Les heures qui avaient suivi la tentative de fuite de Catherine avaient été longues et difficiles.
Sous elle, le groupe de morts ne s'était pas dispersé et tous continuaient inlassablement d'agiter les mains vers elle, malgré la hauteur qui les séparait.
Elle était restée immobile et silencieuse depuis maintenant cinq heures, le visage enfoui dans la capuche de son sweat, les pieds nus et les chaussures à la main.
Recroquevillée sur elle-même, juste au-dessus des affamés.
Aucun d'eux n'avait détourné le regard, aucun d'eux n'avait fini par abandonner.
Leurs mains frappaient doucement les pieds métalliques du panneau publicitaire, provoquant une vibration permanente qui semblait résonner jusque dans ses os.
Elle étira doucement ses muscles endoloris par sa position et vint s'asseoir dans la nacelle.
Au loin, le paysage semblait figé, presque immobile.
Elle avala difficilement la salive pâteuse et épaisse qui stagnait dans sa bouche.
Elle songea à son sac resté accroché au volet de la famille qui tentait de l'atteindre, quelques mètres plus bas, et pesta en pensant à sa gourde.
Elle ferma les yeux une seconde, pour tenter de se reprendre mais presque immédiatement, la vibration revint, comme un rappel de ce qui l'attendait plus bas au moindre faux pas.
Elle balaya rapidement la zone pour tenter de trouver un moyen de s'enfuir.
Un peu partout, des débris avaient envahi la route, sous elle les morts faisaient bloc.
Aucune échappatoire.
Aucune qui lui permette de survivre.
S'ils parvenaient à l'attraper, si elle venait à se blesser dans sa chute, à heurter un obstacle...
La plus petite erreur pouvait s'avérer devenir impardonnable.
Face à ces constatations, une évidence froide, brutale.
Catherine n'avait rien à boire, rien à manger, seulement la certitude que personne ne viendrait la chercher.
Si elle restait là, elle allait mourir.
Et si elle tentait de descendre, elle allait se faire dévorer vive.
Dorian était allongé sur son lit, il n'avait pas quitté sa chambre depuis qu'il y était venu s'y retrancher et n'était même pas descendu déjeuner avec les autres.
Quelque part, il s'en voulait.
Impressionné par les ressources que les anciens du village avaient été capables de mettre en place, il en avait oublié leurs limites.
Ces longues heures à les observer, avaient-elles réellement été utiles ?
Il avait imaginé des murs, dressé des remparts solides dans son esprit sans jamais prendre en compte la santé physique des personnes qu'il comptait mettre à l'œuvre.
Pour mener à bien ses plans, il leur fallait trouver des survivants.
Restait encore à trouver comment.
Et avec qui ?
Dorian repensa soudain à Julienne, sa blouse impeccable et immaculée.
Le paquet de la pharmacie plié avec le même savoir-faire que celui du commerçant.
Les médicaments, impeccablement préparés.
Pas une fausse note.
Avait-elle vraiment pu exercer tous ces métiers ?
En restait-il qu'ils n'avaient pas encore eu l'occasion de découvrir ?
Qui était vraiment Julienne Valmont ?
Dorian fixait le plafond de la chambre tandis que la question continuait de se bousculer dans sa tête.
Il n'avait pas de réponse, pour aucune d'entre elles.
Subitement, le bruit des coups sur la porte l’arracha à ses pensées.
Dorian se redressa rapidement et vint l’ouvrir, de l'autre côté André se tenait sur le seuil, une assiette à la main.
— T'es pas descendu... on s’est dit que t'allais avoir faim.
Il lui tendit gentiment l'assiette.
— Ça fait deux fois déjà et la journée n'est pas encore finie... mais, t'avais encore raison, gamin. On a vu passer pas mal d'ordures... et il doit en rester un beau petit paquet. Même s’ils n’arrivent pas jusqu’ici... les morts finiront sûrement par le faire. On doit faire ce qu'il faut. Pas que pour nous... pour ceux qui resteront après nous. Tu devrais venir voir.
Dorian abandonna l'assiette sur le petit bureau en bois de la chambre et suivit André dans les couloirs du monastère.
Ils marchèrent jusqu'à la pièce où les trois grand-mères aimaient se retrouver pour crocheter leurs ouvrages.
— Les filles crochètent... comment dire comme une grande couverture... Cette année le soleil cogne, si on veut des légumes va nous falloir de l'ombre. C'est un truc du village de madame Garcia en Espagne. Ça fait de l'ombre et si on le mouille... il paraît que ça garde un peu au frais quoi... ça évitera que tout crame, j'espère et ça fera de l'ombre aux poules, les pauvres. De toute façon on ne les fera pas bouger d'ici... au moins elles s'occupent.
Dorian fronça les sourcils, ils continuèrent jusqu'à une autre pièce, au centre la porte-fenêtre était entrouverte, Marcel était assis sur une chaise, une casquette sur la tête et balayait l'horizon une paire de jumelles à la main.
— D'ici on voit tous les environs. Si quelqu'un approche, on le verra venir. On fera des rondes, chacun notre tour pour surveiller.
Marcel lui tendit les jumelles.
Il regarda au travers, au loin Lucien et Roger perchés chacun sur un vieux tracteur semblaient mordre la terre avec leur godet, ouvrant peu à peu une tranchée tout autour du village.
Sylvestre suivait d'un côté, Nathalie de l'autre et chacun d'eux enfonçait dans la terre des manches taillés, des râteaux aiguisés, les outils affutés et des barbelés.
Dorian ouvrit la bouche stupéfait.
— On commence doucement... On va avoir besoin d'un coup de main. Si t'as des idées on est prêts à les entendre.
Les longues heures d'observation allaient finalement finir par payer.
— Pas besoin de faire des rondes la nuit... Ni même la journée.
André fronça les sourcils mais Dorian reprit rapidement.
— Lucien est insomniaque, il ne dort jamais. Il tourne en rond dans la cour. C’est le poste parfait pour lui.
— Mais... Lucien est insomniaque ! Et alors ? Même s'il voit quelqu'un venir, comment veux-tu qu'il donne l'alerte ?
— On pourrait installer une cloche. N'importe lequel d'entre nous qui voit quelqu'un s'approcher depuis le balcon, sonnera la cloche ! comme ça, où qu'on se trouve... on saura tous que quelqu'un arrive. Mort ou vivant. Les filles aussi... pourraient monter la garde. Comme vous l'avez dit tout à l'heure... elles refusent de sortir du monastère. Elles sont terrorisées, mais, elles continuent de participer comme elles le peuvent. Si on installait des chaises... disons un peu plus confortables, un petit pare-soleil... ou même une de leurs créations... Elles pourraient continuer leur crochet... tranquillement installées entre copines et surveiller les alentours.
André frotta doucement le haut de son crâne avec la paume de sa main.
— On ne peut pas le décider comme ça... va falloir qu'on se réunisse. Qu'on en discute.
— On fait ça quand ?
— Ce soir, je vais aller prévenir les filles. Descends le dire aux autres.
Dorian acquiesça et s'empressa de descendre en bas du monastère.
Il parcourut la rue au pas de course, porté par un nouvel élan et après quelques courtes minutes, il finit par arriver jusqu'à eux.
Lucien et Roger ne le remarquèrent pas et continuèrent doucement d'avancer sur leur engin agricole.
Sylvestre, lui, se tint brusquement bien droit et à nouveau le regard de Nathalie se promena sur Dorian, d'une façon si insistante, qu'elle n'échappa à personne cette fois encore.
Tous les observaient à tour de rôle.
Les regards stupéfaits glissaient sans cesse de Nathalie à Dorian.
Vingt et un an les séparaient, pourtant, la jeune femme semblait brusquement susciter un intérêt dont Dorian n'ignorait pas les origines.
Mal à l’aise, il tenta d'ignorer Nathalie et de se concentrer davantage sur Sylvestre.
— On doit discuter de l'organisation... comment dire.
— Des défenses ?
Demanda Sylvestre, avec un naturel assumé.
— Oui. On s’est dit qu'on pourrait le faire ce soir, si tout le monde est d'accord.
— Pas de problème, on viendra quand on aura fini ça... tu sais ce qu'on fait là, beau-gosse ?
Demanda Nathalie, qui n'avait jamais autant parlé depuis son arrivée.
Le visage de Dorian devint cramoisi, tout son corps cherchait la sortie, il tenta de répondre quand même pour ne pas paraître impoli.
— Non.
Bafouilla-t-il d'une voix peu assurée.
— On se protège ! On se protège des morts, on se protège des gens mal intentionnés... Et de tous les autres jeunes hommes, amateurs de femmes... disons... plus matures. Réfléchis bien à ce que je viens de te dire. T'as jusqu'à ce soir.
Sylvestre ouvrit brusquement la bouche, sans qu'aucun son ne parvienne à en sortir.
Au loin des silhouettes titubantes se dessinèrent soudain.
— On rentre.
Lança Sylvestre.
Dorian accourut vers Lucien, tandis que Nathalie s'empressait de prévenir son père.
Ils remontèrent la rue, aussi vite que leurs jambes le purent et là, au détour d'une rue, ils les virent.
Quatre cadavres arrivaient sur eux, bien plus proches que les autres.
— Courez !
Cria Roger.
Nathalie s'élança, sans même se retourner, Dorian, qui la suivait jeta un regard derrière eux.
Sylvestre, Lucien et Roger tentaient de leur échapper à un rythme ralenti par leur âge, même si leurs poursuivants présentaient la même lenteur, eux n'avaient pas à souffrir de l'effort.
Le boulanger fut le premier à s'arrêter.
S'appuyant contre une voiture stationnée non loin, il vint poser une main sur sa poitrine et tenta de reprendre son souffle.
Quelques mètres plus loin, Sylvestre se figea à son tour essoufflé.
Lucien, lui, commençait à ralentir.
Les morts ne fatiguaient pas.
Dorian freina brusquement.
Il scruta rapidement la rue, rien.
Il s'empressa de rejoindre le boulanger et vint le soutenir sur quelques mètres, puis il revint chercher Sylvestre tandis qu'au loin Lucien s'arrêtait à son tour.
Il n’allait pas pouvoir les sauver tous.
Pas comme ça.
Ils ne pouvaient plus courir, ils ne pouvaient plus fuir.
Son regard trouva un balai, il le saisit et se retourna vers les morts à présent bien trop proches.
— Continuez d'avancer !
Hurla-t-il aux autres.
Ils reprirent la route, d'un pas rapide pour ménager leurs forces.
Dorian repoussa un premier mort d'un coup de balai bien placé, le faisant chuter avant de venir frapper le second.
Le corps s'écroula à son tour, alors il se mit à en frapper un autre tandis que déjà le premier terminait de se redresser.
Il parvint à les repousser sur quelques mètres mais finalement les mains de l'un d'entre eux trouvèrent la tête du balai et se resserrèrent autour d'elle.
Dorian lâcha prise.
Il n'avait plus rien, Sylvestre, Lucien et Roger peinaient toujours à avancer, pourtant, les portes du monastère se dressaient devant eux.
Les morts gagnaient du terrain et bientôt, Dorian ne sut plus où donner de la tête.
Une première main effleura la veste matelassée de Roger et brusquement, il y eut une détonation.
Le corps s'écroula d'un seul coup, inerte.
Il y eut un autre coup de feu, puis une autre chute et ainsi jusqu'à ce que le dernier cadavre soit au sol.
Depuis l'une des fenêtres du monastère, André les avait abattus.
Rapidement prévenu par Nathalie, il était allé s'y poster, conscient qu'il arriverait trop tard s'il tentait de les rejoindre.
Et ainsi, il était parvenu à tous les sauver.
Richard, Ruby et Jacquie n'avaient pas traîné.
Ils avaient profité d'un repos nécessaire après le grand bouleversement de la veille, mais n'avaient pas souhaité s'éterniser au camp.
Ils avaient réuni leurs affaires et remercié leurs hôtes, puis ils avaient repris la route.
Sans le savoir, ils avaient emprunté le même chemin que Catherine la veille et sans le savoir, ils arrivèrent bientôt devant chez l'autre conne.
Ruby n'hésita pas une seconde.
Elle monta rapidement les quelques marches du perron et vint directement frapper à la porte.
La femme vint ouvrir la porte, lorsqu'elle la vit, elle resta silencieuse un instant et l'observa des pieds jusqu'à la tête, avec un air presque dégoûté.
— C'est vraiment la fin du monde...
Cracha-t-elle.
— Ok... on se barre ! Ils avaient raison... c'est VRAIMENT une grosse conne !
— Pas besoin de me dire d'où vous venez... dites-leur d'arrêter de m'envoyer des gens ! J'ai bien compris à qui j'avais affaire... je n’ai rien à dire à ces gens.
Ruby s'éloignait déjà, Richard, lui, avança à son tour.
— Écoutez... vous ne pouvez pas rester là toute seule... sans rien. Vous aurez besoin du reste du monde... de gens pas morts. Vous aurez besoin de manger.
La fillette approcha doucement derrière sa mère.
Le regard de Richard glissa sur elle, la femme le remarqua immédiatement et son ton changea comme brusquement, presque paniqué.
— Rentre à l'intérieur. Va m'attendre à la cuisine. Je t'avais dit de ne pas bouger. Allez... retourne-y… dépêche-toi.
La gamine disparut.
La femme tenta de refermer la porte, la peur se lisait dans son regard.
— Attendez...
Elle se figea.
— Vous savez que vous avez besoin d'aide... votre petite fille a besoin d'aide. Ils peuvent vous donner de la nourriture. Quoi qu'il y ait eu entre ces gens et vous... Vous devez leur parler.
— Ils ne m'écouteront pas... Ma fille a besoin de Ventoline... Ce n’est même pas pour la bouffe que j'essaie d'entrer dans la galerie marchande. Est-ce qu'il y en a beaucoup ? Des asthmatiques là-bas ?
Ses yeux se remplirent de larmes, la femme tourna la tête pour tenter de cacher ses émotions.
— Est-ce qu'ils sont au courant ? Pour votre fille ?
La femme secoua doucement la tête.
— Non.
— Alors, il faut leur dire... Parlez-leur. Expliquez-leur. Ces gens sont profondément humains. Ils sauront vous entendre. Vous savez... y'a que le premier pas qui coûte.
La femme sourit brusquement.
— Ce n’est pas possible... on va me la sortir tous les jours celle-là ? Une femme est passée hier... elle m'a dit la même chose... mot pour mot. À croire que c'est un signe.
Le regard de Richard devint brillant à son tour, comme s'il pouvait le sentir.
— Ça alors... c'est dingue...
— Oui, on peut le dire... combien de chances il y avait pour que... enfin on doit plus être tellement nombreux, si ?
Ruby et Jacquie échangèrent un regard intrigué, la scène semblait presque irréelle.
— Elle a dit que c'était un truc que disait son ex-mari.
Le temps s'arrêta brusquement pour Richard.
— Elle... elle a dit son nom ?
— Catherine.
Répondit calmement la femme.
Richard continuait de l'observer, un léger sourire étira brusquement ses lèvres, alors il se mit à rire tout en saisissant les mains de la femme qui recula immédiatement d'un pas.
Son sourire perdurait sur son visage, tandis que les larmes inondaient à présent ses joues.
Catherine était là.
Vivante.
Ils se mirent rapidement en marche.
À peine à deux kilomètres plus loin, Catherine, elle, subissait la soif, la faim et le soleil qui brillait au-dessus de sa tête, depuis les premières heures de la matinée.
En dessous d'elle, les morts continuaient de la réclamer, griffant les pieds du panneau où elle était parvenue à se réfugier.
Elle jeta un énième regard sur le paysage alentour, rien n'avait bougé de toute la journée.
Elle était assise là depuis des heures, si bien que ses fesses en étaient endolories, tout comme sa tête prise d'assaut par une migraine déclenchée par les coups répétés sur le métal du panneau publicitaire.
Combien de temps pourrait-elle encore tenir ?
Catherine se frotta vivement le visage dans ses mains, comme pour se forcer à rester réactive.
— Vous n'allez jamais vous barrer de là... Putain mais tirez-vous ! Foutez-moi la paix !
Hurla-t-elle brusquement en balançant l'une de ses chaussures sur le groupe de morts en dessous.
La chaussure heurta le visage de la fillette qu'elle avait croisée en arrivant à l'adresse indiquée par Germaine et la gamine s'effondra, avant de se relever.
— Pourquoi je n’ai pas... merde... À L'AIDE... QUELQU'UN M’ENTEND ? AU SECOURS ! S'IL VOUS PLAÎT !
Ses cris moururent plus loin sur la route.
Elle resta quelques minutes de plus à crier et finalement elle s'écroula à nouveau dans la nacelle.
Au coucher du soleil, les derniers survivants du Bec-Hellouin s'étaient réunis dans la salle commune du monastère.
André et Dorian avaient en quelque sorte présidé la réunion, exposant aux autres leurs idées sur la nouvelle organisation du village.
Le gang des tricoteuses, Maria, Jeannine et Liliane avaient tout de suite accepté la surveillance extérieure, tout comme Lucien qui s'était contenté d'acquiescer d'un signe de tête.
Le boulanger et le garde-champêtre avaient pris la gestion des rations.
À présent, Dorian comptait bien tenter de convaincre les autres de le suivre dans la recherche de survivants.
Pour ça, il allait avoir besoin d'un véhicule mais aussi d'un conducteur.
Il s'apprêtait à en faire la demande, quand Julienne Valmont fit une nouvelle entrée inattendue.
— Pardonnez mon retard... j'ai été retenue. Ailleurs.
S'excusa-t-elle faussement tout en déposant une petite valise sur la table devant elle.
— J'ai fabriqué ceci...
Elle ouvrit la mallette et en sortit un objet bricolé, semblable à un gros lance-pierre.
— C'est une... comment dire... Une fronde. Je suis sûre messieurs, que je n'ai pas besoin de vous expliquer son fonctionnement. J'ai préparé des projectiles...
Elle brandit une ampoule, à l'intérieur de laquelle flottait un mélange légèrement fumant en surface.
— Va falloir être délicat... Hypochlorite, acidification, dégagement de dichlore... Si vous préférez, une saloperie pour les voies respiratoires.
Elle observa les autres comme s'ils étaient particulièrement lents.
— Ne me regardez pas comme ça. C'est de la chimie, pas de la sorcellerie.
Dorian fronça les sourcils et sans même y réfléchir il osa.
— Pardon Julienne... mais vous êtes Chimiste, non ?
— Moi ?
Elle éclata d'un rire franc.
— Pas du tout ! Je suis agent d'entretien... dans mon métier on a intérêt à savoir ce qu'on mélange... vous n'imaginez pas le nombre d'accidents dus à ça.
Sur ces mots, elle avait quitté la pièce, laissant ses créations derrière elle, puis, elle avait disparu dans les couloirs du monastère.
— Qu'est-ce qu'elle a encore été inventer celle-là...
Lança Sylvestre, en s'emparant d'une ampoule.
— Doucement mon vieux... fais pas le con.
André s'approcha prudemment, les deux mains en l'air.
Sylvestre l'observa avec une crainte soudaine.
Il vint délicatement reposer l'ampoule, pour ne pas risquer de la briser.
— Tu ne crois quand même pas que...
— Avec elle... on n’est jamais vraiment sûr de rien.
Dans cette dernière phrase, résidait peut-être la seule chose dont ils étaient certains.