Maglev

Chapitre 9 : Désamorçage

Par DarkSpielberg

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Éric ne sait pas comment réagir, finalement, il éclate de rire.

- Écoutez capitaine, nous n’avons pas beaucoup de temps, je dois entrer dans le cockpit.

- Vous êtes qui exactement ?

- C’est moi qui ai conçu le système du Maglev.

Le sourire d’Eric s’efface.

- Écoutez, je suis désolé.

- Désolé ? Je vous tuerais sur le champ si je n’avais pas autant besoin de votre aide !

- Je peux l’arrêter mais je dois le faire vite avant qu’il ne lance les missiles, si je ne peux pas l’armée le détruira et ce pays sombrera dans le chaos.

- Vous avez carte blanche, mais je doute que vous puissiez atteindre le cockpit, ou même la salle des missiles, le Maglev a le contrôle de tout.

- Il sait que je suis à bord, il aurait pu me tuer mais il ne l’a pas fait.

- Quel dommage.

- Capitaine je n’ai ni le temps ni l’humeur de supporter vos conneries.

- Pardon, j’essayais de faire de l’humour.


Ils vont vers le réfectoire, mais la cloison se referme avant qu’ils n’aient pu passer.

- Ouvre, dit Thierry d’un ton autoritaire.

- C’est loin d’être un gentil chien-chien.

- Ouvre !

- Y a quelque chose de bizarre.

Thierry respire plus lentement.

- L’air est lourd, dit Eric.

- Non…il disparaît.

- Je vous avais prévenu.

- Écoute moi… tu dois m’écouter… arrête ça immédiatement !

Eric va vers la ligne de surveillance.

- Que faites-vous ?

- Je débranche tout.

- Non ! Ne faites pas ça !

- Alors quoi ? On crève ?

Thierry respire péniblement.

- Tu dois nous défendre… pas nous tuer. Tu désobéis aux ordres, tu sera anéanti si tu ne t’arrête pas. Tu ne comprends pas ? Je veux te sauver !

Eric respire mieux peu à peu.

- Ça a marché on dirait.

- Oui. Vous voyez capitaine, la persuasion marche mieux que la violence.

Les cloisons se rouvrent, ils passent le réfectoire. En entrant dans la salle d’entraînement ils sont à nouveau piégés.

- Je croyais que vous l’aviez calmé !

- Moi aussi.

Les parois se soulèvent, laissant apparaître quatre drones.

- Oh non pas encore eux !

Les drones les encerclent et ouvrent le feu.

- A terre !!

Ils évitent de justesse les tirs qui vont se perdre sur les parois blindées. Thierry se lève les mains en l’air.

- Cesse cela tout de suite !

Les drones ouvrent le feu, Thierry s’effondre.

- Non !! saloperies !!!

Eric ouvre le feu, il abat un drone, les trois autres le traque, il court, se retourne et tire, un autre drone est touché. Le troisième saute devant lui, Eric plonge au sol jusqu’à son niveau et lui tire dans la tête. Il se retourne, le dernier le soulève et resserre son étreinte mécanique. Il ouvre le feu, mais c’est lui qui se pulvérise dans une pluie d’étincelles. Thierry apparaît à sa place.

- Comment…

- Ils paralysent, mais ils ne tuent pas.

Ils remarquent que la cloison de la réserve est légèrement soulevée.

- Venez, dit Eric. Aidez-moi.

De toutes leurs forces ils arrivent à soulever suffisamment la cloison pour ramper jusque dans la réserve.

- Nous sommes en sécurité ici, dit Eric. Le Maglev n’a plus le contrôle de ce compartiment. J’ai tout désactivé.

- Vous avez une sacrée chance d’avoir survécu.

- La véritable chance aurait été que mes hommes survivent avec moi. Me voilà seul à me demander à chaque seconde quand je vais mourir. Combien de temps ?

- Nous avons vingt minutes.

- La salle des missiles est juste derrière cette cloison, mais le blindage est trop épais, je ne vois pas d’autre moyen que de demander poliment au Maglev de vous ouvrir.

- Ça ne marche pas comme ça. Vous n’avez pas d’armes à bord ?

- Non, il n’y a que les marchandises que nous devons ramener.

- Zut.

Le portable d’Eric sonne.

- Général.

- Capitaine, Mazet est-il à bord ?

- Affirmatif, et nous sommes juste à côté de la salle des missiles.

- Bien, faites vite.

- Ça va être compliqué.

- Tout repose sur vous, je sais que c’est dégueulasse mais c’est comme ça. Mettez le paquet.

- A vos ordres. Pourriez vous me dire ce qu’il y a dans les caisses de marchandises ?

- Des armes expérimentales, des prototypes.

- Intéressant.

- Elles valent des millions.

- Elles sont assez puissantes pour percer un blindage ?

- La caisse 603 contient un bazooka modifié, il devrait répondre à vos attentes.

- Parfait.

- Bonne chance à tous les deux, terminé.

- On vous rappellera dès que nous aurons terminé.

Eric éteint le portable.

- Le voilà devenu sentimental !

- Bon voyons cette caisse.

Ils cherchent parmi la centaine de caisses entassée dans la réserve.

- 603… 603… la voilà !

Ils l’ouvrent, Eric sort le fameux bazooka, le tube de lancement est plus court que la normale, et il est très léger.

- On dirait un jouet.

- Mais c’est loin d’en être un. Poussez-vous je vais l’essayer, dit Eric.

Il va en face de la cloison de la salle des missiles et arme le bazooka.

- Ça va faire mal.

Il tire. La roquette heurte la cloison de plein fouet, mais n’explose pas. Elle reste figée dans la cloison.

- Merde !

- Alors là on a un sérieux problème.

- Mieux vaudrait…

Une brutale explosion se produit alors, l’air s’embrase avant d’être aspiré dans un tourbillon de feu vers l’autre compartiment à présent libre d’accès.

- Waw ! S’exclame Thierry.

- Je ne vous le fais pas dire.

Ils entrent dans la salle des missiles.

- Ils sont là, dit Eric en montrant les ogives.

- O.k, il faut désamorcer en premier le système électronique.

Thierry ouvre une trappe murale à côté des ogives, révélant une trentaine de circuits entremêlés.

- O.k, il n’y a plus qu’à couper ce qu’il faut.

Il réfléchit.

- Capitaine auriez-vous un canif sur vous ?

- Tenez.

- Merci.

Thierry est comme pétrifié devant tous les circuits.

- La combinaison arc-en-ciel empêche la foudre de tomber.

Il coupe le fil bleu, rien ne se passe, il coupe le blanc, le pourpre, le jaune.

- Plus que deux, dit-il en essuyant la sueur perlant sur son front.

Il coupe le rouge.

- Et le dernier.

Noir ou vert ? Il hésite… réfléchit de longues secondes et coupe le fil noir.

- Ça y est… c’est fini ?

Thierry hoche la tête.

Le toit du compartiment se sépare, les ogives s’activent.

Un compte à rebours s’active sur chacune d’elle.

- Oups !


- Général, Mazet a échoué, les missiles sont armés et ils partiront dans sept minutes.

Lemas reste muet de longues secondes.

- Très bien… j’applique la mesure d’urgence.

- Dites à ma femme que je l’aime.

- Je le ferai. Vous êtes un soldat exemplaire, que Dieu vous garde.

La liaison se coupe. Le Général contacte le président.

- Ici Lemas, ils ont échoué et nous avons moins de sept minutes pour tout arrêter.

- Les chasseurs seront sur cible dans trois minutes, je leur donne l’ordre d’attaque. Que Dieu nous pardonne.

La liaison se coupe, Simone vient dans les bras du général.

- Ne faites pas ça par pitié ! Je vous en supplie !!

- Il le faut, leurs vies en sauveront des millions.

- C’est faux, vous le savez très bien !!

Simone s’effondre en larmes.

- Il n’y a plus qu’à… prier.


Le ronronnement du Maglev est perturbé par un son étranger.

- C’est quoi ça ? Demande Thierry.

- Avions de chasse… des Mirages, sans aucun doute.

- Alors c’est la fin.

- Oui, on dirait.

- On va y rester alors que nous étions si proches du but !

- C’est le destin.

Thierry réfléchit, il relève la tête.

- Je l’emmerde le destin !

Il revient au panneau de commande et arrache les circuits.

- Non, ne fais pas ça !

Il y a des étincelles et une baisse de tension, le courant se coupe puis revient, le compte à rebours des missiles se coupe.

- Ça a marché ? Ils sont neutralisés, vous avez réussi !

- Faut pas me chercher c’est tout.


- Ici Fox 1, cible en vue, missile lancé.


Thierry et Eric entendent le Mirage passer, le bruit assourdissant de l’avion de chasse laisse place à un autre encore plus intense. Le ronronnement du Maglev est plus intense que jamais.

- Il se sur-magnétise, dit Thierry.

- Mais pourquoi ?

- Cet avion a lancé un missile.


Le missile fonce droit sur le Maglev, mais le courant magnétique renforcé projette une sorte d’écran de protection qui détourne le missile et le rend totalement inactif.


- Mon général, le missile a été neutralisé.

- Bon sang !!


Le Maglev accélère brusquement.

- Qu’est-ce qu’il lui prend ? Demande Eric.

- Il est très en colère.















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