D-Day

Chapitre 7 : Chapitre 7

Par DarkSpielberg

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Omaha était déjà bien loin à présent, on pouvait néanmoins encore apercevoir la mer s’agiter au loin et la plage de sable plus rouge que jaune à cause de l’horreur de la guerre, la plage tenait bien son nouveau nom d’Omaha la sanglante, et si la mission de James échouait, ce serait Omaha la désolation.

Il était 13 h, James fit signe de s’arrêter pour boire un peu, Bradley regardait la page à l’horizon, il alla le rejoindre.

- Elle te manque tant que ça cette plage ?

- Non Capitaine, c’est juste que je suis blasé de ne pas pouvoir tenir la promesse que j’ai faite à ma femme.

- Quelle était cette promesse ?

- Lui ramener une carte postale d’Omaha beach avec « big kiss from Normandie » écrit dessus.

- Tu pourra peut-être te rattraper ce soir.

- Non, la lumière ne sera plus aussi bonne.

Ils se remirent en route pour marcher à travers les champs verdoyants de Normandie, Simon semblait intrigué par ce qu‘il voyait dans les près.

- Eh Sheppard c’est quoi ça ?

- Quoi ?

- Ca, c’est quoi ?

- Des vaches, tu savais pas ?

- Non.

- Eh bein t’est plus grave que j’pensais !

- Eh j’viens d’la ville moi pas d’un trou perdu !

- Et moi tu crois que je viens d’où ? Du Missouri ?

Ils se mirent à éclater de rire, ils étaient bien les seuls à savoir pourquoi.

- Ahahaha ! Aaaah ! Dis-donc ça pue ici !

- T’a qu’à fermer ta gueule !

- Eh va te faire enculer Wesler !

- Quand tu veux !

- Eh ! Intervint James, écrasez un peu !

- Oui Capitaine, je disais juste que ça sent pas la rose par ici.

- Faudra t’y faire mon gars, c’est la France.

- C’est aussi le slip de Sheppard !

- Espèce de sale…

- Eh !

- Oui Capitaine.

Une demi-heure plus tard, après avoir parcouru 5 kilomètres et 2 ou 3 pâtés de maisons (de fermes plutôt) le groupe traversait une plaine garnie de tulipes et de marguerites.

- C’est joli par ici.

- Oui c’est vrai, si seulement ta gueule gâchait pas tout !

- Ah ouais ! Attends je vais cueillir des tulipes pour les foutre sur ton cercueil au moment venu.

- Eh ! Vous avez fini vos conneries ? Merde à la fin !

- Oh on rigole Capitaine !

- Eh bien c’est pas l’impression que vous donnez. Vous êtes des soldats pas des gosses de 3 ans !

- On sait Capitaine.

- Pas assez visiblement, allez on reprend la marche, en avant.

Le silence se fit dans les rangs un silence que Simon tenta de briser « intelligemment »

- Eh les gars, vous savez ce que c’est qu’une blonde dans une escouade ?

- C’est toi la blonde Simon.

- Non franchement, allez.

- Je sais pas.

- Capitaine ?

- Aucune idée.

- Vous ne savez pas ? C’est simple, c’est une bonne partie de jambes en l’air !

Personne ne rit.

- Ouais pas mal, tu l’a trouvée toute seule ?

- Non c’est ta mère qui m’l’a dite quand je me la suis faite au bord de la route enfoiré ! 


1 heure plus tard James fit signe de s’arrêter.

- 5 minutes de pause, vous pouvez en griller une.

- Merci Capitaine, ça me démangeait depuis longtemps !

- Tu m’en passe une Bradley ?

- Va te faire foutre Simon !

- Merci quand même.

- On arrive quand Capitaine ?

- On a fait la moitié du chemin, on devrait être à Valognes dans moins d’une heure.

- Capitaine, pourquoi vous rigolez jamais ?

- Que voulez vous dire ?

- Vous rigolez jamais quand on déconne, comment vous faites ?

- La discipline soldat, la discipline.

- Seulement la discipline ?

- Et 2 ou 3 trucs aussi.

2 bleus discutaient plus loin.

- Goomer t’en veux ?

- C’est quoi ça ?

- Une barre chocolatée abruti !

- T’es sûr ?

- Non.

- Alors tu peux te la garer dans ton gros cul pourri.

- De rien mec !

James vint les déranger.

- Levez-vous on y va.

Ils se remirent en marche, quelques cent mètres plus loin, le bleu Zimmer fit signe de s’arrêter.

- Quoi encore ?

- Écoutez !

- Écouter quoi ? Il n’y a aucun bruit.

- C’est bien ce qui m’inquiète.

Les oiseaux s’envolèrent brusquement.

- Ca, ça sent pas bon.

Ils dégainèrent leurs armes.

Des Allemands surgirent de tous les côtés, encerclant les Américains parfaitement et les mettant bien en joue avec leurs fusils.

- Setzen waffe !

- Obéissez.

- Mais Capitaine…

- Obéissez ou nous sommes morts !

Le leader du groupe Allemand s’exprima dans un horrible accent pour dire :

- Suivez nous et pas d’entourloupes, ou nous vous abattons comme des chiens !

- Nous sommes à vous.

- Avancez !

Les Américains obéirent et avancèrent mains sur la tête, Smith trouva encore un moyen de se rendre intéressant en s‘adressant au soldat près de lui :

- Vous auriez du feu ?

- Sheizen ! Gross arch !

- Apparemment non, merci quand même, ce fut un plaisir de discuter avec vous !

Après cinq minutes de marche, tout le monde s’arrêta, le Capitaine Allemand aboya des ordres et aussitôt, les Américains furent attachés tandis qu’un campement fut érigé.

- Pourquoi ils font ça ? C’est pas encore la nuit que je sache !

- La sieste ?

- Où un poste de surveillance pour traquer les mouvements ennemis.

- Oui, c’est une autre possibilité.

Les Allemands s’assirent sur l’herbe et sortirent des rations de leurs paquetages, 2 hommes surveillaient le périmètre armés de mitraillettes, les autres bouffaient avec une rage presque cannibale qui faisait bien rire les Américains.

- Regardez ça ! On se croirait revenu à l’age de Cro-Magnon !

Ils se mirent à éclater de rire. Une ironie qui n’échappa pas aux Allemands.

Le Capitaine se leva furieusement et donna un violent coup de pied contre la jambe de Sheppard. Le silence se fit alors.

- Si tu me touche encore, j’te démolis.

Le Capitaine rit et se retourna, mais il ne revint pas s’asseoir près de ses subordonnés, du moins pas tout de suite, il se retourna brusquement pour donner un coup de poing dans la mâchoire de Sheppard. Les regards haineux se croisèrent, sans s’affronter toutefois, pas le temps, les mitrailleuses rugissaient, il y avait des intrus !

- Achtung ! Achtung ! Amerikanner ! Schnell ! Feuer !!

- Voilà notre chance ! Saisissons-là !

- Quelqu’un a un canif ?

- Ouais Diego doit en avoir un.

- Oui j’en ai un, attendez, le voilà.

Il coupa ses liens et passa le canif, quand tout le monde fut libre, Wesler interpella les 2 Allemands pour leur montrer ses mains libres. Ils pointèrent leurs armes mais Wesler fut plus rapide.

- Joli !

- Je manque encore d’entraînement !

Les autres nazis arrivèrent alertés, il y eut alors un formidable échange de poudre noire et de plomb, certains soldats se couchaient par terre pour éviter les balles qui fusaient de partout, amies comme ennemies.

- Ils foutent quoi les autres ? Ils ne viennent pas nous aider ? On leur a sauvé la peau pourtant !

- Ils ne devaient pas être des nôtres.

Les hurlements Allemands se perdirent dans la confusion générale qui régnait, il ne faisait pas bon de se trouver là à ce moment précis.

2 bleus combattaient rageusement, leurs amis, cachés derrière un gros tronc d’arbre les appelait.

- Kramer, Brenitz, venez vous cacher ! Vite !

Ils se mirent à courir vers leurs camarades, Brenitz tomba.

- Allez relève toi ! Il faut pas traîner !

Aucune réponse. 

Brenitz était mort d’une balle à l’arrière du crâne.

- Putain d’enfoirés ! Hurla Kramer.

Il se mit à tirer rageusement et tua 2 nazis, il ne s’arrêta de tirer que lorsque son chargeur fut vide. 

Il n’eut pas le temps de recharger.

Il reçut 15 balles de mitraillette dans le bide.

Il regarda son sang sur ses mains, puis le ciel, avant de tomber face contre terre.

Le calme revint. 

La bataille était terminée.

- Récupérez le plus de munitions possible ! Dit James tandis qu’il marchait à travers le champ de cadavres sanglants qui le regardaient sans ciller. A cet instant précis, il ne sut pas si il était triste, effrayé ou en colère, peut-être les 3. Il dit sans rien ajouter de plus :

- On s’en va.

Il avait dit cela toujours en regardant les morts.

Comme pour les apaiser.




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