La famille Zalys revint en silence dans le domaine familial, situé dans le second cercle.
- Pourquoi a-t-il fallu que tu ailles là-bas ? Petite idiote ! Maintenant, nous allons tous mourir !
- Vous me prenez pour une incapable, père ?
- Oui, tu as toujours été une petite sotte.
- De toutes façons, cette apparition aurait pu surgir à quelqu'un d'autre, quelqu'un de plus intelligent... Ou de plus bête...
(Vana regardait son père dans les yeux, tout en insistant bien sur le mot « bête »).
- En effet, tel en ont décidé le destin et le conseil, mais, moi, je refuse que tu partes !
- Père, vous ne pouvez m'empêcher de renoncer à une mission d'une telle importance !
- Je fais ce que je veux ! Tu resteras dans ta chambre, enfermée !
Prise de colère, Vana monta de sa chambre et pleura toutes les larmes de son corps. Quand elle entendit le cliquetis du verrou se mettre en place, sa colère revint en force.
Sans plus attendre, elle devait fuir. Elle ne pouvait s'échapper que par la fenêtre (A cette époque, les vitres et les barreaux n'existaient pas, même pour les Atlantes). Mais le problème était que la chambre de Vana était située à l’étage. Elle ne pouvait sauter sans heurter dangereusement le sol. Sachant qu'elle ne reviendrait pas, elle eut une idée : Elle prit toutes ses robes de première main et les attacha une à une pour faire une corde. Ainsi, elle put descendre en silence et sans mal.
Elle se hâta de fuir le quartier avant de pouvoir entendre les hurlements de son père.
Elle n'avait emporté que la carte et la pierre. Pour ce qui était de manger et de boire, elle puiserait dans les fruits et l'eau de mer (Qui n'était pas encore salée par ici, à cette époque). De plus, comme l'avait dit l'archange Gabriel, les dieux seraient avec elle. Cependant, Vana n'allait pas commencer son périple tout de suite. Elle devait attendre la tombée de la nuit, comme l'avait dit le conseil, car, dans cette cité, tout le monde n'était pas pacifique, et tout le monde ne partageait pas les mêmes pensées, choix et décisions du conseil et des dieux. Vana devait faire attention à cela, en plus des assassins, des brigands et des violeurs pervers qui parcouraient les rues, dissimulés par le voile de la nuit. Elle devait donc atteindre les portes de la ville en restant cachée au maximum et trouver un refuge.
Les portes de la cité étaient au nord, au sud, à l'ouest et à l'est, mais, pour atteindre ces portes, il fallait impérativement passer par le quartier pauvre, le plus dangereux de tous. Vana ne s’y rendrait certainement pas dans sa robe brillante en diamants, ce serait l’agression assurée. Elle devait trouver d’autres vêtements plus discrets.
Elle se déplaça comme une ombre, furtivement, et rentra dans une habitation qui semblait déserte. Toutes ses émotions l'avaient fatiguée. Elle tomba de fatigue dans un coin. Si la personne qui habitait là revenait, elle n’aurait qu’à s'échapper à vive allure. Elle ferma les yeux pour plonger dans le royaume de Morphée.
Elle rêva de pas lourds qui venaient vers elle. Tout était ténèbres.
Elle vit la pierre unique à Atlantis, rayonnante. Puis tout s'obscurcit et la cité explosa pour se retrouver anéantie sous l'eau.
Puis ce fut le monde qui fut anéanti.
Elle se réveilla en sursaut. Un homme entrait. Trop tard pour fuir discrètement ! Elle se cacha un peu plus dans son coin.
L'homme était un vieillard. Il était borgne, mais pas aveugle. Il posa sa canne, enleva sa tunique et s'enfonça dans un bain.
Vana prit la canne du vieillard et l'assomma.
L'homme s'effondra dans l'eau. Sa bouche était pile entre l'air et l'eau. Ainsi, à chaque fois que le pauvre homme respirait, des bulles jaillissaient en produisant un son flatuleux.
Vana pris ses vêtements. Drapée ainsi, elle passerait inaperçue.
Mais elle s'en voulait d'avoir fait cela. Il fallait qu'elle se fasse pardonner.
Elle quitta la maison et rentra dans l'église du quartier, dirigée par le père Firenze.
L'église était grande et grise. Ses vitraux étaient imposants et représentaient les 18 dieux Atlantes. Vana en fut impressionnée.
Quant au père Firenze, ce n'était pas un prêtre ordinaire.
Il n'était pas gentil, juste, ni honnête.
Il était tout sauf un prêtre en réalité. Il était sévère, cruel, menteur, arnaqueur.
Certains disaient même qu'il pratiquait la magie noire et adorait Satan.
Mais Vana n'avait jamais été dans l'église du père Firenze.
Elle ignorait donc tout de la nature sombre de cet homme.
Elle entra dans le confessionnal et dit ce qu'elle avait à dire.
- Parle, mon enfant.
- Pardonnez-moi, mon père, car j'ai péché. J'ai volé et assommé un vieillard.
- Voilà qui est peu banal par ici ! Mais qui es-tu donc ?
- Je m'appelle Vana Zalys.
- Oh ! C'est donc toi !
- Vous savez donc ?
- Les nouvelles vont vite par ici. Tu dois donc partir ? Pourquoi ?
- Je dois trouver et ramener la pierre unique.
- Ah... Mais, sais-tu que tu dois prononcer un rituel magique également ?
- Un rituel magique ?
- Je vois... Sais-tu au moins faire de la magie ?
- Non...
- Hum, hum... Voilà qui est bien fâcheux…
- Il faut que je parte. S'il vous plaît, ne dites à personne que je suis venue ici.
- Fais-moi confiance, mon enfant. Va en paix.
Vana quitta l'église et se dirigea vers les portes de la ville.
La nuit tombait.
Les ténèbres s'abattaient sur Atlantis.