Le haut-commandement venait d’achever la mise à disposition de sa base provisoire sur Gold beach, les ordres pourraient désormais être donnés et reçus plus efficacement. Chaque division avait son « emplacement réservé », James se dirigea vers celui de la 29éme. L’homme qu’il cherchait le trouva en premier.
- Sawyer !
- Général. (il se raidit respectueusement)
- Repos James. Je suis heureux de voir que vous vous en êtes tiré sain et sauf, ce qu’il s’est passé aujourd’hui…rien ne sait passé comme prévu…il y a eu tellement de…
- Venez en au fait Général, vous ne m’avez pas convoqué pour que j’entende vos lamentations sur le fiasco du débarquement à Omaha je me trompe ?
- Non, bien sûr que non, vous avez raison, venons-en au fait. Comme vous l’avez dit l’opération de débarquement sur la plage d’Omaha est un fiasco, les pertes sont énormes et à cette heure, malgré le déblocage des voies de sortie, la situation est toujours aussi dramatique.
- Pourquoi ne pas envoyer les blindés ?
- Nous avons des difficultés à les déployer, la plupart ne seront pas opérationnels avant au moins 4 heures.
- Avant 4 heures ! Mais c’est beaucoup trop tard !
- Et il y a pire, les éclaireurs ont signalé le départ d’un groupe de 6 panzers depuis une base Allemande à l’ouest, ils vont droit vers nous et quand ils arriveront, ce ne sera même plus la peine d’essayer de résister.
- Alors il faut les arrêter au plus vite !
- Exactement, c’est là votre mission.
- Mais comment ? Nous n’avons pas les armes et la formation pour.
- C’est pourquoi vous devrez trouver un groupe spécialisé, le plus proche se trouve dans le village de Valognes, c’est au nord-est, tenez regardez.
Il montra le point représentant le village sur une carte de la région, il était assez éloigné de la plage.
- Le groupe à été parachuté au mauvais endroit, comme la plupart des autres d’ailleurs, enfin bon, retrouvez-les, détruisez les panzers et revenez, c’est aussi simple que ça.
- Dégager Dog white semblait simple aussi, voyez comment ça à fini.
- je sais, je sais, mais là ce sera différent.
- Je l’espère.
- James, si tu réussi, tu aura sauvé le monde de la tyrannie.
- Général, j’ai vu la seconde vague se faire pulvériser par ces salauds, une pure boucherie, une chose que j’espère ne jamais revoir.
- Moi non plus, croyez-moi, je déplore ce qui est arrivé aujourd’hui mais…
- Les ordres sont les ordres.
- Exactement.
Il y eut un instant de silence.
- James, tu es libre de refuser.
James regarda le sable pensivement pendant une dizaine de secondes, puis il releva la tête.
- J’accepte.
- Très bien. Je vous laisse constituer votre groupe, vous devrez être 9, ni plus, ni moins c’est clair ?
- Très clair Général.
- Revenez au plus vite, ne traînez pas, le temps est contre nous.
- il l’a toujours été Général.
Un soldat arriva en courant.
- Votre paquetage Capitaine, il a été réapprovisionné en vivres et munitions comme vous l’aviez demandé.
- Merci.
James installa son sac sur son dos.
- James…tu te rends compte que le sort de nos gars repose sur toi, le sort de la guerre?
- Oui je sais (il sortit une enveloppe) s’il vous plait, donnez cela à la famille de Goldberg.
- Je le ferai.
- Merci.
- Ca va aller ?
- Pourquoi ça n’irai pas ?
- Pour plein de raisons évidemment, comment veux tu aller bien en ce moment ?
- J’ai l’impression de vivre un cauchemar.
- Comme nous tous je te rassure.
- Mais tous les mauvais rêves se terminent un jour non ?
- oui, normalement.
- Alors pourquoi cela changerai ? J’y vais Général, je vous retrouverai avant 18 heures, à moins d’un empêchement.
- Bonne chance mon ami.
Ils se serrèrent la main et James quitta la « base », Simon, Bradley, Wesler et Sheppard l’attendait.
- Les nouvelles sont bonnes Capitaine ?
- Excellentes, nous repartons, mission d’importance stratégique, un groupe de panzers s’amène par ici, nous devons l’arrêter avec l’aide d’une unité spéciale qui a atterrie à Valognes.
- Tout un programme ! Et combien serons-nous ?
- 9.
- Nous sommes déjà 5 mais nous valons bien une vingtaine d’hommes !
- Je vais aller chercher parmi les bleus.
- Quelle déchéance !
- J’ai pas vraiment le choix.
Ils allèrent dans le coin où était rassemblées toutes les jeunes recrues quasi-inexpérimentées dans l’expérience de la guerre, recrutée uniquement pour que le chiffre soit plus gros qu’il ne devrait être.
- Regardez ça ! De vrais trous du cul !
- Tu vaux pas mieux Sheppard !
- Peut être mais moi je sais pourquoi j’me bat au moins !
- Ca va être dur de faire un choix, ils ont tous l’air de faire dans leur froc !
- Garde tes commentaires pour toi Sheppard, bon, à nous, dit James en s’adressant aux bleus, lequel d’entre vous a déjà affronté une situation de combat réel en dehors de celle-ci ?
Aucune main ne se leva.
- Ca commence bien, bon, qui sait manier une arme ?
7 mains se levèrent.
- Bien, c’est déjà mieux ! Continuons, les 7, avancez devant moi, bon, qui a des compétences de médecine ?
Une main se leva.
- O.k avance. Qui sait parler Français et Allemand ?
Une autre main se leva.
- O.k, et qui a des clopes sur lui ?
2 mains.
- Eh bien voilà ! Allez venez. Les autres euh…
Ils comprirent et se retirèrent aussitôt.
- 9 au départ, mais combien à l’arrivée ?
- Je parie sur 3, toi, moi et le Capitaine.
- Pari tenu, dix dollars ça te va ?
- Ca marche, au fait, Où t’a mis tes revues porno ?
- Dans mon sac mais les pages sont trempées.
- Ah, merde.
- Ca fait rien, les pages collaient de toutes façons.
Bradley et Simon discutaient eux aussi.
- Et le Capitaine t’en pense quoi ?
- C’est un bon officier, enfin il pète pas les plombs comme les autres j’veut dire.
- Tu sais d’où il vient ?
- Aucune idée.
- T’a qu’à lui demander.
- Non, j’suis pas fou moi.
- Eh bien moi si.
- Simon attend ! Oh le con !
- Capitaine ! Eh Capitaine !
- Oui Simon ?
- Excusez-moi, mais avec Brad on s’demandait, d’où est-ce que vous venez ?
- De Montgomery en Alabama.
- Et vous faisiez quoi là-bas ?
- Si je te le disais tu ne me croirais pas.
- Dites toujours.
- J’étais…tu veux faire quoi après la guerre dis-moi ?
- Écrivain. Et reporter au New York Times mais ça c’est mon fantasme personnel.
- Ca ne m’étonne pas ! Eh bien tu es dans la bonne voie petit, continue comme ça !
- Merci mais vous ne m’avez pas répondu.
- Je ne te répondrai pas.
- Votre mère doit s’inquiéter.
- Bouge ton cul on y va.
Les quelques soldats assis se relevèrent et, après un dernier coup d’œil à la plage, ils s’enfoncèrent lentement à l‘intérieur des terres.