’insouciance au salon. Vers 9 h 30, mon époux est déjà devant la porte. J’accours aussitôt devant lui pour l’embrasser sur les lèvres.

Il murmure à mon oreille droite :

– Mel, j’ai une surprise pour toi…

Il se retourne vers la fenêtre et me montre une petite voiture bleue stationnée devant le garage. Je l’embrasse encore une fois et il sort pour laisser la voiture dans le garage.

Puis il rentre à l’intérieur et je referme la porte derrière lui. Malgré que Jim vient d’acheter une nouvelle voiture, je suis intriguée par le vol de l’ancienne. Je me demande bien où elle peut être.





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