Otages

Chapitre 6 : 12H

Par DarkSpielberg

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Ashab rejoint les étages supérieurs et court jusqu’à se retrouver devant une vaste baie vitrée où l’un des terroristes regarde ce qui se passe dehors.

- Ils sont là Ashab, ils sont là.

Ashab regarde. Effectivement ils sont là, huit voitures de police aux gyrophares rougeoyants.

- Il faut s’en débarrasser immédiatement.

- Je ne sais pas si c’est la bonne solution…

- Quoi ? Tu préfère les voir entrer ?

- Non, mais Marek a dit…

- On s’en fout, c’est moi qui donne les ordres maintenant.

L’homme voit Johanne complètement abattue.

- Qu’est-ce que tu fais avec celle-là ?

- Elle sera utile, une monnaie d’échange. Nous avons trop traîné, il est temps d’élever la pression. Viens.


Ils redescendent au parking souterrain, Ashab allume sa radio.

- Que tout le monde descende au parking, Marek, reste surveiller les otages.

Quelques instants plus tard, les six hommes sortent de l’ascenseur.

- Que se passe t’il Ashab ?

- Les flics sont ici.

- Merde !

- Y a rien de grave, on avait prévu ça, les armes sont là pour ça. Où sont elles ?

- Au 29éme.

- Va les chercher, vous avez des grenades aveuglantes ?

- Oui.

- Bien. Inutile de les affronter au corps à corps, ce serait trop risqué, il faut les piéger et je sais exactement comment.

- Et si ils ne rentrent pas ? Si ils envoient les chars et les hélicos ?

- Les lance-missiles sont là pour ça.


Ils reviennent à l’étage de Marek.

- Ca va Marek ?

- C’est sympa de me laisser hors de ta réunion privée.

On entend alors des pales d’hélicoptère fendre l’air. L’engin apparaît devant eux.

- Fais moi un sourire Marek, les affaires reprennent.

Un homme dans l’hélicoptère parle dans un haut-parleur.

- Rendez-vous immédiatement ! L’immeuble est cerné, c’est terminé !

- Quel imbécile !

- Si vous ne vous rendez pas nous ouvrons le feu !

- Il ne le fera pas.

- Dernier avertissement.

- Pathétique.

La mitrailleuse de l’hélicoptère crache alors son venin, les vitres volent en éclats, trois otages sont touchés par la pluie de balles meurtrières. Ashab recule pour se mettre à l’abri.

- Ils sont cinglés !

- On le détruit ?

- Pas maintenant.

- Alors on fait quoi ?

- Marek, appelle ton ami le policier.

- Mais…

- Fais-le tout de suite.

Marek obéis et compose le numéro.

- Commissariat j’écoute ?

- Je veux parler à votre adjoint.

- Il est sous vos yeux, je vous donne le numéro. 06 11 25 32 48.

- Merci commissaire.

- Attendez…

Marek coupe et compose le nouveau numéro.

- Martinez j’écoute.

- Passe-le moi, dit Ashab. Martinez, je suis Ashab Esmelah, chef de cette opération, je souhaiterais voir disparaître cet oiseau de malheur au plus vite.

- Écoutez, si vous vous rendez le GIGN n’aura pas à intervenir.

- Retirez cet hélicoptère !

- Non.

- Très bien.

Ashab prend Johanne contre lui et lui tire une balle dans la tête.

Tout le monde crie, Daniel a le cœur arraché.

- Vous êtes convaincu ? Retirez votre engin ou je tue un otage par minute !!

- …Allez vous faire foutre.

La ligne coupe, Ashab est furieux.

- Sale petit flic, on va voir qui est le plus fort, Ismar, détruis-moi cet appareil !!

Ismar hoche la tête et va près des vitres, l’hélicoptère pivote pour se mettre en position d’attaque mais pas assez rapidement.

Ismar le verrouille et tire.

Le missile le percute de plein fouet, le transformant en une boule de feu et d’acier qui s’écrase lourdement sur le sol.

- Là il devrait comprendre, dit Ashab en souriant.


Olivier regarde les débris avec horreur.

- On ne retrouve même pas les corps, c’est une vraie fournaise, dit Romano. Il faut vraiment être un salaud pour faire ça.

- On va entrer.

- Entrer ? Tu a vu ce qu’ils viennent de faire ? Je crois que le message est clair.

- Je n’ai pas peur.

- Si tu entre là-dedans, tu ne ressortira pas.

- Si on y va pas pour libérer les otages, personne d’autre ne le fera.

- Attendons le GIGN.

- Il les tuera tous, c’est ce que tu veux ?

- Non.

- Bien.

- J’ai une femme Olivier. Je l’aime et je veux la revoir.

- Ne t’inquiète pas, nous sommes au moins deux dans ce cas.

- Chef ! Hurle un officier en courant vers eux. On a un problème, la presse est affamée.

- Merde. Ils faut toujours qu’il fasse chier ceux là.

La masse de journalistes vient vers eux, micros et dictaphones à la main.

- Romano, tu veux t’en charger ?

- C’est toi le patron je ne voudrais pas te brusquer.

- O.k.

- Commissaire avez vous repris contact avec les terroristes ?

- Je n’ai rien de nouveau à dire.

- Comptez-vous entrer dans la tour ?

- Peut être.

- Savez-vous que votre intervention est illégale, cherchez-vous à créer une situation de panique ?

- Nous faisons ce que nous jugeons devoir faire pour le bien du pays : sauver le maximum de vies.

- Est-ce vrai que…

- Écoutez, partez d’ici maintenant, c’est trop dangereux, merci.

Il s’en va.

- Bravo frérot, tu m’impressionnes.


Des sirènes retentissent, Olivier voit arriver six camions de pompiers. Ils s’arrêtent à côté de la carcasse immolée de l’hélicoptère et sortent pour commencer à l’éteindre, le capitaine vient voir Olivier.

- Qui vous a demandé de venir ? Demande Olivier.

- Personne.

- Dieu merci.

Le téléphone sonne.

- Oui ?

- Je vous ai donné carte blanche mais pas pour vous donner en spectacle !

- Il y a eu des complications imprévues.

- Le Ministre m’a appelé, nous avons désobéi à un ordre d’État, nous sommes virés.

- Et alors ?

- Tirez-vous de là, ce n’est plus votre affaire.

- Si.

- Tirez-vous Martinez.

- J’ai un travail à finir.

Il raccroche.

- C’était qui ? Demande Romano.

- Rien d’important. Il faut préparer un plan pour entrer.

- Il n’y a que deux entrées, principale et souterraine, toutes sont bloquées et surveillées, les otages sont au 23éme.

- En clair c’est la merde.

- Tu suggère quoi ?

- Je vais y aller seul.

- Quoi ? Tu es dingue !

- Je vais aller parler à leur chef, si j’échoue, t’aura qu’à tout dégommer.

- Ils ont l’air peu enclin à discuter si tu veux mon avis.

- J’ai plus rien à perdre. On es virés.

- …D’accord…va faire ton numéro, mais je n’irai pas voir Marie.

- Tu préfère y aller ?

- C’est toujours toi le chef. Tiens, prends mon flingue.

- Non, j’y vais sans armes.

- Souhaite-moi bonne chance.

- Merde !




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